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Full text of "Histoire des arbres forestiers de l'Amérique septentrionale, considérés principalement sous les rapports de leur usages dans les arts et de leur introduction dans le commerce .."

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http://www.archive.org/details/histoiredesarbres03mich 



HISTOIRE 

DES ARBRES FORESTIERS 

DE 

L'AMÉRIQUE SEPTENTRIONALE. 



Se trouve à Paris ^ chez : 

L'Acteur , place S. Michel , n». 8 ; 

Treuttel et WurtZj rue 3e Lille, n". 17; même maison ^ à 

Strasbourg. 
Gabriel Du four et C^. , rue des Matliiirins S. Jacques, n" 7. 
BossÂNGE et Masson, Tue de Tournon , n". 6. 
Le Charlieu, à Bruxelles. 

j4. Philadelphie : 

Chez Samuel Bradford and Inskeep, South Z.^ Street. 



HISTOIRE 

DES ARBRES FORESTIERS 

DE 

L'AMÉRIQUE SEPTENTRIONALE, 

CONSIDÉRÉS PRINCIPALEMENT 

SOUS LES RAPPORTS DE LEUR USAGE DANS LES ARTS 
ET DE LEUR INTRODUCTION DANS LE COMMERCE, 

AIMSI QUE d'après LES AVANTAGES QTj'itS PEUVENT OFFRIR AUX GOUVERNEMEKS EX EUROPE 
ET AUX PERSONNES QUI VEULENT FORMER DE GRANDES PLANTATIONS. 

Par F.« ANDRÉ -MICHAUX, 

Membre de la Société Philosophique américaine de Philadelpliie ; des Sociétés 
d'Agriculture de la même ville, de celles de Charleston , Caroline méridionale ; 
d'HolIowell , District de Maine ^ du département de la Seine , et de Seine- 
tt-Oisc. 



• .arbore sidcamiis maria, tetras/jue a,lino\'emut , 
arbore excenificamus tecla . 

Plim sECDsDi: Kal. Hisl. ,\\\,. x\i. 



TOME III. 



PARIS, 

DE L'IMPRIMERIE DE L. HAUSSMANN. 



M. D. CGC. XIII. 



I ^» X < »<%^»%^<%i^«^X^i^^ 



LES CYPRES. 

Les recherches entreprises par les Botanistes pour 
augmenter nos connoissances sur les végétaux utiles 
et agréables qui couvrent la surface du globe , n'ont 
fait connoitre jusqu'à présent que sept espèces de 
Cyprès , dont il ne s'en est trouvé que deux dans le 
nouveau continent; l'une et l'autre sont indigènes 
aux Etats-Unis, et par conséquent les seules qu'il 
entre dans mon plan de décrire. Cependant, parmi 
ces espèces étrangères à l'Amérique-Septentrionale , 
je crois devoir fixer l'attention des habitans des 
parties méridionales sur le Cyprès pyramidal , Cu- 
pressus fastigiata , arbre célèbre de toute antiquité 
par l'excellence de son bois et sa forme singulière , 
due à ses rameaux touffus et serrés contre le tronc ; 
cette disposition des branches chargées d'un feuil- 
lage épais et d'un vert sombre , l'avoit fait consacrer 
aux funérailles , et on le plantoit autour des tem- 
ples et près des tombeaux. 

« Le Cyprès pyramidal , originaire de Crète, s'élève 
à 3o et 4o pieds ( i o à 1 3 met.) ; le corps de l'arbre est 
uni, et il n'a pas l'inconvénient, comme le Cèdre de 
Virginie, d'être chargé de crevasses à l'insertion des 
branches. Son bois est dur, odorant , d'un grain fin , 
homogène etd'une belle couleur rousse.Pline dit qu'il 
est d'une très-longue durée , et que sa couleur ne 

III. I 



2 CYPRÈS. 

s'altère jamais : Carieni vêtus tatemque non sentit 
Cupressus.... Materiœ nitor maxime valet œternus. 
Plin. //^. i6, cap. 4o. Il parle d'une statue de bois 
de Cyprès, placée à Rome dans la citadelle de Ju- 
piter, qui avoit six cent soixante-un ans : Nonne si- 
mulacrum, Veiovis in arce e Cupresso , diirat a con- 
ditâ urbe ne. lxi anno dicatum,. Plin ihid. On con- 
servoit autrefois les ouvrages les plus rares et les plus 
précieux dans des boîtes de Cyprès On assure que 
les portes de Tëglise de Saint-Pierre de Rome étoient 
faites de ce bois, et qu'elles avoient duré depuis 
Constantin jusqu'au temps d'Eugène IV, espace de 
près de douze cents ans. On en a fait des tables , des 
tuyaux d'orgue, des instrumens de musique. Les 
fruits, connus sous le nom de Noix de Cyprès, sont 
employés en médecine comme astringens, et Pline 
assure que les feuilles , broyées et mêlées avec des 
graines, les préservent de la piqûre des vers. 

Les Cyprès se multiplient de semences , de mar- 
cottes et même de boutures ; mais la première de 
ces méthodes est préférée. On sème les graines au 
commencement du printemps, dans des caisses ou 
dans des terrines remplies de terreau mélangé avec 
du sable, et on les couvre légèrement. Il faut 
mettre les jeunes plants à Fombre et les préserver 
des gelées. Duhamel dit que pour avoir de bonne 
graine, on doit cueillir de préférence, en mars ou 
en avril, les fruits dont les écailles commencent à 
sQuvrir , et les mettre dans une caisse que l'on 



CYPRÈS. 3 

place dans un lieu bien sec ; alors les écailles se sé- 
parent et les graines se détachent et tombent au 
fond de la caisse : celles-ci sont très-bonnes à semer. 
L'auteur que je viens de citer assure que si on ouvre 
les Noix pour en retirer les graines, il est rare 
qu'elles lèvent. » (Desf. , Jlist. des Arb. et Ar- 
hriss.y tom, i, pa^. 56 7. J 



CUPRESSUS 



DISTICHA. 



THE CYPRES S. 
Mouœcie monadelpbie y Linn. Fani. des Conifères. Juss. 

CupRESSUS DISTICHA. FoJus plunis , quasi pinnatim dis- 
dcJds ( deciduis. ) florihus masculis aphyUo-racemosis : 
strohilis subgloboso-ovoïdeis. 

Le Cupressus disticha est, de toutes les espèces 
de ce genre, la plus intéressante et la plus remar- 
quable , soit par les usages nombreux auxquels son 
bois est employé dans les arts , soit par les dimen- 
sions vraiment extraordinaires , auxquelles il par- 
vient , lorsque la nature du sol et la température 
du climat, sont favorables au développement de 
sa végétation. 

A la Louisiane, on donne à cet arbre le nom de 
Cfpre^ ou Cyprès^ dans les parties méridionales des 
Etats atlantiques , il est connu sous ce même nom , 
et quelquefois aussi sous celui de Cyprès chauve, 
Bald cjpress'y les dénominations de Black cypress , 
Cyprès noir, et de FFhite cjpress ^ Cyprès blanc, 
qu'on lui donne encore dans les deux Carolines et 
la Géorgie, ne sont que des distinctions fondées sur 
la couleur et la qualité du bois , comme j'aurai 
occasion de le faire observer dans la suite de cet 
article. 

Les bords de YIndian rwer^ petite rivière qui tra- 



PI 1 




Be^j-a deJ 



CVPRESSX^S Disticlia 



lrj/n~v/ J'cui) 



CUPRESSUS DISTICHA. 5 

verse une partie de l'Etat de la Delaware, parle38o. 
5o'. de latitude, peuvent être considérés comme un 
des points les plus avancés vers le Nord, où croisse 
le Cupressus disticha. Plus on avance ensuite vers le 
Sud , plus on le rencontre abondamment aux lieux 
marécageux, qui bordent les rivières, ou qui sont 
enclavés dans les forets. Dans le Maryland et la 
liasse-Virginie, son existence est bornée au voisi- 
nage de la mer qui, en hiver, tempère les froids 
encore assez rigoureux qui s'y font sentir, et qui, en 
été, augmente l'intensité des chaleurs violentes j car, 
comme j'ai déjà eu occasion de le faire remarquer, 
dans l'Amérique-Septentrionale, les froids et les cha- 
leurs sont extrêmes, à ces deux époques de l'année. 
Audelà de la Virginie , et même à partir de Nor- 
folk, les limites que j'ai assignées aux Pinières, Fines 
harrens^ formées par le Pinus australis ^ sont préci- 
sément les mêmes que la nature a fixées au Cupr es- 
sus disticha. Ainsi, dans les Carolines etlaGéorgie, 
il occupe une grande partie des Swamps , marais 
fort étendus, qui longent les rivières, lorsque celles- 
ci , après avoir traversé le pays montueux , Oaky 
lands^ ont gagné le bas pays, où elles ont encore à 
parcourir une distance de 200 à 25o milles (^ 35o à 
4oo kilom. j , avant d'arriver à l'Océan. 

La Floride orientale que j'ai visitée , offre , à très- 
peu de chose près, le même aspect que la partie 
maritime des Etals méridionaux, si ce n'est que le 
sol m'en a paru généralement moins varié; ce qui 
fait que le Pin à longues feuilles et le Cyprès y sont, 



O CUPRESSUS DISTICHA. 

l'un dans les terres élevées et l'autre dans les terres 
basses, moins entremêlés d'arbres d'espèces diffé- 
rentes; ce qui les rend l'un et l'autre comparative- 
ment plus abondans. 

Les rives du Mississippi, depuis son embouchure 
jusqu'à la rivière des Arkansas, ce qui comprend 
en suivant le cours du fleuve , un espace de plus de 
200 lieues ( i,ooo kilom. J , sont bordées de marais 
que les débordemens annuels de ce grand fleuve , 
rendent encore plus vastes et plus aquatiques. 

A la Louisiane, l'on désigne par le nom de Oypriè' 
res^ les parties de ces marais où cet arbre croit presque 
seul , et dont il couvre quelquefois exclusivement 
des milliers d'hectares. De même que dans les Flori- 
des, ces marais sont contigus à de vastes savanes, 
couvertes de Pins,mais le plus souvent seulement de 
hautes herbes , entremêlées d'une grande variété de 
plantes. Au milieu de ces pinières et de ces savanes, 
on trouve çà et là des mares ou des flaques d'eau, 
qui sont aussi remplies de Cyprès , dont la mauvaise 
apparence, lorsqu'ils excèdent i8à 20 pieds (^8 mè- 
tres j , démontre évidemment qu'ils se ressentent de 
la maigreur du sol qui ne diffère des terreins adja- 
cens , que parce que la couche végétale , qui repose 
sur un sable quartzeux, à un peu plus d'épaisseur. 
D'après ce que je viens de dire , on peut se faire une 
idée assez exacte des diverses parties des États-Unis, 
et de la nature du sol , où se trouve le Cupressus dis- 
ticha^ à partir du lieu où il commence à se montrer 
vers le Nord, jusqu'au Mississippi; ce qui comprend 



CUPRESSUS DISTICHA. 7 

une étendue de plus de 5oo lieues ( 2,5oo kilom. j ; 
mais au-delà de la Basse-Louisiane, vers le Sud- 
Ouest, dans la Nouvelle-Espagne, je n'ai que des 
données assez incertaines, quoique j'aie quelque rai- 
son de croire qu'on le trouve jusqu'à 1 embouchure 
de la rivière del INorte, latitude 260. Cet espace eu 
égard au grand circuit que fait le golfe du Mexique, 
embrasseroit une étendue de pays de plus de 1,000 
lieues ^5,000 kilomètres] où croît le Cupressus 
disticha. 

Monsieur le Baron deliumboldt, dans son intéres- 
sante description de la Nouvelle-Espagne, fait men- 
tion de plusieurs Cupressus disticha qu'on voit dans 
les anciens jardins des Empereurs Mexicains; ces 
arbres plantés avant l'arrivée des Espagnols , sont 
dit-il, d'une grosseur considérable. 

Dans ces marais qui, dans les États méridionaux, 
les Florides et la Basse-Louisiane, accompagnent les 
rivières, et dont le sol très-profond, très bourbeux, 
augmente tous les ans d'épaisseur, par de nouvel- 
les couches de terre végétale que les débordemens 
y amènent, le Cupressus disticha arrive à son plus 
grand développement. 11 y acquiert 120 pieds (^ 4^ 
mètr. ) d'élévation, sur 25, 3o et 4o ( 8, 1 o et ii mètr. j 
de circonférence au - dessus de sa base conique , 
dont la grosseur, à la surface du sol, et toujours trois 
à quatre fois plus considérable que celle du corps 
de l'arbre. C'est ce qui fait que les Nègres chargés 
d'abattre ces Cyprès, sont obligés d'élever des écha- 
faudages à 5 ou 6 pieds (3 mètres J au-dessus de 



8 . CUPRKSSUS DISTICHA. 

terre, pour les couper à l'endroit où le tronc com- 
mence à prendre une grosseur uniforme. Cette partie 
inférieure du tronc, ordinairement creuse dans les 
trois quarts de son volume, na pas une forme pyra- 
midale aussi régulière, que celle du Nyssa grandi- 
dentata-, elle en diffère surtout, en ce quelle pré- 
sente à sa surface de larges sillonslongitudinaux, dont 
les parties saillantes sont inférieurement comme au- 
tant de crampons, destinés à fixer plus solidement 
cet arbre dans un terrein qui a peu de consistance. De 
la surface des racines des plus gros arbres , et surtout 
de ceux qui sont les plus exposés aux inondations, 
naissent des espèces d'exostoses ou protubérances 
coniques, qui ont jusqu'à 4^5 pieds ( i3 à i6 déci- 
mètres) de hauteur, mais très-communément i8à24 
pouces ^4^^^^^^^^^^^^)* C^s excroissances toujours 
creuses à l'intérieur, et dont le sommet est lisse, sont 
couvertes d'une écorce rousse comme celle des raci- 
nes, auxquelles elles ressemblent encore par leur 
texture ligneuse qui est très-tendre. Elles ont cela 
de fort remarquable , qu'elles ne présentent jamais 
aucun signe de végétation : quelques essais que j'ai 
faits pour l'exciter , en les entamant à différens 
endroits de leur surface, et en les couvrant ensuite 
de terre, n'ont pas été suivis du succès. Ces protubé- 
rances, dont on ne peut assigner la cause, et qui 
sont particulières à ce Cyprès, commencent quelque 
fois à se manifester , lorsque les arbres ont acquis 
20 à 25 pieds ( 7 à 8 mètres ) d'élévation. Les 
INègres les coupent pour faire des ruches j c'est le 



CUPRESSUS DISTICHA. <j 

seul usage auquel elles sont quelquefois employées. 
La cime des Cyprès n'est pas pyramidale comme celle 
des Sapins : elle occupe au contraire beaucoup d'es- 
pace, et souvent même elle paroît comme déprimée 
dans les vieux arbres ; son feuillage , peu touffu , est 
léger et d'une teinte fraîche et agréable. Chaque 
feuille^ considérée isolément, est longue de 4 à 5 
pouces, ( II à i4 cenlim.) et présente deux rangs 
de folioles disposées parallèlement sur un filet com- 
mun. Ces folioles sont petites, linaires, un peu arc- 
quées de dedans en dehors, et d'un vert clair. A 
l'automne, elles prennent une couleur rousse et 
tombent peu après. Si l'on fait bouillir pendant trois 
heures les feuilles de cet arbre dans de l'eau, elles 
communiquent au liquide une couleur cannelle, 
d'une teinte agréable et solide; c'est du moins le 
résultat que présentent quelques tentatives que l'on 
a faites en Europe à ce sujet. 

Le Cupressus disticha fleurit en Caroline , vers le 
i^"". février. Ses fleurs mâles et ses fleurs femelles 
sont séparées, mais placées sur le même arbre ; les 
premières sont disposées en chatons pendans et flexi- 
bles, et les secondes sont en têtes et peu apparen- 
tes ; à celles-ci succèdent des fruits ou cônes de la 
grosseur du pouce, qui sont arrondis et à surface 
inégale; ces cônes assez durs contiennent des grai- 
nes , qui sont autant de petits corps ligneux , très- 
irréguliers, dans l'intérieur desquels se trouve une 
amande cylindrique. Elles sont en maturité dans le 
m. ^ 



10 CUPRESSUS DISTICHA. 

courant du mois d'octobre, et elles se conservent 
bonnes deux ans. 

Le bois du Cupressus disticJia est d'une teinte 
rougcâtre, lorsqu'il a été quelque temps exposé à la 
lumière , et sa texture est très-fine. Il est doué d'un 
grand degré de force et d'élasticité : moins résineux 
que celui des Pins , il est aussi moins pesant. A ces 
propriétés, il joint celle infiniment précieuse de résis- 
ter très-long-temps aux alternatives de la chaleur et 
de l'humidité ; variations qui sont extrêmes dans le 
Midi des États-Unis et à la Basse-Louisiane. 

La qualité du bois de Cupressus disticha , sa cou- 
leur et celle de son écorce, varient suivant la nature 
des terreins où il croit : ainsi, dans les arbres qui, 
étant placés immédiatement sur les bords du lit 
naturel des rivières, sont presque constamment sub- 
mergés jusqu'à 3 et 4 pieds (^ i mètre) dans les bas- 
ses eaux, on observe que l'écorce est d'un gris blanc 
et d'une teinte plus claire que dans ceux qui crois- 
sent loin des rives, et dans les endroits où les eaux 
ne parviennent pas , où ne séjournent que momen- 
tanément. Le bois de ceux-là est aussi plus blanc , 
moins résineux et plus léger; on les désigne, dans 
la Caroline et la Géorgie, par le nom de Cjpres 
blancs^ Les autres au contraire, dont l'écorce est 
plus rembrunie, le bois plus brun, plus chargé de 
résine et plus pesant, sont appelés Cyprès noirs ; 
distinction qui, comme on voit, n'est que le résultat 
de l'influence du sol dans lequel ils ont pris nais- 
sance , mais dont j'ai cru néanmoins devoir assigner 



CUPRESSUS DISTICHA. II 

la cause, pour éviter toute espère (Fin certitude aux 
personnes qui n'habitent pas les pays où cet arbre 
est indigène. Lorsqu'on vent employer dans les arts, 
le bois de ces deux variétés , on ne doit le mettre 
en œuvre que lorsqu'il provient d'arbres abattus en 
hiver, et qu'il a été conservé assez long-temps pour 
être parfaitement sec, car il ne perd que diffi- 
cilement son humidité. Il exsude du Ciipressus 
disticha une résine, dont la couleur est youge et 
l'odeur assez agréable : mais elle est trop pe« abon- 
dante pour être récoltée et introduite dans le com- 
merce. Les Nègres la préfèrent à celle des Pins pour 
mettre sur les blessures qui sont déjà entrées en sup- 
puration. Cet arbre en rend une plus grande quan- 
tité que le Cupressus thjoïdes^ ce qui est probable- 
ment la cause que son bois est plus dense et plus fort. 
A la Louisiane , l'emploi du bois de Cyprès 
est plus général que partout ailleurs; il y rem- 
place très-utilement le Chêne blanc et même le 
Pin qui y sont assez rares, et il a sur ce dernier l'avan- 
tage d'être plus durable. Les maisons de la Nouvelle- 
Orléans, dont la presque totalité est encore en bois, 
sont construites en Cyprès. On en fait la charpente, 
les planches dont elles sont revêtues extérieurement, 
les essentes qui les couvrent, et la menuiserie inté- 
rieure. Dans lesCarolines et la Géorgie , lors des pre- 
miers établissemens de ces Colonies, on en faisoit 
un usage presque aussi général; mais aujourd'hui 
on est obligé d'avoir recours à d'autres bois , parce 
que les Cyprès d'un grand diamètre, sont devenus 
trop rares, et que l'on seroit obligé de les faire venir 



12 CUPRESSUS DISTICHA. 

de trop loin à l'intërieur. Il n y a donc que ceux qui 
demeurent à la proximité des marais, où cet arbre 
abonde encore, qui en font construire entièrement 
leurs maisons, ou qui se bornent à en faire des plan- 
ches pour en revêtir extérieurement la charpente ; 
car elles durent deux fois plus de temps que celles 
qu'on tire des Pins , surtout si on a soin de les faire 
peindre de temps en temps: cette précaution contri- 
bue beaucoup à les préserver de la pourriture. Mais 
de quel^ques matériaux que les maisons soient cons- 
truites dans les villes et dans les campagnes de ces 
deux États, elles sont toujours couvertes enessentes 
fabriquées de bois de Cyprès, qui durent environ 
quarante ans , sans avoir besoin d'être renouve- 
lés, si toutefois elles ont été faites d'arbres abat- 
tus en hiver. Les essentes se lèvent parallèlement 
aux couches concentriques. A cette occasion,^ je 
remarquerai qu'à Norfolk en Virginie , situé près de 
Dismall Swamps, où il se fabrique une prodigieuse 
quantité de ces essentes et de celles de Cupressus 
tkjQïdes ^ et où on peut les avoir au même prix, 
on donne la préférence à celles qui sont tirées du 
Cupressus disticha ^ tandis qu'à Philadelphie et à 
Baltimore, où l'on a la même facilité d'obtenir l'une 
ou l'autre sorte au même prix, on préfère celles qui 
sont en Cupressus thyoïdes. Ne pourroit-on pas 
conclure de ce fait, qui paroit être le résultat de 
l'expérience, que le Cupj^essus disticka et le Cupres^ 
sus thjoïdes ne réunissent complètement tous les 
principes qui rendent leur bois si durable, que dans 
les pays où ils sont respectivement plus abondans, 



eu PRESS us DISTICHA. l3 

eu égard à la nature du terrein et à la tempcirature 
du climat qui sont plus favorables à leur végétation? 
Dans les villes des États méridionaux, où le Pin 
blanc est à très-bon marché, le bois de cet arbre a 
remplacé, en grande partie, celui de Cyprès pour la 
menuiserie intérieure des maisons. Cependant les 
planches faites de ce dernier, sont préférablement 
employées pour l'intérieur des maisons en briques, 
et pour les châssis des fenêtres et les panneaux 
des portes qui sont plus exposés à l'humidité. Les 
Ébénistes l'employent aussi pour l'intérieur des 

meubles d'acajou. 

On m'a assuré qu'à la Louisiane, on faisoit en 
Cyprès les mâts et les bordages de navires, qui étoient 
d'un excellent usage; on en fait le même cas dans 
les,ports de Charleston et de Savanah , quoiqu'il y 
soit actuellement peu employé. 

Par-tout où croit le Cupressus disticha, on cons- 
truit avec le tronc de cet arbre, des canots ou des 
pirogues d'une seule pièce, qui ont plus de 3o pieds 
(lo mètr.) de longueur, sur 5 pieds (2 mètr.) de lar- 
geur ; ces canots sont légers, solides et plus durables 
que ceux qui sont faits avec toute autre sorte de bois. 

Le long du Mississippi, les habitans en font la 
clôture des champs de leurs habitations, et des 
pieux qui, dépouillés de l'aubier, durent très-long- 
temps en terre. Pour ce dernier usage, il est aussi 
préféré aux autres espèces de bois dans tous les 
Cantons de la Géorgie, où cet arbre abonde, et où 
il est facile à se procurer. L'on en fait encore les 



l4 CUPRESSUS DISTICHA. 

meilleurs conduits souterrains pour les eaux : alors 
il faut se servir de préférence du Cyprès noir^ comme 
étant plus résineux et plus solide. 

Les inépuisables cyprières qui bordent le Missis- 
sippi, dans un espace de 200 lieues [l^^ooo kilomè- 
tres), non-seulement ont fourni et fournissent sans 
cesse à toutes les espèces de constructions qui se font 
dans la Basse-Louisiane, mais encore elles ne cessent 
de subvenir au commerce d'exportation qui a lieu 
du bois de cet arbre aux Colonies des Indes occi- 
dentales, où il est envoyé, débité principalement 
en planches et en essentes. Cette branche de com- 
merce est cependant très-diminuée depuis quelques 
années, à cause delà grande exportation que font 
les Etats du Nord, de planches des diverses espèces 
de Pins, et notamment de celles du Pinus strohus^ 
dont le prix est de moitié moindre , et dont les usa- 
ges sont à-peu-près les mêmes. 

A la Havanne , cette dernière sorte a , en grande 
partie, remplacé celle du Cyprès pour la confec- 
tion des caisses à sucre, qui en consommoit une 
grande quantité; mais pour couvrir les maisons, les 
essentes de Cyprès ont toujours la préférence. La 
consommation qui s'en fait dans les Colonies fran- 
çaises, anglaises et danoises, est prodigieuse; on 
l'évalue à près de 100 millions d'essentes: elles sont 
principalement exportées des ports de Norfolk, dans 
la Basse-Virginie ; de Willmington , dans la Caroline 
du Nord, et de Savanah, dans la Géorgie. Dans cer- 
taines années, il en a été expédié plus de i5 mil- 



CUPRESSUS DISTICHA. iT) 

lions de Norfolk, et 3o millions de Willmington 
C. N. Ces essentes sont de deux sortes, les unes 
ont i8 pouces [ 54 centimètres ) et les autres 
22 pouces (66 centimètres J de longueur, sur 3 à 6 
pouces ( 8 à i6 centimètres ) de largeur. Le prix 
de ces dernières, étoit à Philadelphie, dans le 
mois de février i8o8, de l^ k 5 piastres ( 25 francs) 
le millier, et elles se vendent ordinairement le dou- 
ble aux Colonies des Indes occidentales. 

Tels sont les résultats des renseignemens que j'ai 
obtenus, et des observations que j'ai faites dans le 
Midi des Etats-Unis, sur le Cupressus disticha, arbre 
infiniment précieux pour ces Contrées, et plus encore 
pour la Basse-Louisiane; car ce nouvel Étatest encore 
plus privé de bois de bonne qualité, ou de ceux 
qui, comme le Quercus virens^ ne sont pas de nature 
à être employés d'une manière aussi générale. Il est 
probable que si j'avois visité cette Colonie, la des- 
cription que je viens de donner de cet arbre , quoi- 
que plus étendue et plus exacte que celles qui ont 
été publiées jusqu'ici, auroit été encore plus détail- 
lée, parce que j'aurois été à même de recueillir plus 
de données sur ses propriétés et sur ses défauts, dans 
un pays oii son bois est employé à mille usages dif- 
férens. Je me suis borné à en indiquer les princi- 
paux, laissant à. des Amateurs instruits, le soin de 
célébrer dans leurs écrits, cet arbre aussi précieux 
par lesimportans services qu'il rend à la société dans 
ces Contrées lointaines, que majestueux par le luxe 
de sa végétation. 



l6 CUPKESSUS DISTICHA. 

En Europe , les Amateurs de cultures utiles, ou 
seulement ceux qui ne cherchent qu'à embellir leurs 
parcs et leurs jardins d'agrément, en y rassemblant 
des arbres étrangers, se sont efforcés depuis plus de 
cinquante ans, de multiplier le Cupressus disticha. 
Un grand nombre d'entr'eux pensent même que cet 
arbre , qui résiste bien aux froids qu'on éprouve en 
hiver aux environs de Paris et même en Angleterre 
et en Hollande , pourroit fournir beaucoup de res- 
sources pour les arts, à cause des bonnes qualités de 
son bois qui sont assez généralement connues, et 
que de plus il présenteroit un autre avantage bien 
précieux, celui d'occuper d'une manière utile beau- 
coup de marais ou terreins aquatiques , qui sont 
encore vagues. On ne peut qu'applaudir aux inten- 
tions de ces personnes et aux motifs qui leur font 
recommander la propagation de cet arbre; mais je 
ne puis adopter entièrement leur opinion sur les 
résultats qu'on s'en promet: je crois même qu'il sera 
toujours plus lucratif de planter des Frênes , des 
Saules, des Aulnes et plusieurs espèces de Peupliers 
et d'Érables, parce que leur croissance est infiniment 
plus rapide; qu'ils repoussent du pied après avoir 
été coupés, ce que ne fait pas le Cupressus disticha'^ 
et que leurs bois peuvent être employés tout aussi 
utilement pour les Européens qui construisent leurs 
maisons en pierres, et qui les couvrent de tuiles ou 
d'ardoises. Je suis également persuadé que la culture 
du Cupressus disticha^ comme arbre utile, ne sera 
jamais suivie du succès en Europe, au-delà du 44'- 



CUPRESSUS DISTICHA. | -J 

degré de latitude^ car cet arbre a autant besoin de 
chaleur que d'humidité, pour végéter avec vigueur; 
c'est ce manque de chaleur de nos étés qui ne sont pas 
assez prolongés, qui fait que beaucoup de Cyprès 
chauves , plantés près de Paris depuis plus de 25 ans, 
ne complètent pas la maturité de leurs fruits, quoi 
qu'ils fleurissent tous les ans; c'est à cette même 
cause qu'on doit attribuer la lenteur de leur végé- 
tation; car la plupart ont moins de 20 à 25 pieds 
(^6 à 8 mètres) d'élévation. Les plus gros Cupressus 
disticha que nous possédons, se trouvent à 20 lieues 
^lookilom.j de Paris, dans les anciens domaines 
de M. Duhamel : plantés il y a plus de 4© ans, et pla- 
cés dans la situation plus favorable à leur végétation, 
ils se sont élevés à 40 pieds ( 1 2 mètres) , sur 11 à 1 2 
pouces (32 centimètres) de diamètre, et cependant 
leurs graines viennent très-rarement à maturité. Un 
Amateur d'agriculture, recommandable par ses vues 
utiles, dont les propriétés sont en partie situées dans 
les Landes de Bordeaux, et qui y a formé un établis- 
sement pour naturaliser les arbres étrangers qui peu- 
vent offrir aux arts de nouvelles ressources, a obtenu 
un succès très-marqué dans la culture du Cupressus 
disticha-^ des graines que je lui envoyai en i8o3, 
de la Caroline méridionale, il a élevé cinquante indi- 
vidus qui, dans le cours de ces huit dernières années, 
ont déjà atteint 20 à 3o pieds (6 à 10 mètres ) de 
hauteur. Ce fait vient à l'appui de l'opinion où je 
suis, que cet arbre ne réussira jamais bien en France, 
que dans nos départemens méridionaux, et nàtam- 
III. 3 



l8 CUPRESSUS DISTICHA. 

ment dans les Royaumes d'Italie et de Naples, par- 
tout où il se trouve des marais non cultivés ; et si , 
dans quelques-uns des départemens de ces États, on 
construit et on couvre encore en bois les maisons, 
celui du Cupressus distichay sera le plus précieux 
que les habitans pourront employer. 

Il seroit inutile de recommander aux habitans de 
la partie méridionale et maritime des deux Garoli-. 
nés, de la Géorgie et des Florides, de conserver, 
moins encore de multiplier le Cupressus disticha^ 
quoique cette partie des Etats-Unis, qui comprend 
une étendue de plus 3oo lieues (^ i5oo kilomètres) , 
ne possède ni pierres, ni ardoises pour la construc- 
tion des maisons. Cette recommandation resteroit 
sans effet; car il sera de jour en jour plus avantageux 
pour la population qui s'accroît sans cesse dans ces 
Contrées, de convertir les marais de Cyprès en riziè- 
res, dont les récoltes fourbiront une subsistance assu- 
rée aux habitans, et ajouteront une nouvelle masse 
à l'exportation des produits dusoL Ainsi, au lieu de 
construire les maisons en bois, on les construira en 
briques, comme on a déjà commencé à le faire, et 
on les couvrira en ardoises, qui seront importées des» 
Étals du Nord ou d'Europe, Si donc on réfléchit sur 
l'immense consommation qui se fait du Cupressus 
disticha dans les États méridionaux, et sur l'intérêt 
toujours croissant que les habitans trouveront à l'ex- 
ploiter , afin d'approprier le sol marécageux qu'il 
occupe à des cultures plus profitables, on doit pré- 
voir que cet arbre ne peut manquer de devenir de 



CUPRESSUS DISTICHA.. IQ 

jour en jour plus rare, et qu'il (inira peut-être par 
disparoîlre entièrement avant deux siècles, de cette 
partie des États-Unis. 

PLAJVCHE I'^ 

Rameau avec les feuilles de grandeur naturelle. Fig. i , fruit. 
Fig. 2 , graine. Fig, 3 , amande. Fig. 4 , graine coupée en deux. 
Fig. 5 , excroissance coniforme qui prend naissance sur les racines. 



CUPRESSDS THYOIDES. 



WHITE CEDAR. 



CupRESSUS tJiyoïdfs f foHix squamidafim imbricatis , 
ramulis compressis ; strobilis rninutis , globulosis. 

Parmi les diverses espèces d'arbres résineux que 
produit le sol des États-Unis, celle-ci peut être mise 
au nombre des plus intéressantes , à cause de plu- 
sieurs bonnes qualités, qui rendent son bois propre 
à des usages très-variés. Vers le Nord, le Cupressus 
thyoïdes est assez rare au-delà de la rivière Con- 
necticut; et cette rareté est cause qu'il n'est point 
employé dans les arts. Dans les États méridionaux, 
je ne l'ai pas vu au-delà de la rivière Santee. On m'a 
néanmoins assuré qu'il croissoit sur les bords de la 
rivière Savanah, près d'Augusta; mais aussi qu'il y 
étoit très-peu multiplié. C'est donc entre les limites 
que je viens d'indiquer, et seulement à partir des 
Côtes de l'Océan, jusqu'à environ 5o milles dans 
les terres, quil se trouve très -abondamment. Ces 
limites comprennent les États du Milieu, et une por- 
tion de ceux du Sud. 

A New- York, ainsi que dans le New-Jersey et la 
Pensylvanie, cet arbre est connu sous le seul nom 
de TVhite cedar ^ Cèdre blanc ^ tandis que dans le 
Maryland, la Virginie et la Caroline du Nord, il 
porte celui de Juniper y Genévrier. J'ai cru devoir 




lUPKBSSUS TlTOides 



tra^rzf/ ^-cvJf 



^ 



C U P R i: r> s u s T H Y o ï d e s. 21 

préférr;r la première de ces deux dénominations , par 
ce qu'il m'a paru quelle n'étoit pas entièrement 
étrangère aux habitans des pays qui le connoissent 
sous la seconde, laquelle, d'ailleurs, est tout-à-fait 
mauvaise, puisque cet arbre n'appartient pas au genre 
des Juniperus. A Boston, dans les États de New- 
Ilamsphire, de Vermont et plus au Nord, comme 
dans le Canada, la province de la Nouvelle-Bruns- 
wick et la Nouvelle-Ecosse, on donne aussi le nom 
de FThite cedar. Cèdre blanc, au Thuya occidentalis , 
\\ falloit une seconde fois opter, et j'ai cru bien faire, 
que de conserver encore le nom de FVJiite cedar ^ 
Cèdre blanc, à l'arbre que je décris, puisque ce der- 
nier n'appartient pas non plus au genre des Thuya» 
Le Cupressus t hyoïdes ne croit qu'aux lieux très- 
humides. Il couvre presque entièrement les marais 
d'une vaste étendue, qu'on trouve à peu de distance 
des bords de la mer, dans le Bas-Jersey et dans la 
partie maritime du Maryland et delà Virginie. Ces 
. marais qui sont ordinairement limitrophes des prai- 
ries salées, sont même exposés dans les hautes marées, 
à être momentanément baignés par les eaux de la 
mer. Dans le New-Jersey, il occupe presqu'à lui 
seul toute la superficie de ces marais, qui sont néan- 
moins bordés de Nyssa aquatica et (ï Erables rouges. 
Mais, plus au Sud, il est entremêlé avec le Cupres- 
sus disticha ; et l'on observe que la proportion de 
ce dernier augmente, à mesure qu'on avance dans 
cette direction ; et il finit par le remplacer entière- 
ment. Ces marais du Bas-Jersey et des États de la 



32 CUPRESSUS THYOÏDES. 

Delaware et du Maryland, sont tellement fangeux 
pendant huit mois de l'année, qu'ils ne sont prati- 
cables en été que pendant les plus grandes sécheres- 
ses, et en hiver, lorsqu'ils sont couverts de glaces. 
Les arbresy sont tellement rapprochés, que la lumière 
du jour, n'y pénètre que très-difficilement. Sous leur 
ombrage croissent à chaque pas , des touffes de Rho- 
dodendron maximum ^ à' Azalea et à'Andromeda^ 
dont la belle et vigoureuse végétation indique plei- 
nement que ces charmans arbustes se plaisent dans 
ces terreins humides et ombragés. 

Le Cupressus thyoïdes s'élève à 70 et 80 pieds 
( 23 à 26 mètres J, sur un diamètre qui excède rare- 
ment 3 pieds [i mètre), si ce n'est cependant dans 
quelques-uns de ces marais les plus vastes, où l'on n'a 
pas encore pénétré par-tout, pour en abattre les plus 
gros individus, comme dans celui qui est connu sous 
le nom de Dismall swamp ^ situé près de Norfolk, 
en Virginie; ce marais est couvert, presque dans son 
entier, de Cupressus disticha et de Cupressus thyoï- 
des. Ces derniers, dans les endroits où ils sont extrê- 
mement rapprochés les uns des autres , ont une tige 
droite et parfaitement perpendiculaire, et sont dé- 
garnis de branches jusqu'à la hauteur de 5oà 60 pieds 
( i3 à 20 mètres). On observe que dans ce marais, 
les Cupressus thyoïdes occupent ordinairement de 
préférence le centre , tandis que les Cupressus dis* 
ticha couvrent les parties les plus rapprochées de la 
circonférence; et que ceux-ci acquièrent jusqu'à 7 
pieds (22 décim.J de diamètre, tandis que ceux- 



CUPRESSUS ÏHYOÏDES. a3 

là ne parviennent qu'à la moitié de cette grosseur. 

L'Écorce (^épidémie) est fort mince dans les jeu- 
nes Cupressus t hj oïdes , msiis elle devient ensuite 
fort épaisse: elle est alors d'une texture très-tendre^ 
filamenteuse et de couleur rousse , très-semblable 
aux vieilles tiges de vignes. Lorsque cette écorce est 
entamée ,il en exsude une résine transparente, dont 
la couleur est jaune et l'odeur assez agréable, mais 
qui est toujours en très-petite quantité; car ce seroit 
avec peine que d'un arbre d'un pied [3 décimètres j 
de diamètre, on en obtiendroit plusieurs onces dans 
le cours de l'^té. 

Le feuillage du Cèdre blanc reste toujours vert^ 
ces feuilles sont autant de petits rameaux, très-sub- 
divisés , et qui se composent chacun de petites écail- 
les aiguës, imbriquées les unes sur les autres, et au 
dos desquelles se trouve une petite glande, facile à 
distinguer à la loupe. C'est dans les aisselles de ces 
petites ramifications, que naissent les fleurs qui sont 
très-peu apparentes et auxquelles succèdent des fruits 
ou cônes aussi extrêmement petits. Ces cônes, d abord 
verdâtres, et à surfaces inégales, deviennent bleuâ- 
tres vers l'automne , époque où ils s'ouvrent pour 
laisser échapper des graines très-fines. 

Lors même que le Cèdre blanc a déjà acquis une 
grosseur assez considérable, on observe que les cer- 
cles concentriques, ou les couches annuelles sont 
toujours très-distinctes, mais elles sont si nombreuses 
et si rapprochées les unes des autres, qu'il paroit que 
cet arbre n'arrive à son plus grand accroisement 



^4 CUPRESSUS THYOÏDES. 

qu'après un laps de temps très -long. J'ai compté 
297 couches annuelles , sur un individu qui n'avoit 
que 21 pouces 6 lignes Ç 58 centimètres) de diamè- 
tre, à 5 pieds (16 décimètres) de terre, et 47 sur 
un jeune plant qui avoit 8 pouces (^21 centimètres ) 
au niveau du sol, ce qui annonçoit dans celui-ci 
à-peu-près 5o ans de végétation. En effet, à l'époque 
où je fis cette observation, on me dit dans le canton, 
que depuis un demi siècle au moins, le marais d'où 
cet arbre avoit été tiré, avoit été complètement 
incendié , et qu'il s'étoit repeuplé par le moyen de 
quelques arbres qui avoient échappé à l'incendie, ou 
peut-être encore des graines de l'année précédente. 
Le bois de Cèdre blanc se travaille aisément , 
parce qu'il est très-léger, très-tendre, et que le grain 
en est assez fin. Lorsqu'il est bien sec, et qu il a été 
quelque temps exposé à la lumière , il prend une 
couleur rosée ; il a une odeur aromatique assez forte, 
qu'il conserve tant qu'il n'est pas à l'humidité. 
L'expérience a appris que ce bois dépouillé de son 
aubier, résistoit plus long-temps que celui d'aucune 
autre sorte , aux alternatives de la sécheresse et de 
l'humidité. C'est principalement parce qu'il a cette 
propriété précieuse , et qu'il y réunit une extrême 
légèreté, qu'à Philadelphie et à Baltimore , on le pré- 
fère pour les essentes ou bardeaux, dont on couvre 
les maisons. Les essentes se lèvent, ou se débitent 
transversalement aux couches concentriques, et non 
parallèlement avec elles, comme celles du Cupressus 
disticha. Elles ont de 24 a 27 pouces (64 à 72centim,J 



CUPRESSUS T HYOÏDES. 2.) 

de long, de 4 à 6 ( 10 à i6 centimètres) de large , 
et 3 lignes C 6 millimètres ) à l'extrémité la plus 
épaisse. Dans les prix courans de Baltimore , elles 
sont indiquées sous le nom de Juniper shingles ^ 
essentes de Genévrier. Leur prix varie de 4 à 5 pias- 
tres r 20 à 25 fr. ) , le millier, prêtes à être employées. 
On est généralement persuadé à Philadelphie et 
. à Baltimore, que les essentes de Cupressus thjoi- 
des^ quoique égales en durée, à celles de Cupressus 
disticha^ leur sont néanmoins préférables , parce 
qu'elles n'ont pas comme celles-ci , l'inconvénient de 
se fendre en les clouant sur les chevrons , et que de 
plus, on peut se les procurer plus longues et plus 
larges. Presque toutes les maisons de New- York, de 
Philadelphie, de Baltimore et des petites villes cir- 
convoisines, sont couvertes en essentes tirées de cet 
arbre ; et pour l'ordinaire, il n'est pas besoin de les 
renouveler avant 3o et 35 ans. La consommation 
qui s'en fait dans le pays, déjà très-considérable, 
est encore augmentée par ce qui s'en exporte aux 
Colonies des Indes occidentales. On en évalue la 
quantité à plusieurs millions. 

Depuis bien des années, on n'employé plus dans 
la bâtisse des maisons , le Cupressus thyoïdes , 
comme bois de charpente; les arbres d'un fort dia- 
mètre qui y seroient propres , sont devenus trop 
rares; d'ailleurs, on tire un parti plus avantageux de 
le débiter en esssentes ou de l'employer pour la bois- 
sellerie ; car on assure que , sous ces deux rapports, il 
est fort préférable au Pinus strobus, parce qu'il a, 
lu. 4 



26 CUPRESSUS T HYOÏDE S. 

encore plus que lui, la propriété de se conserver 
sain eit d'être moins sujet à être attaqué par les vers. 
Son usage dans la construction des maisons, se trouve 
donc borné aux endroits qui avoisinent immédiate- 
ment les grands marais, où il croît si abondamment, 
comme près de Great Egy Harbour, d'Indian river 
dans le New-Jersey,^t de Dismall Swamp, enVirginie. 
La supériorité du bois de Cèdre blanc pour la con- 
fection de différens vaisseaux nécessaires aux usages 
domestiques, a créé à Philadelphie^ une branche 
d'industrie particulière , sous la dénomination de 
Cedar cooper^ tonnelier en Cèdre. Elle est pour 
ainsi dire concentrée dans cette ville, elle y occupe 
un grand nombre d'ouvriers , qui travaillent non- 
seulement pour la consommation du pays, mais 
encore pour le commerce d'exportation. C'est dans 
les celliers pratiqués sous les maisons, et dont l'ou- 
verture donne sur la rue, qu'ils établissent leurs ate- 
liers, et où ils fabriquent principalement beaucoup 
de seaux à anse ou à poignée , des cuviers à laver le 
linge, et des barattes à main et à manivelle. Les 
cercles dont ils se servent, sont aussi faits de jeunes 
Cèdres qu'on dépouille de leur écorce, et qui sont 
fendus en deux; ils ne sont employés qu'à cet objet. 
Les jeunes brins propres à cet usage, varient de prix 
en proportion de leur longueur; ils se vendent de- 
puis 5 dollars jusqu'à i5 dollars Ç aS livres à yS fr. J 
le millier: ceux-ci ont environ 2 pouces Ç6 centim. J 
de diamètre à leur base, sur 11 à 12 pieds (35 à 38 
décimètres de longueur. Tous ces vaisseaux, dont le 



€u PU ES su s THYOïnf:s. 27 

prix est modéré, sont bien conditionnés, très-légers 
et travaillés proprement et avec soin. Ils ne se ternis- 
sent pas à la longue , comme ceux qui sont faits d'au- 
tres bois, ils deviennent au contraire plus blancs et 
plus unis à l'user. 

A l'embouchure de la rivière Cap Fear, les pilo- 
tes et les pécheurs se servent de planches de 
Cupressus thjoicles pour faire les côtés de leurs 
bateaux, /^^â?/^ hoat : ces planches sont placées par 
recouvrement les unes au-dessus des autres. On les 
préfère parce qu'elles sont plus légères et plus dura- 
bles que celles des autres arbres , et même, à ce 
qu'il paroît , que les planches de Cupressus disticha. 
Celles-ci sont aussi communes dans le pays, mais elles 
ont l'inconvénient de se fendre plus aisément. 

On m'a assuré que le bois de cet arbre , bien 
choisi, réunissoit à un haut degré toutes les qualités 
requises pour faire des tables dharmonie pour les 
fbrté-piana. Des Négocians de Philadelphie, qui font 
le commerce des huiles, ont éprouvé qu'elles se con- 
servent beaucoup mieux dans des cuves ou réservoirs 
fabriqués avec ce bois. On en fait aussi un charbon 
très-estimépour la fabrication de la poudre à canon; 
mais pour cela, on ne prend que de jeunes brins qui 
ont moins de 18 lignes (4 centimètres) de diamè- 
tre à leur base, et dont on a enlevé l'écorce, avant 
de les soumettre à la combustion. Avec le bois de 
Cèdre blanc, bien sec, on fait aussi de très-beau noir 
de fumée, en moindre proportion, il est vrai, qu'avec 
celui de Pin^ mais il est plus noir et plus léger- 



■iS CUPRESSUS TIIYOÏDES. 

On trouve dans les chantiers de Philadelphie , des 
planches de bois de Cèdre blanc qui viennent du 
New- Jersey : leur longueur est de lo à 12 pieds (^ 3i 
à 38 décimètres), sur une largeur ordinairement 
moindre que 12 à i3 pouces (3 décimètres jj elles 
se vendent 20 piastres ( 100 francs) les 1,000 pieds 
courans, ou le double de celles de Pinus strobus. 

Dans le Nev^-Jersey et près de Philadelphie, les 
fermiers qui sont dans le voisinage des marais à Cèdre, 
font avec le bois de cet arbre, les pieux et les barres 
dont ils enclosent leurs champs. Ces barres faites de 
jeunes Cèdres entiers, ou fendus en deux, sont d'un 
très-bon usage, surtout si on a la précaution d'en 
enlever l'écorce, ce qu'on oublie souvent de faire. 
On dit qu elles durent de 5o à 60 ans. Elles se ven- 
dent à raison de 6 à 8 dollars ( 3o à 4o francs ) le 
cent, et les brins propres à faire les pieux , 60 à 7^ 
centimes. Le grand débit qui se fait du bois de 
Cnpressus thjoïdes , soit pour les clôtures des 
champs, soit pour les essentes et la boissellerie, 
rend très-précieuse la possession des marais où cet 
arbre abonde ; mais les propriétaires en tireroient 
encore plus de bénéfice par la suite , s'ils avoient le 
bon esprit d'en régulariser l'exploitation. 

PLANCHE I L 

Rameau avec son feuillage et ses fruits de grandeur naturelle. 
Fi g. i , fruit. Fi g. 2 , graines. 



/y. .3 




S.J.B^doutf M. 



THUIA Occidenfcalis 






GairieJ j-culp. 



T H U Y A OCCIDEJSTALIS. 

AMERICAN ARBOR V I T y£ , 



OR WHITE CEbAR. 



Thuya occidentaUsy ramulls ancipitlbua ^ foliis quadrîfa- 
riam iinbricatis , oi'atà-rhortibeis , adpressls , nudls , 
tuherculatis ; strobilis ovatis ; squarnls oblongè-ovali- 
bus ; seminibus alaùis. 

Des diverses espèces de Thuya connues jusqu'à 
présent des Botanistes, celle dont je donne ici la 
description, est la seule qui ait été trouvée dans le 
nouveau Continent; c'est aussi la plus intéressante 
de toutes^ parles bonnes qualités de son bois. Mon 
père indique les bords du lac St. Jean, en Canada , 
latitude 4^'°- 5o', comme le pointle plus avancé vers 
le Nord, où il observa cet arbre, et dont il dit n'avoir 
pas vu un seul individu dans un espace de plus de 
1 oo lieues (5oo kil.J qu'il parcourut dans cette direc- 
tion, au-delà de ce lac. Le Thuya occidentalis est , 
au contraire, fort abondant entre les 48° 5o' et les 4^' 
selon que les situations sont plus ou moins favora- 
bles à sa végétation. On trouve encore cet arbre au 
Sud du 45'- degré, mais il y est fort rare, et on ne 
le voit qu'isolément, le long des torrens qui descen- 
dent des montagnes, ou sur les bords de quelques 
rivières, comme près de celle du Nord, à l'endroit où 
elle traverse les Hi^h lands ^ et aux Rapides de la 
Potomak, en Virginie. L'Ile des Chèvres, qui partage 
la rivière de Niagara, au point où elle se précipite 



3o THUYA OCCIDENT A LIS. 

pour fbrmer cette chute , dont le spectacle extraor- 
dinaire cause autant de surprise que d'admiration 
aux personnes qui vont la visiter, n'est pas assez 
éloignée des deux rives , pour qu'on ne puisse distin- 
guer qu'elle est bordée, dans tout son pourtour, de 
Thuya occidenfalis. 

Dans le Canada , ainsi, que dans les parties les 
plus septentrionales des États-Unis, cet arbre est 
connu sous le nom de Cèdre blanc , TVhite cedar j 
il est aussi fréquemment désigné dans le District de 
Maine, par celui à' American arbor vit ce. J'ai cru 
devoir préférer cette dernière dénomination, quoi- 
que la moins usitée , afin d'éviter la confusion qui 
doit nécessairement résulter du même nom de Cèdre 
blanc, qu'on donne aussi au Cupressus thjoides ^ 
et que je lui ai conservé , comme étant celui sous 
lequel il est généralement connu dans les États du 
Milieu. Il seroit donc à désirer que la dénomination 
à' American arbor vitœ prévalût généralement. 

Le Thuya occidentalis s'élève à 45> et 5io pieds 
(^ i5 à 17 mètres j , sur une circonférence qui excède 
quelquefois 8, 9 et 10 pieds (^ aS , 29 et 3o décim. J ; 
dimensions , il est vrai , auxquels il ne parvient que 
rarement; car sa grosseur la plus ordinaire , à 5 pieds 
(^ 16 décim. j déterre^ n'est que de 10 à i5 pouces ( 27 
à 40 cent.) de diamèt. A en juger parle grand nom- 
bre de couches concentriques, toujours très-distinctes, 
qui se trouvent dans des individus de cette force, il 
paroit que la croissance de cet arbre ne s'opère qu'a- 
vec une lenteur extraordinaire ; car sur un tronçon 



THUYA OC CIDENTALIS. 3l 

de i3 pouces 5 lignes ( 35 centimètres et 1 1 millim. J 
de diamètre; j'ai compte 117 couches; j'ai également 
remarqué que les plus écartées de ces couches , sont 
placées vers le centre, comme dans le Cupressus dis- 
ticha et le Cupressus thjoides ; ce qui est le con- 
traire dans les Chênes, les Bouleaux, les Érables, etc. 
Le feuillage du Thuya occidentalis se conserve 
toujours vert; il est très-ramifié , et comme aplati 
ou étalé; ses feuilles sont comme autant de petites 
écailles imbriquées et opposées les unes aux autres; 
elles répandent une forte odeur aromatique , lors- 
qu'on les froisse. Les fleurs mâles et les fleurs femel- 
les sont placées sur le même arbre , mais séparées. 
Les premières ont la forme de petits cônes ovales. 
Aux fleurs femelles succèdent également de petits 
cônes, longs d'environ 4 lignes (9 millimètres), de 
couleur jaunâtre, lesquels se composent d'écaillés 
oblongues, qui, à l'époque delà maturité des grai- 
nes , se partagent dans toute leur longueur pour les 
laisser échapper; celles-ci sont petites et surmon- 
tées d'une aile très-courte. 

Dans le Bas-Canada, la Nouvelle -Brunsv^^ick, 
l'État de Vermont et le District de Maine, le Thuya 
occidentalis est, ai^vh?>V Abies nigraet VAbies Cana- 
densis^ celui de tous les arbres résineux qui est le 
plus multiplié. On le trouve dans deux situations 
différentes, quoiqu'elles offrent une certaine analo- 
gie entre elles, par la grande fraîcheur de leur sol, 
condition qui paroit dans l'état naturel , nécessaire 
à sa végétation; car on ne le voit jamais dans les ter- 



32 THUYA O CCIDENT ALIS. 

res élevées, parmi les Hêtres, les Bouleaux, etc. 
Mais^ ou il garnit immédiatement les bords rocail- 
leux d'une multitude de petits lacs et de rivières qui 
sont répandus dans ces contrées; ou le plus commu- 
nément, il couvre en grande proportion, quelque 
fois même seul , des marais qui ont depuis cinquante 
jusqu'à mille arpens et plus Çi^ à 5oo hectares); 
et on observe que la proportion des Thuja est d'au- 
tant plus considérable que le sol est plus humide; 
alors ces marais ne sont pénétrables que pendant 
l'hiver, lorsqu'ils sont gelés et couverts de plusieurs 
pieds de neige* Si, au contraire, ces marais ne sont 
pas aussi aquatiques, ces forêts partielles de Thiija 
sont entremêlées diAbies nigra , à'Abies Canaden- 
sis^ de Betula lutea^ de Fraxinus samhucifolia et de 
quelques Pinus sti^obus. Mais, dans tous les cas, la 
surface du sol, est tapissée d'un lit de Sphag?iuni ^ 
tellement épais et si imbibé d'eau, qu'on y enfonce 
jusqu'à mi-jambe, et qu'on en fait sortir l'eau par la 
simple pression des pieds. Dans cette mousse, crois- 
sent abondamment les plantes suivantes, Linnea 
horealis , Medeola\^irginica j Sarracenia purpurea 
et Ornus canadensis. 

Le Thuya occidentalis ^ arrivé à son entier déve- 
loppement, a un aspect tellement différent des autres 
arbres , par son port et son feuillage , qu'on le recon- 
noît au premier abord ; son tronc offre cela de parti- 
culier, que de très-ample qu'il est au niveau du sol , 
il diminue rapidement et se termine par un sommet 
très-effdé; il est aussi trèsrameux dans les quatre- 



THUYA. OCCIDENTALIS. 33 

cinquième de sa hauteur ; et ses principales branches 
fort espacées, forment des angles droits avec le tronc; 
elles donnent naissance à un grand nombre de petits 
rameaux secondaires qui sont inclinés, même pen- 
dants, dont le feuillage ressemble à celui du Cupre.s- 
sus t hyoïdes. 

Lorsque le Thuya occidentalis croît sur les bords 
des lacs, où il vient à l'aise, et où sa végétation est 
animée par les influences de l'air et de la lumière , il 
s'élève perpendiculairement, parvient bien plus vite 
à son plus grand accroissement, et ses dimensions 
sont toujours plusconsidérables, que lorsqu'il remplit 
les marais presque inaccessibles dont j'ai parlé; car, 
alors, ces arbres sont tellement pressés les uns con- 
tre les autres, que la texture épaisse de leur feuillage, 
s'oppose à la clarté du jour et intercepte la libre cir- 
culation de l'air, si nécessaire à l'accroissement des 
végétaux. J'ai aussi constamment remarqué que dans 
ces marais, cet arbre est rarement droit, et que son 
tronc, toujours plus ou moins incliné, décrit une 
ligne elliptique. Sa base est aussi fort large, et sur un 
de ses côtés, elle est chargée de i ou 3 gros sillons qui 
forment autant d'éperons , et qui , dans une direction 
très-oblique, s'enfoncent en terre, et donnent nais- 
sance aux plus grosses racines, ou en sont la conti- 
nuation. 

Le tronc du Thuya occidentalis est couvert d'une 

écorce peu profondément crevassée, assez douce au 

toucher et fort blanche dans les arbres qui sont les 

plus exposés à la lumière. Son bois , de couleur rou- 

III. 5 



34 THUYA O CCIDEN TAL IS. 

geâtre, est peu odorant, fort léger, et le grain en est 
fin et très-tendre. C'est de tous les bois que produi- 
sent les parties les plus septentrionales du Canada et 
des États-Unis le plus apprécié, comme résistant le 
mieux à la pourriture 5 car, exposé aux alternatives 
delà sécheresse et de l'humidité, il dure très-long- 
temps; cependant, comme le décroissement de son 
tronc est très-accéléré, il est difficile d'en obtenir 
des pièces d'une grande longueur , qui aient le même 
diamètre: aussi, quoique ce soit un excellent bois 
de charpente, on ne l'employé presque jamais h cet 
usage dans le District de Maine, et encore plus rare- 
ment en fait-on des planches et des essentes pour 
couvrir les maisons. Il a aussi l'inconvénient , comme 
le Pinus strobus ^ et peut-être encore plus que lui, 
parce qu'il est plus tendre , de tenir mal les clous; 
ce qui fait que les Canadiens l'employent avec d'au- 
tres bois, qui n'ont pas ce désavantage. Sous le 
rapport de sa longue durée, voici un fait, extrait des 
notes de mon Père , qui tend à la confirmer. « Lors 
de mon voyage à la baye d'Hudson, j'arrivai dit-il , 
au mois d'août 1792, près du lac Chicoutonné, 
situé près le 48' degré , et j'y trouvai encore le pres- 
bytère de l'Église^ établie en 1728, C ainsi que 
l'indiquoit la date de l'année placée au-dessus de 
la porte principale) par les Pères Jésuites, pour y 
rassembler les Sauvages des environs. Ce bâtiment, 
construit en poutres équarries de Thuya occidenta- 
lisa élevées les unes au-dessus des autres, étoit encore 
en bon état; et quoique ces poutres n'eussent jamais 



THUYA O CCIDKNTALIS. .J'J 

été couvertes, ni en-dedans, ni en-dehors, je les 
trouvai tellement intactes qu'elles n'avoient pas été 
altérées de l'épaisseur d'une demi-ligne (i millimc- 
tre 1, depuis plus de soixante ans >}. 

Mais, au Canada, ainsi que dans l'État de Ver- 
mont et dans le District de Maine, l'emploi le plus 
habituel du bois de cet arbre, et pour lequel 
il est considéré comme infiniment précieux , est 
pour en faire des pieux et des barres qui servent à 
former les clôtures des champs ; et tant que cette 
méthode de clore les terres cultivées , subsistera 
dans les pays où cet arbre est très-abondant , on 
devra l'économiser autant que possible, en exploi- 
tant suivant le principe applicable aux arbres rési- 
neux^ les marais qui en sont couverts; car l'expé- 
rience a appris que les clôtures faites de ce bois, 
peuvent durer, savoir, les pieux 35 à f^o ans, et les 
barres-transversales 60 ans, sans avoir besoin d'être 
renouvelées, c'est-à-dire, trois ou quatre fois plus 
que celles qui sont faites de tout autre bois; on a 
observé que les pieux de Thuja occidentalis durent 
moitié moins de temps dans un terrein sablonneux 
que dans ceux où l'argile domine. Le bois de cet 
arbre, fendu sur une petite épaisseur, est préféré 
en Canada, pour en faire les courbes légères qui 
qui forment la carcasse des canots d'écorce. De ses 
rameaux garnis de feuilles, on fait dans le même 
pays, les balais^ qui, gardés dans les maisons, exha- 
lent une légère odeur aromatique assez agréable. 
Ralm rapporte que de ses feuilles pilées et bien 



36 THUYA OCCIDENTALIS. 

amalgamées avec du sain-doux, on compose un 
onguent qui s'employe avec beaucoup de succès 
dans les affections rhumatismales. 

Le Thuya occidentalis a été introduit en France, 
depuis plus de deux cents ans. Son port et son feuil- 
lage beaucoup plus agréables que ceux de l'espèce 
qui vient de la Chine, doivent le faire préférer pour 
rembellissement des jardins et desparcs d'une grande 
étendue. Les bonnes qualités de son bois sont aussi 
un autre motif qui doit engager à le propager dans 
le Nord de l'Europe , où il peut se trouver des marais 
qui ne sont pas encore soumis à la culture. Cepen- 
dant je crois qu'on devroit donner la préférence au 
Cupressus thy aides ^ dont la tige est beaucoup plus 
élevée, le diamètre plus uniforme, la végétation 
plus accélérée et le bois aussi durable. 

PLANCHE m. 

Rameau avec son feuillage et ses cônes de grandeur naturelle. 
Fig. I , graines. 




Gabrid d-cuh. 



_fffirxa dd. 



LARIX Americaiia . 



LARIX AMERICANA. 

AMERICAN LA R cri. 

Larix americana , foliis hreviorihus , strobilis parvis , 
ovoïdeo-subglobosis , squaniis pauciorihus. 

Quoique cet arbre soit plus communément désigne, 
dans le Nord des Etats-Unis, par le nom iïHacnia-' 
tack ^ j'ai cependant cru que celui à' American 
Larch , Mélèze d'Amérique , étoit préférable ; et cela 
avec d'autant plus de raison, que cette dénomina- 
tion n'est pas étrangère à ceux qui employentla pre- 
mière, laquelle d'ailleurs est absolument insigni- 
fiante. Les Français Canadiens lui donnent le nom 
lÏ Epinette rouge. 

Des diverses espèces d'arbres résineux qui se trou- 
vent dans les régions les plus septentrionales des 
deuxContinens , le Mélèze d'Amérique et celui d'Eu- 
rope, sont celles qui paroissent être les plus exclusi- 
vement confinées dans ces climats rigoureux, et qui 
sont les premières à disparoitre à mesure qu'on se 
rapproche d'une température plus douce. Les États 
de Vermont, du New-Hampshire, et le District de 
Maine, sontdansles limites desEtats-Unis, les parties 
où l'espèce Américaine est la plus abondante; mais, 
quoique le terrein paroisse très-propre à sa végéta- 
tion, et que les froids, en hiver , y soient long- temps 
prolongés et très-rigoureux, cet arbre n'y constitue 



38 LARIX AMERICANA. 

pas cependant la centième partie de l'essence noire 
ou résineuse, qui se compose principalement de 
VAbies nigra^ de YAbies Canadensis et du Thuya 
occidentalis. Il paroitroit au contraire , d'après les 
observations de mon Père, qui a voyagé vers la baie 
d'Hudson, que ce n'est qu'au Nord du fleuve St. 
Laurent, et notamment dans les environs des lacs de 
St. Jean, et desgrands et petits Lacs Mistassins,quele 
Mélèze est extrêmement commun, et où il vient en 
corps de forets, couvrant à lui seul des espaces de 
plusieurs milles d'étendue en tous sens. J'ai appris 
qu'il étoit aussi fort abondant à Terre-Neuve; ce 
qui est d'autant plus probable^ que ce pays est placé 
à-peu-près sous la même latitude. Vers le Sud, les 
Etats de New-Jersey, de la Pensylvanie et quelques- 
unes des situations les plus froides et les plus ombra- 
gées de la région montagneuse de la Virginie, sont 
les points les plus avancés dans cette direction^ où 
il cesse de croître; aussi y est-il assez rare; et dans 
le Bas-Jersey, aux environs deNew^-York, on ne 
le voit que dans les marais à Cupressus thjoides^ 
avec lequel il est mêlé en très-petite proportion. Les 
descendans des Hollandais , assez nombreux dans 
cet Etat , l'appellent Tcnnarack^ dénomination aussi 
insignifiante que celle à'Hacniatack, 

J'ai remarqué que dans le District de Maine et 
l'Etat de Vermont, cet arbre croissoit exclusivement 
aux lieux bas et humides, et non dans les terreins 
élevés, comme vers la baie d'Hudson et à Terre- 
Neuve : d'où l'on pourroit conclure que les parties 



LARIX AMERICAN A. .jQ 



les plus septentrionales des Etats-Unis sont déjà 
sous une parallèle, dont la température n'est pas 
favorable à son accroissement. 

Le Mélèze d'Amérique, comme celui d'Europe, 
est un arbre magnilique, dont la tige droite et élan- 
cée, parvient à 80 et 100 pieds (27 à 33 mètres j 
d'élévation, sur 2 à 3 pieds (6 à 9 décimètres j de 
diamètre. Ses branches qui sont nombreuses , affec- 
tent ordinairement une direction horizontale, et 
même inclinée, si ce n'est vers son sommet. L'écorce 
qui couvre le tronc et les grosses branches, est lisse, 
tandis qu'elle est raboteuse, ou comme écailleuse, 
sur les plus petites. Ses feuilles plus courtes que cel- 
les de l'espèce européenne , sont molles et rassem- 
blées en faisceaux ou en bouquets. Elles tombent 
tous les ans, à l'automne, et se renouvellent avec le 
printems. Dans ces Mélèzes , comme dans les Pins , 
les fleurs mâles et les fleurs femelles sont placées sur 
le même arbre, mais séparées les unes des autres. 
Les premières sont de petits chatons, oblongs et 
écailleux, qui, sous chaque écaille, cachent deux 
anthères jaunes; ces chatons paroissent avant les 
feuilles. Les fleurs femelles sont également disposées 
en chatons, composés de bractées, qui couvrent deux 
ovaires, lesquels, avec le temps, se changent en 
petits cônes, écailleux, longs d'environ 3 à 4 lignes 
( 6 à 9 millimèt.) , et dont la pointe se dirige vers le 
ciel. A la base de chacune des écailles qui compo- 
sent ces cônes, se trouvent deux petites graines ailées. 
Dans quelques Mélèzes, les cônes, au lieu d'être, 



4o LARIX AMERICANA. 

au printems, de couleur verte , sont d'un pourpre 
violet; couleur qui ne paroît être qu'un jeu de la 
nature; car les arbres, chez lesquels il se remar- 
que , ne diffèrent en aucune manière de ceux dans 
lesquels il n'a pas lieu. 

Le bois du Mélèze d'Amérique est très-supérieur 
à celui de toutes les espèces de Pins et de Sapins; et 
de même que le bois de celui de l'ancien Continent , 
il réunit toutes les qualités qui rendent le dernier 
si recommandable : comme lui, il a beaucoup de 
force, et il résiste mieux qu'aucune autre , aux alter- 
natives de la sécheresse et de l'humidité. En Canada, 
il est un des plus apprécié, comme bois de charpente. 
Le seul désavantage que lui trouvent les Canadiens , 
c'est d'être trop pesant. Dans le District de Maine , 
c'est le bois provenant d'arbres résineux, qui est le 
plus estimé pour faire des genoux dans la construc- 
tion des navires; il est employé à cet usage toutes les 
fois qu'on peut s'en procurer des morceaux qui y 
soient propres. Nulle part dans l'Amérique Septen- 
trionale, on n'en extrait de la térébenthine, comme 
cela se pratique en Europe à l'égard du Mélèze 
de l'ancien continent. 

D'après ce qui vient d'être dit, on peut juger que 
l'emploi des bois de Mélèze, dans cette partie des 
Etats-Unis, où j'ai dit qu'il étoitleplus abondant, est 
très-borné , quoiqu'on sache fort bien apprécier ses 
qualités : la cause en est que cet arbre est réellement 
rare dans ces contrées, comparativement aux autres 
arbres résineux qu'on se procure facilement et à bas 



LARIX AMERICAN A. f\l 

prix, et qui remplissent assez bien les usages aux- 
quels le Mélèze seroit propre. 

Ohseri>ations. Sir Lambert, dans son magnifique 
ouvrage sur les Pins, a décrit deux espèces de Mé- 
lèzes d'Amérique; la première est évidemmentrarbre 
dont je viens de parler. Il désigne la seconde par le 
nom de Larix microcarpa ^ et lui donne pour ca- 
ractères d'avoir les fruits plus petits et les branches 
pendantes. Mon Père a considéré celle-ci comme 
une simple variété, et n'en a pas fait mention : de 
mon côté , n'ayant pas voyagé aussi loin que lui dans 
fe Nord de l'Amérique-Septentrionale, je n'ai pas 
été à même de l'observer, et d'émettre une opinion 
positive à cet égard. 

PLANCHE IV. 

Rameau avec les feuilles et les cônes de grandeur naturelle. 
Fi^. 1 , graine. 



\n. 



k^^^/^'^rX'^»^'^)'^'^''%.^^'^^ 1^^. 



JUNIPERUS riRGiNiAN^. 

RED CEBAR. 
DIoecte monadelphie , Linn. Fam. des Conifères , Jnss. 

JuNiPERUS virglnîana , foliis ternis^ hasi adnatis ,junio- 
ribus imhricatis ; senioribus patulis. 

LECèdre rouge qui appartient au genre des Gené- 
vriers, est l'espèce la plus multipliée dans les Etats- 
Unis, et la seule qui parvienne à une hauteur assez 
grande, pour que son bois puisse être employé à dif- 
férens usages. D'après les remarques de mon Père , 
sur la topographie des arbres et des plantes de l'Amé- 
rique-Septentrionale , File des Cèdres , dans le lac 
Champlain, presque vis-à-vis Burlington, latitude 
44^, 25', peut être considérée comme un des points 
les plus avancés vers le Nord, où l'on trouve cet 
arbre. Suivant mes propres recherches, on ne le 
voit pas non plus vers FEst, sur les bords delà mer, 
au-delà de Wiscasset, petite ville du District de 
Maine , située à l'embouchure de la rivière de Renne- 
beck, dont la position géographique est à-peu-près 
la même que celle de Burlington; mais à partir de 
Wiscasset, en allant vers le Sud, on le trouve sans 
interruption sur les bords de la mer jusqu'au Cap 
de la Floride, et dans le pourtour du golphe du 
Mexique, jusqu'au-delà delà baie de St. Bernard, 
étendue de côtes tellement vaste, qu'elle embrasse 
une espace de plus de i,ooo lieues ( 5,ooo kilomèt. j. 



Ti.S- 




fie^j-a de/. 



ûahrw/ j-ailf. 



J U N IP E RU S \'ii g;imau a 



JUNIPERUS VIRGTNIANA. /|3 

On remarque encore qu'à mesure que l'on s'éloigne 
du rivage de la mer , le Cèdre rouge devient moins 
commun, qu'il acquiert une moindre élévation, et 
qu'il finit par devenir très-rare, même dans la Vir- 
ginie et dans les Etats qui sont plus au Sud, lors- 
qu'on est arrivé aux points où la marée cesse de 
remonter dans les rivières ; tellement qu'au-delà de 
ces points , et dans l'intérieur des terres , il ne se 
présente plus que sous la forme de buisson , et seu- 
lement encore dans les lieux découverts , oii le sol 
est sec et sablonneux. Dans les Etats de l'Ouest , il 
est aussi particulièrement confiné aux endroits où 
la roche calcaire se montre à nu, ou si peu couverte 
de terre végétale , que les autres arbres n'ont pu y 
prendre racine. 

Quoique le Cèdre rouge croisse naturellement 
dans le district de Maine et dans quelques-unes des 
îles du lac Champlain , cependant la rigueur des 
ft-oids qu'on y éprouve en hiver , et qui y ont pour 
le moins autant d intensité que dans le Nord de 
l'Allemagne , contribue singulièrement à restreindre 
sa végétation , et à s opposer à ce qu'elle se déve- 
loppe avec la même vigueur que dans la Basse-Vir- 
ginie et plus au Sud, où au contraire tout la favo- 
rise , de manière que cet arbre y arrive à son en- 
tière perfection 5 soit par ses dimensions, soit par 
la qualité de son bois. Lorsque le Cèdre rouge se 
trouve immédiatement sur les dunes , le plus ordi- 
nairement il est comme enseveli dans les sables que 
les flots de la mer jettent constamment sur la plage; 



44 JUNIPERUS VIRGINIANA. 

alors on n'aperçoit plus que les sommités de ses 
branches, qui, par leur végétation, excèdent tou- 
jours de quelques pouces la couche sablonneuse, ce 
qui fait paroître ces sommités comme autant de jeu- 
nes arbres qui auroient été plantés à cet endroit. Par- 
tout, au contraire, où les sables n'ont point d accès, 
comme dans le milieu des îles et sur les bords des 
lagoons , qui sont autant des bras de mer entr'elles 
et la terre-ferme, débarrassé de toute entrave, il s'é- 
lève en liberté et il parvient jusqu'à la hauteur de 
40 à 45» pieds (i4à i5 mètres J sur 12 a 1 3 pouces 
(SikSli- centimètres j de diamètre. Mais, à dire 
vrai, on auroit delà peine à trouver actuellement 
des individus de pareilles dimensions dans les an- 
ciennes limites des Etats-Unis , c'est-à-dire au JNord- 
Est de la rivière Sainte-Marie 5 ce qui offre cepen- 
dant un espace de plus de 4oo lieues Ç 2,000 kilom. ) 
de côtes. 

Le feuillage du Cèdre rouge , toujours vert ettrès- 
ramifié , se compose d'un grand nombre de petites 
écailles piquantes et engaînées les unes dans les au- 
tres : froissé , il répand une odeur résino-aromatique 
assez forte ; desséché et réduit en poudre , il a la même 
propriété que celui du Genévrier commun , pour 
animer les vésicatoires et produire une exsudation 
plus abondante. Ses fleurs mâles et ses fleurs fe- 
melles sont petites et peu apparentes; elles se trou- 
vent placées sur le même arbre ou distribuées sur 
d«s pieds différens , de manière qu'il n'y a que les 
arbres qui portent des fleurs femelles, qui donnent 



J U N I P t R U s V 1 R M M A IV A. 4^ 

(les graines ; les autres n'en ont jamais. Ces graines 
sont de petites baies ovoïdes, bleuâtres à leur ma- 
turité, et qui ensuite se couvrent d'une efïïores- 
cence blanchâtre et comme pulvérulente. Elles mû« 
rissent vers le commencement de l'automne ; et si 
elles sont semées immédiatement , la plus grande 
partie lève au printemps suivant, mais seulement 
à la deuxième année, si elles sont gardées plusieurs 
mois. Quelques personnes, à ce qu'on m'a dit, s'oc- 
cupent à INew-York d'en faire de l'esprit de geniè- 
vre ; mais cette fabrication est peu considérable , 
comparativement à ce qui s'en importe de la Hol- 
lande. 

Le nom de Cèdre rouge , donné à cet arbre dans 
tous les Etats-Unis, n'est exact que par rapporta son 
bois qui offre cette couleur d une manière bien tran- 
chée^ tandis que son aubier est au contraire très- 
blanc ; car c'est , comme je l'ai dit au commencement 
de cet article, un véritable Genévrier, qui, après 
l'espèce qui croît aux îles Bermudes, est le plus 
grand qu'on connoisse. 

Le Cèdre rouge , sous le rapport de sa végétation , 
offre cela de particulier, que ses branches, qui sont 
très-nombreuses et très - rapprochées les unes des 
autres, naissent constamment très -près de terre, 
qu elles affectent une direction fort horizontale , et 
que , pendant bien des années , les plus inférieures 
sont aussi longues que la lige principale. On remar- 
que aussi que sa grosseur diminue rapidement de 
la base au sommet , ce qui est cause que les pièces 



4^ JUNIPERUS VIRGINIANA. 

propres aux constructions maritimes qu'on obtient 
des plus gros arbres, ont généralement moins de lo 
à II pieds (32 à 35 décimètres) de longueur. Le 
diamètre du Cèdre rouge est encore singulièrement 
diminué par des crevasses, oblongues et très-pro- 
fondes , qui couvrent presqu'entièrement la surface 
du tronc j ces crevasses sont produites par les grosses 
branches vertes et mortes qui paroissent subsister 
plus long-temps qu'il n'est nécessaire pour que l'ac- 
croissement se fasse partout également, et ne laisse 
à l'extérieur comme dans les autres arbres oii elles 
tombent successivement, que des traces peu ou 
point apparentes. Plusieurs observations, et quel- 
ques expériences que j'ai été à même de faire , me 
disposent à croire qu'on pourroit accélérer la végé- 
tation de cet arbre , si on le dépouilloit de ses bran- 
dies dans les deux tiers de sa hauteur ; et en les 
coupant les plus près du corps de l'arbre qu'il seroit 
possible , on empécheroit qu'il ne se formât des cre- 
vasses aussi grandes et aussi profondes , qui dimi- 
nuent considérablement son épaisseur. 

Le bois du Cèdre rouge est odorant , d'une tex- 
ture fine et serrée. Il est fort léger , quoiqu'il le soit 
moins que celui du Cupressus thyoïdes et du Cu- 
pressus disticha , mais il a plus de force. A ces pro- 
priétés, il réunit la plus précieuse de toutes , celle 
d'être durable ; c'est cette propriété qui le fait si 
fort rechercher pour tous les usages qui exigent émi- 
nemment cette qualité : mais la difficulté qu'on a 
à se le procurer, est cause qu'on le réserve pour ceux 



JUNIPERUS VIRGINIANA. /| 7 

qui sont les plus importans ; car il devient tous les 
jours plus rare, attendu que sa reproduction qui 
est très-lente, est pour ainsi dire nulle, quand on 
la compare a la consommation qui s'en fait habi- 
tuellement dans presque tous les ports des Etats- 
Unis, et notamment dans ceux de New-York , de 
Philadelphie et de Baltimore. On en construit la 
charpente supérieure des vaisseaux en l'employant 
alternativement avec le Chêne vert, dont il sert à 
compenser la grande pesanteur par son extrême lé- 
gèreté ; ce seul usage , plus particulièrement que 
tout autre , a causé la destruction des plus gros 
Cèdres rouges sur toute la côte des Etats-Unis , et 
aujourd'hui on est obligé de les faire venir de cette 
partie de la Floride orientale , qui est située entre 
l'embouchure de la rivière Sainte-Marie et celle de 
Saint-Jean ; mais cette étendue de pays est si peu con- 
sidérable qu'on peut prévoir que les forêts où il se 
trouve seront bientôt épuisées. On a remarqué que 
la qualité du bois de Cèdre rouge est d'autant meil- 
leure, que cet arbre croit dans les parties les plus 
méridionales et les plus rapprochées de la mer. 

Après l'usage important du bois de cet arbre dans 
les constructions maritimes , celui qui en consomme 
le plus , est l'emploi qu'on en fait pour des pieux , 
qui sont les plus estimés à cause de leur longue du- 
rée; c'est pourquoi on les réserve pour enclore les 
cours et les jardins dans les villes et leurs environs 
où on est à porté de se les procurer. A Philadelphie, 
presque tous les poteaux qu'on voit dans les rues , 



48 JUNIPERUS VIRGINIANA. 

à l'extérieur des trottoirs, sont faits de ce bois, et 
ces pieux qui ont de lo à 1 1 pieds (^32 à 35 décim. ) 
de long et 8 pouces Ç 21 centim. ) de diamètre , se 
vendent environ 4 fï"« ^^ pièce 5 tandis que ceux en 
Chêne blanc et en Cèdre blanc , Cupressus f hyoïdes , 
ne coûtent que 80 ou 85 centimes. Le Cèdre rouge 
est excellent pour faire des conduits souterrains pour 
les eaux, mais il est rarement employé à cet usage , 
parce qu'il est difficile de se procurer des brins dont 
le diamètre soit assez grand. On fabrique encore 
avec le bois de cet arbre de petits seaux, de forme 
ronde ou oblongue, cerclés en cuivre , très pro- 
prement travaillés, et d'autant plus jolis que les 
douves dont ils sont formés sont tirées en partie de 
l'aubier qui est très-blanc, et en partie du cœur 
C[ui est rouge. J'ai remarqué , à Philadelphie et à 
Baltimore , que les tourneurs font lesgrosses cannelles 
de ce bois, parce qu'elles sont plus solides et plus 
durables. Dans le Midi des Etats-Unis, comme à 
Charleston et à Savanah, les bières pour ensevelir 
les morts sont généralement en Cèdre rouge. 

Dans quelques cantons de la Basse-Virginie , et 
notamment dans le comté d'York , j'ai remarqué 
qu'on élaguoit les Cèdres rouges, et que ses branches 
entrelacées dans des piquets enfoncés en terre à de 
petites distances , servent à enclore les champs 
cultivés; c'est une assez pauvre ressource dont le 
seul mérite est d'épargner le bois qui commence à 
devenir très-rare dans les endroits anciennement 
habités, au moins pour tout ce qui est relatif aux 



JUINIPERUS VIRGINIANA. .\(J 

grandes construclions. On exj)orle du Cèdre rou^e 
en Angleterre^ mais j'ignore à quels usages il y est 
employé : car je ne puis croire que ce soit unique- 
ment pour la l'abricalion des crayons, à laquelle i! 
me paroit néanmoins aussi bien convenir que le 
Juniperus hennudiana , qui, m'a-t-on dit, y est im- 
porté aussi dans cette vue. 

Tels sont les usages les plus importans et les plus 
habituels auxquels le bois de Cèdre rougo est em- 
j)loyé dans les Etats-Unis, et qui sont les résultats 
de ses excellentes qualités. 

Depuis plus de cinquante ans, le Cèdre rouge est 
naturalisé en France et en Angleterre dans les jardins 
d'agrément- il y réussit très-bien, mais sa végéiatiou 
seroit plus rapide dans les départemensduMidi de la 
France , et près des bords de la mer, où la tempéra- 
ture est encore plus douce , et où on ne peut trop en 
recommander la propagation. Soumis alors, comme 
les autres bois^ à la surveillance des agens forestiers, 
il pourroit avec le temps offrir d'utiles ressources aux 
arts, et devenir une propriété d'autant plus avanta- 
geuse, qu'il peut croître et prospérer dans les terrains 
les plus arides et les plus exposés aux vents im^îé- 
tueux de l'Océan. 

Je ne puis douter non plus que, par la suite des 
temps, on n'apprécie dans les Etats-Unis toute l'im- 
portance de cette recommandation , et qu'il ne vienne 
une époque où elle reçoive son effet. 
PLANC-HE y. 

Rameau représentant les feuilles eu les fruùs de grandeur naturelle. 
in. ^ 



OLEA AMERICANA. 

DIVIL WOOD. 
Dioecie dlandrie , LiNN. Fain. des Jasmiiiées , Juss. 

Olea AMERICANA , yb//Ï5 latè oblanceolaU's , coriaceis , 
luciclis , integeiTÎmis ; drupà globosâ. 

Cet arbre appartient exclusivement aux Etats mé- 
ridionaux, ainsi qu'aux deux Florides et à la Basse- 
Louisiane ; vers le Nord , on commence à le trouver 
dans les environs de Norfolk en Virginie ; et , de 
même que le Chêne vert et le Choux palmiste , son 
existence est, pour ainsi dire , limitée aux côtes de 
l'Océan, car il est bien rare de le trouver même à 
une petite distance dans l'intérieur du pays. Cet 
arbre est si peu multiplié , c mparativement à beau- 
coup d'antres espèces , que presque partout où il 
croît , il n'a jusqu'à présent reçu aucune déno- 
mination des habitans , si ce n'est cependant sur 
les bords de la rivière de Savanah , près de Two 
Sisters Ferry , où on lui donne le nom de Dwil 
vvood , bois du Diable. 

UOIea americana croit dans des ten ains et dans 
des situations très-différentes ; ainsi , sur les bords 
de la mer, mêlé avec les Chênes verts , il vient dans 
les endroits les plus stériles et les plus exposés à 
l'ardeur du soleil ; tandis que d'autres fois , on le 
voit dans certains cantons où le sol est frais , très- 
fertile et ombragé j alors il est réuni aux Magnolia 



PI a 




H ■ J. Rea^ule </e/, 



OLE A Ameruana. 



{raine/ i\»a». 



O L I£ A A W (£ H f f : A N \ . 5 I 



^ramUJlora^ Magnolia tripetala , liopea tincto- 



ria , etc. 



Cet arbre , ou plutôt ce très-grand arbrisseau , 
s'élève quelquefois jusqu'à 3o et 35 pieds [ loà 12 
mètres) , sur 10 ;i 12 pouces (^ 27 à 3o centim. ) de 
diamètre : cependant il ne parvient que très-rare- 
ment à ces dimensions, car ordinairement il fructifie 
à 8, 10 et 12 pieds (25, 32 , 38 décim.) de hauteur. 
Ses feuilles longues de 4 ^ ^ pouces [12 a i5 cen- 
timètres) , et opposées les unes aux autres, restent 
toujours vertes , ou du moins ne se renouvellent que 
partiellement tous les quatre à cinq ans. Elles sont 
de forme lancéolée , entières sur leurs bords, lisses 
et luisantes à leur partie supérieure , et d'un vert 
clair et agréable. Les fleurs mâles et les fleurs fe- 
melles sont placées sur des pieds séparés. Ces fleurs 
sont fort petites, d'un jaune pâle, très-odorantes et 
elles naissent dans les aissellesdes feuilles. Dans les 
environs de Charleston, \JOlea americana com- 
mence à fleurir à la fin d avril : aux fleurs succèdent 
des fruits arrondis, et qui ont le double delà gros- 
seur d'un pois ordinaire. A l'époque de leur matu- 
rité , ils sont d'une couleur pourpre, tirant sur le 
bleu. Ces fruits contiennent un noyau très-dur, 
qui n'est couvert que d'une petite quantité de subs- 
tance pulpeuse : ils restent attachés aux branches 
une partie de l'hiver; et leur couleur alors, con- 
traste très-agréablement avec le beau feuillage de 
cet arbre. L'écorce qui couvre le tronc de VOlea 
americana est lisse et de couleur grisâtre ; son bois 



J2 OLEA AMERICANA. 

a le grain fin , serré , et il est ti ès-compacte ; lors- 
qu'il est bien sec, il est d'une excessive dureté, ce 
qui le rend très-difficile à couper ou à fendre ; c'est 
de là que lui est venu le nom de Devil wood , Bois 
du diable. Cependant on ne l'emploie à aucun 
usage. J'ai remarque que lorsqu'on mettoit à décou- 
vert le tissu cellulaire delà partie vive de son écorce, 
de couleur jaunâtre qu'elle est naturellement au 
moment où elle vient d'être entamée , elle passe en 
moins d'une demi-minute à une teinte rouge assez 
foncée , et son bois prend également, par l'effet du 
contact de l'air , une couleur rose. 11 seroit à désirer 
que quelques expériences fussent tentées pour re- 
connoitre la nature de ce principe si actif que contient 
le tissu cellulaire de cette écorce , et qui subit une 
altération aussi prompte par le seul contact de l'air, 
A en juger par la température des pays oii croît 
VOlea arnericana^ il n'y a aucun doute qu'il ne puisse 
supporter des froids plus considérables que l'Olivier 
ordinaire. Dès-lors cet arbrisesau, dont le beau feuil- 
lage est toujours vert, dont les fleurs sont très-odo- 
rantes et les fruits d'une couleur remarquable, de- 
viendra très-précieux pour l'embellissement des jar- 
dins , non-seulement dans le Midi des Etats-Unis , 
mais encore dans les départemens méridionaux de 
la France et en Italie. 

PLANCHE VI. 

Rameau représentant les feuilles et les fruits de grandeur natu- 
relle. 




-ff. J. ReJ^uip de/. 



ûa^nel .ra/Z 



CAR PI NUS Oshya, 

t ^/VM H'ûûa. 



CARPINUS OSTHYA. 

JRON JVOOI: 
Monœrie polyamlrie , Linn. F;itii. fk-i Airiciilac<'f» , Jcss. 

Carpinus cistrya ^ foIUs cordato o^>aJ busy atneriùsjœmi- 
neis ohlongioribus : inyolucrls fructijeris , compressa- 
vesicariis. 

Il n'est aucunes parties des Etats-Unis, situées à 
l'Fst du Mississippi , où l'on ne rencontre le Carpinus 
ostrja ; il est également fort commun dans les 
provinces de la Nouvelle - Ecosse , de la Nouvelle- 
Brunswick , ainsi que dans le Bas-Canada. Dans les 
Etats du Milieu et du Sud , cet arbre est connu sous 
le nom à'Ironwood^ Bois de fer; tandis que dans 
ceux de Vermont, du Nev\^-Hampshire et dans le 
1 istrict de Maine, il est désigné par celui de Lever 
wood^ Bois à levier. Les Français des Illinois l'ap- 
pellent Bois dur. De ces différentes dénominations, 
j'ai cru devoir choisir la première, comme étant celle 
qui est en usage dans une plus grande étendue de 
pays, et dans ceux surtout où il m'a paru que cet 
arbre étoit le plus multiplié , comme dans la Pensyl- 
vanie , le New-Jers( y et l'État de New- York. 

Quoique le Carpinus ostrya soit assez commun 
dans les forets de cette partie de l'Amérique-Septen- 
trionale que je viens d'indiquer, cependant ou ne 
le voit jamais couvrir exclusivement des espaces de 
terrains , même d'une petite étendue; il est, au con- 



54 CAR PIN us OSTRYA. 

traire, très -disséminé dans les bois, et seulement 
dans les endroits où le sol est constamment frais , 
fertile et ombragé. Ainsi, je ne l'ai vu nulle part d'une 
plus belle végétation et plus commun , que dans le 
Génessée , près des lacs Erié et Ontario. D'après mes 
remarques, le Carpinus ostrja ne parvient généra- 
lement qu'à une hauteur médiocre ; c'est pourquoi 
il ne peut être considéré que comme un arbre de la 
deuxième, et même de la troisième grandeur, quoi- 
qu'il s'élève quelquefois à 35 et 4o pieds ( ii à i3 
mètres) sur 12 à i5 pouces (82 à 4o centimètres) de 
diamètre : mais il est très-rare de trouver des individus 
de cette force; car il n'atteint le plus souvent que 
la moitié de ces dimeilsions. 

Les feuilles de YOstrya americana sont ovales- 
acuminées,finement dentées dans leur contour, mais 
d'une manière inégale; et elles sont disposées alterna- 
tivement sur les branches. Les fleurs mâles etles fleurs 
femelles sont séparées , mais placées sur le même 
arbre ; les premières sont disposées en chatons pen- 
dans et fasciculées. Aux fleurs femelles succèdent des 
fruits très -semblables à ceux du houblon, qui se 
composent de plusieurs petites vésicules ovales, atta- 
chées sur un pédicule commun. Ces vésicules , de cou- 
leur rousse, contiennent chacune une petite graine 
noirâtre et très-dure. A l'époque de la maturité des 
graines, ces vésicules sont couvertes d'un duvet très- 
fin , et qui irrite vivement la peau, pour un instant, 
lorsqu'on les manie sans attention. 

Lorsque cet arbre est dépouillé de ses feuilles en 



CARPINUS OSTRYA. 55 

hiver, il est facile à reconnoitre à son ëcorce,qui est 
fort unie, grisâtre, et surtout remarquable en ce 
qu'elle est fendillée très-(inement, et qu elle se déta- 
che naturellement en petites lanières très-étroites , 
qui ont tout au plus une ligne (3 millimètres] de 
large. 

Le bois du Carpinus ostrya est très-blanc, et 
le grain en est fin et très -serré; ce qui le rend 
fort compacte et fort pesant. Les couches concen- 
triques sont très-rapprochées les unes des autres et 
très-nombreuses dans les pieds qui n'ont que 4 à 
5 pouces ^12 à i5 centimètres) d'épaisseur: leur 
nombre et leur rapprochement indiquent assez com- 
bien de temps cet arbre met à croître pour arriver 
à ce petit diamètre. C'est à cette cause principale- 
ment, qu'il faut attribuer le peu d'usage que l'on fait 
de son bois , quoique les noms de Bois de fer, de 
Eois à levier et de Bois dur , attestent suffisamment 
ses bonnes qualités. 

Dans les Etats les plus septentrionaux, et notam- 
ment dans le District de Maine , c'est avec le bois de 
cet arbre que les habitans des campagnes font des 
leviers pour remuer et transporter les tronçons des 
arbres qu'ils abattent dans les défrichemens , et qu'ils 
réunissent en tas pour brûler. Dans les environs de 
New-York, on en fait aussi fréquemment des balais, 
en réduisant en lanières l'extrémité d'un bâton de 
longueur convenable. C'est aussi le bois qu'on choisit 
de préférence pour faire des scrubin^ hriishes , qui 
servent à ratisser les planchers des apparteraens. 



56 CARPINUS OSTRYA. 

Ces usages, comme je l'ai déjà fait pressentir, sont 
très-bornés. On ne peut cependant douter que , 
d'après les qualités reconnues de ce bois, on ne 
puisse en tirer un bon parti dans beaucoup d'autres 
cas : ainsi , il me paroit très-propre, lorsqu'il est bien 
sec, à faire des dents d'engrenage de moulins, des 
vis , des maillets , etc. 

Le Carpinus ostrya vient très-bien en France : 
car il en existe dans les anciennes possessions de 
M. Duhamel-Dumonceau, plusieurs individus hauts 
de i5 à 20 pieds (5 à 7 mètres) , qui fructifient tous 
les ans; et on trouve , dans les environs , de jeunes 
arbres provenus des graines qui se sont semées d'elles- 
mêmes. Cet arbre est donc du nombre des espèces 
exotiques dont on doit désirer la pro];agation dans 
les forets européennes. 

PLANCHE VIL 

Rameau représentant les feuilles et les fruits de grandeur 
naturelle. Fig. 1 , graine. 



Pi s. 




-BeiTj'û- de/ 



CARPINUS Virgimaiia 
tyC'O/'/i-vea/ft. 



Gairuel j-ailf- 



CARPINUS AMERlCAÎiA. 

AMERICAN nORNBEAM. 

Carpinus americaria , foliis ohlongb-oi>aUbus ^ serralis, 
involucrorwn lacinîis acutè dentatls. 

Le Bas-Canada, les provinces de la Nouvelle- 
Ecosse et de la ]Noavelle-13runswick, sont les parties 
de l'Amërique-Septentrionale les plus avancées vers 
le Nord où se trouve le Carpinus americana ; mais , 
de même que dans le District de Maine et l'Etat de 
Vermont, les froids extrêmement rigoureux qui s'y 
font sentir en hiver, empêchent quil n'y soit aussi 
multiplié qu'à quelques degrés plus au Sud , comme 
dans le New-Jersey, la Pensylvanie et la Virginie; 
il est également fort commun dans les Carolines et 
la Géorgie. Dans ces diverses parties des Etats-Unis, 
il est désigné par le seul nom à^ Hornheam -, les 
Français de la Haute-Louisiane lui donnent celui de 
charme. 

Il est peu d'expositions et de terrains qui ne con- 
viennent à cet arbre; car on le rencontre dans tous 
les endroits qui ne sont pas trop long-temps sub- 
mergés, ou qui ne sont pas entièrement sablonneux, 
comme le sol des pinières de la partie maritime des 
Etats méridionaux et des Florides. La hauteur la 
plus ordinaire du Carpinus americana est de 12 à 
i5 pieds (4^5 mètres); il s'élève cependant quel- 
quefois jusqu'à 25 et3o[8et 10 mètres) sur 6 pouces 
m. 8 



58 CARPINUS AMERICANA. 

(i6 centimètres) de diamètre ; mais il n'y a pas un 
centième des individus qui parvienne à ces dimen- 
sions j de sorte qu'on pourroil, avec raison, le con- 
sidérer plutôt comme un très-grand arbrisseau que 
comme un arbre: et si j'en donne la des'Tiption , 
c'est parce qu'il est tellement multiplié, qu'il se pré- 
sente à chaque pas qu'on fait dans les forets. 

Les feuilles du Carpinus americana , longues d'un 
à deux pouces (3 à 6 centimètres) , sont ovales-acu- 
minées et bordées de dénis nombreuses et aiguës. 
Ses fleurs sont unisexuelles , mais placées sur le même 
pied ; elles sont attachées sur un filet commun , et 
disposées en chaton lâches , pendans et écailleux. 
Les écailles qui entourent les fleurs femelles, sont 
d'un vert pâle, et elles augmentent de grandeur, à 
mesure que les graines avancent vers leur maturité. 
A cette époque, elles sont assez grandes, évasées et 
échancrées dans leur pourtour. Chacune d'elles 
cache, à sa base, une petite graine de forme ovale et 
très-dure. La fructification de cet arbre et toujours 
abondante, et ses chatons restent long-temps suspen- 
dus aux branches après que ses feuilles sont tom- 
bées. 

Le tronc du Carpinus americana^ comme celui de 
son analogue , le Carpinus vul^aris d'Europe, est fré- 
quemment sillonné dans toute sa longueur, et tou- 
jours obliquement et d'une manière très-irrégulière. 
Cette disposition qui est très-apparente, et la cou- 
leur de son écorce qui est très-unie et parsemée de 
taches blanches , suffisent pour le faire reconnoitre 



€ A n P I N U s A M K R I C A N A . Jf^ 

iiu ])r< micr aspect , même lorsqu'il a perdu ses 
Iciiilles. 

Le bois de cette esprce ressemlilc entièrement à 
celui du Charme d'Europe : il présente la même 
blancheur , et le grain en est aussi très-serré et très- 
fin : mais , comme il ne parvient qu'à un très-petit 
diamètre , on n'en fait aucun usage , pas même 
comme combustible. J'ai cependant remarqué que 
dans le District de Maine, on s en servoit quel- 
quefois pour cercles à baniques, mais ce n'est tou- 
jours qu'au défaut des autres bois qu'on lui préfère 
quand on peut se les procurer. 

D'après la description que je viens de donner du 
Charme de l'Amérique-Septentrionale , on jugera 
facilement que l'espèce qui croit dans l'ancien con- 
tinent lui est très-supérieure , et que les Européens 
n'ont aucun intérêt à le propager comme arbre fores- 
tier. En effet , le Charme d'Europe s'élève à 4o et 45 
pieds ( i3 à i5 mètres j, sur i5 à i8 pouces ( 4o ^ 
48 centimètres j de diamètre , et son bois qui est 
doué de beaucoup de force et de solidité , est utile- 
ment employé dans plusieurs arts mécaniques , et 
il fournit un très-bon combustible. Le seul avan- 
tage que peut être l'espèce américaine pourroit 
offrir sur celle d'Europe , seroit pour en faire des 
charmilles; car, comme cet arbre s'élève peu, et 
qu'il est très-rameux , on restreindroit plus facile- 
ment sa végétation , et il offriroit de même un 
feuillage touffu et très-serré. Mais , sous tout autre 
rapport y je ne doute pas que les forestiers i^méii- 



60 CARPINUS AMERICANA. 

cains ne regardent le Charme d'Europe comme une 
bonne acquisition pour leur pays. 

PLANCHE VIII. 

Rameau représentant les feuilles et les chatons femelles de 
grandeur naturelle, Fig. i , graine. 




B- J. lif Jouté Je/. 



HOPEA Tmctoria 






JiOPEA TINCTORIA. 

SWEET LE A F. 
Polyadelpliie polyandrie, Linn. Fam. des PlaqneitiinierR, Jui»». 

IIoPEA tiiictoria ^ follis lanceolato-ovatis ^ subserratis , 

nitidis. 

C'est dans les environs de Petersbourg en Vir- 
ginie , que , pour la première fois , j'ai observé cet 
arbre en me rendant dans le Midi des Etats-Unis. 
11 est assez commun dans l'Ouest-Tennessée , ainsi 
que dans les Hautes-Carolines et la Haute-Géorgie ; 
mais il l'est encore beaucoup plus dans la partie 
basse de ces derniers Etats , dans les limites que j'ai 
indiquées à l'article du Pinus australis^ pour les 
pinières , Fines harrens^ dont le sol est léger, et ori 
les froids sont bien moins sensibles que dans l'inté- 
rieur des terres. 

\JHopea tinctoria est désigné par le seul nom de 
Sweet leaf ^ Feuille douce ; sa grandeur varie 
beaucoup suivant les endroits oii il croît. Sur les 
bords de la rivière Savanah et des grands marais , 
dont le sol est meuble, profond et très-fertile^ j'en 
ai trouvé plusieurs pieds qui avoient 25 à 3o pieds 
( 8 à I o mètres j de hauteur , sur 738 pouces ( 1 8 à 
21 centimètres! de diamètre à 5 pieds (^lôdécim.J 
de terre. 11 est vrai qu'on trouve rarement des indi- 



^2 H OPE A TIPx'CTORlA. 

vidus de cette force; ils ont presque toujours la 
moitié moins de grandeur et d'élévation : il en est 
même qui ne s'élèvent pas à plus de 3 à 4 pieds ( 9 
à 12 mètres) : ceux-ci croissent dans lespinières, 
oîi cet arbre est si multiplié qu'on le rencontre à 
chaque pas. Le feu que l'on met tous les printemps 
dans les forets, brûle ses tiges jusqu'au niveau 
du sol; celles qui repoussent n'excèdent jamais 
cette hauteur , et elles ne portent point de fleurs , 
alors il se propage par ses racines qui tracent et 
qui, à quelques pieds plus loin , donnent naissance 
à de nouveaux rejettons. 

Le tronc de YHopea tinctoria est couvert d'une 
écorce unie, et lorsqu'elle est entamée au printemps, 
elle rend une sève laiteuse d'une odeur désagréable. 
Le bois a peu de dureté , et il n'est employé à aucun 
usage. Ses feuilles, disposées alternativement sur les 
branches, sont longues de 3 à 4 pouces (8 à 10 
centimètres) , de forme ovale-alongée et légère- 
ment dentées sur les bords. Elles sont lisses, un peu 
épaisses, d'une saveur douce et jnéme un peu su- 
crée : c'est delà, probablement, que lui est venu le 
nom qu'il porte. 

Lorsque cet arbre croit dans des situations très- 
abritées , il conserve ses feuilles deux et trois ans , 
tandis que dans les pinières elles sont altérées par 
les premiers froids et deviennent jaunes; mais elles 
ne tombent que vers le commencement de février : 
pendant cet intervalle elles sont recherchées avide- 
ment par les chevaux et les vaches qui sont aban- 



H O P E A T I î^ C T O R I A. 63 

donnés dans les forets , et qui se trouvent alors 
privés des herbes détruites par la gelée. 

Les Heurs de Xllopea tincloria ont une couleur 
jaunâtre et une odeur agréable ; elles se composent 
d'un grand nombre d'étamines, réunies en plusieurs 
faisceaux à leur base , et qui sont plus courtes que les 
pétales. Ces fleurs naissent dans les aisselles des 
feuilles, et paroissent de bonne heure au printemps. 
Les fruits qui leur succèdent sont très-petits, de 
forme cylindrique et de couleur bleue, à l'époque de 
la maturité. 

Les feuilles sont les seules parties de cet arbre 
qui offrent quelque degré d'utilité. Une poignée de 
ces feuilles sèches donne, parla simple décoction, 
une Irès-belle couleur jaune , que l'addition d'une 
petite quantité d'alun rend assez solide. Les habi- 
tans des campagnes s'en servent pour teindre en 
jaune la laine et le coton ; mais l'emploi qu'on en 
fait est absolument limité aux contrées où croit 
cet arbre. Je ne doute point que le commerce ne 
se fût emparé de cette matière colorante , si elle 
avoit présenté un avantage marqué : et le premier 
obstacle qui s'y oppose , dans ces pays où les bras 
sont rares, cest la difficulté de se procurer une 
quantité considérable de ces feuilles, comme plu- 
sieurs quintaux : c'est ce dont je puis juger par celle 
que j'ai eue pour en ramasser seulement quelques 
livres. 

Tels sont les résultats de mes observations sur 
Xllopea tinctoria , qui n'a d'autre intérêt pour les 



64 HOPEA TINCTORIA. 

Européens , que d'augmenter le nombre des plantes 
agréables que se plaisent à cultiver les amateurs 
d'arbres étrangers. 

PLAP<CHE IX. 

Rameau avec ses feuilles et ses fleurs de grandeur naturelle. 
Fig. I , petit rameau awec ses fruits de grosseur naturelle. 




Bej'j'a del. 



Gahiel .fci 



H ALU S C or on aria 



MALUS CORONARIA, 

C RAB AV LE. 
Icoaandric pentagynie, Linn. Fam. des Rosacées, Juss, 

Malus coronaria ^ foliis lato-ovalibus , basi rotundatis ^ 
sub-angulatis , serrati's , nidde glabris : pedunculis co- 
rymbosis ;fructu pari>o , odorato. 

On trouve dans les forets du nord de l'Amërique, 
comme en Europe , un Pommier sauvage ; mais il n'a 
pas encore été comme ce dernier soumis à la culture. 
C'est cette culture qui continuée pendant une lon- 
gue suite d'années , a donné pour résultats cette 
grande variété de pommes dont le nombre , en 
France , approche de trois cents. A l'exception du 
District de Maine , de l'Etat de Vermont , et de la 
partie supérieure de celui de New^-Hampshire , on 
rencontre le Malus coronaria , tant à l'est qu'à 
l'ouest des montagnes. Cet arbre m'a paru cepen- 
dant plus multiplié dans les Etats du milieu , et 
notamment dans les parties reculées de la Pensyl- 
vanie et de la Virginie. Il est surtout fort commun 
dans les Glades. On appelle ainsi , dans la Pensylva- 
nie 5 un espace de terrain de i5 à 18 milles (aSàSo 
kilom. ) en diamètre , qu'on trouve après être arrivé 
au sommet de l'AUéghany Ridge , et qui est traversé 
par la route qui conduit de Philadelphie à Pitts- 
burg. La hauteur la plus ordinaire de ce Pom- 
rii. 9 



6G MALUS C O R o rs A n I A. 

mier sauvage est de i5 à i8 pieds (^ 5 à 6 mètres) , 
sur 5 à 6 pouces (^ i3 à i6 centimètresj de diamètre ; 
mais il parvient quelquefois à 25 et 3o (8 à lo met.), 
sur 12 à i5 pouces d'épaisseur Ç^i à 38 centimètres) ; 
il est vrai que les deux pieds de cette force que j ai 
mesurés, setrouvoient dans un champ cultivé depuis 
long-temps, et dont la culture avoit très- probable- 
ment contribué à leur grand accroissement. Ces ar- 
bres étoient isolés et avoient toute l'apparence d'un 
Pommier ordinaire. J'ai constamment remarqué que 
cet arbre se trouvoit toujours de préférence dans 
les endroits frais et même humides, dont le sol étoit 
de bonne qualité. 

Les feuilles du Malus coronaria ont une forme 
ovale; elles sont lisses à leur partie supérieure, et 
fortement dentées à l'époque de leur entier dévelop- 
pement; quelques unes même sont comme trilobées. 
Si on les froisse légèrement entre les dents , quand 
elles sont encore jeunes , elles ont une saveur amère 
et même un peu aromatique , ce qui me fait croire 
qu'on pourroit en faire une infusion théiforme , fort 
agréable, surtout en y ajoutant du sucre. Comme 
le Pommier ordinaire , celui-ci tleurit de très-bonne 
heure, au printemps. Ses fleurs réunies en bouquets 
pendants, sont blanches, mêlées de rose, et produi- 
sent un bel effet. A l'époque de la floraison , elles 
répandent l'odeur la plus délicieuse; et lorsque cet 
arbre est très-commun , comme dans les Glades ^ l'air 
en est parfumé à une grande dislance. Aux fleurs suc- 
cèdent de petites pommes suspendues par de longs 



MALUS CORONORIA. 6'J 

pédicules; leur couleur est entièrement verte ; elles 
sont extrêmement acides et très-odorantes. Quelques 
fermiers en font du cidre, quand il se trouve natu- 
rellement beaucoup de pieds de cet arbre dans le 
voisinage de leurs habitations. On dit que ce cidre 
est fort bon. On fait également avec ces pommes des 
confitures très -agréables, en y mettant beaucoup 
de sucre. 

On n'a pas encore tenté, dans les États-Unis, d'a- 
méliorer cette espèce de Pommier sauvage ; on n'a 
pas même essayé de s'en servir pour greffer les va- 
riétés de celles qui y ont été importées d'Europe. Il 
est vrai qu'elles y viennent dans une telle perfection, 
même de pépins, qu'elles se reproduisent si parfaites, 
ou qu'elles donnent de nouvelles variétés si excel- 
lentes , qu'on perdroit peut-être beaucoup de temps 
pour n'obtenir que des résultats moins utiles, à 
moins que ce ne soit comme fruit à cidre, que l'on 
essaye de cultiver ce Pommier indigène; ce qui, à 
la vérité, est d'une assez grande importance: mais, 
jusqu'à ce que quelques essais de ce genre aient été 
tentés, il faudra se contenter de considérer le Malus 
coronaria comme un arbre infiniment agréable par 
la beauté de ses fleurs et par la suavité de leur 
parfum. 

PLANCHE X. 

Hameau avec les feuilles de grandeur naturelle et un fruit à 
maturité. Fig. i , petit rameau avec des fleurs de grandeur et de 
couleur naturelle. 



MESPÏLUS ARBOItEA. 

JUNE BERRY. 
Mespilus caiiadensis. A. Micii., Flora b. Âmei'. 

Mes PI LUS arborea , foliis suh-ovalibus , acutissime serra- 
ti's , suh acuminatis ; adulds glabris : racemo simplici , 
elongato ; Jlorifero lanuloso ; fructifero glabro : petalis 
oblongis y fructibus atropurpiireis ; ediiJibus. 

A l'exception de la partie basse et maritime des 
deuxCarolines et delà Géorgie, on trouve cet arbre 
dans toute l'étendue des Etats-Unis, ainsi qu'en 
Canada : mais c'est sur-tout dans la région monta- 
gneuse des Alleghanys, et sur les bords élevés des 
rivières qui y prennent naissance^ qu'il est le plus 
multiplié. Dans les Etats septentrionaux, on lui donne 
le nom de TVild per , Poirier sauvage ; et dans ceux 
du milieu, celui de June herrj^ Graines de juin. J'ai 
adopté cette dernière dénomination , d'abord parce 
qu'elle est la seule usitée par-tout où cet arbre est 
le plus abondant j ensuite, parce qu'elle indique que 
cet arbre est, parmi les végétaux arborescents un des 
premiers à donner des fruits mûrs au printemps ; 
enfin , parce que le Mespilus arborea est fort éloigné 
de ressembler au Poirier sauvage. 

Dans les environs de New- York et de Philadel- 
phie , cet arbre vient, de préférence, aux endroits 
humides et ombragés, et sur les bords des ruisseaux 
et des petites rivières ; tandis qu'à l'Ouest des mou- 




Bessa M 



jNIESPII.US .^l.orea 



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'W^. "f 

'^V- 



MESPILUS AfWlORKA. 09 

tagnes. on le trouve en plein bois, parmi les Chênes, 
les Noyers , les Érables, etc. Dans ces dernières situa- 
tions, il parvient aune élévation plus grande, mais 
qui cependant n'excède pas 35 à 4© pieds ( ii à li 
mètres sur lo à 12 pouces ( 26 à 82 centim.) de 
diamètre. 

Les feuilles du Mespilus arhorea^ longues de 2 à 
3 pouces (5 à 8 centimètres), et disposées alterna- 
tivement sur les branches, sont dans le commence- 
ment de leur développement, couvertes d'un duvet 
argentin , très-épais , mais qui disparoît à mesure 
qu'elles deviennent plus grandes; et elles finissent 
par être parfaitement lisses en-dessus et en-dessous. 
Ces feuilles, de forme ovale-alongée , sont très-fine- 
ment dentées dans leur contour, et d'une texture 
très-délicate. Les (leurs, de couleur blanche et assez 
grandes, paroissent dès les premiers jours d'avril, et 
sont disposées en longs épis au sommet des branches. 
Elles sont remplacées par de petits fruits, de couleur 
purpurine, d'une saveur douce et agréable. L'arbre le 
plus gros en donne rarement plus d'une demi-livre. 
Ces fruits sont à maturité dès le commencement de 
juin , et avant ceux d'aucune autre espèce d'arbres et 
d'arbrisseaux. On en apporte quelquefois au marché 
de Philadelphie , où il n'y a que les enfans qui les 
achètent. J'en ai vu aussi au marché de Pittsburgh, 
mais en petite quantité. 

Le tronc du Mespilus arborea est couvert d'une 
écorce assez semblable à celle du Cerisier; et son 
bois, qui ne présente aucune différence entre l'au- 



yO MESPILUS ARBOREA. 

bier et le cœur , est d'une grande blancheur : il offre 
cela de remarquable , qu'il est traversé longitudina- 
lement de petits vaisseaux d'un beau rouge , qui s'en- 
tre-croisent et s'anastomosent les uns avec les autres. 
Cette particularité qui, je crois, est très-digne de 
l'observation des personnes qui s'occupent de phy- 
siologie végétale, est aussi commune di\x Betula rubra. 
J'en ai fait mention à l'article dans lequel j'ai donné 
la description de cet arbre. 

Le Mespilus arhorea porte , selon moi , des fruits 
trop petits et trop peu abondans pour qu'on cher- 
che, par une longue culture, à en améliorer le goût 
et à en augmenter le volume. On ne doit donc le 
regarder que comme un arbre fort agréable pour 
l'embellissement des jardins , à cause de ses fleurs 
qui font un très-bel effet, et qui, des premières, 
annoncent le retour de la belle saison. 

PLANCHE XI. 

Rameau m>ec les feuilles et les fruits de grandeur naturelle. 
Fig. I , rameau en fleur. 



Ml. 




ï. J. AeJoii/^ Jel 



M AG:N O LI a Gr aatdifWa 

or ïlo/^y .Jlafùn'f. 



&iilme/ j-cu/p 



I 



MAGNOLIA GRANDIFLORA, 

THE L/ÎRGE MAGNOLIA. 

OR BIC LAUKEL. 

Polyandrie polygynie , Linn. B'ani. des Magnoliers, Joss. 

Magnolia grandiflora , foliis perennandbus , ovalthiis , 
rigide crassèque coriaceis ; pisùUis lanatis : pclalis 
dilatatb-Oi^alibus , abrupte iii unguem angustatis. 

Parmi les nombreuses espèces d'arbres qui compo- 
sent les vastes forets de l'Amérique Septentrionale , 
à l'Est du Mississipi, il n'en est aucune aussi remar- 
quable par son port majestueux, son superbe feuil- 
lage et ses fleurs magnifiques, que le Magnolia gran- 
diflora. C'est dans la Basse-Caroline du Nord, près 
de la rivière Nuse , latitude 35o. 3o'. , qu'en se diri- 
geant du Nord au Sud , on commence à le voir paroî- 
tre: et à partir de cet endroit, on le retrouve dans 
la partie maritime et méridionale des États-Unis, 
des deux Florides, de la Basse-Louisiane, et en 
remontantlefleuve du Mississippi, jusqu'aux Natchès, 
éloignes de 3oo milles au-dessus de la Nouvelle- 
Orléans; ce qui embrasse une étendue de pavs dé 
7 à 800 lieues [3,5oo à 4,000 kilomètres). 

A Charleston , S. C. , et dans les environs de 
cette ville, cet arbre est ordinairement désigné par le 
nom de Large il/a^7?o/2Vz, grand Magnolia: mais il 
est plus généralement connu des habitaus des cam- 

m. 10 



n2 MA. G NO LIA G R A 7S D I FL O R A. 

pagnes,soiis celui de /^^zg^ Lr/iz/'e/, grand Laurier. Les 
Français de la Louisiane l'appellent Z^rii^rze/'T^i^/i/^zer. 
Le Magnolia gi^andijlora , par sa haute élévation, 
doit être rangé au nom])re des plus grands arbres qui 
croissent dans les États-Unis, car il acquiert quelque- 
fois jusqu'à 90 pieds ( 3o mètres), sur 2 à 3 pieds 
(7 a 10 décimètres) en diamètre. Cependant il est 
rare de le voir parvenir à ces dimensions; car sa hau- 
teur la plus ordinaire est de 60 à 70 pieds (^20 à 
23 mètres). Son tronc e-^t le plus souvent très-droit, 
et sa cime d'une forme pyramidale assez régulière. 
Ses feuilles toujours vertes, entières, portées sur de 
courts pétioles, ovales, acuminées ou obtuses à leur 
sommet, sont longues de 6 à 8 pouces fiS à 24 cen- 
timètres). Elles sont épaisses, coriaces et très-brillan- 
tes à leur surface supérieure. Lorsque dans les défri- 
chemens, on conserve quelques-uns de ces arbres, 
à cause de leur grande beauté , les feuilles, alors 
exposées à Tardeur du soleil, prennent en-dessous 
une couleur ferrugineuse ou de rouille; la même chose 
s'observe dans les arbres qui se trouvent sur la lisière 
des forets: la moitié de leurs feuilles qui est exposée 
au grand air , est de couleur ferrugineuse, tandis que 
l'autre moitié, qui tient aux branches, cachées parmi 
les autres arbres , est entièrement verte. 

Les fleurs du Magnolia gî^andiflora , de couleur 
blanche, et d'une odeur agréable, ont 7 à 8 pouces 
r 18 à 21 centimètres) de largeur; elles sont plus 
grandes que celles d'aucun arbre connu, et commu- 
nément très-nombreuses dans les arbres isolés. Alors, 



MAC NO MA (; ra:n' IJI I LOU A. "y 3 

placées au milieu d'un aussi riche reiii liage , elles 
produisent un si bel effet , que ceux qui ont vu le 
Magnolia ^randijlora dans son pays natal, s'accor- 
dent à le considérer comme une des plus belles pro- 
ductions du règne végétal. 

Aux fleurs succèdent des fruits ou cônes ovales, 
cliarnus, le.ngs d'environ 4 pouces ^ i r>. centimètres). 
Ces cônes se composent dun grand nombre de cel- 
lules, qui, à l'époque de la maturité, s'ouvrent lon- 
gitudinalement, et laissent apercevoir une ou deux 
graines d'un rouge vif, qui bientôt après sortent entiè- 
rement, et sont suspendues par un filet blanc qui 
s'attache au fond de ces mêmes cellules. Après quel- 
ques jours, ce filet se rompt, et la graine tombe 5 la 
substance rouge et pulpeuse qui entoure le noyau, 
s'altère et le laisse à nud : celui-ci contient une 
amande blanche et laiteuse. En Caroline, cet arbre 
est en fleur dans le courant de mai, et ses graines 
sont à maturité vers le i^^^ octobre. 

Le tronc du Magnolia ^randijlora est couvert 
d'une écorce grisâtre , unie et assez semblable à celle 
du Hêtre ; son bois , d'une texture tendre , est remar- 
quable par sa grande blancheur^ couleur qu'il con- 
serve même après qu'il est parfaitement sec. On m'a 
dit qu'il se travailloit aisément, et qu'il nétoit point 
sujet à se tourmenter, mais qu'exposé aux injures de 
l'air, il étoit peu durable. C'est pourquoi les plan- 
ches que l'on tire de son bois ne sont employées que 
pour la menuiserie intérieure. Dans des arbres de i5 
a 18 pouces (4-^ "^ ^K centimètres) de diamètre, je 



•y 4 MAGNOLIA G P. A N D I F L O R A . 

n'ai rien vu qui iudiquàt aucune diftéreuce entre le 
cœur et l'aubier , si ce n'est un point d'un brun foncé, 
de l'épaisseur de 2 à 3 lignes (^4 ^ 6 millimètres ), 
qui se trouve dans le centre. Les arbres, sur lesquels 
j'ai fait ces observations , avoient été abattus depuis 
environ trois semaines; et j'ai remarqué que plu- 
sieurs des copeaux, à la suite d'une légère fermen- 
tation , avoient contracté une couleur rose ; observa- 
tion que j'ai cru devoir consigner ici, parce qu'elle 
se rattache à une autre du même genre, que j'ai faite 
sur le bois du Tulipier, etdontjeparleraià son article. 

Le Magnolia grandijlora ne croit que dans les 
lieux frais, ombragés, oii le sol, de couleur brune, 
est meuble , profond et très-fertile ; ces cantons sont 
voisins , ou font partie des grands marais qui se trou- 
vent le long des rivières, ou qui sont enclavés dans 
les pinières 5 mais on ne le voit pas dans ces marais 
longs et étroits , qui traversent en tous sens les piniè- 
res, dont le terrein bourbeux est peu profond, et 
repose sur un sable blanc et quartzeux. Dans les 
endroits que je viens d'indiquer, il croît plus parti- 
culièrement avec le Qiiercus p"\ palustris ^ le Quer- 
cus jalcata^ le Fagus syWatica^ VUlmus alafa et 
VOlea cunericana. J'ai aussi toujours remarqué que, 
là où se trouve le Magnolia grandiftora^ croissoit 
presque indubitablement le Magnolia tripetala , 
mais que le premier ne vient pas par-tout où croit 
cette dernière espèce , qui est susceptible de suppor- 
ter un plus grand degré de froid. 

Les graines du Magnolia grandijlora rancissent 



MAGNOLIA G n A ?< D 1 F L O r. A. "7 5 

moins promptement que celles des autres sortes de 
Ma^nolia-^ et elles peuvent se conserver bonnes plu- 
sieurs mois, sans être semées. C'est aussi l'espèce 
dont on trouve dans les cantons oi^i il croit, un plus 
grand nombre de plants : ils sont quelquefois si mul- 
tiplies, qu'en moins d'une heure, on peut en arra- 
cher, à la main , plusieurs centaines; et ils sont aussi 
beaux que s'ils avoient été élevés avec tous les soins 
possibles dans une pépinière. 

Les arbres isolés donnent proportionnellement un 
plus grand nombre de fleurs et de cônes , que ceux 
qui sont au milieu des forets; un seul pied en porte 
jusqu'à 3 et 4^0, et chacun de ses cônes contient 
de 4o à 5o graines. 

C'est avec raison qu'en Europe, les Amateurs d'ar- 
bres étrangers recherchent avec empressement le 
Magnolia grandiflora. Il est doublement intéres- 
sant, soit par son feuillage et ses fleurs magnifiques, 
soit parce qu'il est peu sensible au froid ; il l'est beau- 
coup moins que l'Oranger; car il se trouve dans l'Amé- 
rique Septentrionale à 5 degrés plus au Nord que ce 
dernier, qui ne croit naturellement da^s les forets , 
qu'à partir du 28^ degré. En Europe, le point le 
plus avancé vers le Nord oii le Magnolia grandi- 
jlora passe bien l'hiver en pleine terre, est près 
de Nantes, latitude 470. i3'. • mais ce n'est que 
dans les environs de Grenoble, latitude 45o. 11'., 
que ses fruits mûrissent. J'ai vu aussi près de Phila- 
delphie, dans les jardins de W. W. Hamilton , un 
Magnolia grandijlor a en pleine terre, qui suppor- 



'jb MAGNOLIA GRANDIFLORA. 

toit très - bien les froids rigoureux qu'on éprouve 
dans cette partie de la Pensylvanie, et qui le sont 
beaucoup plus que ceux qu'on ressent à Paris ou à 
Londres , dans la même saison. De ces faits on peut 
conclure, qu'avec le temps et la persévérance, on 
parviendra à acclimater le Magnolia ^randijlora , 
sous une température beaucoup plus froide que celle 
qui lui est naturelle , et que par suite cet arbre 
superbe deviendra le plus bel ornement des parcs et 
des jardins d'une grande étendue. 

PLANCHE V\ 

Feuille de grandeur naturelle. Fig. T , fleur de moitié grandeur 
naturelle. Fig. 2 , cône de moitié grandeur naturelle. 



Fl.^. 




J> J.Jifdové^ Je2. 



MAGIÎOLIA Glauca 



Gaènei ^culfi' ' 



MAGNOLIA GLAucA. 

THE SMALL MAGNOLIA. 

OR VVHITE BAT. 

Magnolia glaiica ^ foliis œquallter oualihus , vel ouali- 
oblongis ; subtùs glaucis. 

Cette espèce, dont l'élévation est beaucoup moin- 
dre que celle au. Magnolia grandijlora^ et dont les 
branches ont une forme beaucoup moins régulière, 
ofFre néanmoins, comme lui, un grand degré d'in- 
térêt, à cause de son joli feuillage et de ses fleurs 
charmantes. Le Magnolia glauca a été , dans ces 
derniers temps, trouvé vers le Nord, jusques vers le 
Cap An, dans l'Etat de Massachussett, latitude 4 5°. 5o'. 
Il est déjà assez commun dans le Bas-Jersey , et il le 
devient encore davantage , à mesure qu'on avance 
vers le Sud ; enfin^ dans toute la partie basse et mari- 
time des États méridionaux, ainsi que dans les Flo- 
rides et la Basse-Louisiane, cet arbre est, parmi ceux 
qui viennent aux lieux humides, un des plus multi- 
pliés. Mais on ne le rencontre pas à une grande dis- 
tance dans l'intérieur dés terres: ainsi, dans les États 
de New- York, de la Pensylvanie et du Maryland, 
on ne le voit plus à 3o ou 4o milles (" 5o ou 60 kilo- 
mètres) au Nord des Villes de New-York, de Phila- 
delphie et de Baltimore. Dans les Carolines et la 
Géorgie, les limites que j'ai indiquées pour lespiniè- 
res, sont aussi celles où croît seulement le 3Iagnolia 



y8 MAGNOLIA GLAUCA. 

glauca ^ car je ne me ressouviens pas de l'avoir vu 
dans la partie haute de ces Etals, non plus que dans 
ceux qui sont situés à l'Ouest des montagnes. A Phi- 
ladelphie , ainsi qu'à New- York et dansles environs, 
il est connu sous le nom de Magnolia ou de sniall 
Magnolia ; ctllQ dénomination a entièrement rem- 
placé celles de Swamp sassafras et de Bea{>er wood, 
bois à castor, qui étoient autrefois en usage parmi 
les anciens Suédois, qui les premiers vinrent se fixer 
dans ce pays. Dans les Etats méridionaux, il est plus 
universellement désigné par les noms de FFhite hay 
et de Sweet hay. 

Dans le Bas Jersey, la Basse-Pensylvanie et plus 
au Sud, le Magnolia glauca ne se voit jamais autre 
part que dans les marais les plus fangeux , et qui sont 
tellement aquatiques pendant la plus grande partie 
de l'année, qu'ils sont impraticables. Il s'y trouve 
mêlé parmi le Cupressustliyoides^\e%àiNeYSGs?>OTleB, 
diAndronieda et de Vaccinium. Dans les Carolines 
et la Géorgie , on rencontre bien rarement le Magno- 
lia glauca dans les grands marécages qui bordent les 
rivières: il vient, au contraire, fort abondamment, je 
pourroisdire presque exclusivement, dans ces marais 
longs et étroits qui, dans toutes les directions, traver- 
sent lespinières, et 011, avec le Gordonia lasyanthus, 
le Laiirus caroliniensis ^ il constitue la masse des 
arbres qui remplissent ces mêmes marais, dont le sol 
noir, et toujours bourbeux, repose sur un sable 
peu productif. Dans ces Etats, le Magnolia glauca 
s'élève quelquefois jusqu'à l\0 pieds ( i3 mètres), sur 



MAGNOLIA GLAUCA. 79 

1 3 à i4pouces (3G à l\'2 cenlimètresj de diamèlie; 
mais sa hauteur la plus ordinaire est de 20 à 3o pieds 
(^k lo mètres), et elle est encore moins considérable 
dans les environs de New-York et de Philadelphie, 
où il fructifie à 5 ou 6 pieds (^ 2 mètres) d'élévation. 

Les feuilles de cet arbre longues de 5 à G pouces 
f i5 à 18 centimètres), disposées alternativement sur 
les branches et pétiolées, sont entières et de forme 
ovale-alongée ; elles sont lisses et d'un vert foncé à 
leur surface supérieure, et glauques, ou d'un blanc 
bleuâtre à leur surface inférieure. Le mélange de ces 
deux couleurs forme un contraste fort agréable. Ces 
feuilles tombent tous les ans, à l'automne, et se 
renouvellent de bonne heure, au printemps. 

Les fleurs solitaires aux extrémités des rameaux , 
larges de 2 à 3 pouces (^6 à 9 centimètres), et de 
couleur blanche , se composent de plusieurs pétales , 
ovales et concaves. A l'époque de la floraison^ qui a 
lieu dans les environs de Cliarleston, S. C. , en mai, et 
un mois plus tard dans les environs de New- York et de 
Philadelphie , elles répandent une odeur très-suave; 
ce qui fait que dans le voisinage de ces deux grandes 
villes, les femmes et les enfans s'enfoncent dans les 
marais fangeux où croit cet arbre, pour en couper 
les fleurs et les porter au marché, où elles sont ven- 
dues sous le nom de Magnolia ou de Siriall magno- 
lia , petit Magnolia. 

Auxfleurs, succèdent de petits cônes charnus et de 
couleur verte, composés d'un grand nombre de cel- 
lules, etdont la longueur varie de 12 à 18 lignes (36 a 
III. I I 



8o MAGJNOLIA GLAUGA. 

54 millimètres J. A l'époque de leur maturité, les 
graines qui sont de couleur écarlate, forcent l'ouver- 
ture des cellules pour sortir: et avant de tomber, 
elles sont suspendues pendant quelques jours par 
un filet blanc, mince et délié. 

Les graines de Magnolia ^lauca rancissent avec la 
plus grande facilité : pour conserver long-temps leur 
faculté germinative, il faut , aussitôt qu'elles sont 
récoltées, et avant que la pulpe qui entoure le noyau, 
soit ridée , les mettre dans du bois pourri ou du sable 
frais, et même un peu humide, qui les maintient 
dans l'état de fraîcheur, jusqu'au moment d'être mises 
en terre ; c'est le seul moyen de se procurer cet arbre 
de semence. Quoique le Magnolia glaiica soit si mul- 
tiplié dans la Basse-Virginie, les Carolines et la Géor- 
gie , qu'on en rencontre un très-grand nombre de 
pieds dans tous les lieux humides, néanmoins, on 
ne trouve que très-rarement de jeunes plants. 

Le tronc du Magnolia glauca est couvert d'une 
écorce unie et grisâtre; il est toujours tortueux et 
très-rameux, et ses branches sont divariquées. Son 
bois, de couleur blanche et très-léger, n'est employé 
à aucun usage; le nom de Castor wood^ bois à Cas- 
tor, donné autrefois au Magnolia glauca^ prouve , 
d'une part , qu'il y avoit des Castors dans les diverses 
parties des États du Milieu, où cet arbre est indigène; 
et de l'autre , que ces animaux le coupoient de pré- 
férence à tout autre , parce quil est très-tendre, soit 
pour en faire les pieux nécessaires pour la construc- 
tion de leurs digues et de leurs habitations^ soit 



MAGNOLIA G r. A L C A . 8 I 

pour en manger récorcc durant le cours de l'hiver. 
L'écorce des racines de cet arbre a une odeur aro- 
matique et une saveur amère. Quelques habitans la 
font infuser dans Teau-de-vie et boivent de cette 
teinture dans les affections rhumatismales, la consi- 
dérant comme légèrement sudorifique. Dans le l'as- 
Jersey,les habitansdes campagnes en font aussi infu- 
ser les cônes et les fruits dans du rhum et du wiskey ; 
et la liqueur qui, par cette infusion, contracte une 
saveur très-amère, passe parmi eux pour un préser- 
vatif contre les fièvres d'automne. 

Le Magnolia glauca offre favantage précieux de 
résister très-bien aux froids rigoureux qu'on éprouve 
en hiver, en France, en Allemagne et en Angleterre: 
en i8i 1 , on en a vu dans les environs de Paris , un 
grand nombre de pieds , dont les graines sont venues 
à maturité. De tous les arbres, soit indigènes, soit 
exotiques, qui sont susceptibles de supporter d'aussi 
grands froids, il n'en existe point, qui soient parés 
d'un aussi beau feuillage, ni qui portent d'aussi belles 
fleurs. Aussi, cette espèce de Magnolia est- elle, 
à juste titre , extrêmement recherchée des Ama- 
teurs de jardinage ; et on ne peut trop les engager à 
la multiplier, afin d'ajouter à l'embellissement de 
leur résidence champêtre, 

PLANCHE IL 

Rameau avec les feuilles et une fleur dô grandeur naturelle. 
Fig. I, cônes avec des grames de grandeur et de couleur natwelles. 



MAGNOLIA ACUMIN^TA. 
TUE CUCUMBER TUEE. 

Magnolia acuminata , Joliis ovalibus ^ acinninads ^sub- 
iùs puhescendbus : floribus flavb-cœrulescentAbus. 

Le Magnolia aciiminata est désigné dans toutes 
les parties des Etats-Unis, oii il croît, par le seul nom 
de Cucmnber tree ^ arbre à concombre. C'est un fort 
bel arbre qui égale en hauteur et en diamètre le 
Magnolia grandijlora. Parmi les espèces de ce genre 
trouvées jusqu'ici dans le Continent de l'Amérique 
Septentrionale , ce sont les seules qui parviennent à 
de très-grandes dimensions. Les bords de la rivière 
]N iagara , près de la fameuse chute dece nom, latitude 
430., estlepointleplusavancéversleNord, où j'ai per- 
sonnellement observé cette espèce , et je ne pense pas 
qu'elle existe beaucoup plus loin dans cette direction. 
Llle abonde au contraire dans toute la région monta- 
gneuse des Alléghanys, jusqu'à leur terminaison en 
Géorgie,ce qui comprend un intervalle de plusde3oo 
lieues (iSookilom.J Elle est également fort commune 
dans les montagnes de Cumberland, qui coupent en 
deux l'État de Tennessee. Les parties déclives des 
montagnes, les vallons resserrés et le voisinage des tor- 
rens où il règne constamment une grande humidité, 
et dont le sol est meuble et très-fertile, sont les 
situations , où cet arbre affecte de croître plus spécia- 
lement: et ctla, à un tel point que, dès qu'on s'éloigne 




Bivj'a de/. 



JVIA G N O L I A AcuuiiJiata 



êahvl c-oilp- 



'J'^Y 



MAGNOLIA A C U M I N A ï A . 83 

de toutes ces montagnes, à l'Est ou à rOuest^ à une 
distance de 4^ ou 5o milles (65 à 80 kilomètres], 
on ne le rencontre, pour ainsi dire plus qu'acci- 
dentellement, et seulement sur les bords escarpes 
des rivières, où l'atmosphère est toujours rafraîchie 
par l'èvaporation des eaux. 

D'après ce qui vient d'être dit , on peut donc con- 
sidérer le Magnolia acuminata ; i». comme étranger 
à tous les pays situés au Nord de la rivière Hudson; 
20. comme ne se trouvant point non plus dans toute 
la partie atlantique des États-Unis qui s'étend depuis 
les bords de la mer jusqu'à 100, iSoet 200 milles 
( i65, aSo , 33o kilomèt. j dans l'intérieur des terres^ 
où la chaleur extrême du climat, en été , et la 
nature du terrein paroissent entièrement contraires 
à sa végétation. Cet arbre est encore assez rare dans 
cette partie du Rentucky et de l'Ouest Tennessee, qui 
est la plus éloignée des montagnes, et où la surface 
du sol est plus égale. 

Les feuilles au Magnolia acuminata^ sont lon- 
gues de 6 à -y pouces [18 à 21 centimètres) et larges 
de 3 à 4 pouces (^9312 centimètres J dans les grands 
arbres; mais elles ont quelquefois le double de cette 
grandeur dans les jeunes pieds qui croissent aux lieux 
humides, et qui sont abrités dans les forets. Ces feuil- 
les , de forme ovale , entières et très-acuminées à leur 
sommet, sont d'une texture assez molle; elles tom- 
bent à l'automne, et se renouvellent au printemps. 

Les fleurs du Magnolia acuminata ont de 3 à 4 
pouces (9a 12 centimètres) de large. Elles sont fort 



84 MAGNOLIA A CUMIN A TA. 

belles, elle plus ordinairement bleuâtres; quelquefois 
aussi elles sont blanches, mêlées d'une teinte jaune. 
Elles ont peu d'odeur, mais comme elles sont très- 
grandes et très-nombreuses , elles produisent un bel 
effet, étant accompagnées d'un riche feuillage. 

Les cônes ou fruits, longs d'environ Spouces^gcen- 
timètr. j, et épais de 8 à lo lignes (24 à 3o millim.) , 
ont toujours une forme cylindrique ou à-peu-près, et 
sont fréquemment un peu plus gros à leur partie supé- 
rieure: toujours un peu convexes d'un côté , et con- 
caves à la partie correspondante, ils ont, lorsqu'ils 
sont encore verts, assez de ressemblance avec un petit 
cornichon : d'où est venu à cet arbre le nom de Cu- 
ciimber tree^ arbre à Concombre. Les cellules dispo- 
sées comme dans les autres espèces de ce genre , con- 
tiennentchacuneunegrainede couleur rose qui, après 
être sortie , est aussi suspendue pendant quelques 
jours par un petit filet mince et blanc. La plu- 
part des habitans qui vivent dans le voisinage des 
\lleghanys, cueillent les cônes du Magnolia acu- 
ininata vers le milieu de lété , lorsqu'ils sont à la 
moitié de leur maturité, et les mettent infuser dans 
de l'eau-de-vie de grain , ce qui lui communique un 
grand degré d'amertume. Ils sont dans l'habitude de 
prendre tous les matins, un ou plusieurs petits ver- 
res de cette liqueur amère, qu'ils regardent comme 
un bon préservatif contre les fièvres automnales; 
préservatif au surplus dont on ne conteste pas fef- 
fet, mais dont l'usage jusqu'à présent, ne paroit pas 
avoir été suivi de résultats assez positifs pour qu'au- 



MAGNOLIA. ACUMINATA. 85 

cun médecin ait cherche à en constater l'ellicacité. 
Le Magnolia acuminaia excède quelquefois 80 
pieds ( 27 mètres) de hauteur, sur 3 à 4 pieds ( 3o à 
33 décimètres ) de diamètre, à 3 et 4 pieds ( i mètn^ ) 
de terre. Le tronc en est parfaitement droit ^ d'une 
grosseur uniforme, et souvent sans branches dans 
les deux tiers de son élévation ; sa cime est large 
et régulière: c'est, sans aucun doute, un des beaux 
arbres des forets américaines. Dans les vieux indi- 
vidus, Técorce est grisâtre et sillonnée très-pro- 
fondément. Le vrai bois ou le cœur est d'un jaune 
brun, et d'une texture assez tendre: à cet égard, il 
a quelque rapport avec celui du Tulipier. Comme lui, 
il a le grain fin , et il prend un beau poli; mais il a 
moins de force et ne résiste pas aussi bien aux intem- 
péries des saisons : d'ailleurs , cet arbre généralement 
assez peu multiplié dans les forets, n'est jamais em- 
ployé qu'accidentellement. Débité en planches , il 
sert seulement pour la menuiserie, dont on revêt en- 
dedans la charpente des maisons en bois. On en fait 
aussi de très-grandes pirogues, à cause de sa légèreté. 
Ainsi ce bois ne possède aucune propriété qui puisse 
le faire rechercher pour certains usages déterminés : 
il en résulte que le Magnolia acuminata ne peut 
être considéré que comme un arbre fort agréable , à 
cause de la beauté de son feuillage et de ses fleurs, 
et parce que , comme toutes les espèces de ce genre, 
il les produit lorsque les arbres sont encore très-jeu- 
nes. Comme le Magnolia ^lauca^ il ne souffre aucu- 
nement des froids qu'on éprouve en hiver, dans le 



86 MAGNOLIA ACUMINATA. 

Nord de la France, en Allemagne et en Angleterre: 
il y réussit très-bien en pleine terre , et fleurit à cha- 
que printemps, mais ses fruits ne mûrissent que rare- 
ment; cependant on a le droit d'attendre qu'ils par- 
viendront à maturité , lorsque les arbres qui les pro- 
duisent seront un peu plus âgés, et qu'ils seront placés 
dans des situations exposées au Midi, mais ombragées. 

PLANCHE III. 

Feuilles de grandeur naturelle. Fig. i , fleur de moitié gran- 
deur naturelle» Fig. 2 , fruit avec ses graines de grandeur na- 
turelle. 



PI 4^ 




BeSiPa del 



Oahrifl ,fcii/p. 



MAGNOLIA Cordata. 



MAGNOLIA CORDATA, 

THE HE ART LEAVED CUCUMBER TREE. 

Magnolia cordata ,J6Uis cordatls , subtùs subtomentosis : 
floribus Jïcwïs. 

Cette espèce qui a beaucoup de ressemblance 
avec le Magnolia acuminata^ par son port, et par 
la forme de ses fruits, a été confondue avec lui par 
les habitans des lieux où il croît, et ils les con- 
noissent sous la même dénomination- c'est ce qui 
fait qu'elle n'a porté jusqu'à présent aucun nom 
qui puisse la faire distinguer. J'ai dû y suppléer, et 
je lui ai donné celui à'Heart leaved Cucuniber tree 
Arbre à concombre à feuilles en cœur. 

Les bords de la rivière Savanah, dans la Haute- 
Géorgie . et de celles qui traversent également la par- 
tie supérieure de la Caroline méridionale, sont les 
endroits oii mon Père et moi avons observé cet arbre: 
j'indiquerai plus particulièrement les bords d'une 
petite rivière nommée Horn Creek^ à 12 milles 
d'Augusta, à l'endroit où elle traverse une habitation 
nommée Goodrest^ comme le point le plus rappro- 
ché de la mer, où je l'ai trouvé dans mon dernier 
voyage. 

Le Magnolia cordata s'élève de 4o à 5o pieds 
( i3 à 17 mètres), et il acquiert de 12 à i5 pouces 
(36 à 45» centimètres) en diamètre. Son tronc est 
droit, couvert d'une écorce inégale, fendillée assez 



III. 



12 



MAGNOLIA TRI PET A LA. 

THE UMBRELLA TREE. 

Magnolia tripetala , foliis ampUoribus , ohlongis , suh- 
cuneabb-obovalibus y calice reflexo. 

Obs, Petala soUto novem. 

Cette espèce commence à se trouver vers le Nord, 
dans la partie Septentrionale del'Ltat de Nevs^-York: 
mais on l'observe plus fréquemment, à mesure qu'on 
avance vers le Sud, et elle est déjà assez commune 
sur quelques-unes des îles qui existent dans la rivière 
Susquehannah : elle l'est encore davantage dans les 
Etats méridionaux , ainsi que dans ceux de l'Ouest , 
soit dans la partie maritime et méridionale des Caro- 
lines et de la Géorgie, soit dans cette portion des 
Monts Alléghanys qui traverse les mêmes États, à 3oo 
milles (^5oo kilomètres) de la mer. J'indiquerai plus 
particulièrement les forets qui avoisinent la rivière 
JNolachachuky dans l'Est Tennessee, comme un des 
endroits où j'ai vu le Magnolia tripetala proportion- 
nellement plus multiplié. Quoique cet arbre se 
trouve dans une très grande étendue de pays, cepen- 
dant il ne peut être mis au nombre de ceux qu'on 
rencontre à chaque pas dans les forets, comme le 
Cornus jlorida , VHamanieis virginica , et quelques 
espèces de Chcnes. On ne le voit jamaisquedans les 
situations qui sont parfaitement convenables à sa 



H. 5. 




Be^i'j-a Jel. 



M A Cr N O LIA Tmpetrala . 



l'uhrul ..'culp. 



MAGNOLIA TRIPETALA. QI 

vcgotation , tel qu'un terrein meuble, profond, de 
bonne qualité et qui est toujours ombragé ou abrité 
l^ar de très-grands arbres. Ainsi, dans la Basse-Caro- 
line méridionale et la Basse-Géorgie , il vient exclusi- 
vement dans le voisinage des grands marais qui lon- 
gent les rivières, ou qui sont enclavés dans lespiniè- 
res. On l'y rencontre presque indubitablement avec 
le Magnolia grandijlora^ le Quercus palustris^ VHo- 
pea tinctoria^ etc.; mais jamais il ne vient parmi les 
Magnolia glauca^ les Laurus caroliniensis et les Gor- 
donia lasyanthus , qui remplissent ces petits marais 
étroits, dont les pinières sont traversées dans toutes 
sortes de directions, et dont le sol est noir, peu pro- 
fond, et souvent bourbeux. 

Le Magnolia tripetala^comine les espèces suivan- 
tes, est très-remarquable par l'amplitude de ses feuil- 
les et la grandeur de ses fleurs, et il forme, par ses 
dimensions, l'anneau de la chaîne qui lie les grands 
arbrisseaux et les arbres de la troisième grandeur : 
car, quoiqu'il s'élève quelquefois à 3o et 35 pieds 
( 10 à 12 mètres), sur 5 à 6 pouces ( i5 à i8 centi- 
mètres ) de diamètre, il est plus ordinaire de le voir 
au-dessous de cette élévation. Ses feuilles, minces, 
entières, de forme ovale, acuminées à leurs deux 
extrémités, ont quelquefois, dans les arbres jeunes 
et vigoureux, i8 à 20 pouces [5 k 6 décimètres) de 
longueur, sur 7 à 8 pouces (21 à 24 centimètres) de 
largeur à leur partie moyenne. Très-souvent disposées 
en rayons aux extrémités des jets vigoureux, elles 
embrassent un grand espace , et elles peuvent cou- 



gi MAGNOLIA TRIPETALA. 

vrir une surface de 3o pouces ^9 à 12 décimètres) 
en diamètre; d'où lui est venu le nom d'Umbrella 
tree, arbre à parasol. J'ai assez constamment remar- 
qué que le tronc du Magnolia tripetala étoit tou- 
jours plus ou moins penché ; la cause en est que cet 
arbre quoique abrité , donne toujours, par son large 
feuillage, beaucoup de prise aux vents, qui font incli- 
ner ses tiges, trop foibles dans leur jeunesse pour 
leur résister, parce qu'alors étant moins grosses que le 
joetit doigt, elles sont chargées de très-grandes feuilles. 
Les fleurs de couleur blanche, composées de plu- 
sieurs pétales oblongs et concaves , ont de 7 à 8 pou- 
ces (^11 à 24 centimètres) de diamètre. Placées aux 
extrémités des branches , elles produisent un très-bel 
effet , quoiqu'elles soient moins régulières que celles 
des autres espèces de ce genre; elles ont aussi une 
odeur moins agréable. 

Les cônes du Magnolia tripetala ont 4^5 pouces 
(^ 12 à i5 centim.) de longueur, sur environ 2 pou- 
ces (^ôcentim. ) de diamètre ; ils entrent en maturité 
vers le i^'^. octobre, ils sont alors d'une belle couleur 
rose et les graines d'un rouge pâle. Dans les cônes 
bien nourris et bien conformés . on en trouve de 5o 
à 60: comme elles sont susceptibles de rancir promp- 
tement, il faut les semer aussitôt qu'elles sont récol- 
tées; alors on est assuré d'obtenir un grand nombre 
déjeunes plants. On peut aussi leur conserver leur 
faculté germinative,pendantplusieurs mois, si, immé- 
diatement après les avoir cueillies, on les met dans 
de la mousse constamment tenue à l'état d'humidité. 



M A G N O L I A ï U I P E T A L A. q3 

Le bois du Magnolia tripetala^ tris-tendre et très- 
spongieux, ne peut être employé à aucun usage. 
1/écorce qui couvre le tronc, est de couleur grise 
parfaitement unie, et même luisante: entamée encore 
fraîche , elle exhale une odeur désagréable. 

Ce Magnolia qui peut supporter un très-grand 
degré de froid, a été introduit, depuis fort long- 
temps, dans les jardins d'agrément en France et en 
Angleterre, où il se fait remarquer par ses feuilles, 
ses fleurs et ses fruits, dont la grandeur et la forme 
extraordinaire ne se trouvent point dans les arbres 
qui croissent naturellement en Europe. Depuis 
plusieurs années 5 il y fructifie et donne de bon- 
nes graines; ce qui fait qu'actuellement on peut 
se dispenser d'en faire venir de son pays natal. 

PLANCHE V. 

Feuilles du quart de grandeur naturelle. Fig. i , un pétale de 
grandeur naturelle. Fig. 1 , fruit avec des graines de grandeur 
naturelle. 



MAGNOLIA AURICVLATA, 

THE LONG LE A FED CUCUMBER TREE. 



OR IIÏDIAN PHISIC. 



Magnolia auriculata , Joliis subrJiomboïdedohovalibus , 
infernè angustatis , hasi projundo sinu quasi auricula- 
tis , membranaceis utrinque viridibus. 

Cette espèce àe Magnolia^ aussi remarquable que 
la précédente par son beau feuillage, et dont les 
fleurs aussi fort grandes, sont plus agréables à cause 
de leur bonne odeur, ne se trouve que fort avant 
dans l'intérieur du pays, et dans une étendue très- 
limitée; ce qui fait qu'elle n'a été connue des Bota- 
nistes , que dans ces derniers temps. D'après les 
résultats de mes propres recherclies, elle est particu- 
lièrement confinée dans cette partie des Monts 
Allégbanys qui traverse les Etats méridionaux, et 
se trouve éloignée à une distance d'environ loo lieues 
(^5oo kilomètres) de la mer. 11 est aussi à remarquer 
que dans cette partie des Etats-Unis, ces montagnes 
embrassent en largeur une étendue beaucoup plus 
considérable , que dans la Virginie et dans les Etals 
situés plus au Nord. On trouve cependant encore quel- 
quefois le Magnolia auriculata swvXtshor as esQ,2i\:^é?> 
des rivières qui prennent naissance dans ces hautes 
montagnes , et dont les unes dirigeant le cours de 
leurs eaux vers le Sud, les portent directement à 
l'Océan , et les autres prenant une direction oppo- 




Pl^ 




-Be^'.M Jel. 



MA ON O T , I A AuricTilal a . 
.y<rny J:,^ ea i-rr/ Crcf/ w/-/'/^ t'/^, 



(Tjtnéi j-cv^ 



;Vt 



MAGNOLIA AURICULATA. qS 

sée, les versent dans !'( hio, après avoir traverse les 
États du Rentucky et du I ennessée. Le point le plus 
rapproché de la mer , où j'ai observé le j\la >nolia au* 
riculata^ est près deTowSlster Ferry , éloigtKî d'<'n- 
viron 12 lieues (^60 kilomètres] de la ville de Sava- 
nah en Géorgie. Mais il m'a semblé que cet arbre 
ne se trouvoit qu'accidentellement dans cet endroit; 
car, depuis là jusqu'aux montagnes, dont la distance 
est d'environ 60 lieues (,'00 kilomètres), je ne l'ai 
plus rencontré. De cette portion des Monts Allcglia- 
nys qui traverse les Hautes-Carolines et la 1 Saute- 
Géorgie, et où croit le Magnolia aciiminata, j'indi- 
querai principalement les parties les plus déclives 
des hautes montagnes de la Caroline du INord, et 
notamment celles qui sont désignées dans le pays par 
les noms des Great father niountains^ Black ^ilron 
mountains^ comme les endroits où j ai vu cet arbre 
plus multiplié que partout ailleurs. Il est désigné 
par les noms de long leaved cuciimber tree ^ arbre 
à Concombre à longues feuilles, et àe Indianphisic, 
Médecine Indienne. Le sol de ces montagnes, de cou- 
leur brune, meuble, profond et d'une excellente 
qualité, est aussi le plus favorable à sa végétation; 
et il s'y reproduit si facilement de lui-même, que 
j'ai pu m'en procurer mille jeunes plants, dans le 
courant d'une journée. Le Chêne noir, le Chêne 
écarlate, le Chêne rouge, le Châtaignier, le Frêne 
rouge, le Marronier jaune, le Magnolia acuininaia 
et \Andromeda arborea réunis avec lui, sont les 
arbres qui composent plus particulièrement sur ces 
m. i3 



9^ MAGNOLIA AU RI CUL A TA. 

montagnes, la masse des forets; lieux solitaires où 
l'atmosphère, dans les plus beaux jours de l'été, est 
surchargée d'humidité, par l'évaporation des eaux des 
torrens sans nombre qui se précipitent de leur som- 
met. 

Le Magnolia auriculata^ de moitié moins élevé 
que la plupart des arbres avec lesquels il croit, n'en 
parvient pas moins à 4o et 4^ pieds ^ i3 et 1 5 mètres J 
de hauteur, sur \i a i5 pouces(^36à 45centimètresj 
de diamètre. Son tronc, droit et assez bien filé, est 
fréquemment dégarni de branches dans la moitié de 
cette élévation. Ses branches fort espacées et peu 
ramifiées, lui donnent, lorsqu'il est dégarni de feuil- 
les, un aspect particulier qui le fait recounoitre au 
premier abord. 

Les feuilles d'un vert tendre et d'une texture fine, 
ont de 8 à 9 pouces T ^4 à l'-j centimètres) de lon- 
gueur, sur 4^6 pouces (^ 12 à i8 centim.j dans leur 
plus grande largeur, et souvent un tiers, et même 
moitié plus dans les jeunes individus qui poussent 
vigoureusement. Les feuilles disposées alternative- 
ment sur les branches, glabres en-dessus et en- 
dessous, sont pointues à leur sommet, enflées dans 
leur tiers supérieur, et se rétrécissent à leur base: 
elles se terminent par une échancrure qui formedeux 
lobes arrondis, d'ovi lui est venu le nom spécifique 
latin ^ Auriculata. 

Les fleurs naissent aux extrémités des jeunes pous- 
ses, qui sont d'un rouge violet et ponctuées de points 
blancs j elles ont de 3 à 4 pouces (9 à 12 centimèt ) 



MAGNOLIA Al/RÏCULATA. C)'] 

de diamètre ; la couleur en est très-blanche et l'odeur 
fort suave. 

A ces belles fleurs succèdent des cônes ovales ? 
d'environ 3 à 4 pouces (9 à 1-2 centimètres) de lar- 
geur: comme ceux du Maf^nolia tripelala^ ils sont 
d'une belle couleur rose, à lépoque de leur matu- 
rité; et ils n'en diflèrent seulement que parce qu^iis 
sont un peu moins gros, et que chacune des cellu- 
les qui contient aussi une ou deux graines rouges, 
est terminée à sa partie supérieure par un petit 
appendice. 

Le bois du Magnolia auriculata , tendre , spon- 
gieux et fort léger , n'est propre à aucun usage. 
L'écorce qui le couvre est grise et toujours unie , 
même dans les plus vieux arbres. Si ou enlève l'épi- 
derme, on remarque, qu'en moins d'une minute, le 
tissu cellulaire, parle seul contact de l'air, passe de 
la couleur blanche à la couleur jaune : cette écorce 
a une odeur aromatique assez agréable ; infusée dans 
une liqueur spiritueuse, elle passe parmi les habitans 
de ces montagnes pour un bon sudorifique, dont ils 
font usage dans les affections rhumatismales. 
» Le Magnolia auriculata réussit très-bien en pleine 
terre, sous la température de Paris et de Londres; 
et il commence à être assez répandu en Europe, 
dans les jardins des amateurs de cultures étrangères : 
c'est avec raison qu'ils le recherchent préférablemenî 
au Magnolia tripetala , à cause de ses Ceurs qui , 
quoique un peu moins grandes, ont, sur celles de ce 
dernier, l'avantage d'une forme plus régulière et 



gS MAGNOLIA AURICULATA. 

d'une odeur agréable. Cet arbre supporte également 
bien les froids extrêmement rigoureux qui se font 
ressentir, en hiver, à Philadelphie. Car plusieurs pieds 
que mon Père envoya des montagnes de la Caroline 
du Nord , à MM, W. Hamilton et Bartram , qui rési- 
dent près de cette ville, réussissent très bien en pleine 
terre dans leurs jardins, et depuis plusieurs années? 
ils y donnent des fleurs et des graines. C'est ainsi que 
les productions agréables et souvent utiles, que la 
main de la nature avoit fixées dans un seul canton, 
se propagent d'une extrémité du globe à l'autre, et 
viennent contribuer au bonheur de la société, en 
adoucissant par le plaisir attaché à leur culture, les 
peines dont elle est trop souvent affligée. 

PLANCHE VI. 

Feuille des trois-quarts de la grandeur naturelle. Fig. i , fleut 
d'un tiers moindre que la grandeur naturelle. Fig. 2 ^ cône avec 
ses graines de grandeur naturelle» 




F. J- Hedoiité c/f/ 



MAGNOLIA Maci^opLilla . 



&airùî JOi^. 



/ff 



MAGNOLIA MACROPHYLLA. 

LARGE LEAVED VMBRELLA TREE. 

Magnolia macrophyUa , ramis medullosis , fragiUhus ; 
J'oliis omnium amplis simis , oblongè subcuneatà-obo- 
valibus y basi sinuatd f subauricuJatis , subtùs ^iaucis; 
juniorihus argenteis , densissimè holosericeis. 

Obs. Folia 1—2 \ ped. longa , figura ferè M auriculatœ, f étala 
sex , alba , injeriora basi purpurea. 

Des diverses sortes de Magnolia dont je donne la 
description, et même de tontes celles qui ont été 
découvertes jusqu'ici dans l'ancien continent, et qui, 
réunies, forment ensemble douze espèces, il n'en est 
aucune aussi remarquable par l'amplitude de son 
feuillage, et par la grandeur de ses fleurs, que le 
Magnolia macrophjlla : c'est aussi celle des espèces 
américaines qui est la moins multipliée , et qu'on ne 
voit que très -rarement dans les forets. La ressem- 
blance qu'a cet arbre par ses feuilles , avec le M«^- 
/zo/^'«frï/?e^a/« qui vient aux mêmes endroits, l'a fait 
jusqu'à présent, confondre avec lui par les habitans 
des lieux où il croit ; ce qui fait qu'ils les dési- 
gnent par la même dénomination. J'ai donc dû y 
suppléer, et le nom de Larg^ leas>ed^ umhrella tree , 
Arbre à parasol à grandes feuilles , m'a paru le plus 
propre à le bien caractériser. Mon Père, dans son 
Flora boreali americana^ et les Botanistes qui en 
ont parlé après lui, l'ont indiqué sous le nom de 
Magnolia macrophyUa; les amateurs et les Jardi- 



lOO MAGNOLIA M A C R O P H Y L L A. 

niers botanistes le désignent au contraire, dans leurs 
catalogues, par celui de Ma'^nolia Michauxii.lA^^é 
les observations des personnes pour lesquelles j'ai la 
plus grande déférence, j'ai pensé qu'il n'eût pas été 
convenable à moi surtout , dans cette occasion , 
d'adopter ce nom spécifique , tout honorable qu'il 
soit pour mon Père, préférablement à celui qu'il a 
le premier consacré. 

Ce fut dans le mois de juin 17 89, lors du premier 
voyage que mon Père fit de Gharleston dans les mon- 
tagnes de la Caroline du Nord , où je raccompa:,nai, 
que je trouvai personnellement cet arbre , qu'il jugea 
immédiatement être une espèce de Magnolia , diffé- 
rente de celles qui avoient été décrites ou connues 
jusqu'alors. Le lieu où nous rencontrâmes ce magni- 
fique vé^„étal , est à 10 mil es (^ i5 kilomètres J , Sud , 
en-deçà de Lincolton, dans la Caroline du Nord, 
et à 25o milles (4^^ kilomètres J de Charleston. Les 
recherches botaniques , fort mult pliées , que nous 
fîmes dans la partie supérieure des Etats méridio- 
naux, pour le retrouver, et même celles qui ont été 
faites après nous par plusieurs Jardiniers botanistes 
anglais, qui ne le trouvèrent non plus que nous, à 
l'Est des Monts Allé^hanys, sont une preuve assez 
convaincante que cet arbre est f rt rare entre cette 
chaîne de montagnes et la mer; tandis que dans le 
Tennessee, qui est situé au-delà, il est pluscommun, 
quoiqu'on ne le rencontre cependant qu'à des inter- 
valles de 4o à 5o milles (65 à^okilomètr. j , et qu'on 
n'en trouve seulement que quelques pieds à la fois; 



MAGNOLIA M ACROP II YLLA. 10 1 

c'est une observation que j'ai eu occasion de fairc^ pen- 
danlmon voyage dans les Etats de l'Ouest, en i8o3. 

Le Magnolia macroplijlla , comme le Ma^^nolla 
tripetala, auquel il est assez constamment réuni, 
aime les situations fraîches, abritées des vents, dont 
le sol très-fertile est meuble et profond. C'est aussi 
avec cette espèce qu'il a le plus d'analogie, par son 
port et la disposition terminale de ses feuilles, quoi- 
qu'il se rapproche davantage du Magnolia auricu- 
lata^ par leur conformation inférieure. Il tient aussi 
le milieu entre ces deux espèces, par sa hauteur qui 
n'excède pas ?i'iy pieds (^12 mètres), et par son dia- 
mètre, qui n'a pas plus de 4 à 5 pouces (\i à i5 
centimètres). Le corps de l'arbre est couvert d'une 
écorce unie et d'une grande blancheur, laquelle suf- 
fit en hiver , lorsqu'il est dégarni de ses feuilles , 
pour le faire reconnoitre au premier abord, d'avec 
le Magnolia tripetala^ dont il diffère encore, à 
cette époque, par ses bourgeons qui ne se terminent 
point, comme ceux de ce dernier, en pointes arron- 
dies, mais qui sont au contraire, comme déprimés^, 
et couverts d'un duvet soyeux, de couleur argentine. 

l^c Magnolia niacrophylla est, de toutes les espè- 
ces de ce genre, celle dont les feuilles acquièrent le 
plus d'amplitude: on en trouve qui ont jusqu'à 35 
pouces (prè. d'un mètre) de longueur, sur 9 à 10 
pouces (27 à 3o centimètres) dans leur plus grande 
largeur. Ces feuilles, disposées alternativement sur 
les branches, et portées sur des pétioles proportion- 
nément assez courts , sont de forme ovale-alongée , 



102 MAGNOLIA MACROPHYLLA. 

pointues à leur extrémité supérieure, échancrées, en 
cœur à leur base, d'un vert clair en-dessus, et d'une 
belle couleur glauque ou blanche à leur surface infé- 
rieure. Elles tombent tous les ans à l'automne, et se 
renouvellent d'assez bonne heure au printemps. 

Les fleurs , de couleur blanche sont plus grandes 
que celles d'aucune autre espèce de Magnolia con- 
nue; car lorsqu'elles sont entièrement épanouies, elles 
ont de 8 à 9 pouces ( 27 à 3o centimètres) de dia- 
mètre. Ces fleurs se composent de six pétales plus 
longs et plus larges que ceux du Magnolia tripetala. 
A la partie inférieure et interne de chaque pétale, se 
trouve une large tache , de couleur purpurine , 
de 7 à 8 lignes (21 à 24 millimètres J de diamètre. 
Ces fleurs répandent une odeur douce, et produi- 
sent un très-bel effet au milieu d'un aussi beau feuil- 
lage. 

Aux fleurs succèdent des cônes longs d'environ 4 
pouces (^ 12 centimètres) , presque cylindriques, et 
d'un rose vif, à l'époque de leur maturité. Ils res- 
semblent d'ailleurs, pour les dispositions des valves 
et des graines qui y sont enfermées, à ceux du Mag- 
nolia tripetala et du Magnolia auriculata-^ ils en 
diffèrent seulement, en ce que chaque valve n'est pas 
surmontée d'un petit appendice , qui s'observe sur- 
tout dans cette dernière espèce , lorsqu'ils sont des- 
séchés. 

Les graines du Magnolia niacrophjlla demandent 
les mêmes soins que celles des autres espèces, pour 
être maintenues à l'état de germination: ils consis- 



MAGNOLIA MACIl O PHYLLA. 103 

terit à les tenir Iraicheinciit jusqu'au moment d'être 
mises en terre. 

Le bois de cet arbre est plus tendre et plus spon- 
gieux que celui du Mai^nolia Lripetalay qui l'est déjà 
beaucoup; et de même que celui-ci, il n'est propre 
à aucun usage. Tout son mérite, comme celui d'une 
infinité d'autres plantes, consistera donc à décorer 
nos jardins et à donner un nouveau charme au séjour 
de la campagne, par la beauté de son feuillage et la 
grandeur singulière de ses fleurs, (.'est aussi par cette 
seule considération, que les amateurs d'arbres étran- 
gers, en France et en Angleterre, recherchent avec 
empressement, pour leur résidence champêtre, cette 
espèce magnifique de Magnolia^ et avec d'autant 
plus de raison , qu'elle supporte très-bien les froids 
qu'on éprouve en hiver, à Paris et à Londres. 

Un pied de ce Magnolia que j'avois apporté 
d'Amérique, il y a sept ans, a fleuri en 1811, dans les 
jardins de S. M. l'Impératrice Joséphine, à la Mal- 
maison. Le Magnolia tripetala étant beaucoup plus 
commun , on pourroit s'en servir pour greffer cette 
espèce précieuse, ainsi que le Magnolia auriculata ^ 
en approche ou en écusson. Cette tentative a été faite 
par mon Père, dans un jardin qu'il possédoit près 
de Charleston, dans la Caroline méridionale, et elle 
a été couronnée du plus heureux succès. 

PLANCHE VII. 

Feuilles des quatre-cinquièmes de moins que grandeur natui'elle. 
Fig. I , un pétale de moitié grandeur naturelle. Fig. 2 ^ cône avec 
ses graines des deux tiers de la grosseur naturelle. 

m. i4 



FRENES. 

• 

DANsTAménque Septentrionale, comme en Europe, 
il n'existe point d'arbres, qni, après le Chêne , soit 
d'une utilité aussi générale et aussi habituelle que le 
Frêne. Les propriétés distinctives de son bois sont la 
force et l'élasticité, qu'il réunit à un haut degré €t qui 
le rendent propres à des usages fort importans et pour 
lesquels on ne pourroit, clans ces contrées, y suppléer 
que très-imparfaitement , par celui d'autres sortes 
d'arbres. Ces remarques s'appliquent surtout au 
Fiaxinus excelsior ^ ou Frêne commun d'Europe, 
€t au Fraxinus americana^ Frêne blanc de l'Amé- 
rique, qui l'un et l'autre acquièrent les plus grandes 
dimensions, qui sont les plus multipliés et aussi les 
plus appréciés dans les arts mécaniques. 

Les espèces de Frêne qui croissent en Europe , 
sont bien connues: huit ont été décrites par les Bota- 
nistes, Dans l'Amérique Septentrionale, il en existe 
un bien plus grand nombre, et j'ai cette certitude, 
i». par mes remarques, i^. par l'Herbier de mon 
Père, qui renferme quelques échantillons d'espèces 
que je n'ai pas trouvées, 3°. parce qu'il en existe 
d'autres en Europe, qui y ont été envoyées autre 
fois , et qu'on cultive depuis long temps dans les 
jardins et les pépinières, lesquelles me sont égale- 
ment étrangères. D'après ces considérations , je 
suis persuadé qu'à l'Est du Mississippi, ce qui ren- 
ferme le Canada et les États-Unis, on trouvera 



FRÊIVES. loS 

pins de trente espèces de Frênes. Comme il paroît 
exister beaucoup d'analogie entr'elles, outre les 
observations faites sur les lieux, aux époques de la 
floraison et de la fructification , on devra encore 
semer les graines de chaque espèce pour étudier le 
développement de leur végétation. Ce sera un nou- 
veau moyen pour observer les différences que ces 
arbres présentent dans leur jeunesse, et dont on 
pourra aussi tirer des inductions utiles sur l'accé- 
lération comparative de leur croissance. Mon séjour, 
dans les Etats-Unis , n'ayant pas été assez prolongé 
pour me livrer à ce travail intéressant^ je me suis 
restreint à ne décrire que les espèces de Frênes qui 
y sont les plus connues, à cause de leur utilité, 
etuneoudeux de celles qui sont les plus remarqua- 
bles par la forme de leurs graines^ 



>'^.^^/^'^-V« 



FRAXINUS uiMERICANA. 

THE WRITE A S a. 
Polygamie dloecie , Linn, Fam, des Jasminées , Juss, 

Fràxiisus americana , folîolis integerrimis _, longé acu- 
miiiatis j petiolatis y subtùs glaucis. 

Cette espèce de Frêne, très-intéressante par les 
excellentes qualités de son bois, et la plus remar- 
quable de toutes celles que je me propose de décrire, 
par la beauté de son feuillage, m'a paru plus 
multipliée dans les États situés au Nord de la 
rivière Hudson , et notamment dans le New- 
Hampshire et le District de Maine , que dans 
ceux qui sont plus au Sud. Elle est aussi plus 
commune dans les forêts du Gennessée , que 
dans le bas de l'État de New-York, ainsi que dans 
ie New - Jersey et la Pensylvanie. La province de 
la Nouvelle - Ecosse et le Canada, très -sembla- 
bles au District de Maine, par la nature du sol 
et la température du climat, produisent encore cet 
arbre très-abondamment. Je crois donc pouvoir en 
conclure qu'une température très-froide est celle qui 
est la plus favorable au développement de sa végé- 
tation. Par-tout oii je viens d'indiquer que l'on ren- 
contre cette espèce de Frêne, elle est connue sous 
je seul nom de Wliite Ash, Frêne hlanc^ dénomi- 
nation qui paroit lui avoir été donnée, à cause de la 



PI. H 




Bej-ja i/f/. 



FRAXIXUS Aiuericana 



Gainel Jnik. 



FRAXINUS A MliR 1 CA.N A. IO7 

grande blancheur de son écorce, qui fait reconnoî- 
tre cet arbre au premier abord. A celte grande blan- 
cheur, l'écorce réunit un autre caractère, qui est 
d'être crevassée très-profondément, et d'être divisée 
assez régubèrementen petits quarrés de i à 3 pouces 
( 3 à 9 centimètres ) de largeur : observations que j'ai 
faites dans les gros individus. 

Les bords des rivières, le pourtour des marais et 
quelquefois même la partie déclive des coteaux qui 
les avoisinent, sont les situations les plus favorables 
à la croissance du Frêne blanc. Il y parvient quelque- 
fois jusqu'à 8o pieds (27 mètres) d'élévation, sur 
environ 3 pieds [ i mètre) de diamètre; dimensions 
qui le placent parmi les plus grands arbres des Etats- 
Unis. Dans le District de Maine et dans la partie 
supérieure duNew^-Hampshire, XUlmus Americana^ 
le Betulalutea^ XAcer eriocarpuni , VHenilock spnice 
et YAbies iiigra^ sont les arbres avec lesquels on le 
trouve constamment; et dans le New-Jersey, il est 
mêlé avec l'Erable rouge, le Juglaiis sqiiamosa^ le 
Platane, dans les lieux toujours fort humides et 
momentanément submergés. 

Le Frêne blanc est un très-bel arbre, parfaite- 
ment droit, et souvent dégarni de branches jusqu'à 
plus de 40 pieds ( i3 mètres) de hauteur. Ses feuil- 
les, opposées les unes aux autres et fort grandes, 
se composent de 3 à 4 paires de folioles, et d'une 
impaire. Elles ont dans leur ensemble, de 12 à 
i4 pouces [ 36 à 4^ centimètres ) de longueur. 
Les folioles, longues de 3 à 4 pouces ^ç)hi 11 centi- 



Io8 FRAXINUS AMERICANA. 

mètres), sur environ 2 pouces (6 centimètres) 
de largeur , et portées sur un court pétiole , 
sont ovales-acuminées, ondulées sur leurs côtés et 
rarement dentées. Au commencement du printemps, 
elles sont couvertes d'un léger duvet, qui disparoit 
à mesure qu'elles grandissent et qu'on approche de 
l'été , époque de l'année j où elles sont parfaitement 
glabres en-dessus et en-dessous. Ces folioles, dont 
la texture est fine et légère, sont d'un vert clair en- 
dessus, et blanchâtres en-dessous, ce qui produit entre 
ces deux teintes, un contraste très-marqué. Cette 
dissemblance qu'on n'observe dans aucune des au- 
tres espèces et variétés nombreuses de Frênes, qu'on 
trouve dans le Nord de l'Amérique, lui a fait donner 
par le R""^. D"". Muhlemberg , le nom spécifique de 
Discolor. 

Les graines du Frêne blanc sont réunies en grap- 
pes, longues de 4 à 5 pouces (^ 12 à 1 5 centimètres j, 
et chacune d'elles a environ 18 lignes ^54millimètr, J 
de longueur. Elles sont cylindriques dans leurs deux 
tiers supérieurs et s'élargissent ensuite, pour former 
une aile ou languette , à l'extrémité de laquelle 
on remarque souvent une petite échancrure. Ces 
graines sont à maturité au commencement de l'au- 
tomne. 

Dans cette espèce de Frêne , les pousses des deux 
années précédentes, sont de couleur gris bleu , très- 
unies, et la distance entre les bourgeons supérieurs et 
inférieurs est considérable, indice certain d'une végé- 
tation vigoureuse. Dans les gros arbres , le cœur ou 



FRA.XINUS AME RICANA. 10(J 

le vrai bois est rougeâtre, et l'aubier qui l'entoure, 
est trcs-blanc. 

De toutes les espèces de Frênes qui croissent dans 
le Nord des Etats-Unis^ c'est certainement celle dont 
la végétation est la plus belle et la plus accélérée , et 
doni le bois est le plus apprécié , à cause de ses excel- 
lentes qualités. En effet, il réunit la force, la sou- 
plesse et l'élasticité, et il présente un grand degré 
de solidité dans tous les usages pour lesquels il est 
mis en œuvre; ces usages sont tellement variés, que 
je me contenterai d'indiquer ceux auxquels j'ai remar- 
qué qu'on l'employoit le plus constamment, x'^insi 
les carrossiers s'en servent toujours pour les bran- 
cards et les jantes des roues de cabriolets et de car- 
rosses, et à New- York, à Philadelphie, pour la 
charpente de la caisse. Les charrons l'employentpour 
les traîneaux et pour les bras de brouettes. Dans le 
Dis rict de Maine, où le Chêne blanc est assez rare, 
c'est de Frêne blanc qu'on fait la pièce circulaire , 
&0W, qui forme le dos des chaises, dites de FFind- 
sor. Les manches de faulx, ceux des râteaux à foin, 
les cercles très-larges des seaux à puiser de l'eau , la 
pièce circulaire des boites rondes qui s'enchâssent les 
unes dans les autres , et celle qui forme le tour des 
tamis et des dévidoirs ; tous ces objets qui se fabri- 
quent principalement à Hingham , près de Boston , 
sont tirés du Frêne blanc. On fait aussi, dans le 
Connecticut, presque toutes les sébiles en bois de 
de cet arbre. 

Dans le Nord des États-Unis , et notamment dans 



IIO FRAXINUS AMERICAN A. 

le District de Maine, on fabrique avec le Frêne blanc, 
beaucoup de merrain, qui, par sa qualité, tient le 
milieu entre ceux que l'on tire du Cliéne blanc et 
du Chêne roug -. C est avec ce merrain que se font 
les meilleures barriques destinées à conserver des 
salaisons. 

Dans le District de Maine, le Frêne blanc entre 
dans la charpente inférieure des navires, mais il est 
moins estimé pour cet usage que le Bouleau jaune 
et le cœur du Hêtre rouge. Dans tous les ports des 
États atlantiques, les poulies à bord des vaisseaux, et 
les chevilles pour amarrer les cordages, sont faites 
en Frêne ; dans les États du JNord , elles le sont de 
Tespèce que je décris, et pi us au Sud, de Frêne rouge. 
Le bois du Frêne blanc est surtout considéré comme 
supérieur à celui de quelque espèce que ce puisse 
être, pour les rames ou les avirons, parce que, à une 
grande force, il réunit beaucoup d'élasticité; et il 
est tellement apprécié pour ce seul usage, qu'on 
exporte une grande quantité de ces rames toutes 
façonnées, aux Colonies des Indes occidentales et en 
Angleterre. C'est aussi , après l'Hickery, le meilleur 
bois dont on puisse se servir pour faire des baines 
de cabestan, dont on fait des envois en Angleterre 
et aux Colonies. On exporte aussi en Angleterre, le 
bois de Frêne blanc , débité en madriers. On lui 
reconnoît dans ce pays, plusieurs propriétés qui le 
font préférer à celui de l'espèce ordinaire, Fraxi- 
ims excelsior : c'est la remarque que fait Ody, dans 
son Traité , on the European commerce. 



F p. A X I N U s A M i: J. I C A N A. j l l 

Le Frêne hlaric est depuis long-temps connu en 
France , en Allemagne et en Angleterre ; il y réussit 
très-bien, soit franc de pied, soit de greiîe : et j'ai 
même cru remarquer que sa végétation étoit jiliis 
accélérée que celle d'aucune autre espèce que j'aie 
vu, suitout dans les lieux humides. On a aussi 
remarqué que ses feuilles, comparativement à celles 
des autres espèces de Frênes, étoient l)ien moins 
sujettes à être attacjuées parles mouches canlbarides. 
,1e le considère donc, à cause des précieuses qua- 
lités de son bois , comme une acquisition avanta- 
geuse pour les forêts du Nord de l'Europe; et je ne 
puis trop en recommander la propagation, comme 
arbre utile, sans parler de la beauté de son feuillage, 
qui l'emporte infiniment sur celui du Fraxinus excel- 

sior. 

PLANCHE VIII. 

Rameau avec les feuilles de moitié gr an djeur naturelle. Fis. i, 
graines de grandeur naturelle. 



iir. 



i5 



FRAXINUS TOMENTOSA. 

TUE RED A S H. 

Fraxinns pnbescens , Lam, 

Fraxinus tomentosa, foliolis suhnoveriis , dentahls , 
petiolatis , ramulis petiolisque pubescenùi-tomentosis. 

Des diverses espèces de Frênes qui se trouvent 
dans la partie atlantique des États-Unis , celle-ci est 
la plus multipliée dans la Pensylvanie, le Maryland 
et la Virginie. Elle est le plus habituellement dési- 
gnée par le nom de Redash, Frêne rouge, et très- 
souvent aussi par celui de Frëne^ sans aucune autre 
distinction spécifique. De même que le Frêne blanc , 
cette espèce croît, de préférence, dans les marais, 
ainsi que dans tous les endroits fréquemment sub- 
mergés, ou qui sont exposés à l'être par les fortes 
pluies. Dans de pareilles situations, il se trouve 
réuni avec les arbres qui , comme lui, aiment lester- 
reins fort humides, tels que le Juglans squaniosa^ 
le Juglans amara , le Quercus discolor , \Acer 
rubriim , le Liquidamhar stjracijlua et le Njssa! 
aquatica. 

Le Frêne rouge est un arbre d'une belle apparence, 
qui s'élève parfaitement droit jusqu'à la hauteur de 
5o à 60 pieds (17 a 20 mètres), sur i5 à 18 pouces 
(45 à ^4 centimètres) de diamètre. Par conséquent, 
il est inférieur en dimensions au vrai Frêne blanc , 




B^.-..:, ,/V 



(rafrie/ jrv& 



Y R AX 1 N U S Tomentos a . 



FP, A XI NU s TOMENTOSA. Ii3 

/ 

qui, comme je l'ai dit à son article, acquiert un bien 
plus grand développement. La végétation du l'réne 
rouge est aussi moins accélérée; je m'en suis assuré 
par l'observation suivante : j'ai comparé la longueur 
des pousses annuelles de ces deux espèces , ainsi que 
la distance qui existe entre leurs bourgeons, et j'ai 
vu que l'une et l'autre étoient toujours moindres de 
moitié dans le Frêne rouge. 

Les feuilles de ce Frêne , longues dans leur ensem- 
ble de 12 à i5 pouces (36 à 45» centimètres) , et com- 
posées de 3 ou 4 paires de folioles , avec une impaire , 
sont très-tomenteuses à leur surface inférieure , ainsi 
que les pousses annuelles auxquelles elles sont atta- 
chées. Lorsque les arbres sont isolés, et aux approches 
de l'automne, le duvet dont elles sont couvertes en- 
dessous, est de couleur rousse. C'est delà qu'est venu 
probablementà cette espèce, la distinction particulière 
de Frêne rouge. Ces folioles, dentées dans leur pour- 
tour, sont très-acuminées, et diminuent très-rapide- 
ment de largeur de la base au sommet. Les graines 
de cette espèce , disposées en grappes pendantes 
comme celles du Frêne blanc , sont moins longues , 
mais leur forme est exactement la même : elles sonS 
cylindriques dans le tiers inférieur , aplaties supé- 
rieurement et terminées par une petite échancrure. 

L'écorce qui couvre le tronc du Frêne rouge , 
est d'une couleur très-rembrunie , et le vrai bois ou 
le cœur est d'une teinte plus rouge que celui du 
Frêne blanc. 

On retrouve dans le bois de ce Frêne, toutes les 



11^ FRAXINUS ÏOMENTOSA. 

qualités précieuses qui fout si fort estimer celui du 
Frêne blanc; c'est du moins, ce que paroissent attes- 
ter les usages très-multipliés, auxquels il est jour- 
nellement employé dans tous les ports de mer des 
Etats du Milieu, et de ceux qui sont situés plus au 
Nord; les ouvriers qui, dans tous ces États, mettent 
enœuvreleboisde Frêne, ne m'ont paru faire aucune 
différence entre ces deux espèces : je pense néan- 
moins, que le bois de celle que je décris, est plus 
dur et par conséquent moins élastique. Le bois du 
Frêne rouge est employé par les carrossiers, pour 
la charpente, les trains, les jantes des roues de carros- 
ses et de cabriolets, et l'on en fait d'excellentes rames, 
ainsi que les boites de poulies et les chevilles pour 
amarrer les cordages à bord des vaisseaux. Enfin il est 
appliqué à tous les usages que j'ai détaillés en trai- 
tant des propriétés du Frêne blanc , et à l'article 
duquel je renvoyé sous ce rapport. Quoique le Frêne 
rouge ne parvienne pas à d'aussi grandes dimensions 
que le Frêne blanc , néanmoins il sera peut-être plus 
convenable de le propager dans les Contrées que la 
nature lui a assignées. C'est ce que l'expérience ap- 
prendra aux forestiers Américains, qui , dans tous les 
temps , devront s'efforcer de conserver et de multi- 
plier ces deux arbres d'une utilité aussi générale. 

PLAINCHE IX. 

Rameau avec les feuilles de moitié grandeur naturelle. JT/g. i , 



o 



faines de grandeur naturelle. 




E- J- Redûut^ Je7. 



T'TIAXINUS Viiidis. 



ûajrrie/ J'cu/f- 



Oy€^>^i- (- fj . 



FRAXINUS viRiDis. 

GREEN yiSII. 

Fraxinii9 jaglandîTolia , Lam. 

Fkaxinus v/ridis, foUolis septenis , dentatis , petiolatis y 
viridibus : ramuU's petioUsque glabris. 

C'est dans les parties occidentales de la Pensylva- 
nie, du Maryland et de la Virginie, que cette espèce 
m'a paru la plus multipliée , quoiqu'elle le soit beau- 
coup moins que le vrai Frêne blanc et le Frêne noir. 
M. le R^\ D^ Muhlenberg, de Lancaster,a plus par- 
ticulièrement observé le Frêne vert, dans les lies, 
situées au milieu de la rivière Susquehannah, près 
de Columbia : et je l'ai trouvé, personnellement, 
plus abondant que par-tout ailleurs, sur les bords 
des rivières Monongahela et Ohio, entre Brownville 
et Wheeling. A l'époque de mon passage dans ces 
Contrées, il étoit en fruit; et à en juger par les indi- 
vidus qui en étoient couverts? il ne doit parvenir 
qu'à une médiocre hauteur; car ces arbres n'avoient 
guères plus de 20 à 25 pieds ( 7 à 8 mètres) d'élé- 
vation, sur 4^5 pouces (^ 12 à i5 centimètres) de 
diamètre. 

On reconnoit aisément cette espèce de Frêne, à 
la belle couleur verte et luisante de ses jeunes pous- 
ses et de ses feuilles, dont la teinte diffère très-peu 
dans les deux surfaces. C'est à cause de cette similarité, 
qu'on observe assez rarement dans le feuillage des 



Il6 FRAXINUS VIRIDIS. 

arbres, que M. le I\^\ D^ Muhlenberg lui a donné 
le nom spécifique de Concolor, de même couleur, et 
c'est pour la même raison, que je l'ai désigné par 
celui de Green ash, Frêne vert; car, jusqu'à pré- 
sent, cet arbre n'a reçu des habi tans aucune déno- 
mination particulière. 

Les feuilles du Frêne vert varient en longueur , 
depuis 6 pouces f i8 centimètres) jusqu'à i5 pouces 
(^4^ centimètres), suivant la vigueur des arbres qui 
les portent^ et la fraîcheur du terrein où ils crois- 
sent : elles spnt composées de 3, 4 ^t ^ paires de 
folioles, avec une impaire: ces folioles longues de 
2 à 3 pouces (6 à g centimètres ) , sont pétiolées, ova- 
les-acuminées, et très-sensiblement dentées dans leur 
contour. Les graines de moitié moins grandes que 
celles du Frêne blanc, ont la même forme : elles sont 
arrondies dans leur tiers inférieur, et aplaties supé- 
rieurement, avec une petite échancrure à leur extré- 
mité. 

Le bois du Frêne vert doit nécessairement partici- 
per des bonnes qualités des espèces précédentes ; 
mais, comme il est d'une médiocre grosseur, et qu'il 
ne parvient qu'à une hauteur très-bornée, il n'est 
employée qu'accidentellement; d'autant plus que le 
Frêne blanc et le Frêne rouge abondent dans les 
pays où il croît. 

Le Frêne vert existe depuis long-temps en France, 
où il s*est multiplié des graines qui furent envoyées 
par mon Père, peu de temps après son arrivée dans 
les États-Unis, en lySS. Il supporte très-bien les 



FRAXINUS VIRIDIS. Un 

froids de nos hivers, et il est recherché par les Ama- 
teurs de cultures étrangères, à cause de la teinte par- 
ticulière de son feuillage, qui forme toujours un con- 
traste marqué avec celui des autres arbres près des- 
quels il se trouve placé. 

PLANCHE X. 

Rameau avec ses feuilles de moilié grandeur naturelle. Fis. i , 
graines de grandeur naturelle. 



FRAXINUS QUADRANGULATA, 

B LUE A s H. 

Fraxinus (juadrangulata , ramulatis quadrangulatis : 
foliolis ad surimium l^jugis^ suhsessilihiis , ovali-laii- 
ceolalis , argutè senatis , subtàs pubentibus ; capsulis 
utrinqub obtuses. 

Cette espèce de Frêne, entièrement étrangère à la 
partie atlantique desEtats Unis,ne se trouve que dans 
le Kentucky , le Tennessee et la partie méridionale de 
l'État de l'Ohio , situés à l'Ouest des Monts AUégha- 
nys. Elle y est connue sous le seul nom de Blue ash. 
Frêne bleu. Dans ces Contrées , la température du 
climat est très-douce en hiver, et la fertilité du soi 
est si grande , en certains endroits, quon a de la 
peine à s'en faire une idée, quand on n'a pas été 
témoin de la force (.le la végétation, et de l'abondance 
des produits de l'agriculture. Or, ces Contrées offrent 
une chose digne de remarque, c'est que cette richesse 
du terrain paroît y tenir lieu, pour les Frênes et pour 
plusieurs autres espèces d'arbres, du degré d humi- 
dité qui, dans les Etats atlantiques, paroit indispen- 
sable à leur cr> issance. Ainsi, dans le Rentucky et 
l'Ouest Tennessee, la masse des forêts qui couvrent 
des terrains secs, à surface inégale et fort éloignés 
des rivières, est composée, outre les Chênes et les 
Noyers, d'Érables rouges, d'Erables negundo , de 




£ej-j'a Jfl . 






F R A X I N U s Q U A D K A xN G U L A T A. I I 9 

Micocouliers et de plusieurs sortes de Clicnes, qui, 
à l'Est des montagnes, ne viennent que dans les lieux 
les plus aquatiques. 

Le Frêne bleu parvient à un assez grand accrois- 
sement, car il dépasse souvent 60 à 70 pieds ( 20 a 
23 mètres) d'élévation, sur 18 à 20 pouces (54 à 
60 centimètres) de diamètre. Ses feuilles longues de 
12 a 18 pouces (36 à 54 centimètres), sont compo- 
sées de 2 , 3 et 4 paires de folioles, avec une impaire. 
Ces folioles assez grandes, et portées sur de courts 
pétioles, sont lisses, ovales-acuminées et sensible- 
ment dentées. Les jeunes pousses, auxquelles les 
feuilles sont attachées, offrent, dans le Frêne bleu , 
un caractère spécifique très-particulier; il consiste à 
avoir, dans toute leur longueur, quatre membranes 
opposées les unes aux autres, qui sont de couleur 
verdàtre, et qui ont de 2 à31ignes(6à9millimètres ) 
de largeur; ces membranes disparoissent à la 3°. et 
4^. année, et ne laissent plus que les traces de leur 
existence. Les graines rassemblent beaucoup à celles 
du Fraxinus sambucifolia ; elles sont aplaties dans 
toute leur longueur , et seulement un peu plus étroi- 
tes vers leur base. 

Le bois du Frêne bleu à la solidité, réunit la force 
et l'élasticité. C'est celui des diverses espèces de Frê- 
nes qu'on trouve dans les Etats de l'Ouest , qui est 
le plus estimé et dont l'usage est le plus varié. Ainsi, 
outre l'emploi habituel qu'en font les carrossiers 
pour les jantes des roues de carrosses, de cabriolets 

III. i(3 



I20 FRAXINUS QUADRANGULATA. 

et pour le train , l'on s'en sert généralement dans la 
construction des maisons en bois, pour le plancher 
inférieur, fréquemment aussi pour les planches qui 
en forment l'enveloppe extérieure, et quelquefois 
encore pour les essentes dont ces maisons sont cou- 
vertes, quoique pour ce dernier usage , celles du 
Tulipiersoient préférables. Onm'a assuré que l'écorce 
intérieure de cette espèce deFrene donnoit une cou- 
leur bleue, mais je ne l'ai pas vue employée , et 
j'ignore quels sont les procédés qu'on suit pour l'ob- 
tenir. On dit aussi que le lait dans lequel on a fait 
bouillir ses feuilles, est un remède certain contre la 
morsure du serpent à sonnette; c'est une propriété 
sur l'efFicacité de laquelle je crois qu'on peut avoir 
des doutes, jusqu'à ce qu'elle ait été constatée par 
des médecins éclairés. 

Mon Père est le premier qui a décrit cette espèce 
de Frêne dans son Flora horeali americana ; il eu a 
envoyé en Europe, des graines qui ont très-bien 
levé , et qui ont donné naissance à de beaux indi- 
vidus. Mais, comme ils sont trop jeunes pour fructi- 
fier, on est encore obligé de les perpétuer par la 
greffe, qui réussit assez bien en fente sur le Frêne 
commun , quoique plus difficilement que celles des 
autres espèces des Etats-Unis. 

Les usages très-variés auxquels j'ai dit que le bois 
de cet arbre étoit employé dans les États de l'Ouest, 
sont un motif suffisant pour engager les Européens 
à le multiplier dans leurs forets , en attendant que 



FRAXINUS QUA DR ANfiULATA. 12 1 

l'expérience leur ait appris si son bois égale , ou 
même surpasse en bonté , le Iraxinus americana 
et le Fraxinus excelsior. 

PLANCHE Xr. 

Rameau avec les feuilles de moitié grandeur naturelle. Fis, i 
graines de grandeur naturelle. 



FRAXINUS SJMBUCIFOUA, 



BLACK A s H, 



Fraxinus sambucifolia f foliolis petiolatis ^ ovalibus y 
ratis y sessilihus , rainis punctads. 



ser- 



Parmi les diverses espèces de Frênes qui sont indi- 
gènes aux Etats du Nord, ainsi qu'aux Provinces de 
la Nouvelle-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse, 
ce qui comprend une étendue de pays foit consi- 
dérable , le Frêne blanc dont j'ai parlé , et celui 
dont je donne ici la description, sont les seules 
qui soient les plus multipliées dans les forets et 
parfaitement connues des habitans. Ils désignent 
celle-ci plus habituellement par le nom de Black ash^ 
et quelque fois aussi par celui de TVater ash^ Frêne 
aquatique. 

Le Frêne noir est un grand arbre qui s'élève de 60 
à 70 pieds (^ 20 à 23 mètres) de haut, sur environ 2 
pieds (64 centimètres) de diamètre; mais il paroît 
requérir une nature de terrein plus aquatique, et 
exposée à être plus long-temps submergée que le 
i rêne blanc qui n'est pas entièrement confiné à des 
situations aussi humides. L'Érable rouge, le Bouleau 
jaune, YAbies nigra et le Thuya occidentalis ^ sont 
les arbres auxquels cette espèce est la plus constam- 
ment réunie; et dans les Etats du Milieu , l'Erable 




Hnrsa. Jal 



Y RAXIN U S wSambuciaiha 



&airtel jvtia 



FRAXINUS SA M r> l/CIFOM A. 12.3 

rouge et le Fiéne rouge sont ceux avec lesquels elle 
se trouve de préférence. 

Dans cette espèce de Frêne, les bourgeons sont 
d'une couleur bleue très-foncée, et les jeunes pousses, 
de couleur très-verte: elles sont parsemées d'un grand 
nombre de points, de même couleur, mais qui dispa- 
roissent à mesure que l'on avance vers l'été. Les feuil- 
les, lors de leur développement au printemps, sont 
accompagnées de stipules qui tombent après quinze 
jours ou trois semaines. Lorsqu'elles ont acquis toute 
leur grandeur , elles sont longues de lo à i5 pouces 
(^ 3o à 45 centimètres J. Ces feuilles composées de 3 
à 4 paires de folioles, avecune impaire, sont sessiles, 
ovales-acuminées, et dentées très-sensiblement dans 
leur contour. Froissées, elles ont une odeur de feuil- 
les de sureau. Ces folioles , d'un vert foncé , et lisses à 
leur surface supérieure , ont leurs principales nervures 
inférieures, couvertes d'un duvet de couleur rousse. 
Les graines sont disposées en grappes de 4à 5 pouces 
( 12 a i5 centimètres] de longueur. Ces graines sont 
aplaties, et presque aussi larges à leur base qu'à leur 
sommet; en quoi elles se rapprochent de celles du 
Fraxinus q uadrang ulata. 

Le Frêne noir se distingue facilement du Frêne 
blanc, par la seule couleur de son écorce qui est plus 
terne, et surtout par ce qu'elle est fendillée moins 
profondément, et que les feuillets de l'épiderme sont 
disposés par plaques minces et assez larges. Le cœur 
ou le vrai bois est de couleur brune, et le grain en 
est assez fin. Il a plus de ténacité, et il est surtout 



124 FRAXI^XUS SA M BUCIFOLIA. 

plus élastique que le Frêne blanc , mais il est moins 
durable, lorsqu'il est exposé aux alternatives de la 
sécheresse et de l'humidité; c'est ce qui fait que le 
bois de Frêne noir est d'un usage bien moins géné- 
ral, je dirai même assez limité ; ainsi, les carrossiers 
ne l'emploient en aucune manière, et on n'en fabri- 
que ni rames, ni barres de cabestan, ni boites de 
poulies. Dans le District de Maine, sa grande élasti- 
cité le fait préférer au Frêne blanc pour les cercles à 
barriques. Ces cercles sont faits de jeunes brins de 6 , 
8 et 10 pieds ^ 2 et 3 mètres j de long, qu'on fend en 
deux. Comme ce bois est susceptible de se subdiviser 
en lanières très-minces et très-étroites , on le choisit 
préférablement pour en faire le fond des chaises de 
campagnes, et celui des tamis à grillage de bois. 

Le Frêne noir est plus sujet qu'aucune autre espèce, 
à se charger de nodosités ou loupes, qui, quelque 
fois , sont très-grosses. On les détache du corps de 
l'arbre, et on en fait des sébiles très-solides, et qui, 
lorsqu'elles ont été bien polies^ présentent des acci- 
dens très-singuliers , produits par le tortillement des 
fibres ligneuses. Je crois que ces loupes divisées en 
lames très-minces et bien polies, pourroient servir à 
embellir les plus beaux meubles d'acajou. 

En traversant le New-Hampshire et l'Etat de Ver- 
mont, où il se fabrique beaucoup de potasse, j'ai 
appris que les cendres de Frêne noir sont les plus 
riches en principes alkalins. 

Tels sont les principaux usages auxquels on emploie 
le bois de Frêne noir. Ils suffisent pour nous donner 



F R A X I N U S SA iVl B L CIF OLI A. 1 Sî'j 

une iJc'e de cruelques propriétés qui lui sont particu- 
lières, etquiineparoisseiit assez iiitéressantes,pour eu 
recoiiiniander l'introduction dans les forêts du INord 
de l'Europe. L'expérience apprendra ensuite avec 
plus de certitude, les services qu'on pourra tirer du 
bois de cet arbre, par l'usage qu'on en fera dans 
les arts. 

Obs. Il existe dans le Kentucky, une autre espèce 
de Frêne qui s'élève très-haut, et à laquelle on donne 
aussi le nom de Frêne noir; comme je ne la connois 
qu'imparfaitement, je n'ai pas cru devoir la décrire. 

PLANCHE XII. 

Feuilles moitié moins grande que nature. Fig. i , graines de 
grandeur naturelle. 



FRAXINUS PLATicJiRPA. 

THE CAROLINIAN AS H. 

Fraxinus plaùcarpa ^ foliolls petiolatis , oualibus , 
serratis: capsulis lato-lanceolatis. 

Cette espèce de Frêne, qui ofFre dans la forme de 
ses feuilles et de ses graines, des caractères spécifi- 
ques très-distincts , ne croît que dans les États méri- 
tlionaux. Elle est particulièrement fort abondante 
dans la Caroline Septentrionale, le long de la rivière 
Cap Fear, et dans la Caroline Méridionale, près de 
celles Cooper et Asheley; c'est ce qui m'a engagé à 
lui donner le nom de Carolinian ash , Frêne de 
Caroline , car jusqu'à présent, elle n'a reçu des habi- 
tans aucune dénomination particulière. 

Les bords très-marécageux des rivières, àescreeks^ 
et tous les endroits où les eauxséjournent long-temps, 
paroissentles plus propres à la croissance de ce Frêne 
qui, comparativement aux autres espèces qui se trou- 
vent dans les mêmes pays, demande des situations 
plus aquatiques. L'élévation du Frêne de Caroline 
est assez bornée , car elle excède rarement plus de 
3o pieds (lo mètres j^ et il fructifie même à la moi- 
tié de cette hauteur. Cet arbre est d'une belle végéta- 
tion; au printemps, ses feuilles et ses jeunes pousses 
sont blanchâtres et couvertes en-dessous d'un duvet 
assez épais, mais ce duvet disparoit progressivement, 
à mesure qu'on avance vers l'été, époque à laquelle 



PI i3 




M J.RfJ^u/r' Je/. 



PR AXl N r S PI atic arpa 



Galrù/ ^aiù . 



FRAXINUS PLATICARPA, 1 29 

elles en sont entièrement dépouillces.Ces feuill os sont 
rarement composées de plus de deux paires de folio- 
les, avec une impaire. Celles-ci sont péliolées, gran- 
des, presque rondes et sensiblement dentées dans 
leur pourtour. Ses fleurs, comme celles de toutes les 
espèces de Frênes, sont petites et fort peu apparen- 
tes; mais ses graines sont très-différentes; elles sont 
ovales, aplaties et beaucoup plus larges que longues; 
ce qui est constamment le contraire dans les Trénes 
que nous connoissons. 

Le Frêne de Caroline est toujours d'un assez petit 
diamètre ; c'est par cette raison qu'il n'est point 
employé. Cependant, il est à désirer que des expé- 
riences soient faites dans les États-Unis, sur les qua- 
lités comparatives des bois, alors on découvrira peut- 
être que le bois de cet arbre , comme celui de beau- 
coup d'autres, que l'on regarde aujourd'hui comme 
à-peu-près inutiles , renferment des propriétés, qui 
les feront rechercher dans les arts mécaniques. 

PLANCHE XIII. 

Rameau avec les feuilles de moitié moins grandes que nature. 
■^^8' I } graines de grandeur naturelle. 



m. ,^ 




p. J. Redouta del . 



GORDONIA LasyaatliTis, 



Gairwl j'culv. 



T- 



GORDONIA LjSY^Nriius, 

i 

TUE LOB L or L Y h A Y. 

Monœcie poljiitidiie , Linn. Faeii. des JVIalvacées , Juss. 

GoRDONiA lasyanthus , foliis glnherrimis^ suhserratis y 
nitidis , coriaceis : floribus longé pedunculatls ; cap- 
sula conoîdeâ , acuminatâ. 

Les limites que j'ai assignées avec assez de préci- 
sion pour le Pin à longues feuilles , Pinus australis^ 
et qui comprennent la partie basse et maritime des 
États méridionaux, les deux Florides et la Basse- 
Louisiane, sont les mêmes qui renferment le Gor- 
doriia lasyanthus. C'est dans les Branchs swamps, 
marais longs et étroits, qui traversent dans toutes 
sortes de directions les Vimhves, Fines harrens^ que 
cet arbre se trouve en très-grande abondance et 
toujours en plus grande proportion, que le Laurus 
caj^oliniensis ^ le Magnolia glauca et le Nyssa sjl- 
vatica.) avec lesquels il est assez constamment réuni. 
Il y a encore dans ces Pinières, de distance à autre , 
des espaces de terrein de 5o à loo arpens (25 à 5o 
hectares j , dont la superficie plus basse que les par- 
ties adjacentes sont constamment humectées parles 
eaux qui s'y rendent après les grandes pluies. Ces 
endroits sont aussi entièrement couverts de Gordo- 
nia lasyanthus '.) et on leur donne le nom de Bay 
jw«7?zyyy, marais à Gordonia, et quoique la couche 



m. ,^ 



^ * 



l32 GORDONIA. LASYANTHUS. 

de terre végétale n'ait que 3 à 4 pouces f 9 à 1*2 cen- 
timètres J de profondeur, et qu'elle repose sur un lit 
de sable quartzeux, absolument infertile , les arbres 
y poussent avec une vigueur remarquable. 

Le Gordonia las: anthiis parvient fréquemment à 
60 pieds ^20 mètres) de hauteur, sur 18 a 20 ponces 
^54 à 60 centimètres j de diamètre: jusqu'à la hau- 
teur de 25 à 3o pieds (^8 à 10 mètres), il est parfai- 
tement droit et il offre une forme pyramidale Irès- 
régnlière, qu'il doit à ses branches qui sont fort 
rapprochées du tronc; mais ensuite elles s'en écar- 
tent, et alors il ressemble aux autres arbres des forêts. 

Les feuilles du Gordonia lasyanthus ^ toujours 
vertes, longues de 5 à 6 pouces TiS à 18 centim.J, 
et disposées alternativement sur les branches, sont 
ovales-acuminées, légèrement dentées dans leur pour- 
tour, lisses et luisantes à leur face supérieure. Les 
fleurs de plus d'un pouce ^3 centimètres) de diamè- 
tre, sont de couleur blanche, et répandent une odeur 
douce et très-agréable. Llles paroissent vers le i5 
juillet^ et se succèdent les unes aux autres sur le 
même arbre, pendant l'espace de deux à trois mois. 
Acet avantage, sous le rapport de l'agrément, cet arbre 
réunit encore celui de fleurir dès qu'il a atteint de 
3 à 4 pieds ( I à 2 mètres) de hauteur. 

Aux fleurs succèdent des capsules ovales, qui se 
partagent en cmq divisions, et dontchacune contient 
de petites graines ailées et de couleur noire. Ces 
graines ne paroissent bien germer que dans les 
endroits couverts de Sphagnum , espèce de mousse 



GOP. DONIA. LA.SY\NTHUS. Ij3 

fortement iiTibibcs d'eau et où l'on trouve seulement 
des milliers de jeunes plants de cet arbre, qu'on en- 
lève presque sans résistance. 

Les Gordonia lasj an hus qui ont moins de G pou- 
ces (^i 8 centim.) de grosseur, ont leur écorce très-lisse; 
mais dans les vieux arbres elle est fort épaisse , et pré- 
sente des crevasses très-profondes. Pans les arbres qui 
ont plus de i5 pouces ^4^ ceniim. J de diamèir(.' , on 
trouve quatre cinquièmes de cœurou devrai bois, sur 
un cinquième d'aubier. Le bois est de couleur rosée , 
d'une texture fine et soyeuse ; ce qui me fait présumer 
qu'on pourroit l'employer pour lintérieur des meu- 
bles , mais on lui préfère celui du cyprès chauve. Le 
bois de ce GorJo/zzVz est d'une grande légèreté; lors- 
qu'il rst sec , il ofiVe très-peu de résistance et il pourrit 
avec la plus grande facilité , pour peu qu'il conserve 
encore de la verdeure ou de l'humidité; aussi est il 
considéré comme absolument inutile, et on ne l'em- 
ployé à aucun usage ; on ne le coupe pas même 
comme combustible. 

Si le bois du Gordoiiia lasyanthiis est inutile à 
la société, sous le rapport desarls, son écorce lui four- 
nit une ressource utile pour le tannage des cuirs. On 
s'en sert pour cet usage dans toute la partie maritime 
des Etats méridionaux et même des deux Morides. 
Car, bien que ce genre d industrie soit très -limité 
dans cette partie des Etats-Unis, comparativement 
aux Etats septentrionaux, et qu'il y ait dans ces })re- 
miers pays une grande variété de chênes, cependant 
ceux dont l'écorce est propre au tannage ^ ne sont 



l34 GORDONIÂ LaSYANTHUS. 

pas partout assez multipliés pour fournir auxbesoins 
de la consommation. C'est pourquoion mêle à l'écorce 
de cet arbre, le plus qu'on peut de celle du Quer- 
cus falcatUy dont le prix est de moitié plus élevé. 
On considère encore comme un avantage en faveur 
de cet arbre , que restant en sève fort long-temps, 
on en peut lever l'écorce pendant 3 à 4 mois. 

Je n'ai rien à ajouter à la description que je viens 
de donner du Gordonia lasjanthus. Le luxe de sa 
végétation, l'éclat de ses fleurs et la beauté de son 
feuillage^ qui se conserve toujours vert , le placent 
au rang des Magnolias ^ et il contribue avec eux à 
l'ornement des forêts de la partie méridionale des 
Etats-Unis. A ces titres , qui le recommandent aux 
amateurs de cultures étrangères , il joint l'avantage 
d'être moins sensible au froid que le Magnolia 
grandiflora ; ce qui permet de croire, qu'avec quel- 
ques soins , il supportera ceux qu'on éprouve habi- 
tuellement en hiver , aux environs de Paris et de 
Londres. Cette opinion me paroit d'autant mieux 
fondée que j'en ai vu plusieurs pieds en pleine terre , 
dans des jardins près de New-York, où Ton se con- 
lentoit de les couvrir légèrement en hiver. 

PLANCHE V\ 

Rameau avec les feuilles et la fleur de grandeur naturelle. 
Fi g. i , capsule qui contient les graines. Fi g. u , graine. 




p. J. Jledeuie' M. 



ôahre/ J-au 



GORDONIA Piil^esceiis 



GORDONIA PUBESCENS. 

T m: F RAjyK LI N lA. 

Gordon I A pubcscens y follls lanceolatis ^ subserratls , 
subpubescentibus : florlbus subsessilibus : capsula 
sphœricà. 

Cet arbre est du nombre de ceux à qui la nature 
paroit avoir assigné des limites très - bornées, car 
jusqu'à présent, cette espèce de Gordonia n'a été 
trouvée que sur les bords de la rivière Alatamaha, 
en Géorgie. Elle y fut observée pour la première 
fois, en 1770, par J^'°. Bartram, qui lui donna le 
nom de Franklinia^ en l'honneur d'un des plus 
illustres Fondateurs de l'indépendance Américaine, 
et non moins distingué par l'étendue de ses connois- 
sances, que par ses vertus patriotiques. 

Le Gordonia puhescens est un arbre beaucoup 
moins élevé que l'espèce précédemment décrite : il 
s'élève rarement à plus de 3o pieds (10 mètres j, sur 6 à 
8 pouces (^i8à 24 centimètres) de diamètre. L'écorce 
qui couvre le corps de l'arbre, offre toujours une 
surface très-unie et anguleuse ; en quoi il ressemble 
beaucoup^au tronc du Carpinus hetulus ou Aineri- 
cana. Ses feuilles, longues de 5 à 6 pouces (^ i5 à 
18 centimètres), et disposées alternativement sur 
les branches, sont oblongues, rétrécies vers leur 
base et dentées dans leur pourtour: elles tombent 
tous les ans , à fautomne. 



iJ6 GORDONIA PUBESCKIXS. 

Les fleurs du Gordonia puhescens ^ paroissent en 
Caroline^ au commeneement de juillet, et un mois 
plus tard à Philadelphie. Jilles sont très-grandes, de 
couleur blanche, d'une odeur très suave et toujours 
nombreuses: de même que dans laGordonia asyan- 
thus , ses fleurs se succèdent pendant près de trois 
mois, et cet arbre fleurit aussi dès qu'il a atteint 
3 à 4 pieds ( i mètre) de haut. Les fleurs sont rem- 
placées par des fruits ou capsules rondes et ligneu- 
ses; à l'ëpoque de la maturité, elles s'ouvrent à leur 
sommet, en cinq parties, et laissent échapper ses 
graines qui sont petites et anguleuses. 

Quoique le Goi^donia puhescens ne se trouve que 
de 2 à 3 degrés , plus au Midi que le Gordonia 
lasjanthus ^ il paroît néanmoins beaucoup moins 
sensible au froid ; car j'en ai vu plusieurs pieds dans 
le jardin de J^'\ et W. Bartram, situé à quatre milles 
de Philadelphie, qui avoient de 20 à 3o pieds (^7 à 
îo mètres) d'élévation, dont la végétation étoit 
magnifique, et qui depuis plus de 23 ans, n'avoient 
jamais été endommagés par les hivers extrêmement 
rigoureux, qui se font ressentir tous les ans dans 
cette partie de laPensylvanie. 

Le Gordonia puhescens a été depuis long-temps 
introduit en France et en Angleterre ; et quoique les 
froids aient moins d'intensité aux environs de Paris, 
qu'à Philadelphie , il y vient plus difficilement ; 
mais je crois aussi que les Amateurs de cultures exo- 
tiques, n'attachent pas à cet arbre charmant, tout 
l'intérêt qu'il mérite. C'est cependant un de ceux 



cor, DO NI A rUBKSCKNS. I 87 

q\\\ promotlonl le ])lus d ' s'acclimater ])armi nous, 
et dont les flenrs m.ïgnifiques, très-susce|)tibles d«! 
devenir doubles, contribueront le plus à embellir 
les jardins d'agrément. 

PLANCHE II. 

RnmPdu avec Us feuilles et las fleurs de grandeur naturelle. 
Fig. 1 , capsule qui contient les graines. Fig. 2 , graine. 



CORNUS 



FLORIDA, 



D OG IFO O D. 
Tëtrandrle luoiiogynie , LiNN. Fain, des Clièvrefeiiillcs , Jcss. 

CoRJN'US fiorida , foUis ovalibus , acumiiiatis , subtùs albi- 
caiitîbus; florihus sessiliter capitads ; invohicro niaxi- 
nio , foliolis apice deformi quasi obcordatîs : fructihus 
02mtis y rubris. 

Des diverses espèces de Cornouillers qui , jusqu'ici, 
ont été trouvées clans l'Amérique Septentrionale , et 
dont le nombre s'élève à huit, celle-ci est la seule 
qui arrive quelquefois à une hauteur assez grande, 
pour être mise au rang des arbres forestiers. C'est 
aussi la plus intéressante à connoitre , à cause de la 
bonté de son bois, des propriétés de son écorce, 
et de l'éclat de ses fleurs. Dans tous les Etats-Unis, 
elle est connue sous le nom de Do^ wood^ Bois de 
Chien, et quelquefois aussi dans l'État de Connec- 
titut, sous celui de Boxwood^ Bois de Buis. 

C'est dans l'État de Massachussets, entre les 4^ et 
43 degrés de latitude, qu'en se dirigeant du Nord au 
Sud, Ton commence à observer le Cornus Jlorida^ 
qui ensuite se trouve sans interruption dans tous les 
États de l'Est et de l'Ouest, ainsi que dans les deux 
Florides, j usqu'au Mississipi.Dans cette vaste étendue 
de pays, le Cornus fiorida est un des végétaux arbo- 
rescents les plus multipliés, et il l'est comparative- 
ment davantage dans le New-Jersey;,la Pensylvanie, 
le Maryland et la Virginie , partout où le sol est frais. 



FL.3. 




-r (/. J{p(i(xute de/ , 



COU\l:S llo.ida 

J^J 'fie,./. 



ûairùi/,-cu^. 



CORNUS I L O P.I D A . I ''' f) 

inégal et un peu graveleux. Car, plus au Sud, dans 
les deux Carolines, la Géorgie et les Florides, on ne 
le voit que sur le bord des marais , et non dans les 
pinières , dont le sol est trop sablonneux et trop 
aride pour qu'il puisse y végéter. Dans les cantons 
les plus fertiles de Renlucky et de FOuest-Tennes- 
sée, il ne fait pas non plus partie des arbres qui 
composent les foréis, mais on le trouve dans tous 
ceux où leterrein est pierreux et de médiocre qualité. 

Le Cornus Jlorida parvient quelquefois à 3o et 
35 pieds ( 10 à 12 mètres) de hauteur, sur g à 10 
pouces ( 27 à 3o centimètres) de diamètre; mais le 
plus communément il reste au dessous de ces dimen- 
sions : sa grosseur la plus ordinaire n'excède pas 
4 à 5 pouces (12a 1 5 centimètres ) , sur 1 8 à 20 pieds 
f6 ày mètres) d'élévation. Son tronc est résistant 
et couvert d'une écorce noirâtre, moyennement 
épaisse , et très-divisée par des gerçures qui la parta- 
gent en autant de petites portions, qui souvent pré- 
sentent de petits carrés plus ou moins réguliers. Les 
branches disposées régulièrement et comme en croix, 
sont moins nombreuses en proportion que dans les au- 
tres arbres, et on observe que les jeunes rameaux se 
relèvent et affectent une direction demi-circulaire. 

Les feuilles, longues d'environ 3 pouces [g centi- 
mètres), opposées les unes aux autres, de forme 
ovale, et légèrement glauques ou blanchâtres en-des- 
sous sont entières et offrent à leur surface supérieure 
plusieurs sillons très-marqués. Vers la fin de l'été ^ 
elles sont souvent semées de taches noires, et aux ap- 



l4o CORNUS FLORIDA. 

proches de l'hiver , elles deviennent d'un rouge terne. 

Dans les États de New- York et de New-Jersey , 
les fleurs de cet arbre sont entièrement épanouies 
du lo au i5 mai, époque à laquelle les feuilles 
commencent seulement à se développer. Ces fleurs 
qui sont petites , jaunâtres, et réunies plusieurs 
ensemble, sont entourées d'une collerette de3 à4 
pouces (9 à 12 centimètres) de large, composée de 
quatre feuilles florales de couleur blanche et qui 
quelquefois sont teintes de violet. Les fleurs , qui 
empruntent tout leur éclat de cette belle collerette 
blanche , sont toujours très-nombreuses, et font, dans 
cette saison, du Cornus Jloi^ida y alors aussi blanc 
qu'un Pommier en pleine fleur, un des plus beaux 
ornemens des forets Américaines. 

Les graines d'un rouge vif et luisant , et de forme 
ovale, sont toujours réunies au nombre de trois à 
quatre. Elles restentsurles arbres jusqu'auxpremières 
gelées, époque à laquelle elles deviennent, malgré 
leur grande amertume , la nourriture des merles , 
Turdus migratoriuSy qui arrivent alors des Contrées 
Septentrionales. 

Le bois du Cornus Jlorida est dur, compacte , 
pesant et d'une texture très-fine; ce qui fait qu'il 
est susceptible de prendre un beau poli. L'aubier 
est très-blanc et le cœur de couleur chocolat. Dans 
un échantillon très-sain qui avoit 5 pouces [ i5 cen- 
timètr. ] de diamètre , j'ai trouvé 1 8 lignes ( 54 milli- 
mètres) d'aubier, et 24 lignes (72 millimèt.) de cœur. 
Comme ce Cornouiller n'atteint le plus ordinaire- 



CORNUS 1' L O 1'. 1 D A. 1 f I 

nient qu'une grosseur médiocre, on ne peut l'em- 
ployer qu'à certains ouvrages qui ne demandent que 
des morceaux peu volumineux. x\insi, on en fait des 
manches d'outils légers, des maillets, de petites vis, 
des doubles-pieds à l'usage des charpentiers, qui, 
après avoir été teints en jaune , imitent ceux en buis 
importés d'Angleterre; dans les campagnes, quel- 
ques fermiers en font des dents de herses et des 
attelles pour les colliers de chevaux; ils s'en servent 
encore pour doubler leurs traîneaux: mais à quel- 
que usage qu'cm le destine, il demande à n'être mis 
en œuvre que lorsqu'il est parfaitement sec, car il a 
l'inconvénient d'être très -sujet à se fendre: on a 
encore trouvé que les jets des quatre à cinq dernières 
années, étoient propres à faire des cercles légers 
pour de petits barils portatifs , mais son emploi 
comme tel, est très-limité. Dans les Etats Méridio- 
naux, on se sert aussi de ce bois dans les moulins, 
pour en faire les dents d'engrenage. Entin , dans les 
campagnes, les fourches qu'on met au col des cochons, 
pour les empêcher de passer à travers les barrières 
qui enclosent les champs cultivés, sont de Cornus 
floî^ida, dont les branches présentent naturellement 
beaucoup d'écartement. Tels sont les principaux ser- 
vices que l'on tire du bois de cet arbre , qui fournit 
aussi un fort bon combustible; mais son peu de dia- 
mètre ne permet pas de le vendre , pour cet usage , 
dans les Villes. 

La seconde écorce, (le Liber^ du Corniis florida 
a une grande amertume , et c'est un remède très-utile 



l[^1 CORNUS FLORIDA. 

dans les fièvres intermittentes. Depuis plus de cin- 
quante ans, lesliabitans des campagnes en font usage, 
et très -souvent ils se guérissent de ces sortes de 
fièvres, par le moyen de ce spécifique. Cette propriété 
bien reconnue a donné lieu à une tlièse soutenue en 
i8o3, au Collège de Médecine de Philadelphie. On 
y rend compte de l'analyse chimique des écorces du 
Cornus Jlorida et du Cornus sericea^ comparées à 
celles du Cinchona officinalis. Il résulte des expé- 
riences faites à cette occasion, que l'écorce du Cor- 
nus jlorida^ a beaucoup d'analogie avec le Rinkina, 
et peut, dans bien des cas, le remplacer avec succès. 
L'Auteur de cette excellente dissertation, cite un 
Médecin de la Pensylvanie, qui l'emploie constam- 
ment depuis 20 ans, et qui estime que 35 grains de 
cette écorce réduite en poudre, correspondoient à 3o 
grains de Rinkina. Il ne lui trouve que le seul défaut- 
d'occasionner parfois des tranchées, lorsqu'on l'em- 
ploie la première année qu'elle a été recueillie; mais 
il remédie à cet inconvénient , en y joignant 5 grains 
de Serpentaire de Virginie, Aristolochia serpentaria. 

L'Auteur de la même dissertation donne la recette 
suivante, d'une encre qu'il dit être fort bonne et dans 
la composition de laquelle il substitue cette écorce 
à celle de la noix de galle; prenez écorce de Cornus 
^orfJ«, une demi- once ; sulphate de fer, i gros; 
gomme arabique, 2 scrupules; eau de pluie, 1 6 onces: 
laissez infuser et remuez à différentes reprises. 

Il seroit aussi bien à désirer que quelques Méde- 
cins éclairés des États du Midi, se chargeassent 



CORNUS F T. O R I D A . I ^| 3 

aussi d'examiner les propriétés médicales de l'écorce 
du Pinckneja pubens , comparée à celle du Cin- 
chona ojflcinalis , d'indiquer le mode de l'em- 
ployer, et d'assigner avec certitude les bons effets 
qu'on peut attendre de ce médicament indigène, 
fourni par un arbre qui a tant d'analogie, par ses 
caractères botaniques, avec ce dernier, que quel- 
ques Botanistes ont pensé qu'il ne devoit pas former 
un genre séparé. 

Il résulte de cet article que le Cornus Jlorida est 
un arbre ou grand arbrisseau qui, à cause des excel- 
lentes qualités de son bois, mérite de fixer l'attention 
des Forestiers Européens , et que surtout il est un 
de ceux de l'Amérique Septentrionale, qui est le plus 
fait, par l'éclat de ses fleurs, pour contribuer à l'em- 
bellissement des forets, des parcs et jardins d'une 
grande étendue. 

PLANCHE III. 

Rameau avec des feuilles et des fleurs de grandeur naturelle. 
Fig. I , rameau avec ses fruits de grosseur naturelle. 



RHODODENDRON maximum. 

DWARF ROSE BAY. 
Décandrîe monogynie , LijNN. Fam. des Rosages, Jnss. 

Rhododendron maximum; arborescens ; foliis suhcu- 
neatb-oblongis , abrupte acuminatis , crassis , coriaceis , 
glabris : calycis laciniis ovalibus , obbusls ,* corolld 
subcampaniilatà. 

Quoique le plus communément on ne trouve le 
Rhododendron maximum que sous la foime d'ar- 
brisseau et d'une élévation moindre de 8 à lo pieds 
( 2 à 3 mètres ) , il arrive cependant quelquefois qu'il 
parvient à 20 et iS pieds (^7 et 8 mètres j de hauteur, 
sur 4 à 5 pouces (^ 12 à i5 centimètres) de diamètre. 
Ce motif, joint à ce qu'il est très-multiplié dans une 
grande partie des États-Unis, et que ses fleurs sont 
d'unebeauté remarquable, m'a déterminé à en donner 
la description. 

L'Ile longue, située près de New-York et le bords 
de la rivière Hudson au-dessous des Higlilands, 
peuvent être considérés pour lui et pour le Kalmia 
latifolia que je décrirai ci-après, comme très-rap- 
prochés des limites au-delà desquelles, vers le INord, 
on ne l'observe plus dans les forêts. Le Rhododen- 
dron maximum est au contraire fort abondant dans 
tous les États du Milieu et dans la partie supérieure 
de ceux du Sud, notamment dans la région monta- 
sjneuse qui les traverse. C'est sur les bords immédiats 



PI. 4'- 




-Ôaapj" del. 



G^rùi Jc. 



miODODENDKON maxinuuu . 



'f 



RHODODENDRON MAXIMUM. l/iTi 

des Crceks et des Kivières , qu'on le rencontre pres- 
que exclusivement. On remarque que plus on appro- 
che des montagnes, plus il devient abondant; enfin, 
lorsqu'on arrive au milieu des difï'érens chaînons, 
de ceux surtout qui traversent la Virginie et l<;s 
Hautes-Car lines, on trouve cet arbrisseau telle- 
ment multiplie le long des torrens, qu'il forme sur 
leurs bords des lisières épaisses etdes taillis impéné- 
trables, où les ours trouvent une retraite assurée 
contre les chasseurs et les chiens qui n'osent les 
poursuivre, lorsqu'ils y sont entrés. 

Le voisinage immédiat des eaux froides et limpi- 
des qui circulent au milieu des rochers, une atmos- 
phère surchargée d humidité, une exposition obscure 
et ombragée, paroissent donc être les situations les 
plus favorables à la végétation de ces grands arbris- 
seaux. Ces deux dernières conditions semblent, sur- 
tout en Amérique, lui être nécessaires; car, dans le 
Bas-Jersey, on voit encore de forts beaux pieds de 
Rhododendron maximum dans les marais sombres 
et bourbeux, couverts de Cupressus thyoïdes^ et dont 
la surface est tapissée de mousse, toujours très-imbi- 
bée d'eau. 

Les feuilles du Rhododendron m^aximum^ lors- 
qu'elles commencent à se développer, sont de cou- 
leur rosée, et garnies d'un duvet de couleur rousse; 
mais lorsqu'elles sont parvenues à leur entier déve- 
loppement, elles sont lisses, longues de 5 à 6 pouces 
(i5 à i8 centimètres), de forme ovale-alongée , 
d'une texture épaisse et coriace ; elles se conservent 



l46 RHODODENDRON MAXIMUM. 

toujours vertes, et ne se renouvellent partiellement 
que tous les trois ou quatre ans. 

Les fleurs , ordinairement de couleur rose et ponc- 
tuées de jaune à l'intérieur , quelquefois entière^ 
ment blanches, sont assez grandes et toujours réunies 
plusieurs ensemble aux extrémités des rameaux ; elles 
forment de très-beaux bouquets , qui ont d'autant 
plus d'éclat, qu'ils se trouvent mêlés parmi un riche 
feuillage. Les graines d'une finesse extrême, sont con- 
tenues dans des capsules qui s'ouvrent en automne, 
pour les laisser échapper. 

Le bois du Rhododendron est dur , compacte 

et le grain en est très-fin : cependant il possède ces 

propriétés dans un degré inférieur au Kalmia lati- 

folia^ ce qui fait qu'il n'est employé à aucun usage 

que je sache. 

On possède depuis long-temps en Europe, le 
Rhododendron maximum ; mais comme il a besoin de 
plus de fraîcheur et d'ombrage que le Rhododen- 
dron ponticum^ il est moins multiplié, parce qu'il 
demande plus de soin pour sa conservation. Les 
Rhododendron maximum à fleurs parfaitement blan- 
ches, ne sont que des variétés de l'espèce que je viens 
de décrire. 

PLANCHE IV. 

Rameau avec les feuilles et les Jleurs de grandeur naturelle > 
Fig. i ; capsule qui contient les graines. Fig. i , graines. 



n.5. 




KA-LMIA Latifolia. 



KALMIA LATIFOUA. 

MO U N TAl N LA UR E L. 
Dëcandrie monogynie. Famille des Rosages , Jcs». 

Kalmia arborescens ) foliis petiolatis , ovallbus , coriaceis^ 
glabiis ; corjmbosi's terminallbus , viscidb-puberulls. 

A ne considérer que la hauteur à laquelle s'élève 
le Kalmia latifoHa , il sembleroit , de même que l'es- 
pèce précédente, devoir être exclu de la série des 
grands végétaux , que je m'applique h mieux faire 
connoitre que les Auteurs qui en ont parlé avant 
moi ; car celui-ci ne forme véritablement qu'un grand 
arbrisseau ; mais l'emploi qu'on commence à faire 
de son bois, m'a paru un motif suffisant pour que 
j'en donne la description. Cet arbrisseau est assez 
indifféremment désigné par les noms de Mountain 
laurel^ Laurier de montagne; Laurel, Laurier; Ivy 
Lierre, et de Callico tree. La première de ces déno- 
minations m'a semblé préférable , et je l'ai adoptée. 

L'Ile longue, près de Nev^-York, et les environs 
de Poughepsie, située sur la rivière du Nord , entre 
les 42 et 43 degrés de latitude, peuvent être consi- 
dérés comme très-rapprochés du point le plus Sep- 
tentrional, où commence à se montrer le Kalmia 
latifoUa. En effet, je ne l'ai point vu sur les rives du 
lac Champlain, non plus que sur les bords de la 
rivière des Mohawks, oii il y a beaucoup de situa- 

m. 19 



l48 KALMIA. LÀTIFOLIA. 

lions qui seroient très-propres à le produire , si , 
probablement, la rigueur du climat en hiver ne s'y 
opposoit. Cet arbrisseau est au contraire très-com- 
mun dans le New- Jersey: la colline de Weehock, 
qui est presque vis-à-vis de la ville de New-York, en 
est en grande partie couverte. Il croit également aux 
porles de Philadelphie, près de laSchuylkill; enfin, 
en se dirigeant vers le Sud-Ouest, on le retrouve sur 
les bords escarpés de toutes les rivières qui pren- 
nent leur source dans les montagnes; mais on remar- 
c[ue aussi qu'à l'Est de ces montagnes, il devient 
moins abondant à mesure que les rivières s'éloignent 
de leur source et se rapprochent de leur embou- 
chure dans la mer , et qu'à l'Ouest de ces montagnes 
son abondance diminue pareillement à mesure que 
les rivières s'éloignent de leur source, et se rappro- 
chent de leur embouchure dans l'Ohio et le Mississipi; 
car ce végétal est peu commun dans la partie occiden- 
tale du Kentucky et dans l'Ouest-Tennessée. Dans les 
Etats méridionaux , le Kalmia latifolia cesse aussi 
entièrement de se montrer , dès que les rivières ont 
gagné le bas pays, où commencent les Pinières. 

Quoique \q Kalmia latijolia soit lort abondant sur 
les bords élevés des rivières des Etats du Centre et 
du Sud. cependant il l'est moins en proportion que 
sur les montagnes elles-mêmes, depuis la Pensylva- 
nie , jusqu'à leur terminaison en Géorgie, où très- 
fréquemment il couvre exclusivement des espaces de 
plusieurs arpents. Mais, nulle part, il ne m'a paru 
qu'il ëtoit plus multiplié, qu'il parvenoit à une plus 



KALMIA LATIFOLIA. l \() 



grande hauteur et qu'il dévelo])|)oit un plus grand 
luxe de végétation , que sur les hautes montagnes de 
la Caroline du Nor;!, qui sont elles-mêmes les plus 
élevées de la chaîne des AUéghanys. Souvent le Kal- 
niia lalifolia y occupe à lui seul des espaces de plus 
de looarpenspohect.j et forme sur le tiers supérieur 
de ces montagnes, des taillis hauts de i8 à 20 pieds 
(6 à 7 mètres j, dont raccèsesttrès-difTicile, parce que 
cesgrandsarbrisscauXjdontle tronc toujours tortueux, 
est très-résistant , se croisent et s'enchevêtrent les 
uns dans les autres: et comme ils s'élèvent à la même 
hauteur et que leur sommet est garni d'un feuillage 
touffu et toujours vert, les espaces qu'ils occupent 
çà et là au milieu des forets, présentent dans l'éloi- 
gnement plutôt l'aspect d'une prairie, entourée de 
grands arbres que celui d'un bois àelialmialatifolia. 
Les feuilles de Kalmia latifolia , d'une texture 
coriace, de forme ovale-acuminée , sont longues 
d'environ 3 pouces ( 9 centim. ) , entières et tou- 
jours vertes. Les fleurs disposées en corymbes ou 
bouquets, à l'extrémité des rameaux, sont d'une 
belle couleur rose, et quelquefois toutes blanches; 
mais elles n'ont point d'odeur. Comme elles sont 
toujours très-nombreuses, elles produisent un eflet 
magnifique, et leur éclat est d'autant plus brillant 
quelles sont accompagnées d'un riche feuillage. 
Aussi cette espèce est-elle la plus appréciée pour 
l'embellissement des jardins. Les graines contenues 
dans de petites capsules globuleuses, sont très-tiues 
et leur maturité a lieu au mois de novembre. 



l5o K.ALMIA LATIFOLIA. 

Sur la pente des hautes montagnes de la Caro- 
line du Nord, où j'ai observé les plus grands Kal- 
inia^ leur troncaassezgënëralementS pouces (9 cen- 
timètres) de diamètre; le bois, surtout celui des ra- 
cines, est compacte, d'une texture très-fine et mêlé de 
petites lignes rouges. Lorsqu'il est bien sec, il est très- 
dur, ce qui fait qu'il se tourne bien et qu'il prend un 
beau poli.On l'employé, àPhiladelphie,pour faire des 
manches cVoutils légers, de petites vis , de petites boî- 
tes, etc. On m'a dit aussi qu'on en faisoitcle bonnes 
clarinettes. Je pense même que par la suite , il sera 
plusemployé qu'il ne 1 est actuellement j car c'est l'ar- 
brisseau des Etats-Unis, dont le bois approche le 
plus du Buis, et qui me paroît le plus propre aux 
mêmes usages. On m'a assuré que les feuilles du 
Kalmla latifolia étoient un véritable poison pour 
les moutons qui en mangent. Elles agissent, dit-on, 
comme narcotique. 

Ije Kalmia lati/olia cL été introduit depuis long- 
temps en Europe, où l'on s'applique à le multiplier 
à cause de la beauté de ses fleurs et de son feuillage; 
mais ce n'est qu'après bien des années que, de ses 
graines, on obtient des pieds en état de fleurir. Une 
terre douce, meuble et fraîche, une exposition décou- 
verte et au Nord, me paroissent les plus convena- 
bles à sa végétation. 

PLANCHE V. 

Rameau avec les feuilles et les fleurs de grandeur naturelle. 
Fîg. I , capsules qui contiennent les graines. Fig. 2 , graines. 



fl.Ô. 




^ej'j'a de/. 



C E RAS U S Virgnmaua . 



ûa^ù^ o'ca^ . 



GERAS us riRGiNiANA. 

'£HE WILB CHERRY. 
Icosandrie monogynie , Linn. Fam. des Rosacées , Jcss. 

Cerasus uirginiaiin ; foliis decidiiis , oi^all - obloniçis , 
acuminatis , serratis , nilidis ; racemis terminalihus , 
eïongatis ;fruclibus glohosi's , nigiis. 

Le Cerisier de Virginie est un des plus grands 
arbres des forets des Etats-Unis. Le bois en est bon, 
beau et fort utilement employé dans les arts. Dans 
les Etats atlantiques, comme dans ceux de l'Ouest, 
où il est connu sous le seul nom de FFild cherry , 
Cerisier sauvage, on le trouve plus ou moins abon- 
damment, suivant que la température du climat , et 
la nature du sol sont favorables à sa végétation; car 
les froids trop rigoureux, les chaleurs trop fortes et 
les terreins trop secs et trop aquatiques, sont con- 
traires à sa croissance. Ainsi, dans le District de 
Maine, où les froids sont aussi rigoureux que pro- 
longés pendant l'hiver, il ne s'élève guères au-dessus 
de 3o à /jO pieds (loà i3 mètres J, sur 8 à 12 pou- 
ces (24 à 36 centimètres j de diamètre. Dans la par- 
tie méridionale et maritime des deux Carolines et 
de la Géorgie, où les chaleurs sont trop fortes en été 
et dont le terrein est généralement trop sablonneux 
et trop aride, on ne le voit que très-rarement. Enfin 
sur les bords des rivières , dont le sol est trop aqua- 



13 2 C E R A S U S V 1 R G I N I A N A. 

tique, il ne parvient pas à de Tories dimensions. 
Dans la partie haute de ces derniers Etats, dont le 
climat est fort tempéré , le sol plus fertile , il est assez 
commun, quoiqu'il le soit moins que dans la Virgi- 
nie et la Pensylvanie. Mais, nulle part dans l'Amé- 
rique Septentrionale, il n'est plus multiplié et il 
n'acquiert un plus grand développement, qu'au-delà 
des montagnes, dans les Etats de l'Oliio, du Ken- 
tucky et du Tennessee : Il abonde également dans 
tout le pays des Illinois, ainsi que dans le Gennes- 
sée et le Haut-Canada. Dans toutes ces Contrées^ 
dont le sol est très-fertile, le Cerasus Virginianay 
réuni au Quercus macrocarpa ^ ^u. Ju^lans nigra^ 
an Gleditsia triacanthos , à VUlnius riihra , au 
Gjmnocladus canadensis , etc. , concourt à for- 
mer la masse des forets qui les couvrent. On le 
voit aussi dans tous les vallons , au milieu des- 
quels circulent les rivières de l'Ouest, et dont le sol 
est encore plus frais, plus meuble et plus profond. 
Dans ces endroits, son accroissement est bien plus 
considérable. Sur les bords de l'Oliio, j'ai mesuré 
])lusieurs de ces Cerisiers, quiavoient de 12a 16 pieds 
[4^5 mètres J de circonférence, et de 80 à 100 pieds 
r 27 à 33 mètres) d'élévation. Leur tronc étoit d'une 
grosseur uniforme et sans branches, jusqu'à la hau- 
teur de 26 à 3o pieds ^8 à 10 mètres). 

-Les feuilles de cet arbre, longues de 5 à 6 pouces 
TiS à 18 centimètres j, sont ovales, très-pointues et 
dentées dans tout leur pourtour; elles sont d'un beau 
vert luisant et munies à leur base de deux petites 



CE RAS us Vin G INI AN A. I '>3 

glandes rougeâtrcs On remarque autour des endroits 
habités, que ses feuilles sont les plus sujettes à être 
attaquées par les chenilles. 

Les fleurs, de couleur blanche, sont disposées en 
épis, longs de 6 à 8 pouces [ i8 à 24 centimètres J, 
et à l'époque do la Poraisoii elles produisent un eilet 
charmant. Les fruits, de la grosseur d'un pois, dispo- 
sés pareillement en épis ou en grappes, ont une cou- 
leur presque noire , lorsqu'ils sont à maturité : ils 
deviennent bientôt alors, malgré leur amertume , la 
nourriture des oiseaux. Ces fruits sont apportés 
aux marchés de New-York et de Philadelphie, où on 
les achète pour en faire une liqueur spiritueuse, 
dans laquelle on met une certaine quantité de 
sucre ou de cassonade. 

L'écorce du Cerisier de Virginie , diffère assez de 
celle des autres arbres, pour le faire reconnoitre au 
premier aspect, toutes les fois que sa haute élévation 
ne permet pas d'en distinguer le feuillage- cette 
écorce qui présente dans son ensemble une surface 
fort égale, est noirâtre et raboteuse; elle se détache 
demi-circuiairement, en petites lames dures et épais- 
ses, qui restent long-temps adhérentes au corps de 
l'arbre , avant de se renouveler. 

Le bois ou le cc^ur de ce Cerisier est de couleur 
rouge clair, teinte, qui, à la longue, prend plus d'in- 
tensité. Le grain en est fin , serré et très-compacte ; 
ce qui le rend susceptible de recevoir un très-beau 
poli. Il a encore l'avantage, lorsqu'il est bien sec, 
de ne pas se tourmenter. Ces excellentes qualités le 



l54 CERASUS VIRGINIANA. 

font employer dans toutes les petites villes des États 
du Centre et de l'Ouest, pour la fabrique des meu- 
bles de toutes espèces, qui, lorsqu'ils sont faits de 
morceaux choisis et les plus rapprochés des bifur- 
cations, sont veinés très-agréablement ; alors ces 
meubles rivalisent de beauté avec ceux d'Acajou. 
Car assez généralement on préfère les meubles en 
Cerisier à ceux du Noyer noir, dont la couleur déjà 
très-brune, devient presque noire, avec le temps. 
Pour ce seul usage , le Cerisier de Virginie est cer- 
tainement d'une utilité réelle pour toutes les parties 
des Etats-Unis, éloignées des ports de mer, où l'on 
n'est pas à portée de se procurer de l'Acajou; car 
parmi les nombreuses espèces d'arbres qu'on trouve 
dans Tx^mérique Septentrionale, à l'Est du Mississipi, 
il n'en est aucune qui puisse remplacer aussi bien 
l'Acajou que le Cerisier de Virginie. C'est au moins 
ce que l'expérience prouve par l'emploi très-borné 
qu'on fait de leur bois pour cet objet. 

Sur les bords de l'Ohio, à Pittsburgh, à Marietta 
et à Louisville, on fait aussi entrer le Cerasus Vir- 
piniana ^ dans la construction des vaisseaux. On dit 
qu'aux Illinois , les Français s'en servent pour des 
jantes de roues. 

On trouve à New-York, à Philadelphie et à Balti- 
more, chez les marchands de bois , du Cerisier de 
Virginie, débité en planches de différentes épais- 
seurs, propres à faire des meubles, des montans de 
bois de lit et d'autres ouvrages analogues. Ces plan- 
ches, planks y d'environ 3 j^ouces ( 9 centimètres) 



CEflASUS VIRGINIANA. I.JJ 

d'épaisseur, s'y vendent à raison de 20 centimes le 
pied , et moins de la moitié de ce prix à Pittshaii,']) , 
ainsi que dansleGennessée. DuKentucky, on envoie 
des planches de Cerisier de Virginie, a la jNouvelle- 
Orléans, oii on en fait aussi des meubles. 

De tout ce que nous venons de dire , il résulte 
que le Cerisier de Virginie est un arbre dont les 
dimensions sont considérables, dont le bois est d'une 
excellente qualité, et dont la brillante végétation 
rend l'aspect très-agréable. C'est donc , sous' tous les 
rapports, un des arbres de l'Amérique Septentrionale 
qui mérite de trouver place dans les forets de la 
France, et surtout dans celles qui sont situées dans 
les Départemens du Nord, dans les Départemens 
réunis et le long du Rhin, pays qui me semblent plus 
analogues à ceux dans lesquels on le vo!t dans les 
Etats-Unis. Recommander la propagation de cet 
arbre aux forestiers Européens , c'est engager les 
Américains à le conserver avec soin et à favoriser sa 
reproduction sur les terres qu ils se proposent de 
conserver en bois. Ils devront donc d'abord y laisser 
subsister quelques-uns des vieux pieds qui s'y trou- 
veront naturellement, pour fournir par leurs graines 
à leur reproduction , et ensuite accélérer la crois- 
sance des jeunes, en détruisant les autres espèces d'ar- 
bres quipourroientla retarder. 

PLANCHE VI. 

Deux l'amcaux , Vun avec des /leurs , l'auire ai^ec des fruits 
à maturité. 

m. 20 



CE RAS us CAROLINIANA. 

WILD ORANGE. 

Cerasus cariolinîana : foUis perennantihus , breviter pe- 
tiolatis , lanceolatb-oblongls , mucronatis , , Iceuigatis , 
suhcoriaceis , integris ; racemis axïllarihus , brevibus ; 
fructu subgîoboso , acuto , sub-exsuco. 

0ns. Arborjormosa f fastigiata , rarfiis striclis ; fructihus hieme 
persistantibiis. 

Cette belle espèce de Cerisier existe aux Iles de 
Bahama, où elle a été observée par mon Père, et 
plus anciennement par Catesby. Sur le Continent 
de l'Amérique Septentrionale, elle paroît confinée 
aux Iles qui sont sur la Cote des Deux-Carolines, de 
la Géorgie et des Deux-Florides. Car^ sur la Terre- 
Ferme, à l'exception des bords des Lagoons, il est 
bien rare de la trouver naturellement, même à une 
distance de 8 à lo milles ( i5 kilomètres) dans l'inté- 
rieur des terres, attendu que, à cette petite distance, 
la température est de 5 à 6 degrés plus froids en hiver, 
et les chaleurs moindres en été dans la même propor- 
tion. Cet arbre connu sous le nom de FFild orange, 
Oranger sauvage , parvient à plus de 4^ pieds 
f i3 mètres ) de haut, sur lo à i5 pouces f3o à 45» 
cenlim.j de diamètre. Ses feuilles toujours vertes, 
longuesd'environ 3 pouces [g centim.j, sont de forme 
ovale-acuminée, lisses etluisantes à leur surface supé- 




Sf,^.''a ,M. 



CE R A S U S C «roKmana 



OuÉT'ie/ ,rc^d^. 



if/i<U' . 



CE R ASUS CAR OLINIA NA. Ij" 

ricure. Les fleurs de couleur blaiiclic, sont disj)Osees 
en petites grappes, longues d'un pouce à un pouce et 
demi, et prennent naissance dans les aisselles des 
feuilles. Les fruits qui leur succèdent sont petits , 
ovales et presque noirs , à lépoque de leur matu- 
rité : ils contiennent un noyau assez tendre, qui est 
entouré d'une substance pulpeuse, de couleur verte, 
mais très-peu abondante , et qui n'est point bonne à 
manger. Ces fruits subsistent sur les branches, une 
grande partie de l'année suivante, ce qui fait que le 
même arbre est au printemps chargé de fruits et de 
fleurs, celles-ci sont toujours nombreuses et mêlées 
parmi le plus riche feuillage. Cet arbre peut-être placé 
au rang des plus belles productions végétales de cette 
partie des États-Unis; aussi les habitans se plaisent- 
ils à le planter autour de leurs maisons, avec d'autant 
plus de raison qu'il pousse rapidement, et que son 
feuillage épais garantit très-bien des rayons du soleil. 

J'ai remarqué que, de tous les arbres qui croissent 
spontanément dans les Carolines et la Géorgie, le 
Cerasus caroliniana est celui dont les fleurs sont, au 
printemps, les plus visitées par les abeilles. 

Le tronc de ce Cerisier se ramifie assez prompte- 
ment, et sa cime très-touffue, embrasse beaucoup 
d'espace; la cause en est peut-être que cet arbre croit 
isolément et dans des lieux découverts, et qu'il n'est 
pas, comme les autres arbres des forêts, resserré de 
manière à s'élever plus perpendiculairement , afin 
chercher la lumière. L'écorce qui couvre le tronc est 
d'une teinte très-obscure et rarement crevassée. 



l58 CERASUS CAROLINIANA. 

Le cœur du bois est de couleur rose et le graio en 
est très-fin: mais, comme c'est un arbre très-peu 
multiplié, je ne sache pas qu'on fasse usage de son 
bois, d'autantplus qu'on se procure avec facilité celui 
d'autres espèces qui sont plus communes, et dont 
la qualité est tout aussi belle pour en faire des 
meubles, etc. 

J'ai observé que l'écorce des racines du Cerasus 
Caroliniana a une odeur très-forte de noyaux de 
cerises ordinaires, ce qui me fait présumer qu'on 
pourroit en faire une liqueur spiritueuse de table, 
chargée de ce principe odorant. 

Tout le mérite de cet arbre consiste donc jusqu'à 
présent dans sa brillante végétation , qui , à l'époque 
de sa floraison, en fait un des plus beaux arbres que 
j'aie vus dans le Midi des Etats-Unis; sensible aux 
froids qu'on éprouve en hiver, sous la latitude de 
Paris , il ne viendra bien en pleine terre , que dans 
le Midi de la France et en Italie. 

PLANCHE VIL 

Rameau ay^ec des feuilles et des fleurs de grandeur naturelle. 
Sur le même rameau des fruits^ de l'année précédente. 



Fi S 




ff. J . RedûiUe de/ . 



CERASUS Borealis 



Gairiel j-cXiq,'. 



CERASUS VORE^LIS. 
RED CHERRY. 

Cerasus horealis , foUis oçaJloblongis , acummati.^ , 
ineinhranaceis , glahrls : Jloribus suhcorymhosis : fruc- 
tlhus ruhris. 

Cette espèce de Cerisier n'est assez commun eque 
dans les Etats les plus Septentrionaux, ainsi que dans 
le Canada, les Provinces de la Nonvelle-Brunswick 
et de la Nouvelle-Ecosse. On la rencontre rarement 
dans le New-Jersey et la Pensylvanie^elle est entiè- 
rement étrangère aux Etats Méridionaux. Dans le 
District de Maine et l'Etat de Vermont, oii je l'ai 
principalement observé , cet arbre est désigné par 
les noms de Small Cherry ^ petit Cerisier, et de Red 
Cherry^ Cerisier rouge; cette dernière dénomi- 
nation m'a paru préférable et je l'ai adoptée. 

Cette espèce de Cerisier n'est un arbre que de la 
troisième grandeur, car il ne s'élève guère au-dessus 
de 25à3o pieds (8 à lo mètres) , sur 5, 6 et 8 pouces 
(i5, i8 et 24 centimètres) de diamètre, souvent 
même il reste au-dessous de ces dimensions. Ses feuil- 
les longues de 5 à 6 pouces (^ i5 à 18 centimètres ) , 
sont ovales, très-acuminées et dentées dans leur pour- 
tour. Les fleurs disposées en petits bouquets , sont de 
couleur blanche , et donnent naissance à de petits 
fruits ronds, de couleur rouge, et très-acides; ils sont 
à maturité dans le courant de juillet. 



l60 GERA sus BOREALIS. 

Le tronc du Cerasus horealis est couvert d'une 
ëcorce unie et de couleur brune, qui se détache laté- 
ralement. Ce bois a le grain fin , et la couleur en est 
rougeâtre ; mais le très-petit diamètre auquel il par- 
vient , ne permet pas de l'employer dans les arts méca- 
niques. Ses fruits qui excèdent peu la grosseur d'un 
pois, sont trop aigres pour être mangés , et ils sont 
d'ailleurs très-peu abondans, même sur les plus gros 
pieds. 

Ce Cerisier offre cela de remarquable, quil se 
reproduit spontanément dans tous les endroits qui 
ont été anciennement cultivés, et même dans les 
parties des forets qui ont été brûlées, ainsi que dans 
les endroits oii des Voyageurs ont fait momentané- 
ment du feu. Sous ce rapport, il ressemble au Bouleau 
à canot, qui offre la même particularité. 

De tous les Cerisiers sauvages de l'Amérique Sep- 
tentrionale, le Cerasus horealis est celui qui a le 
plus d'analogie , avec le Cerisier cultivé en Europe , 
et par conséquent, c'est celui qui doit être le plus 
propre à greffer; car quelques personnes ont éprouvé 
que la greffe du Cerisier d'Europe réussit très-diffi- 
cilement sur le Cerisier de Virginie. 

PLANCHE VIII. 

Rameau avec des fruits de grosseur naturelle. Fig. i , petit 
bouquet de fleurs. 




Bej'j-a <M , 



ANNONA Tri loba. 



Gaine/ ,rcu^. 



ANNONA TRILOBA. 

TU E PA PA W. 

Polyandrie poly g! nie , Linn. Fam. des Ânones , Jc$«. 

Oi'chidocarpum arietinum , A. Micu. Fi. b. Âm. 

Annona trïloba, follis glabriùsculis y ohlongè cuneato- 
obovalihus : petalis extenorlhus orhiculatis : fructiùus 
maximis , crassiùs carnosis, 

QvoiqjjeV annona triloha ne se présente le plus 
souvent que sous la forme d'un arbrisseau , il par- 
vient cependant quelquefois à une élévation assez 
grande pour qu'on puisse le ranger parmi les arbres 
de la troisième grandeur. Ce motif, joint à l'intérêt 
qu'il semble comporter sous un autre rapport, m'a 
engagé à en donner la description. Les Français de 
la Haute-Louisiane et ceux du Canada , lui donnent 
le nom ^ Assiminier ^ et les Américains celui de 
Papaw. Vers le Nord, je n'ai pas observé cet arbre 
au-delà delà rivière Schuylkiîl, etil paroit aussi étran- 
ger à toute la partie basse et maritime des États Méri- 
dionaux, ou du moins il y est extrêmement rare ; on 
le rencontre , au contraire, assez communément, dans 
les bas-fonds qui accompagnent les rivières qui tra- 
versent les ïitatsdu Centre: mais c'est surtout dans les 
riches vallons ^ au milieu desquels circulent celles 
des États de l'Ouest, que cet arbre est le plus abon- 
dant; il y forme de distance à autre, des taillis épais 



102 AKNONA TRILOBA. 

qui coiiwent exclusivement plusieurs arpens. Dans 
le Kentiicky et l'Ouest Tennessee , on le voit encore 
quelquefois au milieu des forets, où le sol est de la plus 
grande fertilité, dont sa présence est toujours un signe 
certain. Dans ces ïoièis ^X Annona triloha acquiert 
jusqu'à 3o pieds (lo mètres j de hauteur, sur 6 à 8 
pouces (^ i8 à 24 centimètres j de diamètre; mais, en 
général, il reste au-dessous de la moitié de cette 
hauteur. 

Les feuilles, disposées alternativement sur les 
branches, longues de 5 à 6 pouces ( i5à 18 centim.), 
portées sur de courts pétioles, ont une forme alon- 
gée,etvonten s'élargissant, de la base au sommet; 
leur texture est fine , et elles sont lisses et luisantes 
à leur surface supérieure. Les fleurs attachées sur de 
courts pédoncules et pendantes , sont de couleur 
pourpre obscur. 

Les fruits ,à l'époque de leur maturité , qui a lieu 
vers le premier août^ ont environ 3 pouces (^ i5 cen- 
timètres j de longueur, sur une grosseur moindre 
de moitié ; ils sont d'une forme ovale irrégulière 
et comme gibbeux. Ces fruits sont alors jaunâtres , 
et la substance dont ils sont formés, est molle et 
d'une saveur fade ; ils contiennent plusieurs gros 
noyaux triangulaires. On ne les apporte pas aux mar- 
chés, les enfansseulementvont à leur recherche dans 
les bois. A Pittsburgh , quelques personnes ont tenté 
avec succès d'en faire une liqueur spiritueuse; mais 
quoique cet essai ait réussi, on ne peut que très- 
foiblement compter sur les avantages qu'il y auroit 



ANNONA TRILOBA. l63 

à cultiver ce grand arbrisseau dans cette seule vue. 

Le tronc de cet arbre est couvert d'une écorce 
d'un gris blanc, dont la suiiace est unie et même 
luisante. Le bois en est S])ongieux, très-tendre et 
sans aucune force, en sorte qu'il n'est susceptible 
d'aucun usage dans les arts mécaniques. J'ai aussi 
remarqué que le tissu cellulaire de 1 écorce, et sur- 
tout les racines, exhalent en été, une odeur nau- 
séabonde, même assez forte pour incommoder , si 
on la respiroit trop long-temps dans un lieu clos. 

1] Annonatj^iloha a été introduit depuislong-temps 
en Europe, où il fleurit; mais iln'y fructifie que rare- 
ment. Il est particulièrement recherché pour sa fleur 
et son beau feuillage. 

PLANCHE IX. 

Rameau avec les feuilles et les fleurs de grandeur naturelle. 
Fig. I , fruit de grosseur et de couleur naturelles. Fig. 2 , nojau. 
séparé du fruit. 



HT. 2 1 



G L E D I TS I A TRIACANTHOS. 

THE SWEET LOCUST. 
Polygamie diœcie _, LiNN, Fani. des Légumineuses , Jcss. 

Gleditsia triacanthos , ramïs spinosis , spinis crassis ; 
folioUs liiieari -oblongis ; leguminibus longis , coin- 
pressis ; polyspermis. 

Le Gleditsia triacanthos est du nombre des 
arbres des Etats-Unis, qui paroissent appartenir 
plus particulièrement aux Contrées situées à l'Ouest 
des Monts Alléghanys ; car on ne le trouve dans 
presqu'aucun des Etats atlantiques, si ce n'est dans 
la Vallée de Limestone et dans les embrancliemens 
qui en dépendent; cette Vallée, dont le sol est géné- 
ralement très - substantiel, se trouve placée entre 
les 2\ et 3^ chaînons des Monts Alléghanys; elle 
commence près d'Harrisbuigh , dans laPensylvanie, 
latitude 4o°-, 42". , et se prolonge du Nord-Est au 
Sud-Ouest, jusques fort avant dans la Virginie. Mais , 
au-delà des montagnes, cet arbre est très multiplié: 
les fertiles vallons, au milieu desquels circulent les 
rivières qui se jettent dans le Tviississipi , le pays des 
Illinois et surtout la partie méridionale des Etats 
du Rentucky et de l'Ouest Tennessee, le produisent 
très-abondamment; le plus souvent il y est réuni 
aux espèces suivantes: Ju^lans nigra^ Jaglans squa- 



Pi lO. 




JBfM-a M. 



G 1 ,K1 )I T S 1 A Tn a c an t h o s 



Ûairif/ jwL>. 



GLEDJTSIA TillACANTIIOS. 1 (>:> 

ntosii^ Lflnius ruhra ^ Fraxiniis (juudranf^ulala ^ 
iiobinia pseudo-acacia , Acer iie^undo , QjmnO' 
cladus canadensis y il concourt à la formation des 
ibréts qui reposent sur les meilleurs terreins, et dont 
la présence est toujours un signe indubitable de la 
plus grande fertilité. Dans ces diverses parties des 
l:tats-Unis, cet arbre est désigné assez indifférem- 
ment par les noms de Ilonej locust^ Locu<«t à miel ^ 
et àe Sweet locust , Locust doux: les Français des 
Illinois lui donnent celui de Févier. 

Le Gleditsia triacanthos ^ dans les situations qui 
sont les plus favorables à sa végétation, telles que 
j'ai eu occasion d'en trouver sur les bords de rOliio, 
entre Gallipoli et Limestone , parvient à de très- 
grandes dimensions, car j'en ai mesuré plusieurs, 
qui avoient entre 3 et 4 pieds [plus dun mètre j 
de diamètre, et dont la hauteur me parut égaler 
celle des arbres les plus élevés, qui, avec lui , 
composoient ces antiques forets ; quelques - uns 
étoient dégarnis de branches jusqu'à plus de ^o pieds 
(i3 mètres j de haut. Le Gleditsia triacanthos ^ sq 
reconno:t facilement, premièrement à son écorce, 
qui, à des intervalles de quelques pouces, se détache 
d'elle-même latéralement, en plaques larges de 3 à 
4 pouces (^ 9 à 1 2 centim. j , et qui sont épaisses de 2 à 
3 lignes (6 à gmillim.j; ensuite, à la forme du tronc, 
qui est comme contourné ou tors, et qui présente 
3 à 4 larges sillons ouverts et peu profonds, lesquels 
se prolongent irrégulièrement de bas en haut; il a 



l66 GLEDITSTA TRÏACANTHOS. 

aussi un autre caractère très- distinctif; ce sont de 
fortes épines qui garnissent les branches et souvent le 
tronc des jeunes arbres. Ces épines, qui ont quelque- 
fois plusieurs pouces de longueur, sont ligneuses, 
rougeâtres et accompagnées latéralement vers leur 
tiers inférieur de deux autres épines de moitié plus 
petites. 

Le feuillage du Gleditsia triacanthos est léger , 
d'une verdure agréable; mais il est peu touffu et il 
laisse passer aisément les rayons du soleil. Si on 
considère chaque feuille isolément, on trouve qu elle 
est formée d'un pétiole commun, qui donne nais- 
sance à d'autres plus courts, et auxquels sont atta- 
chés deux rangs de petites folioles , de forme ovale , 
légèrement crénelées à leur sommet, et d'une belle 
couleur verte. Les feuilles tombent tous les ans, aux 
approches de l'hiver. 

Les fleurs disposées en grappes, sont petites, ver- 
dàtres et peu apparentes. Aux fleurs succèdent les 
fruits qui sont de longues gousses aplaties, pendan- 
tes , ordinairement tortueuses , et d'un brun rougeâ- 
tre. Ces gousses, longues de i pied à i8 pouces (34 à 
à 45 centim. j, contiennent des graines brunes, lis- 
ses et fort dures, qui sont entourées d'une pulpe très- 
douce dans le premier mois qui suit leur maturité , 
mais qui ensuite devient très-acre. Avec cette pulpe, 
encore fraîche et soumise à la fermentation^ on fait 
quelquefois de la bière , mais cette pratique n'est 
point généralement usitée; car, dans les Ltats de 



GLEDITSIA. TR I A CANTII OS. iCy-J 

l'Ouest, OÙ les Pommiers sont devenus fort al)on- 
(lans et les Pêchers encore davantage; on extrait de 
leurs fruits des liqueurs bien préférables. 

Le vrai bois ou le cœur du Gleditsia triacantho.s^ 
ressemble beaucoup, par son organisation, a celui 
du Rohinia pseudo-acacia ; mais il en difïere sur- 
tout en ce qu'il aie grain plus grossier, et les porcs 
plus ouverts ; ils le sont même plus que dans les 
Ch{'nes rouges: lorsqu'il est parfaitement desséché, 
sa dureté est extrême. Cependant le bois de cet arbre 
est assez peu estimé au Rcntucky , où l'on a eu , plus 
que partout ailleurs, les occasions de l'employer et 
d'en apprécier les qualités; on n'en fait usage, ni 
pour la bâtisse, ni pour le charronnage; seulement 
l'on en fait parfois des barres pour enclore les 
champs , mais ce n'est qu'occasionnellement et lorsque 
les arbres qui pourroient en fournir de meilleures, 
sont moins à la portée des cultivateurs. Je crois 
aussi que le bois du Gleditsia triacanthos est peu 
propre à lébénisterie : le Cerisier de Virginie 
et le Noyer, sont très - préférables; c'est ce que 
l'expérience a appris aux habîtans des pays où il 
est le plus abondant. Le seul objet pour lequel il 
pourroit être employé avec un grand avantage, seroit 
d'en former des haies, qui, au moyen des fortes épi- 
nes dont les branches se garnissent, seroient impé- 
nétrables. 

Le Gleditsia triacanthos^ a été depuis long-temps, 
introduit en Europe. Il réussit très-bien , fleurit et 



l68 GLEDITSIA TRIACANTHOS. 

donne des graines sous les climats de Paris et de Lon- 
dres, mais sa végétation est beaucoup plus active 
dans Ler Midi de la France. 

PLANCHE X. 

Rameau représentant les feuilles et une épine de moitié grandeur 
naturelle. Fig. i , gousse de largeurct de couleur naturelles {Elle 
est supposée ai^oir été coupée dans son milieu pour montrer la 
partie supérieure et la partie inférieure.) Fig. 2 , graine. 




£e^fa Jel, 



GLEDITSIA Monosperma 



Gahrifl j-rulv. 



GLEDITSIA MONOSPERMA, 

TU E (TA TE R L () C 1/ S T. 

Gleditsia monospenna , ramis subspinosls ; foliolis otni- 
to-oh lo allais ) le^umiidbus ovalibus , mue roua Us ^ ino~ 
nospermts. 

Cette espèce, très-distincte du Gleditsia tria- 
canthos^ surtout parla forme de ses fruits, appartient 
aussi à une latitude plus méridionale; car, dans les 
Etats atlantiques, elle ne commence à croître que 
dans la partie basse de la Caroline du Sud. Le point 
le plus rapproché de Charleston où elle se trouve, 
est à environ deux milles au-delà de Slanljridge, 
éloigné de trente-deux milles de celte Ville. Car , 
dans cet Etat , non plus que dans la Géorgie 
et la Floride Orientale , où je l'ai personnellement 
observé, cet arbre, sans être très-rare, est assez peu 
commun; et on peut voyager des journées entières 
sans lerencontrer, même dans les lieux qui paroissent 
les plus favorables à sa végétation. Le Gleditsia 
monospenna se retrouve dans le pays des Illinois, 
aux environs de Raskakias , situé à 3 ou 4 degrés plus 
au Nord, mais aussi beaucoup plus à l'Ouest, que le 
lieu que j'ai indiqué à l'Est des montagnes. 

Dans la partie méridionale et maritime des Etats- 
Unis, cet arbre désigné par le seul nom de TVater 
locust^ Févier aquatique , ne vient que dans les grands 
marais, -5'w<7/7?/jj", qui bordent les rivières, et dont 
le sol est toujours très-liumide et souvent submergé 



170 GLEDITSIA. MONOSPERM A. 

au printemps , époque de la crue des eaux. Dans ces 
marais, il est réuni aux Cupressus disticha^ Nys- 
sa ^randidentata , Acer rubrum , Oiiercus Ijrata , 
Planera^ Ju^lans aquatica^ etc. 11 est également très- 
probable que cette espèce de Gleditsia se trouve 
dans les marais qui accompagnent ou bordent les 
rives du Mississipi, dans la Basse-Louisiane, et qu'il 
concourt avec les mêmes arbres que je viens de 
nommer, et d'autres encore, à former aussi les forets 
impénélrables qui les couvrent. 

Le Gleditsia monosperma s'élève de 5o à 60 pieds 
f 18 à 20 mètres j , sur i à 2 pieds (82 à 64 centim.) 
de diamètre. L'écorce qui revêt le tronc, surtout 
dans les jeunes arbres, est très-unie; et dans les 
plus vieux, elle se fendille, mais peu profondément 
et toujours beaucoup moins sensiblement que celle 
des Chênes et des Noyers. Ses branches, comme celles 
du Gleditsia triacanthos ^sQ chargent d'épines, avec 
cette différence cependant, que ces épines sont moins 
nombreuses, moins fortes, plus aiguës, et que sou- 
vent elles sont simples, ou accompagnées vers leur 
base d'une seule épine secondaire. 

Les feuilles sont moins grandes que celles du 
Gleditsia triacanthos ^ et les folioles qui sont atta- 
chées aux pétioles secondaires, sont aussi plus pet tes 
et d'une forme ovale plus acuminée à leur sommet. 

Les fleurs peu apparentes et de couleur herba- 
cée, sont sans odeur. Les gousses qui les remplacent 
sont au nombre de 3, 4 et 5 réunies ensemble; leur 
couleur est rougeâtre, elles ont environ un pouce 



GLEDITSIA MONOSPERMA. IJI 

( 3 centimètres j de diamètre, et chacune né contient 
qu'une seule graine qui n'est point entourée de 
substance pulpeuse. Elles sont à maturité au pre- 
mier novembre. 

Le bois du Gleditsia monosperma ressemble, par 
sa texture qui est très-ouverte , et par sa couleur qui 
est jaunâtre, à celui du Gleditsia triacanthos \ et 
comme il ne vient qu'aux lieux très -humides , il doit 
être d'une qualité inférieure. Dans la Caroline et la 
Géorgie , il n'est employé à aucun usage. 

Cette espèce de Gleditsia est assez multipliée 
depuis les voyages de mon Père et les miens 
aux États-Unis, d'où nous en avons envoyé les grai- 
nes; mais comme elle est susceptible quelquefois 
d'être attaquée par les gelées qu'on éprouve en hiver, 
aux environs de Paris ; sa végétation est moins accé- 
lérée que celle du Gleditsia triacanthos ^ ce qui fait 
qu'elle y fructifie difficilement. J'ai remarqué que, 
planté dans des terreins qui n'étoient pas humides, 
cette arbre y végétoit également très-bien. 

Obs. Je présume qu'il existe encore dans les Etats 
de l'Ouest, une autre espèce de Gleditsia^ dont les 
gousses ont seulement 4 pouces (12 centimètres) de 
longueur, et qui sont assez étroites. Mais je ne la con- 
nois pas assez bien pour me permettre de la décrire. 

PLANCHE XL 

Rameau avec les feuilles et une épine de grandeur naturelle. 
Fi g. I, gousse de grandeur naturelle. jFig.2, graines. 

III. 22 



Pli. 




Sed-sa ^ei. 



lAUKUS Sassafras. 



Oatrid ./•« 



LAURUS SASSAFRAS, 

THE SA SS^Î FRA S. 
Ennéandrie monogynie, Linn. Fain. des Lauriers ,Jus». 

Laurus sassafras , Joliis décidais , iategris trilohisque ; 
Jïoribus dioïcis. 

Le Laurier sassafras doit à ses propriétés médicale» 
d'avoir été un des arbres de l'Amérique, qui, après 
la découverte de ce nouveau Continent, fut un des 
premiers connus des Européens. 

Monardès, en i5>495 et ensuite Clusius, qui ont 
traité des plantes étrangères employées en médecine, 
s'étendent assez longuement sur les usages auxquels 
son bois ëtoit dès-lors reconnu propre dans cer- 
taines maladies. Hernandès, dans son Histoire des 
Plantes du Nouveau-Mexique ^ publiée en i638, 
indique cet arbre comme se trouvant dans la pro- 
vince de Mechoacan. Je doute néanmoins qu'il y soit 
aussi commun que dans celte partie de l'Amérique 
Septentrionale, qui est située à l'Est du Mississipi. 

Dans les Etats-Unis, les environs de Portsmouth, 
dans le New-Hampshire , latitude 43*^ , peuvent être 
regardés comme un des points les plus avancés, où 
il commence à paroitre vers le Nord-Est, quoique 
plus à l'Ouest, on le trouve à un degré plus avant vers 
le Nord. Ce qui tient à l'observation déjà faite , que, 
plus on avance dans la direction de l'Ouest, dans 

III. 11 * 



1^4 laurus sassafras. 

l'Amérique Septentrionale , plus on remarque que la 
température du climat est moins rigoureuse en hiver, 
et la surface du pays moins montagneuse. Cepen- 
dant, sous de pareilles latitudes, le Sassafras n'est, 
pour ainsi dire , qu'un grand arbrisseau , qui rare- 
ment excède i8 à 20 pieds ( 6 à -y mètres) de hau- 
teur ; tandis qu'à quelques degrés plus au Sud , 
comme dans le voisinage de New-York et de Phila- 
delphie, il acquiert 4o à 5o pieds Ç ï3 à 17 m êtres j , 
et il parvient encore à une plus haute élévation 
dans quelques parties de la Virginie , des Carolines 
€t des Floridès, ainsi que dans les États de l'Ouest 
et dans la Haute et Basse-Lous ane ; car cet arbre se 
trouve fort abondamment dans toutes ces Contrées, 
excepté dans la région montagneuse des AUéghanys 
qui les traversent, où il m'a paru comparativement 
beaucoup plus rare. Enfin , depuis Boston jusqu'aux 
rives du Mississipi , et depuis les bords de l'Océan , 
en Virginie, jusqu'au-delà du Missouri , dans la 
Haute-Louisiane, ce qui comprend une étendue de 
plus 600 lieues (3^ooo kilomètres) dans ces deux 
directions, le Sassafras est assez multiplié pour être 
mis au rang des arbres les plus communs; car on le 
voit croître également dans les terreins secs et grave- 
leux, et dans ceux qui sont frais et fertiles, à l'excep- 
tion néanmoins de ceux qui sont trop arides et 
sablonneux, comme le sol des Pinières, Fines 
harrens ^ dans les États Méridionaux, et les marais 
vaseux et aquatiques, qui bordent les rivières qui 
les traversent. 



LAURUS SASSAFRAS. 1^3 



Dans la partie basse et mariiime de la Virginie y 
des deux Carolines et de la Géorgie , on remarque 
que le Sassafras se multiplie préférablement autour 
des habitations et dans les terres qui ont été aban- 
données à cause de réj)uisement du sol. Les plus 
vieux arbres y donnent naissance à des centaines de 
rejetons qui sortent de terre de distance à autre, mais 
qui rarement s'élèvent à plus de G à 8 pieds (^ 2 à 3 
inèt.J ; et quoique cet arbre soit fort commun dans les 
mauvais terreins, et qu'il fleurisse et fructifie à la hau- 
teur de i5 à 20 pieds ( 5 à 7 mètr. ) , cependant on ne 
le voit jamais trèsrgrand et très-gros, que dans les 
bonnes terres , comme sur les coteaux à pente douce, 
qui avoisinent les marais, ou encore au milieu des 
belles forets de l'Ouest-Tennessée et du Rentucky. 

Les feuilles du Sassafras, longues de 4 à 5 pouces 
^12 à i5 centimètres j, sont pétiolées et disposées 
alternativement sur les branches. Lors de leur déve- 
loppement au printemps, elles sont velues et d'une 
texture molle» Ces feuilles varient de forme sur le 
même arbre; les unes sont entières et ovales , et les 
autres sont partagées le plus souvent en trois lobes 
arrondis à leur sommet. Ces dernières sont toujours 
les plus nombreuses , et sont placées vers la partie 
supérieure de l'arbre. 

Dans les environs de New-York et de Philadel- 
phie, le Sassafras est en pleine fleur dans les pre- 
miers jours du mois de mai, et six semaines plutôt 
dans la Caroline Méridionale. Les fleurs situées aux 
extrémités des rameaux de l'année précédente, parois- 



1^6 LAURUS SASSAFRAS. 

sent avant la naissance des feuilles; elles forment 
de petites grappes d'un jaune pâle, qui ont peu 
d'odeur. Dans cette espèce de Laurier, les sexes se 
trouvent partagés sur des pieds différens, ce qui fait 
qu'il n'y a que ceux qui portent des fleurs femelles 
qui donnent des fruits. Ces fruits ou graines, sont 
de forme ovale, d'un bleu foncé, et sont contenus 
dans un calice ou capsule, d'un rouge vif, supporté 
par un pédicule de i à 2 pouces (^3 à 6 centimètres]. 
A l'époque de leur maturité, ces graines sont recher- 
chées avidement par les oiseaux , et elles disparois- 
sent bientôt alors de dessus les arbres. 

Le tronc des vieux Sassafras est couvert d'une 
écorce profondément crevassée , elle est grisâtre et 
n'offre rien de remarquable. Mais, lorsqu'elle est 
entamée, on trouve qu'elle est d'un rouge terne un peu 
foncé, et qu'elle ressemble assez au Quinkina rouge. 
L'écorce des jeunes branches et des rejetons, est, 
au contraire, lisse et d'une belle couleur verte. Il 
m'a paru que le bois de cet arbre n'étoit pas d'une 
grande force ; car des branches assez grosses se 
rompent sans beaucoup d'efforts. Ce bois est blanc 
dans les jeunes arbres, et rougeâtre dans ceux qui 
ont plus de i5 à 18 pouces Ç l\5 à 54 centimètres) 
de diamètre, et dans ceux-ci le grain est plus 
serré et plus compacte ; ce n'est pas néanmoins qu'on 
doive , sous ce rapport , l'assimiler aux Chênes ou aux 
Noyers. L'expérience a appris que ce bois, dépouillé 
de son aubier , résistoit long-temps à la pourriture ; 
c'est pourquoi on en fait des pieux qui durent long- 



L AU RUS SASSAFRAS. I77 

temps en terre et de bonnes barres pour les clô- 
tures des champs. Dans les campagnes, on l'employé 
encore quelquefois pour faire des poutres et des 
solives dans la bâtisse des maisons en bois. On 
assure aussi qu'il n'est pas attaqué par les vers; ce 
qu'il doit à son odeur, qu'il conserve aussi long- 
temps qu'il n'est pas exposé aux alternatives de la 
sécheresse et de l'humidité ; c'est encore à cause de 
cela que quelque fois on en fait des bois de lit, qui, 
dit-on^ sont exempts d'insectes, à cause de cette ir.éme 
odeur. Mais, pour ces différens usages, le bois du 
Sassafras n'est pas dun service habituel, et on ne s'en 
sert qu'occasionnellement et seulement dans les cam- 
pagnes; car on ne le trouve pas débité en planches, 
ou de toute autre manière, chez les marchands de 
bois dans les villes. Aussi, sous ce point de vue, cet 
arbre n'est et ne sera jamais que d'un intérêt très- 
secondaire dans les arts mécaniques. Il est assez peu 
estimé pour combustible , et ce n'est que dans les 
villes des Etats Méridionaux , où le pays ne fournit 
pas abondamment, comme dans les Etats du INord, 
du bon bois à brûler, qu'on apporte celui de Sassafras 
au marché, où il fait partie des bois de la troisième 
qualité. L'écorce de Sassafras contient beaucoup d'air, 
car elle craque en brûlant comme le Châtaignier. 
Les propriétés médicales du Laurier sassafras 
paroissent tellement avérées, que depuis plus de 
deux cents ans qu'il a été introduit dans la matière 
médicale, il a soutenu sa réputation , comme un des 
bons sudorifiqucs qu'on puisse employer dans les 



iy8 LAURUS SASSAFRAS. 

affections cutanées , les rhumatismes chroniques et 
surtout dans les maladies syphilitiques dégénérées : 
dans ce dernier cas, il est toujours réuni au gayac 
et à la salsepareille. Ce bois est légèrement aro- 
matique , mais l'odeur et la saveur qui lui sont 
propres, sont plus sensibles dans les jeunes bran- 
ches ; et ces qualités sont incomparablement plus 
actives dans l'écorce des racines: aussi c'est cette 
partie de l'arbre qu'il faut toujours choisir de pré- 
férence, car le bois ne me paroît véritablement 
contenir que fort peu des propriétés qui lui sont 
assignées, propriétés qui se dissipent lorsqu'il est 
long-temps gardé. C'est aussi de l'écorce des racines, 
qui est assez épaisse et comme sanguinolente, qu'on 
peut obtenir une plus grande quantité d'huile essen- 
tielle. Cette huile exposée au froid, donne dit-on, 
à la longue, de très-beaux cristaux. 

Les fleurs de Sassafras, fraîches, ont aussi une 
légère odeur aromatique. Dans les Etats-Unis , un 
grand nombre de personnes, dans les campagnes et 
même dans les villes, les considèrent comme stoma- 
chiques et comme un dépuratif du sang 5 c'est pour 
cela qu'au printemps, elles en prennent pendant 
une quinzaine de jours, une infusion théiforme , à 
laquelle elles ajoutent un peu de svicre. Ces fleurs 
sont apportées au marché des grandes villes , 
où on les vend de 35 à 4^ centimes le litre. La 
cueillette des fleurs de Sassafras se fait en coupant 
les branches et même les arbres, ce qui contribue 
beaucoup à leur destruction. 



LAURUS SASSAFRAS. ing 

Les feuilles desséchées du Sassafras contiennent un 
principe muciiagineux qui ressemble à celui de 
VEsculus esculentus, A la Louisiane, on sert de 
même de ces feuilles pour mettre dans le bouillon 
qu'elles épaississent. 

En Virginie et dans les Etats situés plus au Sud 
beaucoup d'habitans de la campagne font, avec les 
jeunes pousses du Sassafras bouillies dans l'eau , à 
laquelle on ajoute ensuite une certaine proportion 
de mélasse et qu'on laisse ensuite entrer en fermen- 
tation, une espèce de bière , considérée comme une 
boisson très-salutaire pendant l'été. 

Tels sont les résultats des observations que j'ai 
faites sur le Sassafras , arbre fort intéressant sous le 
rapport de ses usages en médecine : ce motif me 
paroit suffisant pour qu'on essaie de le propager 
dans les forets Européennes, et surtout dans les 
parties méridionales de la France et en Italie où 
il viendra très-bien , car il réussit déjà dans le cli- 
mat de Paris et de Londres. 

PLANCHE I-. 

Rameau avec les feuilles et les graines de grandeur naturelle. 
Fiq. 1 , fleurs mâles. Fig. 2 , fleurs femelle s. 



L A U RUS CAROLINIENSIS. 



THE RED BAY, 



Laurus carolîtiiensis , foins perennantîhus , ovato-acu- 
minatis , subtus suhglaucis , baccis cœruleis. 

C'est près de Norfolk ^ dans la Basse-Virginie, 
qu'en allant du Nord au Sud , l'on commence à 
observer cette espèce de Laurier. On la trouve ensuite, 
sans interruption, dans toute la partie basse et mari- 
time des Carolines , de la Géorgie , ainsi que dans 
les Deux Florides et la Basse-Louisiane. Pour cet 
arbre, comme pour plusieurs autres que j'ai déjà 
décrits, les limites que j'ai assignées aux Pinières , 
Fines harrens , en donnant la description du Pinus 
australisy sont précisément celles dans l'étendue 
desquelles il croît exclusivement. 

Le Laurus caroliniensis est connu dans toute 
cette partie des États-Unis, sous le seul nom de 
Red bay , Laurier rouge, et il y est très-multiplié: 
réuni avec le Magnolia ^lauca, leNjssa syhatica^ 
l'Acer rubrum^ le Quercus aquatica , etc. , il remplit 
les marais longs et étroits, Branchs swamps , qui cou- 
pent les Pinières dans toutes sortes de directions. 
On le voit encore aux approches des grands marais 
qui bordent les rivières, ainsi qu'autour des mares, 
Ponds busches, couvertes de Laurus œstwalis , qu'on 
trouve aussi, de distance en distance, dans les mêmes 
Pinières. Ainsi un sol lirais, et même humide, paroît 




s. J. lie douée de/ 



LAUJLXJ S C axolxLiiexisis . 



Gtd>m/ j-cuii 



LAURUS CAROLI NIENSI5. l8l 

essentiel à la végétation de cet arbre , qu'on ne ren- 
contre jamais dans les terreins qui sont trop secs et trop 
sablonneux. On remarque encore que, plus on avance 
vers le Sud, plus sa végétation est belle et vigou- 
reuse , comme dans le Midi de la Géorgie et dans les 
deux Florides, où l'on voit très-fréquetnment des 
pieds de cet arbre qui ont Go à 70 pieds f in à 20 
mètres) d'élévation, sur i5 à 20 pouces (4^3 60 
centimètres) de diamètre 5 dimensions auxquelles on 
le voit plus rarement parvenir dans les Carolines. 
Peut-être aussi, comme ces deux États sont plus 
anciennement habités et beaucoup plus peuplés, les 
plus gros pieds ont-ils été abattus pour en employer 
le bois à des usages auxquels il est reconnu très- 
convenable. 

Le Laurus caroliniensis présente rarement une 
forme régulière, lorsqu'il parvient à une grande 
hauteur; son tronc est le plus souvent tortueux , et 
se partage en plusieurs grosses branches , à 8, 10 et 1 2 
pieds (2, 3 et 4 mètres) de terre. En cela, il diffère 
du Gordonia lasyanthus ^ du Liqiddamhar stjra^ 
cijlua, à.Q% Njssas Ql des Chênes, dont la tige est 
droite et d'une grosseur presque uniforme jusqu'à 
20 et 3o pieds (7310 mètres) de hauteur. L'écorce 
qui couvre le tronc des vieux Laurus caroliniensis ^ 
est épaisse et profondément crevassée j celle des 
jeunes branches est, au contraire, lisse et d'une belle 
couleur verte. Les feuilles longues d'environ 6 pouces 
(18 centimètres), placées alternativement sur les 
branches, sont ovales, acuminées et blanchâtres 

m. 23 



182 LAURUS CAROLINIENSIS. 

OU glauques à leur partie inférieure. Ces feuilles 
sont toujours vertes, et lorsqu'on les froisse, elle 
répandent une odeur assez forte , qui ressemble beau- 
coup à celle du Laurus nohilis , et elles peuvent 
de même être employées dans l'apprêt des mets. 
Les fleurs de cet arbre disposées en petites grappes , 
naissent dans les aisselles des feuilles, et sont sup- 
portées sur des pédicules légèrement velus. Aux 
fleurs succèdent des graines ou fruits qui sont ovales 
et de couleur bleue. Ils ont la plus grande ressem- 
blance avec ceux du Laurus sassafras. Ces graines 
lèvent très-aisément, ce qui fait que, dans le voisi- 
nage des vieux pieds , on trouve des centaines de 
jeunes plants de toutes grandeurs. 

Le bois à\x Laurus caroliniensis est d'une belle 
couleur roscj il a de la force et le grain en est fin 
et serré; ce qui le rend susceptible de prendre un 
beau poli. Avant que l'Acajou fût devenu aussi à la 
mode pour les ouvrages d'ébénisterie , le bois de cet 
arbre étoit le plus employé dans les Etats Méridio- 
naux, et le plus propre à remplir le même objet, et 
on en faisoit des meubles de la plus grande beauté. 
Si l'on ne s'en sert presque plus aujourd'hui, c'est 
qu'il est difficile de trouver des arbres d'un gros 
diamètre, avantage queprésententles blocs d'Acajou, 
qui sont importés à un fret médiocre de Saint- 
Domingue, et qui reviennent à fort bon marché. 

On a trouvé dans ces derniers temps que le bois 
du. Laurus caroliniensis , pouvoit, comme celui du 
Cèdre rouge, être utilement employé dans la cons- 



LAURUS CA ROLI NIENSIS. l83 

traction des navires, parce qu'il réunit la force à la 
durée; c'est ce qui fait que dans le Midi de la Géor- 
gie et dans la Floride Orientale, lorsqu'on en ren- 
contre des individus qui ont de grandes dimensions, 
on les débite en poutres équarries, qui sont trans- 
portées àNew-Yorketà Philadelphie, avec le Chêne 
vert et le Cèdre rouge. 

D'après ce qui vient d'être dit, on voit que le /.«m- 
rus carolinîensis , est un arbre agréable, dont le 
bois est beau et bon, mais qui, quoique commun, 
arrive rarement à d'assez fortes dimensions , pour 
offrir de grandes ressources dans les arts. C'est du 
moins ce que l'expérience a jusqu'à présent paru 
confirmer. 

PLAINCHE II. 

Rameau avec des feuilles et des graines de grandeur et de 
couleur naturelles. 



PLATANUS OCCÎDENTALIS. 

BUTTON WOOD. 
Monœcie monandrie, LiNN. Fam. des Araei>tacées , Juss. 

Plat AN US occiclentalis ^ foîiîs lobatb-angulosh ^ ramulis 

alhentihus. 

De tons les arbres qui croissent dans îa zone tem- 
pérée de l'ancien et du nouveau Continent, il n'en 
est aucuns, parmi ceux qui perdent leurs feuilles, 
qui égalent les Platanes d'Orient et d'Occident, par 
le grand développement de leur végétation. De 
même que l'espèce qui croit en Asie, et qui a été si 
célébrée des anciens, à cause de son port majestueux 
et de sa grosseur extraordinaire, le Platane d'Occi- 
dent est non moins remarquable par son amplitude 
et son aspect magnifique. 

Dans les États adantiques , cet arbre est le plus 
généralement désigné par le nom de Button FFood^ 
Bois à boutons , et quelquefois en Virginie , par 
celui de FVater beech, Hêtre d'eau. Sur les bords de 
rOhio, dans Is Rentucky et le Tennessee, le nom 
de Sycomore est plus eu usage ^ quelques personnes 
le connoissent aussi sous celui de Plane tree , Pla- 
tane. Les Français du Canada et de la Haute-Loui- 
siane, l'appellent Cotonier , Coîton tree. De ces 
diverses dénominations , la première m'a semblé la 
plus répandue , et il m'a paru qu'elle n ëtoit pas 



PI. 3. 




M.J.JleJffutr 



mna- 



PL AT ANUS Occiaentalis 



^al^rifl j-c . 



PLATANUS OCCID L.NTALIS. I 8 J 

' étrangère aux personnes qui employent les autres. 
C'est ce seul motif qui rua décidé à lui donner la 
préférence, bien que le nom de Plane tree^ Platane, 
soit plus convenable. 

Le Platane d'Occident, d'après mes observations , 
ne paroit pas croître dans les États-Unis , vers le 
Nord-Est, au-delà de Portland, situé par le [\à^. 
3o" de latitude; mais plus à l'Ouest, sous le 730. de 
longitude, on le trouve deux degrés plus avant vers 
le Nord , comme à l'extrémité Septentrionale du lac 
Champlain et Montréal. Je n'ai pas observé person- 
nellement cet arbre dans cette direction, plus loin 
que sur la Rivière Onion, dans l'Etat de Vermont; 
et je ne l'ai point vu dans le District de Maine , 
non plus qu'à la Nouvelle-Ecosse. Les arbres de cette 
espèce qui existent dans la Ville d'Halifax, y ont été 
plantés pour orner le devant de quelques maisons; 
et quoiqu'ils aient près de l\o pieds ( i3 mètres) 
de hauteur, leur croissance n'annonce pas cette 
vigueur qu'elle a sous une latitude plus méridio- 
nale, où les froids sont plus modérés en hiver. A 
partir de Boston et des rives du lac Champlain , en 
se dirigeant vers l'Ouest et le Sud-Ouest, on ne cesse 
plus de rencontrer cet arbre jusqu'au-delà duMissis- 
sipi, soit dans les États atlantiques, soit dans ceux 
de l'Ouest; ce qui comprend une très-vaste étendue 
de pays. 

Le Platane, par sa nature, appartient exclusive- 
ment aux lieux humides ou constamment frais, dont 
le sol est meuble, profond et des plus fertiles; sa 



l8Ô PLATANUS OCCIDENT ALI S. 

force végétative est aussi relative à ce concours de 
circonstances; d'une autre part, on ne voit pas cet 
arbre croître en plein bois, parmi les Chênes blancs, 
les Chênes rouges , les Noyers , etc. , dans les terreins 
secs et à surface inégale. Il est aussi comparative- 
ment plus rare dans toutes les régions montagneuses 
des Alléghanys, que dans le pays plat. On remarque 
cependant que le Platane, quoique fort multiplié 
dans tous les marais de cette partie de la Virginie , 
que traverse la route qui conduit de Baltimore à 
Pétersburgh, n'y est pas d'une belle venue, car le 
plus souvent il n'excède pas 8 à lo pouces ( 34 à 36 
centimètres j de diamètre ; plus au Sud, dans la 
partie basse des Caiolines et de la Géorgie, cet arbre 
est peu multiplié, même sur les bords des rivières ; 
et dans ces États , on ne le voit pas dans les Branchs 
swainps^ marais longs et étroits, dont j'ai déjà parlé, 
et qui traversent dans toutes sortes de directions les 
Pinières, lesquels , comme je l'ai dit, sont remplis 
principalement de Magnolia ^lauca ^ de Laurus 
caroliniensis ^ de Gordonia lasyanthus^ d Erables 
rouges, etc. Si l'on ne trouve pas le Platane dans 
ces petits marais, la cause en est peut-être que la 
couche de terre végétale , de couleur noire et tou- 
jours bourbeuse , y a trop peu d'épaisseur et de 
substance, et que les chaleurs sont très- fortes et 
très-prolongées dans cette partie des Etats du Sud. 
Mais, nulle part dans l'Amérique Septentrionale , on 
ne trouve le Platane plus abondamment et d'une 
végétatiorf plus vigoureuse et plus brillante, que 



PL AT A NUS OCCIDEN TALIS. 1 87 

dans le voisinage des grandes rivières de la Pcnsyl- 
vanie et de la Virginie. Cette force de végétation est 
peut-être plus remarquable encore, dans les vallons 
incomparablement plus fertiles, au milieu desquels 
circulent celles de l'Ouest, et notamment sur les 
rives de l'Ohio , et sur celles des autres rivières qui 
viennent s'y rendre, telles que la Grande-Muskin- 
gum, la Grande-Renhaway , la Grande-Scioto, la 
Rentucky, Wabasch, etc. Les vallons que ces rivières 
arrosent, sont couverts de forets ténébreuses, dont 
les arbres sont d'une grosseur et d'une élévation 
remarquables. Le sol de ces vallons est d'une cou- 
leur brune, très-profond, très-meuble et onctueux 
au toucher. Il paroit être le produit des couches 
limoneuses, que les rivières en se débordant, y dépo- 
sent chaque année, depuis des siècles. Les feuilles , 
qui, tous les ans, à l'automne, forment un lit épais 
sur la surface du sol, et les arbres morts ettombant 
de vétusté, qui se réduisent en terreau, donnent 
encore à ce terrein, déjà si fertile , un nouveau degré 
de fécondité, dont on n'a pas d'idée en Europe et 
qui se manifeste par des prodiges de végétation. 

Les bords immédiats de ces grandes rivières de 
l'Ouest, sont le plus ordinairement occupés d'abord 
par les Saules, ensuite par les Érables blancs, Acer 
eriocarpum^ et en troisième rang, par les Platanes. 
Cette disposition n'est pas cependant, comme on 
peut le penser, tellement régulière, que ce ne soient 
quelquefois les Érables qui occupent les rives- et 
le plus souvent encore, ceux-ci sont entremêlés avec 



l88 PLATANUS O CCIDENTALIS. 

les Platanes : mais parmi les diverses essences qui 
couvrent ces vallons, ces trois espèces d'arbres sont 
celles, qui, par leur position, redoutent le moins le 
séjour long-temps prolongé des eaux, et dont le tronc, 
à sa base, est exposé tous les ans, à être submergé au 
printemps, â la crue des rivières. Dans ces sortes de 
situations, le Platane se montre toujours le plus 
gros et le plus élevé des arbres des États-Unis; 
souvent on en trouve dont le tronc de plusieurs 
pieds de diamètre, et dégarni de branches à plus de 
60 à yo pieds f 20 à 3o mètres) , ne commence à se 
partager en plusieurs branches, que vers le sommet 
des autres arbres : fréquemment de la même souche, 
partent obliquement deux ou trois jets également 
vigoureux , qui surpassent aussi en diamètre tous les 
arbres d'alentour. Mon Père trouva, dans une petite 
lie de rOhio, i5 milles ( 25 kilomètres) au-dessus 
de la rivière Muskingum, un Platane dont la circon- 
férence, à 5 pieds (16 décimètres) de terre, où la 
tige est plus uniforme, étoit de 4o pieds 4 pouces 
(plus de i3 mètres); ce qui fait environ i3 pieds 
f 43 décimètres ) de diamètre. Vingt ans aupara- 
vant, le Général Washington, avoit mesuré ce 
même arbre , et lui avoit trouvé à-peu-près les 
mêmes dimensions. Dans un voyage que je fis en 
1802, dans les États de l'Ouest, je trouvai sur la 
rive droite de l'Ohio, 36 milles Ç60 kilomètres), 
avant d'arriver à Marietta, un Platane dont le tronc 
à sa base , étoit renflé d'une manière extraordinaire 
Je le mesurai avec mon compagnon de voyage, à 



PLATANUS OCCIDENTALIS. 1 8f) 

4 pieds (129 centiin.j, au-dessus de la surface du 
sol , et nous lui trouvâmes 47 pieds (près de iGmèt.) 
de circon Té renée. Cet arbre qui paroissoit végéter 
avec force , se ramjiioit à environ 20 pieds ( 7 met.) 
de hauteur. On cite un autre Platane aussi gros, dans 
le Genessée. Ces Platanes si remarquables par leurs 
dimensions, rappellent le fameux Platane de Lycie , 
dont Pline nous a conservé l'histoire, et dont le tronc 
creusé par le temps, offrit une retraite au Consul 
romain Licinius Mutianus, qui y passa une nuit avec 
dix-huit personnes de sa suite; l'intérieur de cette 
grotte avoit environ 76 pieds (environ 25 mètres) 
de circonférence , et sa cime ressembloit à une petite 
foret. 

On voit par ce qui a été dit précédemment que 
ces deux espèces de Platanes, les seules de ce genre 
connues jusqu'à ce jour , ont le plus grand rapport 
enlr'ellesparlagrosseur extraordinaire de leur tronc, 
ainsi que par leur port majestueux. On trouve géné- 
ralement en Europe, que le feuillage de l'espèce 
Américaine est plus beau et donne un ombrage plus 
épais. Ses feuilles d'un beau vert, et disposées alter- 
nativement sur les branches, ont de 5 à 10 pouces 
(^ i5 à 3o centim. J de largeur, et sont moins profon- 
dément découpées que celles du Platane d'Orient, 
dont les lobes forment des angles moins ouverts. Au 
printemps, ces feuilles sont tapissées inférieurement 
d'un duvet assez épais, qui disparoit aux approches 
de l'été. Lorsque cet arbre est très-abondant dans 
certains cantons , quelques habitans en redoutent 
III. 24 



IQO PLATANUS O C C ID E^N TA L IS. 

le voisinage. Ils croyent que ce duvet très-fin et 
qui voltige dan« l'air , produit une irritation des 
poumons, qui peut disposer à la pulmonie ; opinion 
que je considère comme un peu populaire; car le 
moindre zëphir suffit pour emporter au loin et dissé- 
miner dans le vague des airs, ce duvet si tin et si léger. 

Les sexes sont séparés dans le Platane; les fleurs 
mâles et les fleurs femelles ne sont pas placées sur 
des branches différentes, mais attachées sur le même 
pédicule. Ces fleurs ont la forme de petites boules, 
qui, dans les fleurs femellesgrossissent,et acquièrent 
I pouce (3 centimètres j de diamètre, et sont sou- 
tenues par des pédicules de 2 à 3 pouces ( 6 à g cent, j 
A l'automne et dans le cours de l'hiver, ces boules 
tombent, se divisent naturellement, et les graines 
dont elles étoient formées, sont emportées au loin 
dans les airs, au moyen d'une aigrette plumeuse , 
dont elles sont surmontées. 

Le tronc et les branches du Platane sont couverts 
d'une écorce unie , d'un vert pâle , dont Fépiderme se 
détache tous les ans , par partie ; ce qui est un indice 
suffisant pour le faire reconnoitre au premier abord , 
lorsqu'il a perdu ses feuilles en hiver. Ses racines, 
sorties fraîchement de terre, sont d'une belle couleur 
rouge; teinte , qui^ néanmoins disparoît entièrement 
si , après avoir été fendues , elles sont exposées à la 
lumière, dans un endroit sec. On remarque encore 
que dans les racines, les couches concentriques et 
les éruptions transversales sont beaucoup plus appa- 
rentes qu'elles ne le seroient dans un morceau tiré 



PLATANUS OCCIDENTALIS. IQI 

du corps clc l'arbre. Dans les défrichemens, c'est 
quelquefois avec peine qu'on parvient à faire périr 
entièrement le Platane; les souches donnent long- 
temps de nouveaux rejetons: mais une fois mort, il 
pourrit promptcment. 

Le bois de Platane en se desséchant, devient d'un 
rouge terne; le grain en est fin , serré, et il est suscep- 
tible de prendre un beau poli , plus que celui de 
Hêtre,, avec lequel il a quelque ressemblance. Ses 
couches concentriques sont coupées par des érup- 
tions transversales, qui se portent de la circonfé- 
rence au centre-, elles sont très-nombreuses et très- 
minces. Lorsque le bois est fendu parallèlement à 
leur direction , les éruptions paroissent plus larges ; 
elles sont, au contraire, moins apparentes lorsque 
la coupe se fait parallèlement aux couches concen- 
triques. 11 sembleroit donc que cette division devroit 
se faire dans une direction intermédiaire^ afin que 
les mouchetures ne fussent ni trop petites, ni trop 
grandes, et qu'elles fussent également éloignées les 
unes des autres, afin de donner aux meubles une 
apparence agréable. A Philadelphie, les Ebénistes 
ne font que rarement usage du bois de Platane pour 
meubles; il a, suivant eux, le désavantage de trop 
se tourmenter; le Cerisier de Virginie et le ÎSoyer 
noir, n'ontpas ce défaut; et comme ils sont plus durs, 
leur poli est plus durable et ne se ternit pas aussi 
promptcment, ce qui fait que le Platane n'est presque 
employé que pour des montans de bois de lit, aux- 
quels on conserve la couleur naturelle du bois, et 
qu'on se contente de vernir. 



I()2 PLATANUS OCC I D EN T Al I S. 

Le Platane pourrit promptement lorsqu'il est 
exposé aux injures du temps, en sorte qu'il ne doit 
pas être employé au-dehorsj mais quand il est bien 
sec, on peut s'en servir utilement dans la bâtisse 
intérieure des maisons, soit pour solives, soit débité 
en planches' pour revêtir la charpente en-dedans ; 
mais il n'entre point dans la construction des navires. 
Les Français des Illinois et du port Vincennes, situé 
sur la rivière Wabash, en font quelquefois des piro- 
gues. Il y a quelques années qu'on en construisit 
une sur cette rivière , d'un seul tronc de Platane qui 
avoit 65 pieds (^près de 22 mètres j de longueur, et 
qui portoit 9 milliers (45^00 kilogrammes). 

Il est difficile d'assigner une différence entre 1^ bois 
du Platane d'Occident et celui du Platane d'Orient, 
quant à la couleur et à l'organisation. Si donc , on 
ne trouve pas dans le premier, les bonnes qualités 
que les anciens reconnoissoient au second, la cause 
en est peut-être que, dans la grande variété d'arbres 
que produit le sol des Etats-Unis, ceux qui sont 
propres aux constructions civiles et maritimes, sont 
très-abondans; et de plus, que l'Acajou, si supérieur 
pour la confection des meubles , s'obtient avec la 
plus grande facilité des Indes Occidentales. 
* Depuis bien des années, le Platane d'Asie et celui 
de FAmérique , ont été introduits en Europe. Ces 
arbres d une végétation rapide, et si remarquables par 
la noblesse de leur port, sont les plus propres à orner 
les parcs d'une grande étendue, les jardins publics 
et l'approche des grandes villes. Dans les États-Unis, 



PLATAINUS OCCI D i::ST ALIS. IQ^ 

011 l'a tmo sphère est plus chargée d'humidité qu'en 
Europe, ils rempliroient Lien cet usage, pourvu 
que le sol ne fût pas trop sec. Leur superbe feuil- 
lage qui donne beaucoup d'ombrage, n'a point non 
plus l'inconvénient , comme celui de l'Orme et du 
Cerisier, d'être attaqué par les chenilles qui , dans 
l'Amérique Septentrionale, encore pi us qu'en Europe, 
dévorent les feuilles de ces deux espèces d'arbres. 

PLANCHE III. 

Feuilles d'un tiers de grandeur naturelle. Fig. i , fleurs mâles 
et fleurs femelles. Fig. 2 , fruit de grosseur naturelle. F g. S , 
graine. 



LIQUIDAMBAR styraciflua. 

SWEET GUM: 
Mouœcie poijandrie , LiNN. Fara. des Amentacée», Jbss. 

JuiQViJ)AmBAK sùj7'ac(/lua f Jblii's palmads ; lobîs acu- 
mînatis , dentatis ; axillis nervorum vîllosis. 

De tous les arbres de TAmérique Septentrionale , 
on n'en connoît jusqu'à présent aucun qui croisse 
dans une étendue de pays aussi considérable que le 
Liquidambar styraciflua. En suivant les Côtes de 
l'Océan, on commence à l'observer au Nord-Est, 
entre Portsmouth et Boston , latitude 43°. 3o"j 
on continue ensuite à le trouver , vers le Sud- 
Ouest, jusque dans l'ancien Mexique; et à l'Ouest, 
à portée des bords de la mer en Virginie, jusqu'au- 
delà de la rivière des Illinois; ce qui , d'une part, 
renferme plus des deux tiers de l'ancien territoire 
des Etats-Unis, et de l'autre, les deux Florides, la 
Basse et la Haute -Louisiane^ ainsi qu'une grande 
partie de la Nouvelle-Espagne. 

Dans les États-Unis, cet arbre est universellement 
désigné par le nom de Sweet gum , Gommier doux. 
Les Français de la Louisiane lui donnent celui de 
Copahn. 

Le Liquidambar styraciflua est assez multiplié 
dans les Etats du Centre, de l'Ouest et du Sud, pour 



/V j. 




[P J ReJotUe Je/. 



(}aÀriri <' i' 



LIÇUIDAMBAR StyraciflTta 



LTQUIDAMB AR S T YR A. C I F LU A. IqS 

être mis au nombre; des arbres les pbis communs 
qu'on y trouve: ainsi on est certain de le rencontrer 
par-tout où le lerrein est de bonne qualité, cons- 
tamment frais et même exposé à être momentané- 
ment submergé; ce qui fait qu'on le voit presque 
toujours réuni à l'Érable, au Njssa aquatica^ au 
Quercus discolor^ au Jii^lans squamosa et au Ju- 
glans amara. Dans les États du Sud, il vient dans 
les mêmes situations; et dans les grands marais qui 
avoisinent les rivières, on remarque qu'il parvient à 
un plus grand développement, lequel est dû, sans 
doute , à la température du climat qui est très-douce 
en hiver et à l'intensité de la chaleur qui est beau- 
coup plus forte en été. Le plus gros Liquidainbar 
que j'aie observé, s'est trouvé dans un grand marais, 
éloigné d'environ 3 à 4 milles (5 à 7 kilomètres) 
d'Augusta, en Géorgie. A 5 pieds (2 mètres ) déterre, 
où j'ai mesuré cet arbre, il avoit i5 pieds 7 pouces 
(5 mètres) de circonférence ; mais il se ramifioit à la 
hauteur de i5 ou 18 pieds ( 5 ou 6 mètres j. Sa cime 
vaste en proportion, couvroit une surface de terrein 
considérable. Le marais dans lequel avoit crû cet 
arbre, ofFroit un terrein de bonne qualité et tou- 
jours plus ou moins humide: il étoit particulière- 
m.ent garni de Quercus prinus palustris^ de Quercus 
phellos^ à'Ulmus alata^ de Nyssa syhatica , à^ï^vdi- 
bles rouges^ de Frênes rouges et de Frênes à feuilles 
de Sureau. 

De ce que l'arbre que je viens de citer, se divisoit 



196 LIQUIDAMBAR STYRACIFLUA. 

à une petite hauteur, on ne doit pas en conclure que 
cela soit généralement ainsi. Car toutes les fois que 
le Liquidambar est serré parmi les autres arbres , 
il offre , comme le Chêne ^ l'Orme , le Tulipier, etc. , 
une tige parfaitement droite et d'une grosseur uni- 
forme, jusqu'à une grande élévation ; et il ne com- 
mence à se partager en plusieurs branches , qu'à 
la hauteur de 3o et 4o pieds [10 à i3 mètres). 
Alors il a communément de i à 2 pieds (639 déci- 
mètres j de diamètre : mais, comme cet arbre est 
fort multiplié, et qu'on le voit fréquemment dans 
des lerreins qui paroissent peu favorables à sa végé- 
tation, terreins graveleux et assez secs, alors il n'ex- 
cède pas i5, 20 et 3o pieds (5, 7 et 10 mètres J 
d'élévation, et ses branches secondaires sont cou- 
vertes d'un épidémie desséché et lamelleux, qui est 
attaché verticalement et non à plat, comme cela a 
lieu ordinairement dans les autres arbres. 

Le Liquidambar est orné d'un beau feuillage qui 
devient d'un rouge terne, à l'automne, à l'époque 
des premières gelées; il tombe bientôt après, et au 
printemps, il se renouvelle sur des pousses lisses et 
d'un vert jaunâtre. Les feuilles considérées isolé- 
ment , varient pour la grandeur , de 3 à 6 pouces 
(9 à 18 centimètres), suivant la vigueur des arbres 
qui les produisent, ou même selon leur situation. 
Elles sont plus grandes et découpées moins profon- 
dément sur les branches inférieures, que sur celles du 
sommet. Ces feuilles sont alternes, pétiolées, et ont 



LI QliïDAMBA n STYMACIILUA. Kj-J 

quelque ressemblance, parleur configuration, avec 
celles de l'Erable à sucre ou deV EralAe platanoïcles, 
étant divisées comme elles en cinq lobes principaux ; 
mais elles en diffèrent principalement en ce que, 
dans celles de l'arbre que je décris, les lobes sont 
plus profonds, plus réguliers et bordés de petites 
dents dans leur contour. On remarque encore à leur 
partie postérieure, que les principales nervures sont 
à leur naissance, entourées d'un petit flocon de duvet 
de couleur rousse. Dans les temps chauds, il exsude 
des feuilles des arbres qui croissent dans les terreins 
les moins humides, une substance visqueuse qui les 
rend collantes au toucher; si on vient à froisser ces 
feuilles, elles donnent une odeui aromatique assez 
sensible. 

Les fleurs mâles et les fleurs femelles sont sur le 
même arbre, mais sur des branches différentes; les 
premières sont des chatons de forme ovale, alongés 
d'un pouce et demi [4 centimèt. j : les fleurs femelles 
sont très-peu apparentes; les fruits qui leur succè- 
dent, sont globuleux et hérissés de pointes. A l'é- 
poque de la maturité des graines , ils ont environ 
I pouce ^3 centimètres) de diamètre, et sont sus- 
pendus par un pédicule flexible de i à 2 pouces 
f 3 à 6 centimètres). Ces boules sphériques, d'abord 
vertes, finissent par devenir un peu jaunâtres; elles 
se composent d'un grand nombre de capsules inti- 
mement unies les unes aux autres. Au commencement 
de l'automne, elles s'ouvrent pour laisser échapper 

III. 25 



igS LIQUIDAMBAR STYRACIFLUA. 

de petites graines noirâtres etoblongues, déprimées 
et surmontées d'une aile. Chaque capsule contient 
une ou deux de ces graines, lesquelles se trouvent 
réunies à un grand nombre de petits corps infertiles, 
qui ressemblent à de la sciure de bois de Chêne. 

Les gros Liquidambars ont leur tronc revêtu d'une 
écorce profondément crevassée et assez semblable à 
celle de plusieurs espèces de Chênes. On trouve dans 
le même terrein des Liquidambars d'une égale gros- 
seur, dont les uns ontbeaucoup d'aubier et seulement 
5 3i 6 pouces [ i5 à i8 centimètres) de cœur , et dont 
les autres, au contraire, ont beaucoup de vrai bois 
ou de cœur, et une couche d'aubier fort peu épaisse. 
Le cœur est rougeâtre , et lorsqu'il est débité en 
planches, on observe qu'il est traversé de loin en 
loin de quelques zones noirâtres. Ce bois a le grain 
très-serré et d'une très-grande finesse , ce qui fait 
qu'il se polit très-bien. Quoiqu'il soit moins fort que 
le Chêne, il l'est néanmoins suffisamment pour être 
employé à des usages qui exigent beaucoup de soli- 
dité et un assez grand degré de résistance. Ainsi , 
lorsqu'il est bien sec et entièrement dépouillé de 
son aubier, on l'employé actuellement à Philadel- 
phie , dans la construction intérieure des maisons ; 
on s'en sert surtout pour en faire les solives des 
étages supérieurs : mis en œuvre avec ces précau- 
tions, il dure plus long-temps qu'aucune espèce de 
Chêne rouge. Comme on peut tirer de cet arbre des 
planches d'une très-grande largeur, qui, quelque- 



LIQUID AMliAR STYRACIFLUA. l(J(j 

fois, ont (le 2 à 3 pieds (i mètre) de diamètre , on 
en trouve chez les marchands de bois, qui sont 
débitées sur une petite épaisseur, et qui servent aux 
Ébénistes à doubler l'intérieur des meubles d'Aca- 
jou j usage auquel elles conviennent très -bien, à 
cause de la finesse du grain du bois, de sa couleur 
rougeàtre, et parce qu'elles sont légères. 

On faisoit autrefois dans les campagnes , une partie 
des meubles en Liquidambar y qui, quoique assez 
agréables quand ils sont bien entretenus , le cèdent 
néanmoins en beauté à ceux fabriqués en Noyer noir 
et en Cerisier de Virginie, dont le bois plus dur, con- 
serve mieux le poli et se raye moins facilement. A 
Philadelphie, on se sert préférablement du bois de 
Liquidainbar pour de petits cadres de tableaux de 
forme ronde ou ovale, qu'on teint ensuite en noir; 
on en fait aussi quelquefois des rampes d'escalier et 
des montansdebois de lit, mais moins fréquemment 
qu'en Cerisier de Virginie , et en Érable rouge ondulé. 
A New-York, les bières pour enterrer les morts sont 
généralement en planches de cet arbre. Enfin le bois 
du Liquidamhar , quoique inférieur en qualité à 
celui du Noyer noir, peut-être employé utilement 
pour toute espèce de travaux intérieurs: il a néan- 
moins le défaut de pourrir promptement lorsqu'il 
n'est pas à l'abri des injures de l'air. 11 est peu estimé 
comme bois de chauffage; et lorsqu'on en amène 
au marché pour cet usage, on le mélange avec 
d'autres qui ne valent pas mieux que lui , et qui 
composent la dernière qualité. 



200 LIQUIDAMBAR STYRACIFLUA. 

Lorsqii'en été , on entame la partie vive de rëcorce 
du Liquidamhar styracjflua^ et même un peu l'au- 
bier, il en suinte une substance résineuse dont 
l'odeur est très-agrëable, mais dont la quantité est 
toujours petite; car, d'après les essais que j'ai faits 
en Caroline, sur des arbres d'un pied (32 centim.J 
de diamètre, je n'en ai pas recueilli une demi once, 
dans Fespace de quinze jours. 

Tout ce que j'ai dit sur les propriétés et l'emploi 
dans les arts du bois du Liquidainhar styracjjlua^ 
tend à prouver que, sous ce point de vue, il est 
inférieur en qualité à celui qui est tiré de plusieurs 
autres espèces d'arbres. Je pense même que, lors- 
que, dans la suite des temps, les Forestiers améri- 
cains s'occuperont de la composition des forets artifi- 
cielles , ils donneront la préférence à d'autres espèces 
plus utiles, et qu'ils ne réserveront de celles-ci 
qu'une quantité très-petite, et seulement les indi- 
vidus, dont la végétation sera la plus vigoureuse. 

Depuis bien des années^ on possède en Europe 
des Luiquidanibar styracyflua^ en pleine terre : mais 
quoiqu'ils aient atteint une élévation supérieure à 
celle à laquelle ils fructifient dans le sol des Etats- 
Unis, ils ne rapportent pas encore de graines; c'est 
ce qui fait que cet arbre n'est pas très-commun, il 
seroit cependant à désirer de le voir plus multi- 
plié dans les parcs et jardins d'une grande éten- 
due; car la teinte agréable de son feuillage, et la 
forme singulière de ses feuilles, fixeront toujours 



LIQUIDAMBAR STYRACIFLUA. 20I 

avec intcTct l'attention des Amateurs de cultures 
étrangères. 

PLANCHE IV. 

Rameau avec des feuilles et un fruit à maturité de grandeur 
et de couleur naturelles, Fig. i , graines. Fig. 2 , petits corps in- 
fertiles qui se trouvent au nombre de cinq ou six, avec une ou deux 
graines dans la même cellule. 






LYRIODENDRUM tvlipifeua. 

THE POPLAR OR TULIP TREE. 
Polyandrie polygiuie , LiNN. Fara. des Magnolicrs , Juas. 

Lyriodendrum tulipifera , foliis trilobis , lobo medio 

truncato. 

Cet arbre un des plus remarquables de l'Amé- 
rique Septentrionale , par sa haute élévation , son 
beau feuillage et ses belles fleurs , offre également 
un grand degré d'intérêt par les usages infiniment 
variés auxquels son bois est approprié, et qui , sous 
ce seul rapport, le rendent fort utile à la société. 
Dans la plus grande partie des Etats-Unis, et par- 
tout où il est le plus abondant, cet arbre est désigné 
par le nom de Poplar^ Peuplier ; et secondaire- 
ment dans les Etats de INew-York et de Nev^ -Jersey, 
par ceux de TVhite wood et de Canœ wood ^ Bois 
blanc et Bois à canot; plus rarement encore, on lui 
donne celui de Tulip tree ^ Tulipier. Cette dénomi- 
nation qui est adoptée en Europe depuis que cet arbre 
y est connu , seroit assurément préférable; car, d'une 
part, elle est fondée sur une certaine ressemblance 
de sa fleur avec celle de la Tulipe ; de l'autre , on ne 
trouve en lui aucun caractère, même apparent, qui 
puisse le rapprocher des vrais Peupliers, lesquels lui 
sont très-inférieurs à tous égards. Mais l'usage atelle- 
ment consacré le nom de Poplar , Peuplier , dans les 




BoFj'a df/. 



1.YRIODE.NDRTJM Tiilipifera. 



-/y^ra^/^ 



ÛoItv/ tV 



ov ' "^ ////// ( //VV^ 



LYRlODIiNDRUM TULIPIFERA. AO'.j 

Etats-Unis que je n'aipascrii devoir le changer: je me 
suis contenté d'y réunir celui de 7 M/i/?free, Tulipier, 
dans l'espérance, très-douteuse, à la vérité, que cette 
dernière dénomination finira à la suite du temps , 
par prévaloir. Les Français de la Louisiane et du 
Canada, le connoissent sous le nom de Bois jaune, 
Yellow-wood. 

L'extrémité inférieure et septentrionale du lac 
Cbamplain, qui correspond au 45 degré de latitude 
Nord , d'une part , et la rivière Connectitut qui coule 
parallèlement au 72». de longitude, de l'autre , peu- 
vent, je pense, être considérés comme Irès-rappro- 
chés des limites que la nature a assignées au Tuli- 
pier dans cette direction. Car ce n est véritablement 
qu'à partir de la rivière Hudson, qui coule envi- 
ron 2 degrés plus à l'Ouest , et au-dessous du 43' 
degré de latitude, qu'on commence à observer fré- 
quemment cet arbre dans les forets , et oii il acquiert 
une très-grande élévation. Sa végétation n'y est plus 
restreinte par les froids excessifs qui se font ressentir 
en hiver dans la partie supérieure du Connectitut, 
ainsi que dans l'Etat de Vermont, dont le sol mon- 
tagneux est d'ailleurs peu favorable à sa propagation. 
C'est donc dans les Etats du Centre^ dans les Hautes- 
Carolines et la Haute-Géorgie , mais surtout dans 
les Etats de l'Ouest et notamment dans le Rentucky, 
que le Tulipier est le plus multiplié. 11 est compa- 
rativement beaucoup plus rare dans la partie basse 
et maritime des deux Carolines et de la Géorgie, 
ainsi que dans les deux Florides et la Basse-Loui- 



204 LYRIODENDRUM TULIPIFERA. 

siane^ moins à cause de la grande chaleur qu'on y 
éprouve en été , que parce que le terrein lui est peu 
convenable,soit en raison de son aridité, comme dans 
les Pinières, soit à cause de sa trop grande humi- 
dité , comme dans les marais vaseux qui bordent les 
rivières. Quoique j'aie dit que le Tulipier étoit très- 
commun dans les Etats du Centre et de l'Ouest, il 
l'est cependant toujours moins que les Chênes, les 
Noyers, les Frênes et les Erables, parce qu'il ne se 
plaît bien que dans les terreins meubles , profonds , 
fertiles et constamment frais qui forment les bas- 
fonds^ dont les grandes rivières sont accompagnées , 
ou encore dans ceux à pente douce quilesavoisinent, 
et qui ordinairement entourent les grands marais , 
enclavés dans les bois: c'est dans ces différentes situa- 
tions, que cet arbre est toujours plus abondant, et 
qu'il parvient à son plus grand degré d'accroissement. 
Dans les Etats atlantiques, surtout à quelque dis- 
tance de la mer , on trouve fréquemment des Tuli- 
piers qui s'élèvent à 70, 80 et 100 pieds (^ ^3 , 27 
et 33 mètres) de hauteur, sur un diamètre de 18 
pouces à 3 pieds (5o à 100 centimètres). Mais les 
Etats de l'Ouest paroissent être la véritable patrie de 
cet arbre magnifique , si on peut considérer comme 
tel , le pays oi^i il atteint son plus grand degré de force 
végétative. Le plus souvent leTulipier se trouve mêlé 
parmi d'autres espèces d'arbres, tels que les Noyers 
Hickery, le Noyer noir, le Noyer cathartique, le 
Gjmnocladus canadensis, le Cerisier de Virginie: 
cependant il forme quelquefois aussi, à lui seul, 



LYRIODr:NDRUM Tl'LIPIFERA. 20.> 

des parties de bois assez étendues, comme mon Père 
en trouva au Rentucky , sur la route qui conduit 
de Beard Stone à Louisville. Dans aucun de 
ses voyages dans les Etals -Unis, il ne vit des 
Tulipiers d'une plus grande élévation et d'une gros- 
seur aussi considérable: sans s'éloigner de la route, 
il en observa un grand nombre, qui avoient i4, i5 
et souvent i6 pieds (4^5 49 ^^ ^^ décimètres) de 
circonférence; trois milles et demi (^6 kilomètres], 
avant d'arriver à Louisville, il en mesura un qui , à 
5 pieds ( i6 décimètres) de terre, avoit 22 pieds 6 
pouces Ç 73 décimètres) de circonférence, et qu'il 
estima s'élever de 120 k 1 40 pieds ( 4^ ^ 43 mètres ) ; 
estimation dont j'ai eu depuis occasion de vérifier 
l'exactitude. De tous les arbres de l'Amérique Sep- 
tentrionale qui perdent leurs feuilles en hiver, le 
Tulipier est, après le Platane, celui qui parvient à 
la plus grande hauteur et au plus fort diamètre. Mais 
sa tige parfaitement droite, son diamètre toujours 
égal jusqu'à plus de lyo pieds ( i3 mètres) de haut, 
ses branches plus régulièrement espacées et revêtues 
d'un superbe et riche feuillage, lui donnent une 
grande supériorité sur le Platane , et l'ont fait consi- 
dérer avec raison, comme l'un des plus magnifiques 
végétaux de la zone tempérée. 

Le développement des feuilles du Tulipier ne res- 
semble point à celui des feuilles des autres arbres : 
dans le plus grand nombre de ceux-ci, les bour- 
geons sont composés d'écaillés étroitement appli- 
quées les unes sur les autres, qui, au printemps, 

III. u6 



2o6 LYRIODEIN D RUM TULIPIFERA. 

cèdent à la distention du petit faisceau de feuilles 
qu'ils renferment, et tombent ensuite; ou bien ces 
bourgeons sont à nu, comme dans le Noyer noir et 
le Noyer catliartique, et les feuilles commencent à 
végéter par la seule action de la sève: dans le Tuli- 
pier , au contraire, le bourgeon terminal de chaque 
pousse enfle considérablement avant de produire les 
feuilles ; il forme une espèce de sac , de forme ovale , 
qui contient la feuille naissante et qui ne s'ouvre pour 
la laisser sortir, qu'au moment où elle paroît avoir 
acquis assez de force pour supporter les influences 
de l'air; le même sac ou enveloppe, en contient un 
autre, qui, dès que la première feuille est sortie, 
grossit, s'ouvre et donne de même naissance à une 
deuxième feuille. Dans les arbres jeunes et très-vigou- 
reux , cinq ou six feuilles sortent successivement de 
la même manière , d'un sac particulier; et toutes les 
enveloppes sont contenues Tune dans l'autre. Cha- 
que feuille conserve, jusqu'à ce qu'elle ait acquis la 
moitié de sa grandeur totale , les deux lobes dont la 
réunion formoit cette espèce de sac, et auxquels on 
donne alors le nom de stipules. 

Lorsqu'au printemps, la température est chaude 
et humide , les feuilles du Tulipier ont bientôt 
acquis tout leur développement; elles ont de 6 à 8 
pouces (i8 à i[\ centimètr.J de largeur. Ces feuilles 
disposées alternativement et portées sur de longs 
pétioles, sontun peu charnues, lisses et d'une teinte 
verte, agréable à l'œil: elles sont partagées en trois 
lobes; celui du milieu est, à son sommet , échancré 



LYRIODENDRUM TULIPIFERA. 2O7 

horizontalement, et les deux inférieurs arrondis à 
leur base. Cette, singulière conformation est parti- 
culière à cet arbre , et suffit en été pour le faire recon- 
noitre au premier aspect parmi tous les autres. Les 
fleurs du Tulipier sont fort grandes, évasées etnuan- 
cées de diverses couleurs, où le jaune domine : elles 
ont beaucoup d'éclat et sont très-nombreuses sur 
les arbres isolés. Ces (Jeurs, dont l'odeur est douce, 
et qui sont accompagnées d'un riche feuillage, pro- 
duisent un très-bel effet. Au printemps, les femmes 
et les enfans des campagnes qui avoisinent ÏNew- 
Tork, les coupent et vont les vendre au marché de 
cette ville, Les fruits sont formes d'un grand nombre 
d'écaillés minces, étroites, alongées, attachées à un 
axe commun, et disposées en cône, dontle sommet 
est très-acaminé , et dont la longueur varie de 2 à 3 
pouces ^6 à 9 centimètres]. Lorsque ces cônes sont 
bien fournis, chacun d'eux est composé d'environ 
60 à 70 graines^ dont il n'y a jamais qu'un tiers qui 
ait la faculté reproductive, et dans certaines années, 
il ne s'en trouve même que 7 ou ou 8: on observe 
encore que, dans le cours des dix premières années 
où le Tulipier commence à fructifier, la presque tota- 
lité des graines est infertile , et que , dans les gros 
arbres, celles qui se trouvent sur les branches les plus 
élevées, sont les meilleures. 

L'écorce qui couvre le tronc du Tulipier, est lisse 
et unie, tant qu'il n'excède pas 7 à 8 pouces (21 à il\ 
centimètres) de diamètre : ensuite elle commence 
à se crevasser, et ces crevasses sont d autant plus 



208 LYRIODENDRUM TL'LIPIFERA. 

profondes , et son écorcc est d'autant plus épaisse 
que les arbres sont plus gros et plus vieux. 

Le vrai bois ou le cœur du Tulipier, est jaune y 
approchant de la couleur citron , et entouré , comme 
dans tous les autres arbres, d'un aubier blanc. Cette 
couleur jaune du cœur est plus ou moins foncée ;^ 
alors elle a une teinte verdâtre , souvent même elle 
est nuancée de violet. Quoique cet arbre appartienne 
à la classe des bois légers, il Test cependant beau- 
coup moins que celui d'aucune espèce de Peupliers;, 
le grain en est aussi fin, mais plus serré ; et quoique 
plus dur, il se travaille facilement et se polit bien. 
On lui a reconnu assez de force et de rigidité pour 
être employé à des usages, qui requièrent beaucoup 
de solidité 5 lorsqu'il est dépouillé de son aubier, 
et qu'il est bien sec, il résiste long-temps aux injures 
de l'air, et il est, dit-on, rarement attaqué par les 
vers. Son principal défaut, lorsqu'il est débité eu. 
planches, et que ces planches sont employées de 
toute leur largeur au dehors, est d'être sujet à se 
tourmenter par les alternatives de la sécheresse et 
de l'humidité ; mais à beaucoup d'autres égards , ce 
défaut est en grande partie compensé. La nature du 
terrein paroît influer assez sur la couleur jaune 
plus ou moins foncée , et sur la qualité du bois du 
Tulipier, pour que ceux qui le mettent en œuvre en 
aient fait la remarque; ce qui fait qu'ils le distin- 
guent en Tulipier à bois jaune et en Tulipier à bois 
blanc ; mais les signes extérieurs qui distinguent ces 
deux variétés , sont très-équivoques ; c'est pourquoi , 



LYRIODENDRUM Tt'LIPIFERA. 20CJ 

en général , on est obligé d'entamer l'arljre , pour 
s'assurera laquelle il appartient. Cependant on sait 
généralement que les Tulipiers à bois blanc crois- 
sent dans les endroits secs, élevés et graveleux; on 
les reconnoit encore à ce qu'ils sont très-rameux, 
et que le cœur légèrement jaunâtre, est toujours en 
petite proportion avec l'aubier. Le grain en est plus 
grossier, plus dur, et lorsqu'il est employé , il pourrit 
fort promptement; ce qui fait qu'on le rejette toutes 
les fois qu'on peut se procurer du bois de la y)re- 
mière variété, dite à bois jaune. On trouve dans 
celle-ci toutes les qualités qui la rendent propre à 
une infinité d'usages ; ces usages sont tellement 
variés, que je me contenterai d'indiquer les plus 
habituels. A Nev7-York, à Philadelphie et dans les 
campagnes environnantes , on estime et on employé 
souvent le Tulipier dans la construction des mai- 
sons, pour en faire les solives et les chevrons des 
étages supérieurs , et cela à cause de sa force et de 
sa légèreté: mais dans les États du Centre, dans les 
Hautes-Carolines et surtout dans tous ceux de 
l'Ouest, son usage est encore plus général dans la 
bâtisse des maisons; il y remplace le mieux, à ce 
qu'il paroît , le Pin et surtout le Cèdre et les Cyprès. 
Ainsi, partout où le Tulipier est abondant, on s'en 
sert pour revêtir intérieurement la charpente des 
maisons; quelquefois même on l'applique au-dehors , 
comme je l'ai observé dans plusieurs petites villes 
qui sont situées entre Laurel Hill et la rivière 
Monongahela , où l'on n'a pas la facilité de se pro- 



'2IO LYRIODENDRUM TULIPIFERA. 

curer des planches de Pin, qui, exposées aux alter- 
natives de la sécheresse et de l'humidité , n'ont pas 
comme celles du Tulipier, le défaut de se tourmen- 
ter. Les panneaux des portes et desboiseries , les mou- 
lures qui décorent les manteaux de cheminées , sont 
aussi faits de ce bois. Dans les Etats de l'Ohio, du 
Rentucky, sur la rivière Miami, dans la Haute- 
Caroline du Nord , les essentes ou bardeaux de cœur 
de Tulipier, débitées sur i8 pouces (54 centimè- 
tres) de longueur, sont les plus estimées et les plus 
durables dont on puisse se servir pour couvrir les 
maisons; car, outre la propriété qu'elles ont de 
résister long-temps aux inclémences du temps , elles 
ne sont pas sujettes à se fendre par les fortes gelées 
ni par l'ardeur du soleil. 

Dans toutes les grandes villes de États-Unis, le 
Tulipier débité en planches très-minces, qui ont 
souvent 2 à 3 pieds (^ 64 à 97 centimèt. ) de large , 
est le seul bois dont les Carrossiers se servent pour 
les panneaux de carrosses et de cabriolets. Ce bois 
bien sec, reçoit un beau poli et prend bien la cou- 
leur. Les environs de Boston ne produisent pas cet 
arbre , on le tire pour cet usage , soit de New- York 
ou de Philadelphie; on en envoyé dans la même 
vue, à Charleston, dans la Caroline du Sud, où les 
Tulipiers qu'on y trouve, sont rares et d'un petit 
diamètre. Dans les chaises, dites de Windsor, qui 
se fabriquent à New- York, à Philadelphie, à Balti- 
more et dans les autres villes des États du Centre, 
la pièce qui forme le siège, est toujours en Tuli- 



LYRIODliNDRUM T U LIPlFJtR A. 211 

pier; pour cet usage seul on en consomme une Lien 
plus grande quantité qu'on ne sauroit le supposer, 
de même que pour la confecJtion des malles que 
Ton couvre en peaux, et pouren faire des couchettes 
que l'on teint en couleur d'Acajou. J'ai encore 
remarqué que la pièce circulaire et les ailes des 
talards sont de ce bois; et comme il se tourne très- 
aisément,^on en fait beaucoup de sébiles qui sont 
très légères; on le préfère aussi pour la tète des 
balais à longs crins. Les Fermiers le choisissent 
pour en faire des auges, dans lesquelles on donne 
à manger ou à boire aux bestiaux. Ces auges d'une 
seule pièce , exposées en plein air , durent aussi 
long-temps que celles qui sont de Châtaignier ou 
de Noyer cathartique. J'ai vu aussi au Kentucky, 
employer le bois de cet arbre pour les barres des 
clôtures des champs; mais j'avoue que j'ai oublié 
de m'informer de leur durée, comparée à celle des 
barres faites avec les autres bois du pays. Dans la 
construction des ponts en bois, on a reconnu que le 
Tulipier à bois jaune , lorsqu'il est bien sec, pouvoit 
être utilement employé, parce qu'il réunit la force 
à la légèreté et qu'il résiste long-temps à la pourri- 
ture. Quelques personnes m'ont assuré qu'on pou- 
voit se servir utilement du cœur de Tulipier pour en 
faire les jantes des grandes roues de moulins, qui 
sont à chaque moment plongées dans l'eau, et les 
planchettes qui les unissent. 

Les Lidiens qui habitoient les États du Milieu et 
ceux qui se trouvent encore dans les Étals de l'Ouest, 



212 LYRIODENDRUM TULIPIFERA. 

préfèrent le Tulipier pour faire des pirogues. Ces 
bateaux, toujours d'uu seul tronc d'arbre creusé, 
ont beaucoup de force et de légèreté; il en est qui 
portent jusqu'à vingt personnes. Enfin ce bois 
donne un excellent charbon dont les maréchaux 
se servent dans les Cantons où il n'existe point de 
charbon de terre. Dans les chantiers des villes de 
Nev\^-York, de Philadelphie et de Baltimore, on 
trouve toujours une grande quantité de bois de Tuli- 
pier, débité de manière à être employé aux usages 
les plus ordinaires que je viens d'énumérer. Ce bois 
y est à très-grand marché, et il se vend moitié moins 
que celui de Noyer noir, de Cerisier de Virginie et 
d'Erable rouge ondulé. 

Le Tulipier est tellement abondant dans tous les 
pays traversés par la rivière Monongahela, entre les 
4o et 39' degré de latitude , qu'on fait flotter sur 
cette rivière , de grands radeaux, composés unique- 
ment de tronçons de Tulipiers; observation que 
j'ai faite à Red Stone, dit actuellement Browns- 
ville , où ces tronçons sont débités en planches 
pour la construction intérieure et extérieure des 
maisons des environs et même de Pittsburg : elles 
se vendent sur le pied de 10 dollars (5o francs J les 
mille pieds courant. J'ai observé que la grosseur 
moyenne du plus grand nombre de ces tronçons 
étoit de 12 à i5 pouces (^ 36 à 4^ centimètres ) de 
diamètre : les plus grosavoient 20 à 24 pouces ( 54 à 
66 centimètres j, et les plus petits de 9 à 10 pouces 
{^ 29 à 3o centimètres j. Les deux extrémités de ces 



LYRIODENDRUM TULIPIFERA. 2l3 

tronçons étoient d'un bleu foncé; à cette occasion 
j'ai observé que lorsqu'on abat un Tulipier, les co- 
peaux qui viennent du cœur et qui sont abandonnés 
sur terre, subissent au bout de trois semaines ou un 
moisj une altération remarquable, surtout ceux de 
ces copeaux qui se trouvent à moitié enterrés sous les 
feuilles; la partie inférieure devient d'une couleur 
Lieue foncée, et ils exhalent alors une odeur fétide 
et comme ammoniacale, très-sensible. 

La partie vive ou cellulaire de l'écorce du Tulipier 
celle de ses branches et notamment des racines, a 
une odeur agréable et une saveur très-amère. En Vir- 
ginie, quelques habitans des campagnes, font infuser 
dans l'eau-de-vie , pendant huit jours, une égale quan- 
tité de l'écorce des racines de cet arbre et de celle de 
Cornus florida. Cette liqueur ou teinture , prise à 
la dose de deux verres à liqueur , par jour , guérit quel- 
quefois les fièvres intermittentes. Cette écorce réduite 
en poudre, et donnée en substance aux chevaux, les 
débarrasse des vers ; remède qui paroît assez certain. 

On trouve dans V American Musœum , du mois 
de Décembre 1792, des détails assez circonstanciés 
sur les propriétés précieuses qu'assigne à l'écorce de 
Tulipier, le D^ J. Yong, de Philadelphie. Je rappe- 
lerai ici ce qu'il a écrit à ce sujet, quoique ces pro- 
priétés aient été depuis contestées dans le pays même, 
par d'autres Médecins, et que l'usage de cette écorce 
ne soit pas général dans les campagnes, et qu'il n'ait 
pas encore été adopté dans les grandes villes où il 
y a plus de lumières. Suivant le D'. Yong, le temps 

III. 27 



^l4 LYRIODENDRUM TULIPIFERA. 

le plus convenable pour se procurer l'ëcorce du Tuli- 
pier, pour l'emploi médical, est le mois de janvier: 
lo. cette écorce jouit, dit-il, d'une propriété aroma- 
tique , et elle est plus amère que le Quinquina , 
quoique moins astringente; 20. elle possède une 
qualité appartenante aux aromatiques acres, d'où il 
conclut qu'elle est un fort antiseptique et un puissant 
tonique: l'arôme paroit résider dans une partie rési- 
neuse , qui stimule le canal intestinal et produit des 
évacuations réitérées , semblables à celles qui sont le 
résultat de l'emploi de légers cathartiques; 3o. dans 
plusieurs occasions, l'estomac ne peut le supporter 
pris en substance , qu'en réunissant à chaque dose , 
quelques gouttes de laudanum ; 4°* l'ëcorce de Tuli- 
pier, administrée dans plusieurs cas de fièvres inter- 
mittentes, égale l'efficacité du Quinquina , lorsqu'on 
l'administre après avoir évacué les conduits biliaires 
par un émétique; 5°. dans les fièvres rémittentes, 
son usage est suivi d'autant de succès , que dans 
les intermittentes; et dans un cas particulier, elle 
a mieux réussi que le Quinquina ; 6». dans les 
maladies inflammatoires , où la diatlièse plilogistique 
n'est pas marquée , et qu'un manque d'action a 
pris place dans le système artériel, cette écorce donne 
du ton et de la vigueur à l'estomac; 70. combinée 
avec le laudanum, elle a souvent fait disparoître les 
symptômes alarmans qui ont lieu dans la phthisie 
pulmonaire, lorsqu'elle est accompagnée de sueurs 
nocturnes et de diarrhées; 8°. un individu attaqué 
de catliarre, compliqué de dispepsie , et dont lamala- 



LYRIODENDRUM TUMPIFERA. 12 1 ^ 

(lie avoit résisté aux médicamens les plus appropriés, 
a été complètement guéri par l'usage de ce médica- 
ment; 90. il n'existe pas, continue le D^ Yong, 
dans toute la matière médicale, de remède plus cer- 
tain et plus efficace contre les maladies histériques, 
que cette écorce combinée avec une petite quantité 
de laudanum ; c'est aussi un médicament parfait 
dans le Choiera infantiuru^ après qu'on a évacué les 
premières voies: enfin, c'est un excellent vermifuge. 
L'écorce de la racine de Tulipier peut se donner en 
extrait, soit étendue d'eau, soit en infusion ou en 
décoction; mais sa vertu est toujours plus marquée, 
lorsqu'on la fait prendre en substance. La dose pour 
un adulte est d'un scrupule à deux drachmes.. 

Quelques personnes fabriquent àParis uneliqueur 
spiritueuse de table , d'une odeur et d'un goii^ i^'ès- 
agréables, faite avec l'écorce de la racine fraici^ri de 
Tulipier, à laquelle on ajoute la quantité de ::urre 
nécessaire pour la rendre plus douce. 

Le Tulipier a été introduit en Europe, il y a pVas 
de 5o ans, et il en existe actuellement en France , en 
Allemagne et en Angleterre , beaucoup d'indivJihis 
qui s'élèvent au-dessus de [\o à 5o pieds [lo à 20 
mètres), et qui, tous les ans, se couvrent de milliers 
de fleurs et donnent de bonnes graines. Cet arbre 
est tellement répandu, surtout depuis iS ans , qu'il 
est peu de particuliers dont la résidence champêtre 
n'en renferme quelques pieds. La belle apparence 
de sa tige , la richesse et la singularité de son feuil- 
lage , la beauté de ses fleurs , le rendent très propre 



/ 



/ 



2l6 LYRIODENDRUM TULIPIFERA. 

à en faire rornement. Il est à désirer que les excel- 
lentes qualités de son bois, qui se prête à une infi- 
nité d'usages, le fassent propager dans les forets 
Européennes. Les plantations qu'on en feroit dans 
celles qui sont assises sur un sol frais et fertile , 
auroient, je ne puis en douter, le plus heureux suc- 
cès. Lorsqu'il sera serré parmi les autres arbres , 
on verra en Europe , comme je l'ai observé dans ^ 
l'Amérique Septentrionale, que le Tulipier est un 
de ceux qui atteint la plus grande élévation, sur le 
plus petit diamètre» 

PLANCHE V. 

Rameau avec une feuille et une fleur de grandeur et de couleur 
naturelles. Fig» i , fruit touchant au terme de sa maturité. Fig. a , 
graine. 



FI. 6. 




Bfj'j-a del- 



ûaii^el iPc. 



BIGNONIA Catalpa 



BIGNONIA CATALPA. 

THE CATALPA. 
Didynamie angioapertiiie. LiNN. Farii. dea Bigiioncs , Juss. 

BiGNONiA catalpa ; fol'ùs simplicihus y ternis y cordalis : 
paniculd laxissinià ; Jloribus diandris ^ in tus maculis 
purpureis et luteis adpersis : capsula gracili , longà , 
tereti. 

Dans les Etats atlantiques, c'est sur les bords de 
la rivière Savanalî, près d'Augusta, en Géorgie ; et 
à l'Ouest des Alléghanys , sur ceux de la Cumber- 
land , entre les 35°. et 36". de latitude, qu'on com- 
mence à trouver dans les forets le Catalpa^ mais 
au-delà de ces limites, vers le Sud, il est plus abon- 
dant, et toujours dans le voisinage des rivières qui 
se jettent dans le Mississipi, ou qui traversent la 
Floride Occidentale. On m'a assuré que cet arbre 
étoit surtout multiplié le long de la rivière Fscam- 
bia ou CoenecKu, à Tembouchure de laquelle est 
située Pensacola. Ce qui est néanmoins assez remar- 
quable , c'est que le Catalpa n'existe pas dans la 
partie basse des deux Carolines, de la Géorgie, non 
plus que dans la Floride Orientale, qui sont situées 
si près des endroits où il croît naturellement dans 
les bois , et oii ceux qui y ont été plantés comme 
arbres d'ornement, devant les maisons, poussent 
avec une vigueur extraordinaire. -Dans ces contrées 
Méridionales , le Catalpa parvient à une assez grande 



3l8 BIGNONIA CATALPA. 

hauteur, laquelle excède fréquemment 5o pieds 
(17 mètres), sur 18 à 24 pouces (So à 66 centim.) 
de diamètre : il est toujours facile à reconnoitre à 
son écorce peu fendillée et d'un gris blanc, à ses 
feuilles fort grandes et à sa cime Irès-élargie, qui 
embrasse plus d'espace que sa grosseur ne semble le 
comporter; résultat de la disposition de ses bran- 
ches qui sont très- divergentes et qui diffèrent encore 
de celles des autres arbres, en ce qu'elles sont moins 
rameuses. Les feuilles du Catalpa sont cordiformes, 
pétiolées et très-grandes. Elles ont souvent 637 
pouces (^18 à 21 centim. j en largeur. Elles sont gla- 
bres à leur surface supérieure et velues à leur sur- 
face inférieure , ce qui est plus apparent sur les prin- 
cipales nervures. Elles sont tardives à se développer 
au printemps, et sont aussi des premières à tomber 
aux approches de l'automne. Les fleurs qui sont fort 
belles, forment de grosses grappes à l'extrémité des 
branches; leur couleur est blanche, tachetée de 
violet et de jaune , et elles ont beaucoup d'éclat. Aux 
fleurs succèdent des gousses cylindriques, pendan- 
tes, brunes à l'époque de leur maturité; elles ont 
alors 3 à 4 lignes (7 a 9 millimètres) de diamètre , 
sur 12 à i5 pouces (^^Q à 4^ centimètres) de lon- 
gueur. Ces gousses ou capsules renferment des graines 
applaties, minces, enveloppées d'une aile, membra- 
neuse, longue, étroite et terminée par une houppe 
de poils. Chaque graine , y compris ses ailes , est 
longue d'un pouce (3 centimètres), et large d'une 
ligne et demie (4 millimètres). 



BIGNONIA CATALPA. 210) 

Le Catalpa a une croissance rapide, ce qui est 
pleinement indiqué par le grand écartement des cou- 
ches annuelles ou concentriques. Son bois, d'un gris 
blanc^ est fort léger; la texture en est fine, et il paroit 
comme lustré lorsqu'il a ^té poli. Ses qualités physi- 
ques le rapprochent beaucoup, à ce qu'il m'a paru, 
de celui du Ju^lans cathartica^ qui en diffère seule- 
ment, parce qu'il est d'une teinte rougeàtre , et 
qu'il est moins durable , lorsqu'il est exposé aux 
injures du temps; car on^ a éprouvé assez récem- 
ment dans les Etats-Unis , que le bois du Catalpa , 
bien sec^ faisoit des pieux d'une longue durée : 
on s'en est convaincu à la suite de quelques essais, 
tentés par des personnes qui ont fait abattre des 
arbres plantés devant leurs maisons. Voilà les seuls 
renseignemens que je puis donner sur le bois de 
cet arbre ; car les pays où j'ai dit qu'on le trouvoit 
fort abondamment^ sont encore peu habités ; et d'ail- 
leurs je n'y ai pas voyagé. 

Si, au printemps , on enlève un morceau du tissu 
cellulaire de l'écorce du Catalpa^ on trouvera qu'elle 
exhale une odeur vireuse fort désagréable. Dans une 
thèse soutenue au collège de Médecine de Phila- 
delphie, cette écorce est présentée comme tonique , 
stimulante et susceptible de prévenir la putréfaction 
plus long-temps que le Quinquina. Mais cette thèse 
m'a paru foible en moyens, en sorte qu'on ne peut pas 
avoir la même confiance dans les opinions de son 
auteur, que dans celles du jeune médecin qui prit 
le Cornus Jlorida pour le sujet de sa dissertation. 



220 BTGNONIA CATALPA. 

dans laquelle il a prouvé des connoissaijces réelles 
et variées. On m'a assuré que le miel recueilli par 
les abeilles sur les fleurs du Catalpa^ étoit d'une 
qualité vénéneuse et dont les effets, sans avoir des 
suites fâcheuses, sont analogues à ceux que produit 
celui qu'elles amassent sur les fleurs du Geselmi- 
num nitidum , Yellow jasmine. 

Dans les Carolines et la Géorgie, le Catalpa est 
le plus souvent désigné sous le nom de Catawhaw 
tree^ et dans les États du Centre , comme en Europe, 
par celui de Catalpa. Cette dernière dénomination 
est peut-être une corruption de la première , qui est 
le nom d'une nation indienne qui occupoit autre- 
fois la très-grande partie des deux Carolines et de la 
Géorgie , et de chez laquelle probablement on a 
d'abord apporté cet arbre. Les Français de la Haute- 
Louisiane, lui donnent le nom de Bois skai^anon^ de 
la nation des Shavanons ou Shawanes, qui existoit 
aussi autrefois dans l'Ouest Tennessee , sur la rivière 
du même nom, et qui a été changé par les Anglais 
dans celui du Cinnberland. Le Catalpa a été depuis 
fort long-temps introduit en Europe, et il y réussit 
très-bien^ il arrive cependant quelquefois que sous 
le climat de Paris, ses jeunes pousses sont attaquées 
par les gelées tardives. Sa végétation rapide , ses 
feuilles remarquables par leur grandeur, ses grappes 
de fleurs nombreuses et de la plus grande beauté, 
font avec raison considérer le Catalpa comme un 
des arbres les mieux faits pour embellir les parcs et 
jardins d'une grande étendue; mais comme il est 



bi(;nonia. catalpa. 9. 21 

trcs-multiplié et déjà anciennement connu, il n'est 
plus, par ces seules raisons, autant apprécié qu'il 
l'étoit autrefois. 

PLANCHE VI. 

Feuille et rameau de fleurs do grandeur et de couleur naturelle. 
Fig. I , gousse dont une portion est supposée avoir été retranchée 
dans son milieu, afin défaire voir ses deux extrémités. Fig. 2, graine. 



HT. 



28 



ANDROMEDA arborea. 

THE SOREL TREE. 
Décandrie moiiogyniCjLiNN. Fani. des Bruyères , Joss. 

Andromeda arborea , foliis oblongb-ovalibus , acumina- 
tis , denticulatis ; paniculis terminalibus ; corollis sub~ 
pubescentibus. 

Obs. ^rbor altiludinem 5o — 60 pedum assecjuens. 

Cet Andromeda est la seule espèce connue de ce 
genre, qui parvienne à une assez grande élévation , 
pour être considérée €omme un arbre forestier. En 
se dirigeant du INord au Midi, on commence à l'ob- 
server dans cette portion de la chaîne des Monts 
Alléghanys qui traverse la Virginie , et on continue 
ensuite à le trouver jusqu'en Géorgie, où ces mon- 
tagnes se terminent. On voit encore cet arbre dans les 
limites que je viens d'indiquer,,sur les bords escarpés 
des rivières qui prennent naissance dans ces monta- 
gnes; on remarque néanmoins qu'il devientplus rare 
et qu'il estmoins élevé, à mesure qu'on s'en éloigne, 
soit à lEst ou à l'Ouest, et il n'existe déjà plus dans 
la partie basse et maritime des deux Carolines et 
de la Géorgie; je ne me ressouviens pas non plus 
de l'avoir vu dans TOuest-Tennessée. Partout oii il 
croît, il est désigné sous le nom de Soreltree^ arbre 
à l'oseille. 

Je n'ai vu nulle part V Andromeda arborea , 
avoir de plus fortes dimensions que dans les vallon* 




ANDROMEDE Ail^orea 



ùair^el j-OÀip ■ 



ANDROMEDA ARBORE A. 29.3 

très- fertiles qui se trouvent au bas des hautes mon- 
tagnes de la Caroline du Nord , et notamment dans 
ceux dont les eaux concourent à former la branche 
septentrionale de la rivière Cataubaw, à environ 
3o milles de Morganton et 3oo milles de Charleston. 
Dans ces vallons, j'ai mesuré quelques-uns de ces 
Andromeda qui avoient 12 et i5 pouces (^ 36 et 45 
centimètres ) de diamètre , sur 5o pieds (^17 mètres) 
de hauteur, dimensions véritablement extraordi- 
naires pour un Andromeda , genre très-nombreux 
dans les États atlantiques, dont les trois quarts des 
espèces, au nombre de 8 à 10, excèdent rarement 
plus de 4? 5 et 6 pieds ( 1 à 2 mètres j de hauteur, 
et dont les plus fortes tiges sont communément de 
la grosseur du pouce. On observe cependant que 
dans lesterreins secs et graveleux, la hauteur de 
V Andromeda arborea est toujours beaucoup moin- 
dre, et qu'il ne se présente que sous la forme de 
cépée ou de buisson, ainsi que j'en ai fait la remar- 
que, surtout aux environs de Rnoxville, oii je l'ai 
trouvé plus communément que partout ailleurs. 

Les feuilles de V Andromeda arborea sont velues 
au printemps , mais elles sont lisses ou glabres , 
lorsqu'elles ont acquis tout leur développement; 
elles sont alternes, de forme ovale -acuminée et 
finement dentées dans leur contour; leur longueur, 
est de 4 à 5 pouces (12 à i5 centimètres). 

Les fleurs de cet arbre sont petites, de couleur 
blanche, et disposées en épis, dont la longueur est 
de 5 à 6 pouces (i5 à 18 centimètres). Réunis plu- 



224 ANDROMEDA. ARBORE A» 

sieurs ensemble, ils produisent un très-joli effet et 
rendent cet arbre très-propre à l'ornement des jar- 
dins. Les graines contenues dans de petites capsules, 
sont d'une finesse extrême» 

Le tronc de VAndromeda arhorea est couvert 
d'une écorce épaisse et profondément crevassée. Le 
bois est d'un rose pâle et d'une texture assez tendre 5 
on ne l'employé à aucun usage que ce soit: on a 
remarqué qu'il brûloit très-difficilement. 

C'est de l'acidité très-marquée des feuilles de cet 
arbre, que lui est venu le nom très- approprié du 
Sorel tree ^ arbre à l'oseille. Les habitans des pays 
où il croît, à défaut de sumac, les employent avec 
du aulphate de fer, pour teindre la laine en noir. 
Ces feuilles desséchées deviennent noires. 

TJAndromeda arhorea supporte un froid plus 
considérable que celui qui se fait sentir dans les 
pays où il croît naturellement^ car j'en ai vu un 
individu haut de 18 pieds (6 mètres), qui végétoit 
très-bien à New- York, où les froids sont en hiver 
beaucoup plus rigoureux qu'en France et en Angle- 
terre; ce qui doit engager les amateurs d'arbres 
étrangers à le multiplier pour le seul agrément de 
ses fleurs, qu'il donne dès qu'il a atteint 5 à 6 pieds 
(2 mètres J d'élévation. 

PLANCHE VIT. 

Rameau avec des feuilles et des fleurs de grandeur naturelle. 
Fig. I , capsules contenant les graines. Fig. 1 , graines. 




B JJieiliru»de/.. 



ffairief ,fc. 



C E liT I S o cidoiif alis . 



CELTIS OCCIBENTALIS. 

THE AMERICAN NETTLE TUEE. 
Polygamie dioecic , LmN. Fam. des Atnentacées, Jcs5. 

Çeltis occidentalis ^ foUls ovatis, acuminatis , serratis , 
basi inœqualibus , suprà scahris , subtîis hirùis» 

Le Micocoulier de Virginie est du nombre des 
arbres de l'Amérique Septentrionale, qui, sans être 
rares, sont cependant peu multiplie's, quand on le 
compare sous ce rapport aux différentes sortes de 
Chênes, de Noyers et d'Érables. Comme il est dissé- 
miné dans les forets où il croit le plus souvent iso- 
lément , il a été moins facile de reconnoître le 
commencement de son apparition vers le Nord; 
cependant dans cette direction, je ne crois pas qu'il 
se trouve au-delà de la rivière Connecticut. Dans les 
États du Centre, du Midi et de l'Ouest, il est désigné 
par le nom à' American nettle tree , Micocoulier 
d'Amérique. Les Français des Illinois Tappellent 
Bois inconnu. 

Dans les États du Centre, du Midi et de l'Ouest, 
cet arbre croit de préférence dans les situations fraî- 
ches , ombragées , où le terrein est profond et de 
bonne qualité. C'est sur les bords de la rivière Sava- 
nah, à peu de distance d'i^ugusta^ et dans la paroisse 
de Goose Creek,à 20 milles (35 kilomètres J de 
Charleston, S. C. que j'ai vu les plus grands Mico- 



<> 



■IlG CELTIS O CCI DENT A LIS. 

couliers : quelques-uns pouvoient avoir 60 à ^o 
pieds (20 h. 23 mètres) d'élévation, sur 18 à 30 
pouces Ç So a 56 centimètres ) de diamètre. Cette 
espèce a beaucoup de ressemblance avec le Micocou- 
lier d'Europe, par son port et son feuillage. Comme 
dans celle-ci, ses branches sont nombreuses, lon- 
gues et minces. Elles prennent de même naissance 
assez près de terre , et elles affectent une direction 
horizontale , et souvent inclinée. Les feuilles dispo- 
sées alternativement sur les branches, longues d'en- 
viron 3 pouces (g centimètres), et dentées dans 
leur contour, sont ovales-obliques, à leur base , et 
très-acuminées à leur sommet. Elles sont d'un vert 
sombre , et un peu rudes au toucher. Les fleurs de 
couleur blanche , paroissent de bonne-heure au prin- 
temps : elles sont fort petites et naissent une à une 
dans les aisselles des feuilles. Les fruits qui leur suc- 
cèdent sont également petits, solitaires et ronds 5 
leur couleur est d'un rouge terne. 

L'écorce qui couvre le tronc est unie, mais char- 
gée d'un grand nombre d'aspérités; celle des bran- 
ches secondaires, au contraire , est lisse et unie. Dans 
aucune des parties des États atlantiques, où cette 
espèce de Micocoulier est le plus abondant ; je 
n'ai point trouvé qu'on fit usage de son bois; et si 
quelquefois on l'employé, ce n'est jamais qu'acci- 
dentellement : ainsi je ne puis en rendre compte 
sous ce rapport. Mais, comme cette espèce a beau- 
coup d'analogie avec le Micocoulier d'Europe, je 
pense qu'elle doit;, en grande partie , jouir des 



CELTIS OCCIDENTALIS. 22-7 

mêmes propriétés. Ainsi, en faveur des Américains, 
je ra2)porterai succinctement ici celles qu'on recon- 
noit à ce dernier dans le Midi de la France, où 
l'on fait le plus d'usage de son bois. Le Micocou- 
lier d'Eui ope passe pour être robuste; il résiste aux 
hivers les plus rigoureux, et n'est pas difficile sur la 
nature du terrein; il supporte bien la transplanta- 
tion et son accroissement est rapide. Son bois, quand 
il est bien sec, est dur, compacte, et de couleur 
brune. Il a beaucoup de ténacité et de souplesse, 
en sorte qu'on en fait de bons brancards et autres 
pièces de charronage; on en fait aussi d'excellens 
cercles, des manches de fouets et des baguettes de 
fusils. Il est très-propre pour les ouvrages de sculp- 
ture , attendu qu'il ne se gerce pas. Suivant les 
anciens, ce bois n'est pas sujet à la vermoulure, et 
il est d'une longue durée. 

PLANCHE VIII. 

Rameau avec les feuilles et les fruits de grandeur et de couleur 
jiaturelles. Fig- i , petit rameau de fleurs. 



CELTIS CRASSIFOLIA. 

THE HACK BERRY. 

Celtis crassijolia ; foliis suhcordatis , serratis , acumi- 
natis ;jrucdhus nigris. 

Les bords de la Delawares, au-dessus de Philadel- 
phie, peuvent être considérés, au Nord-Est, comme 
les limites au-delà desquelles dans cette direction , 
on ne trouve plus cette espèce de Micocoulier. Elle 
est également étrangère aux États Méridionaux , 
ainsi qu'à la Basse-Virginie. Son existence est donc 
assez resserrée à l'Est des Monts AUéghanys, où je 
ne l'ai vu un peu abondant que sur les rives de la 
Susquehannah et de la Potomack , et notamment 
aux environs de Golumbia, de Midletown etd'Har- 
risburg, petites villes de la Pensylvanie , situées sur 
les bords de la première de ces deux rivières. 

Cet arbre est au contraire, très - multiplié dans 
tous les États de l'Ouest , où on le voit dans tous 
les bas fonds qui bordent les rivières de ces Con- 
trées ; et au Rentucky et dans le Tennessee , partout 
où le sel est de bonne qualité : car sa présence est 
généralement considérée par les habitaus , comme 
un signe certain de fertilité. Sur les bords de l'Ohio, 
entre Pittsburgh et Marietta , on donne à cet arbre 
le nom de Hoop ash^ et dans le Rentucky, celui 
AQlIagouHack berrj^ dénomination dont j'ignore 




M. JJÎeaintie ae/. 



C EL T I S Cr assifolia . 



ôairui J'e- 



ci:ltjs <:r ass I l'OLiA. 2';»f) 

l'origine. Les Français des Illinois l'appellent jBoi.y 
inconnu. 

Cette espèce de Micocoulier est un des beaux 
arbres qui composent les ténébreuses forêts des bords 
de rOhio, dans l'intervalle que j'ai indiqué plus 
haut, et oii je l'ai observé avec plus de soin. 11 s'y 
trouve réuni avec le Platane, le lilleul, le Noyer 
noir, leNoyercathartique, l'Erable noir^ l'Orme et le 
Gleditsia triacanthos j et il m'a paru qu'il les égal oit 
toujours en hauteur, mais non en diamètre; car sa 
grosseur ne répond pas à sa haute élévation , laquelle 
excède fréquemment 80 pieds [a^^^^^^^s) , sur i8à 
20 pouces [5o à 56 centim.) seulement en diamètre. 

Cet arbre est toujours facile à reconnoitre à son 
tronc parfaitement droit, dégarni de branches jus- 
qu'à une grande hauteur, ainsi qu'à son écorce qui 
est grisâtre, unie et couverte d'aspérités inégale- 
ment distribuées sur sa surface. Ses feuilles plus 
grandes que celles d'aucune autre espèce de Mico- 
couliers , ont jusqu'à 6 pouces (18 centimètres 1 de 
longueur, sur 3 à 4 pouces (9312 centimètres) de 
largeur; elles sont ovales-acuminées, en cœur à leur 
base, et dentées dans leur pourtour. Leur texture 
est ferme , épaisse , et elles sont rudes au toucher. 
Les fleurs petites et blanches, sont souvent réunies 
deux deux à sur le même pédicule. Les fruits qui 
leur succèdent sont ronds , et à l'époque de la matu- 
rité, leur grosseur est celle d'un pois et leur couleur 
noire. Le bois de cet arbre , fraîchement débité , 
est d'une grande blancheur; le grain en est fin et 

m. 29 



23o CELTIS CRASSIFOLIA. 

serré , sans cependant être pesant. Coupé parallèle- 
ment ou même obliquement à ses couches concen- 
triques, il présente de petites ondulations pareilles 
à celles qu'on voit dans l'Orme et l'Acacia , lorsqu'on 
les coupe dans le même sens. Jai encore remarqué 
que, lorsqu'au printemps^ l'on entame cet arbre 
d'environ i pouce ( 3 centim. ) , quelques instans 
après, l'aubier, de très-blanc qu'il étoit, acqué- 
roit une teinte verdâtre, effet , dont il me paroitâssez 
difficile d'assigner la cause. 

Sur les bords de l'Ohio , et surtout au Rentucky , 
où l'on a été à même d'apprécier les qualités du bois 
de cet arbre, il est peu estimé, parce qu'il pourrit 
promptement lorsqu'il est exposé aux injures du 
temps: par la même raison, et peut-être aussi parce 
qu'il n'est pas doué dune grande force , il n'est 
propre à aucun genre de charronage. On l'employé 
quelquefois débité en planches, comme dans le Dis- 
trict de Maine, on s'en sert alors de même que de celles 
de VAbies CanadensiSy pour former la première enve- 
loppe de la toiture des maisons , sur laquelle on 
place ensuite les essentes. On a cependant reconnu, 
que le bois de cet arbre étoit fort élastique et fort 
susceptible àe se diviser en lanières ou bandes très- 
minces, qui sont employées par les Tourneurs, pour 
fairele fond des chaises communes, et par les Indiens, 
pour fabriquer des paniers. 

Sur les bords de l'Ohio , cet arbre est aussi fré- 
quemment débité pour faire des barres destinées à 
la clôture des champs; elles se font d'autant plus 



CELTIS CR ASSIFOLIA. 2.3 1 

aisément que le corps de l'arbre est droit, sans nœuds 
et qu'il se fend facilement et de droit fil. On dit aussi 
qu'on en tire un bon charbon pour les Maréchaux. 
Tels sont les résultats des observations que j'ai 
faites et desrenseignemens que j'ai obtenus dans les 
Etats de l'Ouest sur ce Micocoulier. C'est certaine- 
ment une des plus belles espèces de ce genre, et une 
des plus remarquables par sa grande élévation et son 
port magnifique. Planté dans un terrein d'une assez 
bonne qualité , sa végétation y est singulièrement 
vigoureuse , indiquée à chaque printemps par des 
jets de 6, 8 et 10 pieds- (3 mètres] lesquelles sont 
garnis de deux rangs de feuilles épaisses et très- 
grandes. C'est principalement à cause de celte crois- 
sance très-accélérée que cet arbre est recherché en 
France, des personnes qui s'occupeut d'enrichir leurs 
propriétés rurales d'arbres utiles et agréables ; enfin 
il est à désirer qu'on finisse par reconnoître dans le 
bois de celui-ci , certains avantages qui déterminent 
à le propager dans les forets Européennes. 

PLANCHE IX. 

Rameau avec des feuilles et des graines de grandeur et de 
couleur naturelles. 



MORUS nuBR^. 

THE RED MVLBERRY. 
Monoeeie telrandrie , LiNW. Famille des Orties , Joss. 

MoRus rubra , joliis cordatis , ouaùis , acuminatîs trilo- 
bisue , œqualiter serratis, scabris , subtùs pubescenti- 
mollibus ) spicis fœmineis cjlindricis. 

Les limites que j'ai assignées au Tulipier, savoir, 
au Nord, l'extrémité inférieure et septentrionale du 
lac Champlain, et à l'Est, les bords de la rivière 
Connecticut, peuvent, je crois, être également con- 
sidérées comme celles au-delà desquelles , dans cette 
direction, on ne trouve plus le Mûrier rouge. Une 
température modérée favorisant la végétation et la 
multiplication de cet arbre , on le rencontre par 
cette seule raison plus abondamment vers le Sud j 
cependant, dans les États atlantiques, il est propor- 
tionnellement moins commun que beaucoup d'autres 
espèces d'arbres, qui, comme lui, ne constituent 
pas la grande masse des forêts, composées, princi- 
palement dans les États du Milieu, de Chênes et de 
Noyers de différentes sortes :1e Liquidambar slyra- 
cijlua^ le Tulipier, le Sassafras, le Bouleau rouge 
et les Erables sont aussi infiniment plus communs. 

Le Mûrier rouge est encore beaucoup plus rare dans 
la partie basse des Etats Méridionaux, que dans le 
haut de ces mêmes Etats, lesquels offrent un tout 
autre aspect, sous les rapports de la nature du sol 




£e>rsa Je/. 



^ainiri •. 






M OR us RUBRA. 2.33 

et des productions végétales. Les Etats de lOliio, 
du Renlucky, du Tennessee, ainsi que les bords des 
rivières de la Wabasli, des Illinois et du Missouri, 
sont, de toutes les parties des Etats-Unis , celles 
où cet arbre est le plus abondant; ce qui est dû à 
la nature du sol, généralement plus fertile. 

Dans ces Contrées et même dans la Pensylvanie 
et dans les parties reculées de la Virginie, on trouve 
fréquemment des Mûriers rouges , qui excèdent 60 
et 70 pieds Ç20 et 23 mètres) de haut, sur 18 à 2^ 
pouces r5o k 66 centimèt. j de diamètre. Ses feuilles 
entières et quelquefois partagées en d eux ou trois lobes 
arrondis, sont cordi formes, assez grandes et dentées 
dans leur contour; elles sont d'un vert sombre, d'une 
texture épaisse et leur surface est inégale et rude au 
toucher. 

Le plus ordinairement dans le Mûrier rouge, les 
sexes sont partagés. Les fleurs mâles sont disposées 
en chatons cylindriques, pendans et longs d environ 
1 pouce (3 centimètres). Les arbres qui portent ces 
chatons sont les individus mâles, et ils ne donnent 
pas de fruit. Les fleurs femelles placées sur d'autres 
arbres , sont petites et peu apparentes; elles se con- 
vertissent en un fruit oblong, d'un rouge foncé, et 
dont la saveur aigrelette, un peu sucrée, est fort 
agréable à Tépoque de leur maturité. Chacun de ces 
fruits se compose de la réunion de petites baies , 
groupées ensemble , et dont chacune contient une 
petite graine. Quelquefois aussi, on trouve sur le 
même arbre des fleurs mâles et des fleyrs femelles. 



234 MORUS RUERA. 

Le tronc du Mûrier rouge est couvert d'une écorce 
grisâtre , plus fendillée que celle des Chênes et des 
Noyers hickerys. Le vrai bois, ou le cœur, est jau- 
nâtre , approchant de la couleur citron. On remar- 
que que les couches concentriques sont fort écar- 
tées les unes des autres, ce qui fait qu'elles sont 
toujours très-distinctes. Ce bois a néanmoins le grain 
fin , et il est assez compacte, quoique moins pesant 
que celui du Chêne blanc. L'expérience a appris 
qu'il a de la force, de la solidité, et qu'employé 
bien sec, il est presqu'aussi durable que celui de 
l'Acacia 5 beaucoup de personnes croient même 
qu'il l'égale en bonté , et qu'il résiste aussi bien 
que lui aux injures du temps. Ces sont ces excellentes 
qualités qui font qu'à Philadelphie , à Baltimore et 
dans tous les ports de mer situés plus au Sud , on 
l'employé , autant qu'on peut s'en procurer , pour 
la construction des navires dont il concourt à for- 
mer la charpente supérieure et inférieure ; il est 
également bon pour les genoux et les varangues 5 
et à défaut d'Acacia , c'est le meilleur bois pour faire 
des gournables. Dans la Caroline méridionale , sur 
la rivière Catawbaw, on l'employé de préférence à 
tout autre bois pour les courbes des grands bateaux 
qui servent à transporter les productions de la par- 
tie supérieure de cet Etat et celles de la Caroline 
septentrionale. On en fait aussi des pieux qui durent 
fort longtemps en terre avant de s'altérer , et sous 
ce rapport , il est presque aussi estimé que l'Acacia. 
Mais le Mûrier rouge est moins commun que l'Aca- 



MORUS RUBRA. 2.35 

cia, dont la croissance est plus rapide et qui vient 
dans des terreins de médiocre qualité. Aussi , dans 
les chantiers de constructions navales, le bois de 
Mûrier est-il toujours en moindre proportion que 
ceux de toutes les autres sortes qui y sont mis en 
œuvre. 

Tels sont les principaux usages auxquels le bois 
du Mûrier rouge est ordinairement adapté , usages 
comme on voit fort importans , et qui doivent en 
recommander essentiellement la conservation à 
tous les propriétaires Américains sur le terrein des- 
quels il s'en trouve naturellement. 

Dans les chantiers de construction navales , et 
aussi dans les campagnes , les charpentiers préten- 
dent que le bois qui provient des arbres qu'ils ap- 
pellent Mûriers mâles , est très-bon et très-durable , 
et que celui qui est tiré de ceux qu'ils nomment 
Mûriers femelles est très-inférieur en qualité et doit 
être rejeté. Cette opinion, je pense, tient à quelque 
préjugé ; et je me permettrai de douter que cela soit 
ainsi jusqu'à ce que de nouveaux essais en aient 
constaté la réalité. Mais en Amérique, comme en 
Europe , les gens non instruits commettent , pour le 
Mûrier, la même erreur que pour le Chanvre; ils 
appellent Mûriers mâles ^ les arbres qui donnent des 
fruits , et Mûriers femelles ceux qui n'en portent 
pas. D'où il suit qu'en admettant leur opinion sur 
les qualités respectives de l'un et de l'autre , et en 
rectifiant l'erreur populaire sur les sexes , ce seroit 
le Mûrier femelle qui donneroit le meilleur bois. 



2.36 MORUS RUBRA. 

Le Mûrier noir d'Europe , qui a beaucoup d'a- 
nalogie avec le Mûrier rouge des Etats-Unis, seroit 
je ne puis en douter , une très-bonne acquisition 
pour les Etats du Milieu, et surtout pour ceux de 
l'Ouest où il viendroit en grande perfection. Son 
fruit est trois et même quatre fois plus gros que ce- 
lui du Mûrier rouge. Cependant, j'estime que celui 
de cette dernière espèce pourroit s'améliorer promp- 
tement par une culture soignée , soit pour la gros- 
seur , soit par la quantité; le perfectionnement est 
déjà sensible dans les arbres qu'on a laissé subsis- 
ter au milieu des champs cultivés. 

Les feuilles du Mûrier rouge de l'Amérique Sep- 
tentrionale , de même que celles du Mûrier noir 
d'Europe , sont d'une texture épaisse , rudes au 
toucher^ et couvertes de poils dans leur jeunesse ; 
ce qui fait qu'elles ne conviennent ni l'une ni l'autre 
à la nourriture des vers à soie, qui ne doivent être 
alimentés qu'avec celles du Mûrier blanc , qui sont 
lisses, minces et tendres. A i.^ ou 20 milles Ç 26 ou 
35 kilom. ) de Savanah , en Géorgie , on voit en- 
core , dans les habitations abandonnées , des Mû- 
riers blancs d'une grosseur considérable qui furent 
plantés il y a près d'un siècle , à l'époque où l'on 
tenta d'y introduire l'éducation des vers à soie , 
mais l'expérience apprit bientôt qu'on s'étoit trompé 
dans cette spéculation , car ce genre d'industrie ne 
peut se soutenir avec avantage que dans les pays très- 
populeux où le surcroît de population manquant de 
terres à cultiver, doit nécessairement , afin de pour- 



MO nu s RUIJRA. 237 

voir à sa subsistance, recourir à l'industrie manufac- 
turière, et donner son travail à un très-bas prix. Or, 
cet état de choses me paroit encore loin d'exister dans 
les États-Unis, où les belles et immenses contrées de 
la Haute-Louisiane, à peine habitées, offrent un 
beau climatet des terres fertiles, à l'industrieagricole, 
à l'excédant de population des États atlantiques et 
même de ceux de l'Ouest. C'est dans ces derniers États 
surtout que la température du climatet la nature du 
sol seront les plus favorables à la culture du Mûrier 
blanc, et que l'on récoltera la meilleure qualité de 
soie. 

On possède, depuis long-temps , en France et en 
Angleterre, le Mûrier rouge; il y réussit très-bien , et 
il est spécialement recherché à cause de son feuillage 
épais, qui donne beaucoup d'ombrage. Les bonnes 
qualités de s^a bois que j'ai fait connoître, doivent 
être un puissant motif pour engager les forestiers eu- 
ropéens à le propager dans les forets commises à 
leur surveillance. 

PLANCHE X. 

Rameau avec une feuille et uu fruit de grandeur et df^ couleur 
naturelles. Fig. i , petit rameau avec un chaton composée de 
fleurs mâles, lug. 2 , fleur mâle séparée du chaton. 



HT. 3o 



PAVIA LUTEA, 

TUE LARGE BUCKEYE. 
Heptandrie monogjnie , Linn. Fam. des Erables, Jdss. 

Pavia lutea yfoliis quînatis , œqualiter serratis) coroîUs 
luteis , tetrapetalis , çiscosis , clausis. 

C'est dans la portion de la chaîne des Monts-Al- 
léghanys qui traverse la Virginie , vers le Sgo , qu'on 
commence à remarquer le Pavia jaune ; et on observe 
ensuite qu'il est plus abondant, à mesure que cette 
chaîne de montagnes s'avance vers le Sud-Ouest: en- 
sorte qu'il m'a paru plus multiplié que partout ail- 
leurs , dans la région montagneuse des deux Caro- 
lines et de la Géorgie. Cet arbre croît encore très- 
communément sur les bords des rivières qui prennent 
naissance à l'Ouest de ces montagnes, et qui traver- 
sent la partie occidentale de la Virginie , le Ren- 
tu.cky et le Tennessee, pour se jeter dans l'Ohio , 
tandis qu'il est plus rare sur les rives de celles qui 
ont leur source à l'Est , et qui se rendent directement 
à l'Océan , à travers les Carolines et la Géorgie : tel- 
lement que de ce côté des montagnes, on ne le voit 
plus au-delà de 3o à 4o milles (^5o à 65 kilomètres) 
de distance. Le Pavia jaune peut donc être considéré 
comme presque entièrement étranger à tous les Etats 
atlantiques , excepté aux parties des États méridio- 
naux qui sont très rapprochées des montagnes, ou on 



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PAVIA Imtea 



G-aèr^ei se. 



PAVIA LUTEA. 2?jg 

Jui donne le nom de Big huckeje^ par opposition au 
Pavia ruhra qui ne s'élève qu'à 8 ou lo pieds ( 2 à 3 
met.) , et qui est désigné sous celui de SmallBuckeye. 

Nulle part, je n'ai vu d'endroits qui paroissent plus 
propres à la croissance du Pavia jaune, que le pen- 
chant des plus hautes montagnes de la Caroline du 
Word, et notamment de celles qui sont désignées 
par le nom de Great f ailier mountain , ô^Iron moun- 
tain, et de Black moujitain dont le sol est générale- 
ment meuble, profond et très-fertile. La température 
constamment fraîche et l'air humide qui règne sur 
ceshautes montagnes, semblent aussi être nécessaires 
au plus grand développement de la végétation de cet 
arbre. Il y parvient à 60 et 70 pieds ( 20 et 23 mètres j 
de hauteur, sur 3 à 4 pieds (100 à i3o centimètres) 
en diamètre, et sa présence est considérée, par les 
habitans, comme un signe certain de la bonté du 
terrein. 

Dans le Pavia lutea, les feuilles au nombre de 
cinq, sont réunies à l'extrémité d'un long pétiole 
commun. Les feuilles sont lancéolées, aiguës à leur 
sommet, légèrement sillonnées à leur surface , et fi- 
nement dentées sur leur bord. Les fleurs , disposées 
en grappes aux extrémités des pousses de l'année , 
sont droites et d'un jaune clair, mais d'une teinte 
agréable. Les grappes, toujours très - nombreuses , 
produisent un bel effet et contrastent agréablement 
avec le beau feuillage de cet arbre. Le fruit est une 
capsule charnue , ovale et souvent gibbeuse, dont la 



24o PAVIA LUTEA. 

surface est unie et non épineuse, comme dans le 
Marronnier ^scidus hippocastanuni ^ et VjEsculus 
oJiioensis. Cette capsule contient deux semences ou 
marrons de grosseur différente , applatis d'un côté et 
convexes de l'autre ^ ils sont plus gros et d'une cou- 
leur moins foncée que ceux du Marronnier ordinaire. 
Comme ceux-ci, ils ne sont pas mangeables. 

Ayant passé une très-grande partie de l'été de 1808 
avec MM. John et William Bartram, dans leur agréa- 
ble résidence de Ringsess , située sur la Schuyll- 
kill, à 5 milles ( 8 kilomètres) de Philadelphie , oii 
ont été plantés fort anciennement beaucoup d'arbres 
des diverses parties des Etats-Unis et d'Europe , j'ai 
remarqué que le Pavia jaune étoit un des premiers à 
perdre ses feuilles. Elles commencent à tomber vers 
le i5 août, époque où le Marronnier étoit encore de 
la pi us belle verdure. Le développement de ses feuilles 
et sa floraison est aussi plus tardif. C'est certainement 
un grand désavantage pour un arbre qui n'a d'autre 
mérite que de servir à la décoration des jardins ; car 
son bois est très-tendre, n'a point de force, et pourri? 
promptement j ce qui fait qu'il n'est employé à aucun 
usage. 

Le Pavia lutea n'offre donc d'autre intérêt que 
sous le rapport de 1 agrément qu'il peut offrir à cause 
de ses fleurs ; mais il est , à cet égard , tellement infé- 
rieur au Marronnier ordinaire, arbre si magnifique et 
si éclatant, à l'époque de sa floraison, qu'il ne peut 
lui être comparé, et qu'il ne lui sera jamais substi- 



PAVIA LUTLA. ll^l 

tuée pour l'embellissement des parcs et jardins 
d'une grande étendue. 

PLANCHE XL 

Rameau avec les feuilles et les fleurs de grandeur naturelle. 
Fig. I , fruit qui commence à s'ouvrir. Fig. a , marron dépouillé 
de son enveloppe , de grosseur et de couleur naturelles. 



^SCULUS OHIOENSIS, 

( Sans figure. ) 
THE AMERICAN HORSE CHESNUT. 

OROHIOBCCKEYE. 

jEsculus ohioensis , foliis quinatis ^ inœqualiter dentalis. 
Fructibus niuricatis. 

Cette espèce de Marronnier, dont aucun des au- 
teurs qui ont traité avant moi des arbres et des plantes 
de l'Amérique septentrionale, n'a parlé, ne se trouve 
pas, d'après mes recherches personnelles, dans la 
partie atlantique des Etats-Unis. Je Tai seulement 
vue au-delà des montagnes, et plus particulièrement 
sur les bords de l'Ohio, entre Pittsburgh etMarietta , 
où elle est extrêmement commune, dans cet inter- 
valle qui est d'environ loo milles (120 kilomètres j. 
Les habitans lui donnent le nom de Buckeje-j mais 
cette dénomination étant la même que celle qui a 
été donnée au Pavia lutea^ qui croît plus au Sud, 
dans la Virginie et les Hautes-Carolines, j'ai cru de- 
voir, pour éviter toute confusion, y ajouter le nom 
d' 0^20, par la seule raison que cet arbre est peut-être, 
sur les rives de cette rivière , plus multiplié que par- 
tout ailleurs. J'ai pensé également qu'il étoit conve- 
nable de faire précéder le nom de Ohio Buckeje , par 
celui d' American Horse chesnut , car cet arbre est un 
véritable Marronnier par les carractères botaniques 
de son fruit qui est épineux comme celui d'Asie (ac- 



/ESCULUS OHIOENSIS. 243 

tuellemcnt naturalisé en Europe) , et dont la surface 
n'est pas unie comme dans les espèces qui composent 
le genre Pavia, 

La hauteur la pi us ordinaire de ce Marronnier d'A- 
mérique est de 10 à 20 pieds (3 à 7 mètres j; mais 
quelquefois il s'élève à 3o et 35 pieds f 10 et 1 2 mè- 
tres), sur un diamètre de 12 à i5 pouces ^36 à 4^ 
centimètres). Les feuilles, longues dans leur ensem- 
ble de 9 à 10 pouces ( 27 à 3o contimètres) , et larges 
de 6 à 8 ,( 18 à 24 centim. ) sont palmées. Elles se 
composent de cinq folioles qui partent du même 
point et qui sont de grandeur inégale , de forme 
ovale-acuminée et irrégulièrement dentées dans leur 
pourtour. 

Je n'étois pas dans la partie des Etats-Unis où 
cet arbre est indigène, à l'époque de la floraison , 
ensorte que je ne puis en parler que d'après ce 
que j'ai su des liabitans , qui m'ont dit qu'il fleu- 
rissoit de très-bonne heure au printemps, que ses 
fleurs étoientde couleur blanche , réunies en grappes 
et très-nombreuses , ce qui alors produisoit un bel 
effet. Les fruits de moitié plus petits que ceux du 
Marronnier ordinaire ou du Pavia lutea , sont de 
la même couleur et contenus dans une enveloppe 
charnue et épineuse. Ils sont en maturité vers l'au- 
tomne ; l'écorce qui couvre le tronc des plus gros 
arbres est noirâtre , et le tissu cellulaire ou la par- 
tie vive de cette écorce a une odeur vireuse et dé- 
sagréable. Le bois est blanc et tendre , ensorte 
qu'il n'offre aucun degré d'utilité. 



244 ^SCULUS OHIOENSIS. 

Le principal mérite de cette espèce de Maronnier 
paroit donc devoir consister seulement dans la beau- 
té de ses fleurs; ce qui joint à la rapidité de sa 
végétation et à l'avantage qu'il a de supporter les 
grands froids , le fera rechercher en Europe et dans 
les Etats-Unis , pour l'enibellissement des jardins. 

Obs. Je n ai pas fait figurer cette espèce ^ parce 
que je ne V ai pas vue en fleur , ni ses fruits à leur 
complète maturité. 




Bmj-O' del. 



Gai)m7 j-cuai- 



HOBINIA Pseu do -acacia. 



<?{^aJ/^. 



R OB I N I A PSEV DO- ACACIA, 

L OC US T. 
Diadclpliic (U'caiidrie , LiMN. Fuin. des Lct^uniincuseit , Juss. 

RoBiNiA pseudo-acacia ^ stipiilis spinof,is : jollls impari- 
pùinatls , racemis ceniuis seu peiidulis ; calycis deri' 
tibus rnuticis. 

Obs. Flores albL 

De toutes les espèces d'arbres qui composent les 
forets de l'Amérique Septenlriouale , à l'Fst du 
Mississipi, le Rohinia pseudo-acacia ^ vulgairement 
connu sous le nom à' Acacia ou de Robinier^ est 
une de celles qui a été des premières introduites en 
Europe. C'est à J. Robin, botaniste français, qu'on 
est redevable de cet arbre , encore plus intéressant 
par les excellentes qualités de son bois, que par la 
beauté de son feuillage et de ses fleurs. Il le reçut 
du Canada et le cultiva en grand sous le règne de 
Henri IV, versl'an 1601. Depuiscc-'te époque, ils'est 
tellementpropagé en France, eni\llemagne et en An- 
gleterre, qu'il est peu de personnes qui ne le connois- 
sent. Linnœus, pour conserver le souvenir de l'acqui- 
sition de cet arbre utile, et pour donner en même- 
temps un témoignage de reconnoissance à celui qui, le 
premier, le propagea dans l'ancien Continent, assigna 
au genre auquel il appartient, le nom de Robinia. 

Dans la partie atlantique des Etats-Unis, on ne 
commence à trouver naturellement l'Acacia que 
dans la Pensylvanie, entre Lancasteret llarrisburg^ 

m. 3i 



246 ROBINIA PSEUDO-ACACIA. 

latitude l\0^ 20"; tandis que, à l'Ouest des mon- 
tagnes, on le voit à 2 ou 3 degrés plus avant vers le 
INord; ce qui tient à une observation déjà faite, que 
le sol est d'une qualité plus fertile et la température 
plus modérée, à mesure qu'on avance dans cette 
direction, c'est-à-dire, de l'Est à l'Ouest. Mais c'est 
vers le Sud-Ouest, que l'Acacia est le plus multiplié; 
ainsi, il abonde dans tous les vallons, formés par les 
divers chaînons des Monts Alléghanys, et notam- 
ment dans celui de Liniestone vallej. Il est encore 
plus commun au-delà des montagnes, dans tous les 
États de l'Ouest , ainsi que dans toute cette partie du 
territoire des États-Unis, comprise d'une part, entre 
rOhio et la rivière des Illinois, et de l'autre, entre 
les lacs et le Mississipi. 

D'après les limites que je viens d'indiquer, et qu'on 
peut regarder comme généralement exactes, il s'en 
suit que cet arbre ne croît pas naturellement dans 
tous les États situés à l'est de la rivière Delaware; à 
savoir, le New-Jeisey, l'État de New-York, le Con- 
necticut, ceux de Massacliusset , de New-Hampshire 
et de Yermont. Il ne se trouve pas non plus dans 
toute la partie maritime des Étals du Milieu et du 
Sud, depuis les bords de la mer, jusqu'à 5o et 100 
milles dans l'intérieur des terres; tous ceux qu'on y 
voit, y ont été plantés à différentes éj^oques. 

Les dimensions auxquelles parvient l'Acacia , 
varient suivant la nature du sol et la température 
du climat. Ainsi , dans la Pensylvanie, entre Harris- 
burg et Carli^le , de même que le long de la rivière 



ROBINTA PSKTIDO-A CA CFA. l\n 

Susqueliannali , oîi il commence à se montrer, en 
allant du Nord au Sud , il est beaucoup moins élevé 
et moins gros^ que plus avant dans la Virginie et 
surtout dans le Rentucky et l'Ouest-Tennessée, qui 
sont situés à 3 et 4 degrés plus au Sud, et où le teirein 
est beaucoup plus fertile. Cet arbre y acquiert 3 à 4 
j)ieds[plus d'un mètre j de diamètre et une hauteur 
qui excède quelquefois ^oà 8o pieds ^23 à 27 mètr.j , 
tandis que ces dimensions sont de moitié moindres 
en-deçà des montagnes. 

Le feuillage de l'Acacia est léger et agréable à la 
vue j ses feuilles se composent chacune de deux ran- 
gées de folioles, opposées les unes aux autres et ter- 
minées par une impaire. Les folioles au nombre de 
9 , II, i3 , et quelquefois plus , sont de forme ovale, 
minces et d'une texture très-fine. Leur surface est 
très-unie , ce qui fait qu'elles retiennent peu la pous- 
sière, et elles ont aussi l'avantage d'être rarement atta- 
quées par les insectes. 

Les fleurs , disposées en grappes nombreuses et 
pendantes, sont très-blanches et répandent l'odeur 
la plus suave. Ces belles grappes, disséminées au 
milieu d'un feuillage d'un vert tendre et d'une grande 
fraîcheur, produisent un très-bel effet, et font, ajuste 
titre, de l'Acacia un des arbres les plus recherchés 
en Europe, pour embellir les jardins d'agrément. 

L'Acacia étoit dans sa pleine floraison à Harris- 
burgh , latitude [\o^. 20", du i*"'. au 4 j^^iû 1808, 
époque où je passai par cet endroit. Il étoit aussi, 
à la même époque , en pleine fleur , cette année 181 2, 



^48 ROBINIA PSEUDO- ACACIA. 

à Paris, latitude 4S0. 5o". Aux fleurs succèdent des 
gousses étroites , aplaties et longues d'environ 3 
pouces Çg centimètres j ; chacune d'elles contient 
cinq ou six petites graines, ordinairement de cou- 
leur brune, mais qui, quelquefois, sont toutes noires. 

Lorsque l'Acacia est très-vieux, son tronc et ses gros- 
ses branches sont couverts d'une écorce (épidémie 1, 
très-épaisse et fendillée profondément: alors il a 
perdu les épines fortes et meurtrières dont il est 
armé, tant qu'il a moins de 2 à 3 pouces (6 à 9 cen- 
timètres) de diamètre. Son bois ordinairement de 
couleur jaune-verdâtre, veiné de brun, est dur, 
compacte et susceptible de se bien polir; il a aussi 
beaucoup de force, mais il est peu élastique. Ce qui 
le rend surtout infiniment appréciable dansles États- 
Unis, où laplusgrande partie des maisons et les clô- 
tures des champs cultivés en grains, est encore en 
bois, c'est que de tous les bois de ce pays, c'est celui 
qui résiste le plus long-temps à la pourriture. 

Quoique l'Acacia soit assez multiplié dans la Haute 
Virginie, à l'Est des montagnes, de même que dans 
la partie supérieure des deux Carolines et de la 
Géorgie, cependant il existe dans les forets, dans 
une proportion infiniment moindre que les diverses 
espèces de Chênes et de Noyers qui en composent 
la grande masse; nulle part, il ne couvre exclusive- 
ment de petites étendues de terrein, même de i , 
2 ou 3 arpens. C'est pourquoi, c'est la seule espèce 
d'arbre, avec le Noyer noir, qu'on laisse subsister 
dans les nouveaux défrichemens, parce qu'on ne 



ROBINIA PSEUDO-ACACIA. 249 

peut jamais avoir assez de leur bois pour les usages 
auxquels ils sont reconnus propres, et, alors, ils se 
trouvent l'un et l'autre au milieu des champs cultivés. 
La plus grande consommation qui se fait du bois 
d'Acacia est pour les pieux, qui passent pour les 
plus durables. On les fait servir de préférence 
aux clôtures des cours, des jardins et même des 
fermes , dans les pays où cet arbre est abondant 
dans les forets , et dans ceux qui n'en sont pas 
très - éloignés. On en transporte à Lancasler, à 
Baltimore , à W asbington - City , à Alexandrie 
et dans les environs, où on les employé au même 
usage. Lorsque les arbres ont été abattus, en hiver, 
époque à laquelle la sève est suspendue, et que les 
pieux qui en ont été tirés, ne sont employés qu'a- 
près qu'ils sont bien secs, on estime qu'ils durent 
environ quarante ans. L'expérience a encore appris 
que leur durée varie suivant les arbres d'où ils 
sont extraits. Ainsi , dans les environs de Lan- 
caster , et à Harrisbiirgh , petite ville située sur 
la Susquehannah , où il se fait un commerce con- 
sidérable des bois qui descendent par cette rivière, 
on préfère d'abord ceux qui proviennent d'arbres 
dont le cœur est rouge, ensuite ceux dont il est 
jaune-verdàtre et enfin ceux chez lesquels il est 
blanc ; et c'est cette différence dans la couleur 
du bois, qui, très-probablement, est un effet delà 
nature du terrein dans lequel les arbres ont végété, 
qui lui a fait donner les noms de Red^ Greeîi^ et 
JVhite locust^ Acacia rouge, vert et blanc. Dans lc& 



2bO PvOBiNIA PSEUDO-ACACIA. 

États de l'Ouest, il est aussi quelquefois désigné par 
celui de Black locust^ Acacia noir. 

A Harrisbnrgh, on vend une grande quantité de 
pieux d'Acacia , dont la longueur est de 7 à 8 pieds 
Y2 à 3 mètres), et le prix de go centimes la pièce , 
lorsqu'ils sont bruts, et i franc 2 5 centimes, lorsqu'ils 
sont équarris et percés de mortaises. Tous ces pieux 
proviennent d'arbres qui ont moins d'un pied 
(^32 cent) dediamètre,et qui en fournissent deux sur 
cette épaisseur. J'ai remarqué que les tronçons d'/ica- 
cias qui avoient plus de i5 pouces (4^ cent.) de dia- 
mètre, étoient sujets à être gâtés dans le cœur , mais 
je présume que ce défaut n'a pas lieu dans les arbres 
qui viennent plus avant vers le Sud. A Baltimore, on 
trouve chez les marchands de bois, des pieux d'Acacia 
et de Cèdre rouge, Juniperus Vir^iniana ^ dont les 
dimensions sont les mêmes, mais dont les prix sont 
bien différens : les premiers se vendent 2 francs 
5o centimes, et les autres i franc 70 cent., ce dont 
j'ai été fort surpris; je présume, cependant, que cette 
supériorité de prix en faveur de l'Acacia est due à son 
grand degré de force et de résistance. Dans les Ltats 
de l'Ouest, oii cet arbre parvient à de plus grandes 
dimensions et oii il est plus multiplié qu'à l'Est des 
montagnes, c'est aussi celui qui fournit les meilleurs 
pieux et dont ors fait le plus d'usage. 

Dans les constructions maritimes, on employé 
autant d'Acacia qu'on peut s'en procurer; son bois 
est aussi durable que le Chêne vert et le Cèdre rouge , 
mais il a l'avantage d'être moins pesant que le pre- 



ROBINIA PSEUDO-AfJACIA. a.') I 

mier et plus fort que le second. Il fait donc partie 
de la charpente supérieure et inférieure des navires-, 
conjointement avec le Chêne vert, le Chêne hlanc 
et le Cèdre rouge, mais seulement dans une propor- 
tion très-petite; car, dans l'intérieur de la Virginie, 
du Maryland et de la Pensylvanie, d'où on le tire, 
et où j'ai dit qu'il croissoit naturellement, les neuf 
dixièmes des Acacias n'excèdent pas i pied (32 cent.) 
de diamètre, et 36 à 4o pieds C12 à i3 mètres) de 
hauteur; ce qui fait qu'on ne peut se procurer que 
fort difficilement des courbes de longueur convena- 
ble. Ces arbres ne présentent, au contraire, aucune 
perte pour en faire des pieux. Un autre usage du 
bois d'Acacia, très-important dans la construction 
des navires, c'est d'être le meilleur dont on puisse 
se servir pour faire les gournables ou chevilles des- 
tinées à fixer les bordages sur la charpente; loin de 
pourrir, elles acquièrent à la longue, une extrême 
dureté. Ce sont les seules dont on se serve dans tous 
les ports de mer des États du Milieu. Le prix moyen 
à Philadelphie, où elles sont importées de la rivière 
Susquehanah, est d'environ 5o francs le millier. Il 
s'en exporte annuellement en Angleterre, de 5o à 100 
milliers. 

L'Acacia , n'est que fort rarement employé dans 
la construction des maisons, même de celles en bois, 
dans les pays où cet arbre croit naturellement dans 
les forêts ; et lorsqu'on en fait usage, c'est préférable- 
ment pour supporter les soles sur lesquelles repose 
la charpente; comme ces soles sont ordinairement 



252 ROBINIA PSEUDO-ACACIA. 

faites en Chêne , elles pourriroient plus vite que 
l'Acacia , si elles ëtoient immédiatement placées sur 
terre. Cette précieuse propriété de résister à la pour- 
riture, qu'a le bois de cet arbre et dont celui d'au- 
cune autre espèce n'approche, si ce n'est celui du 
Mûrier rouge , indique suffisamment les divers usages 
auxquels on pourroit l'appliquer dans les endroits 
où il est facile de se le procurer. Mais son emploi 
dans les États-Unis est véritablement limité à ceux 
que je viens d'indiquer, et c'est par erreur qu'on a 
avancé qu'on s'en servoit pour faire des tonneaux et 
des cercles, et pour former des haies. 

Le bois de l'Acacia bien sec est d'une grande du- 
reté , et le grain qui est serré et assez fin, le rend 
susceptible de se bien polir ; c'est ce qui fait qu'à 
Paris , depuis environ dix ans , il est en grande par- 
lie substitué au Buis pour beaucoup d'ouvrages lé- 
gers qui se font au tour, tels que boëtes de différentes 
formes, salières, sucriers, chandeliers, etc. On en 
fait aussi des cuillers et des fourchettes à salade , et 
autres menus ouvrages qui sont travaillés avec soin , 
de formes agréables, et se vendent à bon marché. 

La rapidité avec laquelle croît l'Acacia, n'a pas 
été long-temps sans être remarquée des habitans des 
États-Unis, car c'est un avantage inappréciable dans 
un arbre dont le bois réunit tant de bonnes qualités. 
C'est cette considération qui a déterminé plusieurs 
habitans à en planter, et cette heureuse idée s'est 
particulièrement réalisée dans la partie inférieure 
des États, situés au Nord-Est de la rivière Del awares, 



ROBINIA PSEUDO-ACACIA. 2^3 

quicomprennent ceux qui, comme jel'ai dit, ne pro- 
duisent pas cet arbre naturellement. Ainsi , entre New- 
York et Boston, dont rintervalle est d'environ 3oo 
milles (loo lieues), on rencontre de distancesà autres, 

des fermes dont les propriétaires ont planté desAcacias 
près de leurs maisons, et même quelquefois dans le 
pourtour extérieur des barrières qui enclosent leurs 
champs 5 mais le nombre de ceux qui ont formé ces 
plantations est tout au plus le vingtième des culti- 
vateurs. Sur l'Ile longue,oii est située la ville de New- 
York, les bois ayant été, en grande partie, détruits 
dans la guerre de l'Indépendance, beaucoup de per- 
sonnes out cherché et ont même réussi à cultiver cet 
arbre d'une manière plus étendue; mais ces planta- 
tions sont fort circonscrites , et, à l'exception des 
arbres les plus gros, qu'on débite en gournables pour 
les vaisseaux qu'on construit à New- York, mais qui 
ne suffisent pas à tout ce qui en est nécessaire , les Aca- 
cias plantés sont consommés par les propriétaires des 
terreinssurlesquels ils se trouvent. Aussi, dansaucune 
partie des États-Unis , on n'a point encore formé 
desplantations régulières de cet arbre qui équivalent 
à 10, 20 ou 3o arpens, quoique plusieurs Sociétés 
d'agriculture aient offert des prixpour les encourager. 

Malheureusement, depuis i5 à 20 ans, il est sur- 
venu une sorte d'obstacle , qui sera un grand empê- 
chement aux tentatives qu'on pourra faire, dans la 
suite, pour propager l'Acacia dans toutes les parties 
des Etats-Unis, anciennement habitées; cet obstacle 
est du à un insecte ailé qui, depuis cette époque, 

m. 3 a 



254 BOBINIA PSEUDO-ACACIA. 

attaque le tronc des Acacias vivans, à 3, 4 ^^ 5 pieds 
f I à 2 mètres J de terre ; il perce l'écorce, s'introduit 
dans le centre et le ronge en tous sens, dans l'inter- 
valle d'un pied ( 33 centimètres) , de manière qu'a la 
deuxième ou troisième année, les arbres ainsi affec- 
tés , cèdent facilement aux efibrts des vents et se bri- 
sent. Cet inconvénient est déjà tel que beaucoup de 
personnes renoncent à planter des Acacias. En Vir- 
ginie, les Acacias qui croissent naturellement dans 
les forets, n'ont pas encore été , que je sache , atta- 
qués par cet insecte destructeur, quoique ceux, qui 
ont été plantés dans les environs des habitations, en 
aient été déjà atteints. C'est certainement un très- 
grand malheur , auquel il me paroit bien difficile de 
remédier, et dont les effets se feront encore plus vive- 
ment sentir, lorsque la destruction des forets actuel- 
les, suite de raugmentation de la population, et du 
défaut de mesures conservatrices, forcera, comme 
en Europe, à planter en bois des étendues de terrein 
plus ou moins considérables, dans lesquelles on vou- 
dra faire entrer l'Acacia en certaine proportion. 11 
doit donc résulter de ceci que les Acacias, venant 
successivement à disparoître dans les forets Améri- 
caines par la consommation journalière qui s'en fait, 
et ne pouvant plus être reproduits dans les endroits 
anciennement habités, à cause de cet insecte, ils 
pourront devenir très-rares dans les pays d'où ilssont 
originaires, pendant qu'en Europe , oii on n'éprouve 
pas cet accident, on les propagera avec la plus grande 
facilité. 

Quoique j'aie dit que j'avois vu dans Fx^mérique 



RoniNiA rsi:ui)0-A CA CIA. 'j'jj 

8ei)tei)tiioiiale, des Acacias liants de 70 à 80 pieds 
(23 à 27 mètres), cependant ce luxe de vé^^c-tation 
ne s'observe que dans les Cantons les plus fertiles 
des États du Rentucky et de l'Ouest -Tennessee 
qui, lorsqu'ils sont défrichés, rapportent successive- 
ment et pendant plusieurs années, sans, être fumés, 
de trente à soixante minots de mais, par acre; car, le 
plus ordinairement, cet arbre ne s'élève pas au-dessus 
de 40 à 45 pieds ( i3 à i5 mètres), dans les terrcins 
d'une qualité inférieure et qui ne j)roduisent que 
des Chênes et des Noyers liickery : de manière que, 
comparé à ces espèces, l'Acacia ne se présente que 
comme un arbre de la deuxième grandeur, dont on 
ne peut que bien rarement tirer des pièces de pareil- 
les dimensions. C'est pourquoi , en Europe, partout 
où paroîtront prospérer le Chêne, le Hêtre, le Châ- 
laigner et l'Orme , on ne doit, dans aucun cas, y subs- 
tituer l'z'^cacia. 

Quoique ce soit dans cette partie de l'Europe, 
située au-delà du 48"« degré de latitude Nord, qu'on 
s'est le plus occupé des plantations d'Acacias, et qu'on 
a publié le plus d'observations sur leur culture, je 
pense , malgré tous les succès qu'on dit avoir obte- 
nus, que cet arbre ne s'y trouve pas encore dans 
son véritable climat. Car j'ai eu occasion d'observer, 
comme plusieurs autres personnes, combien sa végé- 
tation est plus accélérée, à mesure qu'on avance vers 
le Sud : c'est ce qui se remarque déjà à partir d'Or- 
léans, latitude 47°- 54°". ; et bien qu'il n'y ait entre 
cette Ville et Paris, qu'environ i degré de différence, 
les Acacias qu'on voit à Orléans et aux alentours, y 



^56 ROBINIA PSEUDO-ACACIA. 

paroissent beaucoup plus forts; ce qui est évidemment 
dû à un degré de chaleur plus considérable. Je ne 
puis donc m'empécher de regarder les Départemens 
du Midi de l'Empire et le Royaume d'Italie , comme 
les contrées de TEurope où l'on tirera tout le parti 
qu'on a le droit d'attendre de la rapide végétation 
de l'Acacia. Les particuliers plus pressés de jouir que 
les gouvernemens, qui le planteroient dans d'assez 
bonsterreins, pourront, après 20 et 25 ans, en obtenir 
une masse de bois deux fois plus considérable que 
celle que leur auroit donnée toute autre espèce d'ar- 
bre; et si, dans ce pays, la quantité en étoit assez 
considérable, on pourroit, comme en Amérique , le 
débiter en chevilles pour les constructions navales, 
qui seroient vendues à haut prix dans les ports de mer. 
Tirées d'arbres qui auroient crû dans des pays incultes 
et découverts, elles seroient encore d'un meilleur usa- 
ge que celles qui , en Amérique , proviennent d'arbres 
qui font partie des forêts primitives, parce que, dans 
cette partie du nouveau monde , l'atmosphère plus 
humide^influe défavorablementsur la qualité des bois. 
D'après les Auteurs qui cnt, à diverses époques , 
écrit sur l'Acacia , on voit qu'il y a environ 100 ans , 
que cet arbre étoit fort recherché en Europe, à cause 
de la beauté de son feuillage et de celle de ses fleurs, 
dont le parfum est si doux. On a fini par lui trouver 
des défauts, et pendant un demi siècle, on l'a négligé, 
et il n'en a plus été question. Mais, depuis 10 à i5 
ans, quelques agronomes lui ont donné une nouvelle 
célébrité, en le présentant moins comme un arbre 
d'ornement, quoiqu'on ne puisse lui contester ce 



ROBIMA PSEUDO-ACACIA. îi.Jy 

mérite, que comme un arbre utile, à cause des 
bonnes qualités de son bois. 

On a publié en France et surtout en Allemagne , 
beaucoup d'observations en faveur de l'Acacia, et 
peu qui lui soient contraires. Cependant, parmi ceux 
qui s'occupent de planter des bois, on en trouve un 
plus grand nombre qui sont opposés à sa propai^ation» 
11 me semble donc que, d'une part, on a trop pré- 
conisé cet arbre , et que, de l'autre , on Ta trop dépré- 
cié, et que Ton a méconnu la supériorité qu'il a, à 
plusieurs égards , sur la plupart des arbres qui crois- 
tent dans la zone tempérée. 

S'il m'étoit permis d'émettre ici mon opinion, je 
dirois que les avantages les plus remarquables de 
l'Acacia , consistent d'abord dans la rapidité de sa 
végétation , comparée à celle de nos arbres indigènes, 
à bois dur; en second lieu, dansles services qu'on peut 
retirer de son bois, à cause des excellentes qualités 
qu'il possède et qui le font employer en Amérique, 
à des usages importans. Aux avantages d'une crois- 
sance très-accélérée, de la force et de la durée de 
son bois, il en réunit un autre très-marquant, que 
n'ont pas, en général, les arbres qui viennent très-vite, 
et que les Auteurs, qui ont le plus écrit en faveur de 
l'Acacia, n'ont pas assez fait ressortir , c'est la pro- 
priété qu'il a de commencer, dès la troisième année, 
à convertir son aubier en cœur, ce qui n'a lieu dans 
le Chêne, le Châtaigner , l'Orme , le Hêtre , qu'après 
10 ou i5 ans. D'où il suit que, si on plantoit en 
même temps et dans un bon terrein, des Acacias, 
et qu'on les abattît à 25 ou 3o ans; ils auroient acquis 



2jy EOBIxNlA PbLUDO-ACACIA. 

généralement un tiers, et beaucoup le double de 
grosseur des autres, et on trouveroit que leur tronc, 
libre d'aubier dans presque toute leur épaisseur, 
auroit un assez fort volume pour être employé à des 
usages très-variés, auxquels les bonnes qualités de 
son bois le rendent convenable; tandis que dans les 
autres espèces d'arbres, outre qu'à cet âge ils ne 
seroient pas assez forts pour qu'on pût en tirer utile- 
ment parti , ils n'auroient guère plus de la moitié de 
leur diamètre en cœur ou vrai bois. C'est assurément 
une considération fort importante ; car on sait que 
pour tous les ouvrages qui exigent de la solidité et sur- 
tout une longue durée, on doit dépouiller entière- 
ment les bois de leur aubier, cette partie ligneuse 
étant sujette à la vermoulure, lorsqu'on l'employé à 
l'intérieur, et se pourrissant très-promptemen ta l'air, 
lorsqu'on s'en sert au-dehors. 

Mais si l'Acacia présente des avantages marqués, il 
a aussi des défauts qui les balancent et auxquels il 
])aroit diflicile de remédier. Ainsi , lorsqu'il est isolé, 
ses branches cèdent facilement aux efforts des vents et 
se brisent ou s'éclatent. Abandonnée lui-même, 
quand il a acquis une certaine élévation, son tronc se 
conserve rarement droit et ses principales branches, 
étant mal placées et de grosseur inégale, sont très- 
divergentes, ce qui donne à sa cime un aspect irré- 
gulier et peu agréable. Son feuillage mobile ettrans- 
])aren t prodn it aussi peu d'ombrage. Ces inconvéniens 
le rendent peu propre à former des allées et desave^ 
nues dans les jardins d'une grande étendue et à border 
les grandes routes: et à cet égard, l'Orme à petites 



ROBINIA PSEUDO-ACACIA. '2D() 

feuilles lui est infiniment supérieur et devra loujouis 
lui être préfère, Car, outre qu'on le dirige plus iaci- 
lement par la taille, son feuillage touffu et plus 
tassé, donne un ombrage plus épais ; son bois est aussi 
d'une utilité plus générale pour le cliarronage. 

On remarque de plus que, parmi les Acacias dont 
la belle verdure annonce une végétation vigoureuse, 
il s'en trouve qui languissent, et dont le feuillage 
jaunit. C'est encore un inconvénient attaché à cet 
arbre, et dont il est difficile d'assigner la cause. 

Il paroit que, depuis plusieurs années, dans le 
département de la Gironde et. autres environnans, 
on a su profiter de la croissance rapide de l'Acacia 
cultivé en taillis; on le coupe, dit-on, dès la qua- 
trième année, et on en tire des brins assez forts pour 
être fendus en deux ; on en fait des échalas qui 
durent plus de vingt ans. De vieux Acacias sont 
aussi ététés, tous les trois ans, pour le même objet: 
celte végétation vigoureuse est certainement due à 
un plus grand degré de chaleur. 

On reproche avec raison à l'AcGcia, lorsqu'il est 
planté ou semé pour former des taillis, d'être en- 
core, à l'époque où il doit être coupé, chargé d'é- 
pines fortes et meurtrières , qui rendent son exploi- 
tation plus difficile et plus dispendieuse que celle 
de toute autre essence ; désavantage qui , cependant, 
semble devoir être compensé par un produit deux 
fois plus considérable , et obtenu en moitié moins 
dé temps. 

C'est ici le cas d'indiquer une nouvelle variéié 
de l'Acacia Roh'uiia pseudo-acacia , spectabilis. 



260 ROBINIA PSEUDO-ACACIA. 

qui est entièrement dépourvue d'épines dans sa jeu- 
nesse. Cette précieuse variété se distingue par ses 
feuilles qui sont plus grandes , et surtout par sa vé- 
gétation qui est encore plus accélérée. Si les graines , 
que cette variété a déjà rapportées, ont redonné des 
sujets épineux, il est probable que celles, qui seront 
successivement récoltées sur des arbres qui en pro- 
viendront, finiront par en produire sans épines. En 
attendant , si on se procure quelques individus 
francs de pied , on pourra la multiplier en la mar- 
cottant , ou plutôt en faisant de petites tranchées 
autour de l'arbre ; les racines ainsi attaquées don- 
neront un nombre considérable de rejettons. On 
conçoit combien cette variété de l'Acacia est à pré- 
férer pour des taillis, puisque n'étant point armée 
des épines redoutables dont le Robinier est garni 
dans sa jeunesse, l'exploitation de ces taillis s'opérera 
à moins de frais et sans aucuns dangers pour ceux qui 
en seront chargés. Les branchages garnis de feuilles 
pourront aussi être donnés, sans aucun risque , aux 
bestiaux, qui , en Europe comme en Amérique, en 
en sont très-friands. On est redevable de cette pré- 
cieuse variété d'Acacia, qui double la valeur de 
cet arbre pour ceux qui le cultiveront de la sorte, 
surtout dans le Midi de la France, à M. Descemet, 
Cultivateur distingué par ses connoissances théori- 
ques et pratiques en agriculture. 

On a écrit que la manière la plus profitable de 
tirer parti des mauvais terreins, tels que ceux où les 
Chênes et autres bois durs meurent en cime, et refu- 
sent, par leur épuisement, de produire davantage 



EOBINIA rSEUDO-ACACIA. 2G1 

ces essences, etoit d'y établir des taillis d'Acacias. 
Dans les environs de Paris et plus au Nord, ces 
essais n'ont pas toujours été heureux. Il est vrai que, 
pendant les trois à quatre premières années, l'Acacia 
dépasse de beaucoup le liouleau planté a la même 
époque, et fait concevoir les plus heureuses espé- 
rances; mais, à la se])tiènie ou huitième année , les 
racines voraces de l'Acacia paroissent épuiser toute 
la substance du sol qui lui est propre; les branches, 
dans la moitié de la hauteur des jeunes arbres péris- 
sent, et leurs pousses de l'année, courtes et chétives, 
annoncent qu'ils sont dans un état de dépérissement; 
tandis que la végétation des Bouleaux est, au contraire , 
belleetvigoureuse, etquedéjà plusieurs ont atteintla 
hauteur des Acacias. Peut-être aussi ceux-ci devront- 
ils être recépés à la troisième ou quatrième année. 

Tels sont les résultats des renseignemens que j'ai 
recueillis en Amérique , sur l'Acacia , et des observa- 
tions que sa culture m'a suggérées en Europe. Des 
avantages et des inconvéniens sont attachés à sa pro- 
pagation ; je crois néanmoins que les premiers l'em- 
portent sur les seconds, et que, comme arbre d'or- 
nement et comme arbre utile, il mérite, notamment 
la variété sans épines, une place dans nos jardins 
d'agrément et dans nos plantations en grand, sur- 
tout dans les parties méridionales de l'Empire. 

PLANCHE r% 

Rameau avec une grappe de /leur. Fig. i , gousse gui contient les 
graines. Fig. 2 , graine. 

ni. 33 . 



ROBINIA riscosA. 

ROSE FLOWERING LOCUST. 

RoBiNiA viscosa y foliis impari pinnatis ^ ramis viscoso- 
glandulosis. 

Obs. Flores roseoalbi. 

C'est seulement dans cette portion de la chaîne 
des Monts-AUéghanys , qui traverse les deux Caro- 
lines et la Géorgie, ainsi que dans le territoire des 
Indiens Chrokquis, situé au-delà de ces montagnes , 
qu'on trouve cette espèce de Robinier. Mon Père la 
découvrit, pour la première fois, dans le cours de l'été 
de 1790, et, depuis cette époque, ses voyages ulté- 
rieurs et les miens dans les autres parties de l'Améri- 
que Septentrionale, nous confirmèrent dans l'opi- 
nion que cet arbre n'existe pas au Nord du 35'' 
degré , non plus que dans toute la partie basse des 
États Méridionaux. Il en résulte que le Robinia vis- 
cosa ne croît que dans une étendue de pays fort li- 
mitée. 

Cette espèce n'acquiert pas un développement 
aussi considérable que le Robinia pseudo-acacia ; 
car sahauteur la plus ordinaire n'excède pas 40 pieds 
r i3 mètres), sur 10 à 12 pouces ( 27 à 32 centimè- 
tres) de diamètre. Ses branches sont également gar- 




IBej-j'a c^. 



KOBINIA Viscosa 



Ottirr^/ 



"J^ 






KO m NI A VI SCO SA. 2G3 

nies d'épines, mais elles sont moins nombreuses et 
moins fortes. Les pousses annuelles sont de couleur 
rouge terne, et couvertes d'une humeur visqueuse, 
qui colle aux doigts lorsqu'on y touche. M. Vauque- 
lin , de l'Institut de France, a analysé cette substance 
et l'a reconnue pour un nouveau produit végétal. 

Le feuillage du Robinia viscosa est touffu et d'un 
vert foncé. Ses feuilles longues àa ^ k G pouces ( i5 
à i8 centimètres), sont composées de deux rangées de 
folioles et terminées par une impaire. Ces folioles, 
au nombre de 5 , 6 et 7 de chaque côté , sont ovales , 
longues d'environ i pouce (^3 centimètres) et pres- 
que sessiles : elles sont lisses à leur surface supérieure 
et inférieure , et d'une texture très-tendre. 

Les fleurs sont disposées en grappes ovales et lon- 
gues d'environ 3 à 4 pouces (9 à 12 centimètres). 
Elles sdnt nuancées de rose et inodores. Ces belles 
grappes de fleurs, dont cet arbre est chargé à l'époque 
de la floraison, produisent l'effet le plus charmant 
et le font singulièrement rechercher pour l'embellis- 
sement des parcs et des jardins d'une grande étendue. 
Les graines, fort petites, sont contenues dans une 
gousse hérissée de poils. Cette gousse a de 2 à 3 
pouces (6 à 9 centimètres) de longueur, sur 3 à 4 
lignes (9 à 12 millimètres j de largeur. 

Des cultivateurs d'arbres et de plantes exotiques, 
fort instruits et sans préjugés, assurent que des grai- 
nes àç. Robinia viscosa^ qu'ils ont récoltées et semées 
eux-mêmes, ont produit le Robinia pseudo-acacia. 



:264 ROBINIA VISCOSA. 

Ces deux espèces offrent cependant des caractères 
tellement diffërens , que cette métamorphose est à 
peine croyable. 

Le bois de cette espèce de Robinier est jaune- 
verdàtre, comme celui de l'espèce ordinaire, et il 
possède les mêmes propriétés : mais, comme cet arbre 
ne parvient pas à d'aussi grandes dimensions , quoi- 
que sa végétation soit extrêmement rapide dans sa 
jeunesse, il n'offre pas le même degré d'intérêt pour 
les arts. 

Le Rohinia viscosa supporte facilement les froids 
rigoureux qu'on éprouve en hiver, à New- York et à 
Philadelphie. Il y réussit très-bien, et quelques pieds 
que mon Père y avoit envoyés à plusieurs de ses 
amis, donnent tous les ans des fleurs en abondance. 
Mais aussi, comme le Robinia pseudo-acacia ^ il est 
sujet à être attaqué par l'insecte destructeur , dont 
j'ai parlé à l'article de celui-ci. 

L'introduction en Europe de cette belle espèce de 
Robinier, date de l'année 1 791. Mon Père quil'avoit 
transportée des montagnes dans un jardin qu'ilpossé- 
doit près deCharleston , S. C. , m'en envoya un pied 
qui me parvint dans le courant de juillet de la même 
année. Je l'offris a M. Lemonnier, premier médecin 
de Louis XVI, et nous le plantâmes ensemble dans 
son beau jardin, situé au petitMontreuiî , près de Ver- 
sailles, où il existe encore. C'est de ce pied que sont 
provenus, soit de drageons^ soit degreifes, ceux qu'on 
observe dans presque tous les jardins d'agrément qui 



ROBINIA VISCOSA. liG.J» 

sont en Furope, et c'est toujours un nouveau plaisir 
pour moi, de penser que j'ai contribué aussi direc- 
tement à la propagation d'un aussi charmant végétal, 
dans Tancien Continent. 

PLAJNCHE II. 

Rameau avec ses Jïeurs de grandeur naturelle. Fîg. i , gousse. 
F/g. 2 , graine. 



VIRGILIA LUTEA? 

YELLOfT JVOOD. 

ViRGiLiA lutea , foliis impari-pinnatis ^ foliolis opato-' 
acuminatis ; racemis pendulis : gemmis inclusis. 

C'est seulement dans TOuest-Tennessëe et dans 
la partie de cet Etat qui est située entre les monta- 
gnes du Cumberland et le Mississipi, et qui est com- 
prise entre les 35 et 37°. de latitude, que le Firgilla 
liitea a été trouvé. Il y est désigné par le nom de 
Yellow woody bois jaune. Cet arbre croît de préfé- 
rence sur les coteaux à pente douce, dont le sol est 
meuble, profond et fertile; il s'y trouve ordinaire- 
menty réuni au Mûrier rouge , au Gjmnocladus 
canadensis ^ au Gleditsia triacanthos ^ au Rohinia 
pseudo-acacia^ au Noyer noir et à d'autres espèces, 
dont la présence indique la bonté du terrein. Sa 
hauteur excède rarement 4o pieds T i3 mètres) , sur 
I pied (^33 centimètres J en diamètre; mais, le plus 
souvent, il n'offre pas dépareilles dimensions. Son 
tronc est couvert d'une écorce verdâtre et unie ; elle 
n'est pas gercée , comme dans la plupart des autres 
arbres. 

Les feuilles du Virgilia ont de 6 à 8 pouces (^18 
à 24 centimètres) de longueur dans les vieux pieds, 
et le double dans les jeunes individus qui poussent 
avec vigueur; elles sont formées de deux rangées de 
folioles qui sont entières , presque rondes et très- 
grandes. Ces folioles qui sont portées sur de très- 



PI 3. 




s. J. Jie^out^ Je/- 



ûv-ine/ t/ c . 



VïRGlIilA Lxttea . 



VIRGILIA LUTEA. 26^ 

courts pétioles, sont au nombre de 3, 4 et 5 de cha- 
que côté et terminées par une impaire. Danscetarbre, 
les feuilles offrent cela de remarquable que, comme 
dans le Platane, la base du pétiole renferme le bour- 
geon , qu'on ne peut voir qu'en arrachant la feuille. 
Je n'ai point vu les Heurs de cet arbre, qu'on m'a dit 
être de couleur jaune. 

Les graines du ^irgilia ressemblent beaucoup à 
celles de l'Acacia ordinaire. Elles sont de même 
contenues dans des gousses , qui n'en diffèrent que 
parce qu'elles sont plus étroites. Elles sont à maturité 
vers le i5 août, dans les environs de Nasheville. 
J'étois, à cette époque de l'année 1802, dans cette 
partie des Etats-Unis, j'y récoltai les graines de cet 
arbre que j'ai rapportées avec moi en France , où je 
les ai distribuées à différens Amateurs de CLdtures,et 
à des Pépiniéristes. Elles ont levé et ont produit les 
arbres de cette espèce que nous possédons dans ce 
moment en Europe. Ces arbres croissent avec vigueur, 
et ne sont pas sensibles aux froids de nos hivers, mais 
ils n'ont pas encore donné des fleurs. Mon Père qui 
le premier, remarqua cet arbre dans le Tennessee, en 
1 792 , jugea par son port et son feuillage qu'il devoit 
appartenir au genre Sophora^ et, ce \m prouve cette 
affinité, c'est que c'est le seul arbre sur lequel on le 
greffe avec le plus de succès; cependant on s'est pressé 
d'en faire un nouveau genre, sous le nom de Fir^ilia 
sans avoir vu sa fleur, partie de la végétation cepen- 
dant, sans laquelle, en botanique, on ne peut rien 
décider à cet égard de très-positif. 



268 VIRGILIA LUTEA. 

Pour obtenir les graines qui ont donné les beaux 
pieds qu'on voit à Paris dans plusieurs jardins , j'a- 
battis moi-même plusieurs arbres; ce qui me donna 
lieu d'examiner la qualité du bois : je trouvai que le 
grain en étoit fin, et assez tendre; ce qu'il ofFre 
surtout de remarquable , c'est que le cœur est 
parfaitement jaune: cette couleur se communique 
promptement à l'eau, même à froid; mais elle est 
fugitive , lors même qu'on fait bouillir ce bois 
avec de l'alun. On désiroit beaucoup , dans le 
pays , trouver les moyens de la fixer. 

Outre que le Vir^ilia lutea est un arbre d'une 
brillante végétation, la belle couleur jaune que 
donne son bois me paroît être une considération 
assez importante pour engager à le multiplier, jus- 
qu'à ce qu on soit parvenu a obtenir des idées fixes 
sur le parti qu'on peut en tirer pour la teinture. 

Ohs. Plusieurs plantes du cap de Bonne-Espérance , de la 
famille des légumineuses , décrites par Lamarck, dans la partie 
botanique de l'Encyclopédie , portent d(']à le nom de Pir- 
rrilia. Si donc Tabre que je viens de faire connoître , lors 
de sa floraison , est reconnu pour appartenir à un autre genre , 
il conviendra de lui donner un autre nom pour éviter la 
confusion que cela devra entraîner si on ne faisoit pas ce 
changement. 

PLAINCHE III. 

Feuille de vioùié grandeur naturelle. Fig. i , gousse. Fig. 2 , 

araiue. 




Sei/va-Jel. 



ô-scSrre/ J'c^ 



U L MU S AmericaBa. 



ULMUS AMERICJISA, 

TUE uni TE EL M. 
Pcnlaiidrie di^ynic, Linn. Fam. dod Araenlaci'cs, Joss. 

JJlmus aj7ienc/2/7a , rnmis Icci^ibus ^pejiduîis ; foJiis suhuni- 
formiler serratis , deiitihus uncinalb-acuniinatis : flo- 
ribiis ( elapsà ^einmà ) manifesté pedlcellatis ;Jructibus 
densissimo villo Jimhriatis. 

Cet arbre connu dans tous les Etals-Unis sous le 
seul nom de FThite Elin ^ Oxme blanc, se trouve 
sur le continent de l'Amérique Septentrionale, dans 
une grande étendue de pays. Mon Père indique sa 
première apparition vers le Nord , sur les bords de 
la rivière Mistassin, à i8 milles de son embouchure 
dans le lac Saint Jean , en Canada ; ce qui correspond 
à-peu-près au 4<^°« 20''. de latitude. Je l'ai obsei^vé 
personnellement à partir de la Nouvelle-Ecosse et du 
District de Maine, jusqu'à Textrémité de la Géorgie, 
ce qui offre un espace d'environ 4oo lieues du Nord- 
Est au Sud-Est. Il abonde généralement dans tous 
les États de l'Ouest, situés au-delà des Monts-Allé- 
ghanys. J'ai aussi appris qu'il étoit fort commun dans 
le voisinage des grandes rivières qui traversent la 
Haute-Louisiane et viennent se jeter dans le Mis- 
sissipi; mais cette espèce d'Orme m'a paru plus 
multipliée , et acquérir une plus grande élévation 
entre les 46°. et 42^. de latitude ; intervalle qui com- 
prend le Bas-Canada, les provinces de la Nouvelle- 
Brunsw^ick et de la Nouvelle-Ecosse, ainsi que les 
lu. 34 



270 ULMUS AMERICAN A. 

États Septentrionaux et le Gennessée, qui forme la 
partie supérieure de celui de New-York. 

Les feuilles de cette espèce d'Orme sont longues 
de 3 à 4 pouces Çg a. 12 centimètres J , disposées 
alternativement sur les branches et portées sur de 
courtspétioles; leur forme estovale-acuminée et elles 
sont doublement dentées sur leurs bords. Si on les 
compare à celles de l'Orme rouge, on trouve qu'elles 
sont généralement plus petites, d'une texture moins 
épaisse , et surtout moins rudes au toucher : les ner- 
vures sont aussi plus apparentes et plus régulières. 
Cette espèce diffère encore essentiellement de l'Orme 
d'Europe et de l'Orme rouge^ par ses fleurs et ses 
graines. 

L'Orme blanc fleurit aux environs de New- York, 
du i^"". au i5 avril. Ses fleurs fort petites, paroissent 
avant la naissance des feuilles et sont réunies en 
paquets au nombre de 8 à 10. Elles sont portées sur 
de petits pédicules inclinés, de grandeur différente, 
et qui ont 2 , 3 et même 4 lignes (^ 6 , 9 et 12 millim. J 
de longueur. Le calice et les étamines sont de cou- 
leur poupre foncé. Le stigmate est blanc et comme 
laineux. 

Les graines, à l'époque de la maturité, sont ova- 
les, avec une échancrure à leur base : ce qu'elles ont 
surtout de remarquable , c'est qu'elles sont bordées 
de cils très- visibles à la vue simple. Ces graines sont 
à maturité , du i5 mai au i^'. juin. 

L'Orme blanc se plaît dans les terreins bas, cons- 
tamment frais et même humides, qui soiittrès-subs- 



ULMUS AIWEAICANa. 2^1 



tantiels et qu'on désigne dans les Etats du Nord par 
le nom d'inle/vals Icmds ^ bas fonds. Dans les Etats 
du Milieu, il croît dans les mémessituations et autour 
des marais, où il se trouve plus particulièrement 
réuni avec le Frêne blanc, le Lir/iiidainbar stjraci- 
Jhia, les Nyssas ^ l'Érable rouge et le Juf^lans squa- 
inosa. A l'Ouest des montagnes, il abonde dans tous 
ces vallons fertiles qu'arrosent les grandes rivières 
qui affluent dans fOhio et le Mississipi, et j'ai cons- 
tamment observé qu'avec TErable blanc, Acer erio- 
carpum et le Platane, il concouroit à en garnir les 
bords les plus immédiats, et que, par conséquent, 
il étoit, comme ceux-ci, souvent exposé à avoir la 
base de son tronc, submergée lors des grosses eaux, 
au printemps. Sur les bords de ces rivières, l'Orme 
blanc acquiert jusqu'à 4 pieds (^plus d'un mètre J de 
diamètre; dans les États du Centre, il parvient aussi 
à une grande hauteur, mais il n'offre rien qui le 
ronde digne d'une attention particulière : au lieu 
que , dans les limites que j'ai indiquées comme les 
plus favorables au développement de sa végétation, 
c'est l'arbre le plus beau et le plus magnifique qu'on 
puisse voir. Quelquefois, dans le défrichement des 
forets primitives, on en laisse subsister quelques 
pieds, afin de les abattre plus à loisir : alors ^ isolé , 
il se présente dans toute sa splendeur; élevé de 80 
à 100 pieds (27 à 33 mètres) , sur 4 à 5 ( 12g à 162 
centimètres) en diamètre, sa tige nue, de lorme 
régulière, décroit insensiblement jusqu'à la hauteur 
de 60 et 70 pieds [20 et 23 mètres) , où elle se partage 



272 ULMUS AMERICA.NA. 

en deux ou trois grosses branches : celles-ci peu écar- 
tées, se rapprochent ets'entre-croisent à 8 ou lopieds 
(2 à 3 mètres j plus haut. Alors elles se subdivisent, 
en jetant régulièrement de toutes parts de longs 
rameaux, arcqués, flexibles et pendan s, qui se balan- 
cent légèrement dans les airs. On remarque encore 
une ou deux petites branches de 4 à 5 pieds (^ i à 2 
mètres j de long, qui prenant naissance à la pre- 
mière bifurcation du corps de l'arbre , se renver- 
sent et s'appliquent sur le tronc, végétant ainsi en 
sens inverse des autres branches; disposition assez 
singulière et que je n'ai point remarquée dans d au- 
tres arbres. 

Le Platane étonne par la grosseur extraordinaire 
de son tronc et par l'amplitude de sa cime ; mais 
l'Orme blanc lui est très-supérieur par son portmajes- 
tueux, dont il est redevable à sa haute élévation, à 
la disposition de ses branches primordiales et surtout 
à l'extrême élégance de sa cime. Dans TÉtat de Nevi^- 
lîampshire , entre Portsmouth et Portland , en sui- 
vant la route d'en bas qui passe par Socoh et York 
Court-House , on voit beaucoup de jeunes Ormes 
blancs, ils sont isolés au milieu des prairies dépen- 
dantes des fermes; ordinairement ils ramifient à 8 , i o 
et i5 pieds (2,3 et 5 mètres) au-dessus de terre, 
et leurs branches , au nombre de sept à huit , partant 
du même point, croissent et s'élèvent en s'inclinant 
d'une manière si uniforme, que leur sommet offre 
l'ensemble d'une gerbe la plus régulière: aussi, ne 
peut-on se lasser d'admirer ces arbres charmans. 



ULMLS AME RICANA. 2^3 

Le tronc de l'Orme blanc est couvert d'une ecorce 
(epidermej blanche, sillonnée profondément et 
d'une texture très- tendre. La couleur du bois est, 
comme dans celui de l'Orme ordinaire , Ulmus ca?n- 
pestris ^ d'un brun foncé. Coupé transversalement 
ou même obliquement à ses libres longitudinales, 
il présente de même de petites ondulations très- 
nombreuses et très-rapprochées les unes des autres; 
mais il en diffère en ce qu'il est moins compacte , 
qu'il a moins de force, de dureté et qu'il se fend 
plus aisément: c'est l'opinion de plusieurs charrons 
anglais, établis depuis long-temps dans les Etats- 
Unis^ que j'ai consultés, et c'est ce dont je me suis 
assuré depuis, par la comparaison de morceaux tirés 
de ces deux espèces. A New- York et dans les villes 
plus au Nord, on se sert cependant du bois de 
cette espèce d'Orme pour en faire les moyeux des 
roues de carosse et de cabriolet, parce qu'on ne peut 
se procurer aussi facilement que plus au Sud, du 
bois de Nyssa, reconnu préférable à Philadelphie, 
pour cet objet. Le bois de cet Orme n'est point 
employé dans la bâtisse des maisons, ni dans les 
constructions maritimes, si ce n'est quelquefois dans 
le District de Maine , pour en former la quille des 
vaisseaux, et seulement parce que les dimensions 
considérables auxquels il parvient, permettent d'en 
tirer des pièces d'un seul morceau , d'une très-grande 
longueur. Son écorce , au rapport des habitans , se 
lève facilement pendant huit mois de l'année : mise 
dans l'eau et ensuite battue, on s'en sert dans les 



/ 

2^4 ULMUS A M ERIC AN A. 



campagnes des Etats du Nord , pour en faire le fond 
des chaises les plus communes. 

Tels sont les usages auxquels on employé le bois 
de l'Orme blanc dans les Etats-Unis ; ils sont très- 
peu varies , ce qui est une suite de sa qualité infé- 
rieure, qui le met à cet égard au-dessous de l'Orme 
commun j Ulrnus campestris -y arbre d'une utilité si 
générale en Europe , et qui de plus offre le précieux 
avantage d'être fréqemment tortillard , variété qu'on 
est assuré de pouvoir reproduire de marcottes, et 
qui seroit une acquisition très-utile pour les Etats 
du Nord de l'Amérique. 

D'après mes recherches personnelles et les ren- 
seignemens que j'ai obtenus sur TOrme blanc, il 
paroit résulter que, pour les Européens, tout son 
mérite consistera , si on le plante isolément, à offrir 
l'arbre de l'aspect le plus magnifique qu'on puisse 
rencontrer dans la zone tempérée de l'ancien et du 
nouveau Continent. 

PLANCHE IV. 

Rameau avec des feuilles de grandeur naturelle, F/g. i , 
Jliurs. Fig. 2 , graines. 



PI. s. 




Be-fj'a df/. 



ULMUS Alata. 



Galrie! ,railff. 



"^rf* -V^-V-V-V %.'^'V-V^''V'V'^'V'^-V'^'^"^-V-V'V'V-V-V-VX'X^%,'^-V'V'^-V^V-^-V-V'*-'%"^-V'*'V-V-V'V'W-V'V^''V'V-v 



ULMUS ^LATJ. 

WJHOO. 
Ulmus piimila. Walter, FI. Carolln. 

Ulmus alata, ramis passim ex utroqiie latere in aJam 
suberosam corticalem dilata tis ; foliis oblongo-oualibus ^ 
sensim acutis ( nec acuminatis ) , basi subύualibus ,* 
fructu pubescente et conjertiîis cilioso. 

Obs. Arbor mediocris : folia carpinea ; Jruct'i/îcalioferè 
nlmi amerlcance. 

Cette espèce d'Orme est étrangère aux Etats du 
Nord, à ceux du milieu et à toute la région monta- 
gneuse des Alléghanys : on ne la trouve que dans la 
Basse-Virginie, la partie maritime des deux Caroli- 
nes et de la Géorgie , ainsi que dans l'Ouest-Tennes- 
sée et dans quelques Cantons de l'Etat du Kentucky. 
Il est encore probable qu'elle croit dans les deux 
Florides et la Basse-Louisiane^ dont la température 
et la nature du sol sont si analogues à celles de la 
partie maritime des Etats méridionaux, où,saufquel- 
ques exceptions, les productions végétales sont les 
mêmes. 

Dans la Caroline méridionale et la Géorgie, on 
donne à cet arbre le nom de Wahoo^ qui tire son 
origine des Indiens et dont je n'ai pu connoitre la 
signification. 

L' Ulmus alata croit de préférence sur les bords 



276 ULMU5 ALATA. 

des rivières, ainsi que dans les grands marais qui 
sont enclavés dans les Pinières. J'ai aussi cru remar- 
quer que cet arbre étoit toujours proportionnelle- 
ment moins multiplie que les autres espèces avec 
lesquelles il se trouve réuni. Cet Orme est peu élevé, 
car sa hauteur n'excède pas ordinairement 3o pieds 
^ 10 mètres ), sur gà 10 pouces (^ 27 à 3o centimètres) 
de diamètre. Les deux plus gros pieds que j'ai vus, 
se trouvoient dans la ville de Willemington, N. C. 
Ils pouvoient avoir 40 à 45 pieds (^ i3 à i5 mètres) 
d'élévation, sur i5 pouces ( 45» centimètres) de dia- 
mètre , et leur apparence annonçoit qu'ils dévoient 
être très-vieux. 

Les fleurs, comme dans les autres espèces d'Or- 
mes, naissent avant le développement des feuilles. 
Les graines, de la même forme que celles de\'Vl?7îus 
Americana^ sont également frangées ou bordées de 
cils. Elles n'en diffèrent que parce qu'elles sont un 
peu plus petites. Les feuilles de YUlmus alata , por- 
tées sur de courts pétioles, sont ovales et dentées 
sur leurs bords; elles sont plus petites que celles de 
Y Ulinus Americana et de YUlmus rubra. 

Les branches sont couvertes d'une substance fon- 
gueuse qui les accompagne dans leur longueur, et qui 
forme deux appendices de 2 a 3 lignes (^6 à gmillim. j 
de largeur et opposés l'un à l'autre. C'est ce carac- 
tère particulier à cet arbre, qui lui a faitdonner par 
mon Père, le nom spécifique di Alata. comme ailé. 

Le bois de YUlmus alata a le grain plus fin, plus 
serré que celui de YUlmus americana^ et il est plus 



ULMUS ALATA. 2-7 

lourd. Je lui crois aussi plus de force : le cœur est 
d'un rouge terne, et approchant de la couleur cho- 
colat, et il a l'avantage d'être toujours en grande 
proportion comparativement à l'aubier. 

A Charleston, S. C. et dans quelques autres villes 
des Etats méridionaux, on employé le bois de cette 
espèce d'Orme , pour les moyeux de cabriolet et de 
carosse; quelques charrons le préfèrent même au bois 
de Nyssa pour cet objet, comme étant plus dur et 
plus résistant. C'est le seul usage auquel j'ai trouvé 
qu'il étoit employé. 

Sous les rapports économiques, YUlmus alata 
n'offre aucun avantage aux Européens qui possèdent 
l'Orme ordinaire, Ulmus campestris ^ qui lui est 
très-supérieur et par ses dimensions et par l'excel- 
lence de son bois; motifs suffisans pour engager les 
habitans des Etats-Unis, à l'introduire dans leur 
pays. 

PLANCHE V. 

Rameau avec les feuilles de grandeur naturelle. Fig. i , graines 
de grandeur naturelle. 



iir. 



ULMUS RUBRA. 



RED KLM. 



XJiMVS rubra , JoUis plerumquè ovalibus oblongîs , rariùs 
cordatb-ovalibus , utrinque rugosis ; gemnis y sub ex- 
plicatione densà Juli^àqiie lana , tomentosis : Jloribus 
sessilibus. 

Obs. Succus suh cortice manifesté viscosus , undè 

nomen triviale Slippery elin, Orme gras. 

f 

A Ttîxception de la partie basse et maritime des 
Deux-Carolines et de la Géorgie, oq rencontre cette 
espèce d'Orme dans toute lëtendue des Etats-Unis, 
ainsi qu'au Canada. Dans ces diverses parties de 
l'Amérique Septentrionale, elle est connue sous les 
difFérens noms de Ked elm^ Orme rouge, de Slippery 
elm^ Orme gras; et de Moose ehn ^ Orme d'Elan; 
j'ai conservé la première de ces dénominations 
comme la plus usitée. Les Français du (Canada et de 
la Haute-Louisiane^ l'appellent Orme gras. 

L'Orme rouge est un arbre assez commun dans 
cette grande partie des Etats-Unis, que je viens d'in- 
diquer. Cependant il l'est beaucoup moins que toutes 
les espèces de Chênes, de JNoyers, d'Erables, de 
Nyssas et que le Liquidamhar stjraciflua et le Lau- 
rus sassafras. Il est aussi bien moins multiplié que 
rOrme blanc. On trouve rarement ces deux espèces 
ensemble dans les mêmes endroits^ car l'Orme rouge 



PI 6 




BeJswâêL 



ULMUS RuWa 



ULMUS RUBRA. 2^r; 

aime un sol substantiel et qui n'est pas humide; j'ai 
même remarqué qu'il afiectoit de croître dans les 
situations élevées et découvertes, où la circulation 
de l'air se fait plus librement, comme sur les bords 
escarpés de certaines rivières; j'indiquerai plus spé- 
cialement, ceux de la rivière Hudson et de la Sus- 
quehannah, où j'ai fait cette observation. Dans les 
Etats de l'Ohio, du Rentucky et du Tennessee , il 
est aussi plus multiplié qu'à l'est des montagnes; il y 
concourt avec les Noyers, le Cerisier de Virginie , 
le Mûrier rouge , le Gleditsia triacanthos , le Gym- 
nocladus canadensis et quelques autres espèces, à 
former les forets qui couvrent les meilleurs terreins 
et dont la surface est inégale. 

L'Orme rouge s'élève à 5o et 60 pieds ^17 et 20 
mètres), sur i5 à 20 pouces (4^^ ^ ^o centimètres) 
de diamètre. Lorsqu'en hiver l'Orme blanc et l'Orme 
rouge sont privés de leur feuillage , on reconnoit 
facilement ce dernier à ses bourgeons qui sont plus 
gros et pi us arrondis et qui , dans les quinze premiers 
jours qui précèdent leur développement^ ont leurs 
écailles bordées d'un duvet de couleur rousse. 

Les fleurs, comme dans les autres Ormes, parois- 
sent avant les feuilles et elles sont de même dispo- 
sées en paquets, sur les jeunes pousses de l'année 
précédente. Les écailles qui entourent ces grappes de 
fleurs et le calice de chacune d'elles, sont aussi 
entourées d'un duvet épaisj et de la même couleur 
que celui des écailles des bourgeons. Les fleurs et les 
graines diffèrent entièrement de celles de VUlmus 



280 ULMUS RUBRA. 

americana. Dans l'Orme rouge , le calice, outré 
qu'il est lanugineux, est sessile, et les ëtamines sont 
courtes et d'une rose pâle. Les graines sont un peu 
plus grandes, rondes, point bordées de cils et fort 
semblables à celles de l'Orme ordinaire d'Europe, 
Ubnus campestris . Elles sont à maturité vers la fin de 
mai. Les feuilles de l'Orme rouge, de forme ovale- 
acuminée, et doublement dentées sur leurs bords, 
sont plus grandes que celles de l'Orme blanc, plus 
épaisses et très-rudes au toucher. 

L'écorce qui couvre le corps de l'arbre, est de cou- 
leur brune. Le cœur ou le vrai bois , a le grain moins 
serré et d'une texture plus grossière que celui de 
l'Orme blanc, sa couleur est d'une teinte rousse; 
d'où je présume que lui est venu le nom d'Orme 
rouge. J'ai aussi remarqué qu'il avoit peu d'aubier 
et qu'on n'en trouvoit même qu'une petite propor- 
tion dans des branches de i à 2 pouces Ç 3 h. 6 cen- 
timètres) de diamètre. Le bois de cette espèce d'Orme 
est aussi d'une meilleure qualité; il est doué de plus 
de force et il résiste bien à la pourriture , lorsqu'il 
i st exposé aux injures du temps ; c'est ce qui fait que, 
dans les Etats de l'Ouest, où cet arbre est plus com- 
mun , on s'en sert plus avantageusement dans la 
construction des maisons, et quelquefois dans celle 
des vaisseaux, sur les bords de l'Ohio. Cest aussi le 
nieilleurbois dont on pourroit se servir dans les Etats- 
Lnis , pour les boites à poulies de navires, et s'il n'est 
^às employé à cet usage dans les ports de mer, c'est 
que cette espèce d'Orme n'est pas assez multipliée 



ULMUS RUBRA. 281 

à l'est des montagnes. On fait encore avec l'fJrme 
rouge, de bonnes barres pour les clôtures des cliamps, 
parce qu'outre qu'il est de longue durée, il se fend 
aisément et de droit fil; cest probablement à cause 
de cela qu'il n'est que très-rarement employé pour 
en faire des moyeux de voiture. 

L*Orme rouge a beaucoup de ressemblance avec 
une variété ou espèce d'Orme qui croit en Europe, 
et qu'on connoit sous le nom à' Orme à large feuille 
ou Orme d'Hollande. Les feuilles de l'Orme rouge et 
l'écorce de ses branches, macérées dans l'eau, don- 
nent, comme celles de TOrme d'Hollande, un muci- 
lage très-abondant et très-épais. On s'en sert utile- 
ment dans les rhumes pour faire des tisanes adoucis- 
santes, et pour des cataplasmes émolliens , à la place 
de la racine de guimauve, Altliea officinalis ^ qui 
ne croit pas dans les Etats-Unis. 

Quoique l'Orme rouge soit préférable à l'Orme 
blanc, son bois est cependant encore inférieur à celui 
de l'Orme d'Europe, Ulmus campestris ; et, sous ee 
rapport, on ne peut en recommander la culture, au 
moins d'une manière générale. 

Ohs. J'ai trouvé dans le District de Maine , ainsi 
que sur les bords du lac Champlain, un autre Orme 
que j'ai jugé devoir être une espèce distincte de celles 
dont j'ai donné la description. Ses feuilles sont ovales- 
acuminées, dentées profondément et rudes au tou- 
cher. Ses jets de l'année , annoncent qu'elles poussent 
avec beaucoup de vigueur. Cette espèce dont je n'ai 



,282 ULMUS RUBRA. 

VU ni les fleurs ni les graines , paroît être confondue 
pour l'usage avec l'Orme blanc ; peut-être est-elle 
préférable. Elle se trouve en France dans les Pépi- 
nières. Il est probable qu'elle est venue originaire- 
ment en Europe par la voie du Canada. 

PLANCHE VI. 

Rameau avec des feuilles et des graines de grandeur naturelle. 



PI. 7. 




Ey lUÂûu^ del. 



Gabrùi J-at^ ■ 



P L ANE RA Ulmifota 



PLANERA ULMIFOLIA, 

PL /lis EU TUEE. 

l'Ianeia Gmelini. A. Micli. Tl. B. 

P;.Ai\ER\ uJrnifoliii , folus pefiolalùi , ohlon^hovalihus 
sensim angustatis , acutis , hasi obtusis , œqiialiter 
serratis ; capsula scahrà. 

Les Etats méridionaux, ceux du Rentucky et du 
Tennessee, ainsi que les rives du Mississipi, sont les 
seules parties des Etats-Unis, où mon Père et moi 
avons trouve cette espèce de Planera. Cet arbre est 
peu multiplié comparativement à ceux avec lesquels 
il croît, et son bois n'est employé à aucun usage. 
C'est là probablement la cause pour laquelle il n'a 
pas encore attiré l'attention des habitans, qui ne le 
connoissent sous aucune dénomination particulière- 
j'ai donc dû y suppléer, et je le décris sous le nom 
que lui ont donné les Botanistes. 

J'ai plus particulièrement observé le Planera ulmi- 
folia sur les bords de la rivière Savanah, en Géorgie, 
où il croît parmi les autres arbres qui couvrent les 
grands marais qui bordent cette rivière. Sa hauteur 
excède rarement 35 à 4o pieds (12 à i3 mètres J, sur 
1 2 à 1 5 pouces en diamètre (^36 à 45 centimètres) ; ce 
qui le place dans le rang des arbres de la deuxième 
grandeur. Ses fleurs, comme celles de lOrme, parois- 
sent de très-bonne heure au printemps, et avant le 
développement des feuilles; elles sont également 



284 PLANERA ULMIFOLIA. 

très-peu apparentes. Les graines très-fines, sont con- 
tenues dans de petites capsules, ovales^ renflées et 
dont la surface est inégale. Les feuilles d'environ un 
pouce et demi (10 centimètres j de longueur, sont 
ovales-acuminées et dentées dans leur contour. Elles 
sont d'un vert gai et elles ont quelque ressemblance 
avec celles de l'Orme, avec lequel cet arbre a le plus 
d'analogie. 

Le bois du Planera ulniifolia m'a paru avoir delà 
dureté et de la force, et être propre à des usages 
variés; mais, comme je l'ai déjà fait remarquer, cet 
arbre est rare et son bois n'est point employé, quoi- 
qu'il soit très-probable qu'il participe des proprié- 
tés de son analogue , le Planera richardi , orme, de 
Sybérie, qui croît dans le Nord de l'Asie. J'ai appris 
démon Père, qui a observé cette dernière espèce sur 
les bords de la mer Caspienne, que son bois y étoit 
fort estimé , à cause de sa force et de son élasticité. 
La hauteur et le diamètre auquel elle parvient dans 
ces climats, paroît aussi devoir la recommander à 
l'attention des Forestiers européens et américains^ 
préférablement à l'espèce d'Amérique. 

PLANCHE VII. 

Rameau avec les feuilles et les graines, Fig. i , peut rameau 
avec desjleurs mâles. 




i ^mir 



/ rOPULrUS Trenniloides 



t^tàA 



^^y/t 



^.POPULUS QpaadideTitata.. 



P O P U L U s TREMULOÏDES, 

THE AMERICAN ASPEN. 
Dioecie polyandrie , Linn. Fam. des Amentacôcj Juss. 

PopuLUS tremuloides ; foUls suhorbicidalls , abrupLè acu- 
tique acuniinatis <y serrulatis ; margi'ne pubescentibus. 

Cette espèce de Peuplier, qui est assez commune 
dans les États du Nord et du Milieu , paroit l'être 
encore davantage dans le Bas-Canada, d'après les 
notes manuscrites de mon Père. Aux environs de 
New-York et de Philadelphie , où j'ai plus particu- 
lièrement observé cet arbre, j'ai toujours remarqué 
qu'il affecloit de croître dans les terreins de médio- 
cre qualité et peu couverts. Sa hauteur laj^lus ordi- 
naire est d'environ 3o pieds ( lo mètres j, sur 5 à 6 
pouces (^i5 à i8 centimètres) en diamètre. Le tronc 
est revêtu d'une écorce verdâtre et lisse , mais gercée 
à sa base dans les plus vieux arbres. 

Ce Peuplier est en fleur vers le 20 avril , et dix ou 
quinze jours avant qu'aucune de ses feuilles ait com- 
mencé à se développer. Les chatons composés d'ai- 
grettes soyeuses, naissent aux extrémités des bran- 
ches 5 leur forme psi ovale , et leur longueur d'à-peu- 
près I pouce ^3 centimètres J. Les feuilles supportées 
sur d'assez longs pétioles, et comprimées à leur par- 
tie supérieure, ont environ 2 pouces (6 centimètres) 
en diamètre. Leur couleur est d'un vert foncé, et 
elles sont traversées au printemps par des nervures 

m. 36 



286 POPULUS TREMULOÏDES. 

rougeâlres. Dans les individus qui ont plus de 7 à 
8 pieds (2 a 3 mètres) de hauteur; leur forme est 
presque ronde , et elles sont bordées de dents inéga- 
les et obtuses : mais, dans les jeunes pousses , ou sur 
les rejetons^ elles ont le double de grandeur et elles 
sont en cœur et acuminëes à leur sommet. C'est de 
tous les Peupliers d'Amérique, celui dont les feuilles 
sont les plus mobiles; le plus léger zéphir les agite. 
Le bois du Populus tremuloïdes est très-léger, 
très-tendre et n'a aucune force; ce qui fait qu'il n'est 
employé à aucun usage. Ces défauts ne sont même 
pas compensés par sa grosseur et son élévation, non 
plus que par la rapidité de sa croissance , en sorte 
qu'il est à peine remarqué des habilans, qui ne se 
donnent la peine de l'abattre, que quand il se trouve 
dans des terreins qu'ils défrichent pour les mettre 
en culture. Il résulte de cet article que le Populus 
tremuloïdes est fort inférieur à plusieurs autres espè- 
ces de Peupliers, tel entr autres que celui de Virgi- 
nie, dont les dimensions sont trois fois plus fortes , 
dont la végétation est plus accélérée et l'aspect beau- 
coup plus agréable. Considéré comme arbre d'agré- 
ment les autres espèces lui sont encore très-préfé- 
rables. Ainsi, le Populus tremuloïdes noïïre 3iucun 
degré d'intérêt aux habitans des Etats-Unis, ni aux 

Européens. 

PLANCHE VIII. 

i.Fig. I .feuille de grandeur naturelle. Fig. 2 , chaton. 



P O P U L U s GRANDIDENTATA. 

THE AMERICAN LARGE ASPEN 

PopuLUS grandidenta ^ petlolls superne compressis : foliis 
suhrotundb-ovalibus , acumlnatis ; utriiiquè glabris 
inœqualiter sinuato-grandidentatis : junioribus i^lllosis. 

Cette espèce de Peuplier appartient plus particu- 
lièrement aux États du Nord et du Milieu , qu'à ceux 
du Sud , où il ne se trouve que dans la partie supé- 
rieure de ces Etats. Dans le Nord des États-Unis, 
cet arbre sans être très-rare, ne peut cependant y 
être rangé dans la classe de ceux qui composent le 
plus ordinairement la masse des forets ; car il y est 
si clair-semé , qu'on peut quelquefois les parcourir 
des journées entières sans en trouver un seul pied. 
C'est encore probablement à cause de cette rareté 
que, jusqu'à présent, il a été confondu par leshabi- 
tans, avec l'espèce ^xècéàenle^Populus tremiiloïdes^ 
qui est plus multipliée j et ils lui ont donné le même 
nom; mais, comme il acquiert une plus grande élé- 
vation , je l'ai désigné par celui à! American large 
ûj/?e7i, grand Tremble d'Amérique, dénomination 
qui m'a paru lui convenir autant que toute autre. 

Le Populus grandidentata croît aussi bien dans 
les terreins élevés que dans le voisinage des marais. 
Sa hauteur est d'environ 4o à 45 pieds (^ i5 mètres), 
sur 10 à 12 pouces (3o à 36 centimètres) de dia- 
mètre. Son tronc est droit et couvert d'une écorce 



288 POPULUS GRANDIDENTATA. 

unie , verdâtre et rarement crevassée. Ses branches 
sont peu nombreuses et fort espacées. On remarque 
qu'elles ne sont très-ramifiées que vers leurs extré- 
mités, où elles se chargent de feuilles, l'intérieur 
étant presque vide de feuillage: observation que j'ai 
faite dans les vieux arbres j ce qui leur donne un 
aspect peu agréable. 

Les feuilles du Populus grandidentata j lors de 
leur développement au printemps^ sont couvertes 
d'un duvet très - épais de couleur blanche; mais à 
mesure qu'elles grandissent, le duvet disparoit suc- 
cessivement, et au commencement de l'été, où elles 
ont acquis toute leur grandeur, qui est d'environ 2 
à 3 pouces (6 à 9 centimètres J en diamètre, elles 
sont parfaitement glabres en-dessus et en-dessous. 
Ces feuilles à l'état parfait, ont une forme presque 
ronde, et elles ont cela de remarquable qu'elles sont 
comme crénelées ou bordées de dents très-larges , 
ce qui fait reconnoître cette espèce de Peuplier au 
premier abord; et c'est de ce caractère des feuilles, 
que mon Père a tiré le nom spécifique latin degran- 
didentata^ qu'il lui a donné dans sa Flora boreali 
Americana. Les fleurs sont disposées sur des chatons 
longs d'environ 2 pouces (6 centimètres). Ces cha- 
tons paroissent à l'époque où les feuilles commen- 
cent à se développer, et ils sont alors très-velus. 

Le bois du Populus gi^andidentata est très- tendre 
et très - léger; il m'a paru bien inférieur à celui 
du Peuplier d'Italie et du Peuplier de Virginie, qui 
offrent encore l'avantage de croître plus rapidement 



POPULUS GRANDIDENTATA. 289 

et de parvenir à une liautcur beaucoup plus grande. 
Ainsi cette espèce de Peuplier n'offre que peu d'in- 
térct sous le rapport de l'utilité qu'on peut retirer de 
son bois dans les arts. Il ne pourra donc être consi- 
déré que comme un arbre de pure curiosité, à cause 
de son joli feuillage; car son aspect est assez agréa- 
ble, lorsqu'il n'a pas encore outrepassé 12 a ifj» pieds 
(4 îi ^ mètres) d'élévation; ce qui doit lui faire assi- 
gner une place dans les jardins d'agrément. 

PLANCHE VIII. 

2. Fig. I ^feuille de grandeur naturelle. Fig. 2 , chaton femelle 
avec de petites feuilles y dans les premiers jours de leur développe- 
ment. 



POPULUS ARGENTEA. 

COTTON TREE. * 

•£' 
"PopvLVS argenlea y ramuUs teretibus , foUis amplis , sinu 
parvo cordatisy obbusis ^ leuiter denlatis ; junloribus 
tomentosis. 

On trouve cette espèce de Peuplier dans une éten- 
due de pays fort considérable , et qui comprend les 
États du Milieu , du Sud et ceux de l'Ouest ; cepen- 
dant elle y est si peu multipliée, qu'elle est restée 
étrangère au plus grand nombre des habitans de ces 
diverses Contrées, qui ne la connoissentsous aucune 
dénomination particulière, si ce n'est sur les bords 
de la rivière Savanah, en Géorgie, où elle est désignée 
par le nom de Cottonwoodtree ^ Bois à coton; déno- 
mination qui est aussi appliquée au Populus an^ulata^ 
qui croit aux mêmes lieux. 

Un marais situé dans le New- Jersey, à une petite 
distance de la rivière duNord, à environ deuxmilles 
au-dessus de Weehock-Ferry , près de New-York, 
est l'endroit le plus avancé vers le Nord,x3Ù j'ai per- 
sonnellement observé cet arbre; je l'ai retrouvé en 
Virginie, mais plus communément sur les bords de 
plusieurs des rivières qui traversent la partie mari- 
time des États méridionaux. Mon Père, paroit l'avoir 
vu encore plus abondant dans les contrées de l'Ouest: 
il indique, entr'autres situations, les environs du fort 
Massac , situé sur l'Ohio^ près de son embouchure 




£atva def 



P O P IT LU S Argent e a 



ûa^ru!^ j-culr 



'»» 



POPULUS ARGENTEA. 20)1 

dans le Mississipi , et un vaste marais de plus de deux 
lieues en tous sens, qui sont entièrement couverts 
de cet arbre. Ce marais est à dix lieues de la rivière 
de Wabasli, et se trouve sur la route qui conduit de 
Raskakias aux Illinois. 

Le Populus ar^entea est un fort grand arbre: il 
s'élève quelquefois jusqu'à yo ou 80 pieds Taj mètres), 
sur 2 à3 pieds (i mètre) en diamètre. Alors, son 
écorce est très -épaisse et profondément crevassée. 
Les jeunes branches et les pousses de l'année sont 
arrondies, et non anguleuses comme celles du Popu- 
lus antidata. Les jeunes feuilles, à l'époque de leur 
développement , sont couvertes d'un duvet très-épais 
et de couleur blanche; mais à mesure qu'elles gran- 
dissent, ce duvet disparoît, et lorsqu'elles ont acquis 
toute leur grandeur, elles sont lisses en -dessus et 
restent seulement légèrement veloutées à leur sur- 
face inférieure. Ces feuilles soutenues sur de longs 
pétioles, ont souvent 6 pouces ( 18 centimètres) de 
longueur, sur une dimension égale dans leur plus 
grande largeur; elles sont très-régulièrement en cœur, 
d'une texture assez épaisse et dentées dans leur con- 
tour. On remarque encore que la base des feuilles 
présente deux lobes qui se croisentet cachentle point 
d'attache du pétiole. Les chatons qui supportent les 
fleurs sont inclinés et ont environ 3 pouces (9 centi- 
mètres) de longueur; ils sont par conséquent moitié 
moins longs que ceux du Populus angulata. 

Le bois de ce Peuplier est tendre et léger; le cœur 
en est jaunâtre tirant sur le rouge, et les jeunes 



292 POPULUS ARGENTEA. 

branches sont pleines d'une moelle qui est aussi de 
la même couleur. Il n'est employé à aucun usage , 
et je le crois inférieur à celui du Peuplier blanc et 
des Peupliers de Virginie et d'Italie. 

Ce Peuplier vient très-bien en France , et il est à 
regretter que les qualités de son bois ne répondent 
pas à l'intérêt que semble comporter sa haute éléva- 
tion et son beau feuillage. 

PLANCHE IX. 

Feuille de moitié grandeur naturelle. Fig. i , petit rameau 
avec des jeunes feuilles , quelques jours après leur développement. 




Sfj'.fa.vâup. 



y.POPULUS Hudsomca. 



^M!r/4 tyo-//^:f,i 



Gabriel j'cuW . 

^.POPULUS Momlifea^a. 



///S'/'/^an c 



^;. 



•?y!^/i 



iyo/ufz^ 



PO PU LUS HUDSONICA. 

AMERICAN BLACK POPLAR. 

PopuLUS hiuhonica , ramulîs junior ihus piJosis ; fol'ùs 
dentatis ; cunspicuè acumliialis. 

C'est sur les bords de la rivière Hudson ou du 
Nord, au-dessus d'x'\l])any , que j'ai seulement trouve 
cette espèce de Peuplier. Je présume qu'elle croîl 
aussi en Canada, où je n'ai pas voyagé. Les individus 
que j'ai observés étoient isolés, et par suite leur 
sommet embrassoit beaucoup d'espace ; ce qui fait 
que je n'ai pu juger de toute la hauteur à laquelle 
ils peuvent parvenir lorsqu'ils sont resserrés dans les 
forets. Cependant, ceux-ci avoient de 12 a i5 pouces 
(^36 à 45 centimètres) eu diamètre, sur une hau- 
teur d'environ 3o à 40 pieds ( 10 à i3 mètres) ; ce 
qui indique assez que cette espèce acquiert de beau- 
coup plus grandes dimensions que le Populus gran- 
didentata et le P. tremuloides. 

Dans ce Peuplier, l'écorce qui couvre les jeunes 
branches, est d'une couleur gris-blanc, et les bour- 
geons qui naissent dans les aisselles des feuilles , sont 
d'un brun foncé: mais un des caractères distinctifs 
de cette espèce, est d'avoir au printemps les jeunes 
pousses et les pétioles des feuilles poilus, ce qui 
s'aperçoit même sur les revers des jeunes feuilles. 
Celles-ci, lisses et d'une belle couleur verte , sont 
dentées dans tout leur contour, arrondies à leur 
III. 37 



294 POPULUS HUDSONICA. 

partie moyenne , et se rétrécissent promptement 
vers leur tiers supérieur, de manière qu'elles se ter- 
minent en pointe fort alongée. Lorsqu'elles ont 
acquis tout leur développement, elles ont un peu 
plus de 3 pouces [9 centimètres J de longueur, sur 
environ 2 pouces (6 centimètres) dans leur plus 
grande largeur. Il est également à remarquer que les 
feuilles varient à peine de forme, à partir du moment 
qu'elles commencent à se développer; ce qui ne s'ob- 
serve pas dans la plupart des autres espèces de ce 
genre. Dans ce Peuplier, les chatons ont de 4 à 5 
pouces (12 à i5 centimètres) de longueur; ils sont 
lisses et non entourés de poils comme dans plusieurs 
autres espèces. 

Cet arbre étant assez rare dans les limites des 
États-Unis, et ne l'ayant personnellement observé 
que sur les bords de la rivière Hudson , où on n'en 
fait point usage, je ne puis donner aucun renseigne- 
ment sur la qualité de son bois, quoique, à en juger 
d'après les apparences, le Peuplier de Virginie et 
celui d'Italie, semblent devoir lui être préférés. 

11 existe dans la ville de New- York, près du Parh^ 
plusieurs forts pieds de cette espèce de Peuplier , 
auquel on donne le nom di American Black Poplar. 

PLANCHE X. 

I. Peuplier noir d' Amérique, 



PO PU LUS MON ILI FERA. 

VIRGINIAN POPLAR. 

PopuLUS nionilifera ,foliis deltoîcUbus ^glabris , crenati's; 
petiolis apice compressis , in adultis ramis tereUbus. 

Depuis bien des années, on possède en Europe 
cette espèce de Peuplier, qu'on s'accorde à regarder 
comme originaire de l'Amérique Septentrionale : on 
lui donne assez généralement le nom de Peuplier 
de Vir^inie^ et plus fréquemment encore celui de 
Peuplier Suisse. Cette dernière dénomination paroit 
provenir seulement de ce que cet arbre est plus abon- 
damment cultivé dans cette partie de l'Europe qu'ail- 
leurs. Quoique ni mon Père, ni moi, non plus que plu- 
sieurs collecteurs Botanistes anglais, fort instruits, 
qui, comme nous, ont parcouru, dans toutes sortes 
de directions, les Etats atlantiques et une grande 
partie de ceux de l'Ouest, n'y ayons pas trouvé cette 
espèce de Peuplier, je me suis néanmoins décidé à 
en parler, parce qu'elle peut être naturelle à quelque 
partie de l'Amérique , où nous n'avons pas voyagé , 
et que j'ai voulu l'indiquer aux Américains comme 
un arbre fort utile à propager, à cause de la rapidité 
de sa végétation. 

Le Peuplier de Virginie ou Suisse , s'élève à 60 et 
70 pieds ^ 20 et 23 mètres)^ sur un diamètre 
proportionné à cette hauteur. Son tronc, couvert 
d'une écorce noirâtre dans les gros arbres, est cyliu- 



2g5 POPULUS MONILIFERA. 

driqiie et non sillonnée, comme dans les vieux 
Peupliers d'Italie. Ces feuilles, presque aussi lon- 
gues que larges , sont un peu en cœur , lisses à 
leur surface , dentées à dents obtuses dans leur 
pourtour et portées sur de longs pétioles, compri- 
mées supérieurement : prises sur de grands arbres, 
leur grandeur moyenne est de 2 pouces et demi à 3 
pouces (8 à 9 centim,) Mais cette grandeur varie 
considérablement en plus ou en moins. Elle estplus 
que du double, si elles proviennent de jeunes arbres 
plantés dans un endroit fort humide , ou même si 
elles sont prises sur les branches inférieures. Sur le 
sommet de l'arbre, au coaitraire, elles sont beaucoup 
plus petites. Si on compare les feuilles de ce Peu- 
plier avec celles des Peupliers du Canada et de Caro- 
line, appartenant à des arbres de la même force et 
plantés dans le même terreifi , on remarque que 
celles de l'espèce dont il est ici question, sont tou- 
jours de moitié moins grandes. 

On ne possède en France, de cette espèce, que l'in- 
dividu mâle , qu'on propage de bouture. Le Peuplier 
de Virginie ou Suisse offre cela de commun avec 
ceux de Canada et de Caroline, que dans sa jeunesse , 
il a, comme ceux-ci, les pousses de l'année très-angu- 
leusesetquecesanglessubsistentpendant la deuxième 
et troisième année, dans les individus jeunes, vigou- 
reux et plantés dans un sol humide : dans les arbres 
au contraire, qui ont déjà 20 à 3o pieds Çj h 10 
mètres ) de hauteur, et qui se trouvent dans des ter- 
reins élevés et assez secs, les jeunes branches sont 



POPULUS MOiMLIFill; A. ^.(jn 

parfaitement cylindriques et non angulenses: earac- 
tère que conservent dans tous les cas, pendant plu- 
sieurs années, les Peupliers de Caroline et de Canada. 
Comme ce dernier a été souvent, et est encore quel- 
quefois confondu avec le Peuplier Suisse, je résumerai 
leurs principaux caractères distinctifs , d'après les 
observations de M. de Foucault, un des employés 
supérieurs de l'administration impériale des eaux et 
forêts, le plus distingué par ses connoissances bota- 
niques appliquées à l'économie forestière, qui a depuis 
long-temps cultivé et étudié cette partie avec soin. 
f<i)ans le Peuplier de Virginie ou Suisse, les feuilles 
sont, dit-il, beaucoup moins grandes, moins en cœur; 
les rameaux moins gros , moins anguleux et cylindri- 
ques dans les jets de trois ans, sur les individus plantés 
dans les lieux élevés ; les branches moins écartées du 
tronc. » M. de Foucault ajoute que le bois du Peuplier 
Suisse , lui a paru plus tendre que celui du Canada , 
mais que sa végétation est plus rapide, et qu'il n'exige 
pas un sol aussi humide pour prospérer : c'est cette 
dernière considération c|ui est cause que cet arbre 
est actuellement planté avec profusion dans toutes 
les parties de la France, où l'on a trouvé qu'il donne 
des produits très-abondans plus promptementque le 
Peuplier d'Italie. 

PLANCHE X. 

2. Peuplier de J^iri^inie ou Peuplier suisse. 



P O P U L U s CANADENSIS. 



COTTON WOOB. 



PopuLus canadensis , foins magm's^ latb-cordatis , crena' 
tis , glabris ,* basi glandulosis : ramis angulads in 
adultis. 

Cette espèce de Peuplier, comme le Peuplier de 
Virginie ou Suisse , est connue depuis long-temps en 
Europe. Il est assez probable qu'elle est venue primi- 
tivement en France, du Canada. C'est du moins ce que 
paroîtroit devoir indiquer le nom de Peuplier de 
Canada qu'elle y porte. J'ai trouvé cet arbre dans la 
partie supérieure de l'État de New-York, sur les bords 
de la rivière Gennessée, qui se jette dans le lac Onta- 
rio, latitude 43°. Je l'ai encore observé dans quelques 
parties de la Virginie, et notamment dans plusieurs 
Iles de rOhio. Partout où je l'ai vu, je Tai toujours 
trouvé immédiatement le long des rivières , dans un 
sol gras , onctueux et exposé à être submergé tous les 
ans, au printemps, par la crue des eaux. On ne ren- 
contre, au contraire, jamais cet arbre autour des 
marais et des autres lieux humides, enclavés dans 
les forets. Sur les bords de la rivière Gennessée, où 
les froids sont aussi intenses que dans le Nord de 
l'Allemagne, j'ai vu plusieurs de ces Peupliers que 
j'ai estimé avoir de 70 à 80 pieds (28 à 27 mètres) 
de hauteur, sur 3 à 4 pieds (plus de i mètre) en 
diamètre. 



P/. u. 






Gairm^ sculp 



POPXILUS CaiULdensis 



POPULUS CANADENSIS. 2C)g 

La description et les remarques que m'a commu- 
niquées M. de Foucault, sur ce Peuplier qu'il a cul- 
tivé depuis long-temps^ et qu'il a étudié plus minu- 
tieusement que moi, s'accordent parfaitement avec 
les observations que j'en ai faites dans son pays natal. 
«Les feuilles sont, dit-il, deltoïdes, presque en 
cœur, toujours plus longues que larges, glabres et 
inégalement dentées; les pétioles comprimés, d'un 
vert jaunâtre ; deux glandes de la même couleur à la 
base du pétiole; les rameaux anguleux: les angles 
forment des lignes blanchâtres, saillantes, qui se 
conservent même dans l'état adulte de cet arbre. 
Toute espèce de terrein ne lui convient pas ; il réussit 
beaucoup moins bien que le Peuplier Suisse dans 
les terres compactes et argileuses ». 

« Comme arbre d'utilité, le Peuplier Suisse lui est 
préféré et avec raison, parce que le Peuplier du 
Canada est plus difficile sur le terrein, et qu'il a le 
défaut de porter des branches qui se bifurquent sou- 
vent près de la base du tronc; ce qui nuit à son élé- 
vation , car lors même que ces branches inférieures 
sont supprimées , celles du haut ont le même incon- 
vénient ». 

Cet arbre est plus pittoresque que le Peuplier 
Suisse, particulièrement sur le bord des eaux; il a 
le feuillage beaucoup plus large et les cannelures de 
sa tige qui sont toujours très-prononcées, même sur 
les vieux pieds, un peu moins cependant que dans 
le Peuplier de la Caroline, mais beaucoup plus 
que dans le Peuplier de Virginie ou Suisse, le font 



3oO POPULUS CANADEIVSIS. 

aisément distinguer de ce dernier, qui file plus droit 
et dont la tête est arrondie. Le Peuplier du Canada 
acquiert beaucoup plus de grosseur ». Les chatons 
femelles de ce Peuplier sont flexibles , pendans , 
et ont de 6 à 8 pouces (i8 à 24 centimètres) de 
longueur. Ses graines sont enveloppées d'une très- 
belle aigrette qui a la blancheur du coton. Les bour- 
geons, à l'époque de leur développement, sont lis- 
ses et enduits d'une substance résino- aromatique , 
d'une odeur agréable. 

Ce Peuplier est assez rare dans les États atlanti- 
ques. Il n'y est connu des habitans sous aucune 
dénomination particulière. Il paroit être, au con- 
traire, fort commun sur les rives du Mississipi, au- 
dessus de la rivière des Arkansas^ ainsi que sur 
celles du Missouri et de ses alfluens. C'est , je 
ne puis en douter, le véritable Peuplier désigné 
sous le nom de Cotton wood ^ bois à coton , dont 
parlent si fréquemment Gass, ( dans le Journal de son 
Voyage à la mer du Sud, oii il accompagna les capi- 
taines Lewis et Clark) , et le capitaine Pike, dans 
son intéressante Relation du Nord de la Nouvelle- 
Espagne. C'est même très fréquemment, disent ces 
Voyageurs, le seul arbre qu'on trouve sur les bords 
des rivières de ces Contrées. Les Indiens Mandanes^ 
qui habitent à 5oo lieues au haut du Missouri , nour- 
rissent leurs chevaux pendant l'hiver, avec les jeunes 
branches de cet arbre. Les froids excessivement 
rigoureux qu'on éprouve dans ces Contrées, pendant 
cette saison , sont une preuve suffisante , que le 



POPULUS CANADENSIS. jOI 

Cotton wood n'est pas le Populus angulata ou Peu- 
plier delà Caroline, dont les pousses annuelles gèlent 
tous les ans, par un froid de quelques degrés. Les 
Américains de la Haute-Louisiane confondent, il 
est vrai, ces deux arbres sous la même dénomina- 
tion, parce qu'ils croissent tous les deux sur les rives 
du Mississipi ; mais le Peuplier de Caroline cesse 
de se montrer sur le Missouri, à loo milles au-delà 
de son embouchure dans le Mississipi. Il est , au 
contraire, beaucoup plus abondant que celui de 
Canada dans la Basse-Louisiane , où la température 
est si douce en hiver, qu'il n'y tombe pas de neige. 

PLANCHE XL 

Feuilles de grandeur naturelle prises sur un grand arbre. 
Fig. I , portion d'une branche de deux ans. 



ITT. 



38 



I 

PO PU LUS ANGVLATA. 

CAROLINIAN POPLAR. 

PopULUs angulata, arbor viaxima, ramis acutangutis , 
Joliis deUoïdeis , serratis ; juniorïbus amplissimis , cor- 
dads : germnis uiridibiis , non resiuosis, 

La. Basse'Virginie est le point le plus avancé vers 
le Nord, où j'ai trouvé ce Peuplier; aussi est - il 
plus commun dans les deux Carolines, la Géorgie 
et la Basse-Louisiane. C'est sur les bords marécageux 
des grandes rivières qui traversent ces contrées, que 
cette espèce croît de préférence; elle abonde prin- 
cipalement sur les rives du Mississipi, depuis l'Océan 
jusqu'au Missouri, et même loo milles ( 33 lieues J , 
en remontant cette rivière; ce qui comprend une 
étendue de 4^0 à 5oo lieues, en suivant les sinuo- 
sités du fleuve. Dans les marais, le Populus angu- 
lata est mêlé avec le Cupressus disticha , le 
Nyssa gîrmdidentata j \Acer riibrwn ^ le Juglans 
aquatica^ le Quercus Ijrata^ etc. Avec lui se trou- 
vent aussi le Populus canadensis et le Populus ar- 
genteay espèces auxquelles les babitans donnent 
le nom de Cotton tree , Arbre à coton , parce 
que leurs graines sont également enveloppées d'un 
duvet abondant, qui a la blancheur éclatante du 
coton. 

Parmi les nombreuses espèces de Peupliers qu'on 
trouve dans l'étendue des États-Unis, celle-ci est 




P.J.JfnlifuU Ji-/ 



POPULUS AnçTilata 



( arr?r/// 



-7) 



7H/a/i (.y^'V^M/' 



ua/ 



POPULUS A-NOaLATA. 3o3 

une (les plus remarquables par ses grandes dimen- 
sions; car elle s'élève jusqu'à 80 pieds (^7 mètres J, 
sur un diamètre proportionné ; sa cime est très-large 
et elle est garnie d'un beau feuillage. 

Les feuilles, lors de leur développement au prin- 
temps, sont lisses et luisantes; mais elles présentent 
une conformation très-différente , suivant qu'elles 
naissent sur des rejetons et de très-jeunes individus, 
ou qu'elles appartiennent à des arbres qui ont déjà 
plus de 5 à 6 pouces [ i5 à 18 centimètres j de diamè- 
tre, et plus de 20 à l[0 pieds (6 à i3 mètres) d'élé- 
vation. Dans le premier cas, les feuilles acquièrent 
jusqu'à 7 et 8 pouces (^ 21 à 24 centimètres) de lon- 
gueur, sur une largeur pareille dans le grand diamè- 
tre; elles sont en cœur, ayant leur base arrondie , et 
les principales nervures sont rougeâtres. Dans les 
arbres très-élevés, au contraire, et même dans ceux 
qui n'ont qu'une hauteur médiocre, elles sont des trois 
quarts plus petites , surtout celles qui pendent aux 
branches les plus élevées; alors leur base, au lieu 
d'être arrondie, comme dans les jeunes individus, 
est presque droite, et forme, avec le pétiole, un 
angle presque droit. Ces feuilles, d'une texture un 
peu charnue, lisses et d'une belle couleur verte, sont 
traversées de nervures d'un blanc jaunâtre ; leurs 
bords sont crénelés, à dents obtuses, plus rapprochées 
à leur sommet et plus écartées à leur base. Le long 
pétiole auquel ces feuilles sont attachées, et qui est 
fortement déprimé à sa partie supérieure, les rend 
extrêmement mobiles et susceptibles d'être facile- 
ment agitées par le vent. 



3o4 POPULUS ANGULATA. 

Dans les rejetons, ou dans les individus encore 
fort jeunes, qui croissent dans des terreins gras et 
humides, les pousses annuelles sont très-épaisses, 
profondément striées et de couleur verte, avec des 
points blancs sur leur superficie. On retrouve sur 
les branches de la deuxième, troisième, et même sep- 
tième et huitième année, les traces de ces stries ou 
cannelures primitives, lesquelles sont indiquées sur 
l'écorce par des lignes saillantes et de couleur rou- 
geâtre^ qui aboutissent à l'insertion des petites bran- 
ches ; ces lignes finissent par disparoitre entièrement, 
à mesure que les branches deviennent très-grosses. 
Ce caractère est également commun au Populus 
canadensis : mais, outre que ces deux arbres diffè- 
rent par leur aspect, on les distinguera toujours très- 
facilement à leurs bourgeons; ceux du Peuplier de 
Caroline sont courts, très- verts et ne sontpas enduits 
comme dans le Populus canadensis ^ d'une matière 
résino- aromatique , dont il reste dans ce dernier 
toujours des traces jusques dans l'arrière -saison. 

Le bois du Peuplier de Caroline est blanc et très- 
tendre ; on n'en fait aucun usage dans les pays où il 
croît. Ce bel arbre a été introduit depuis long-temps 
en Europe, où les Amateurs de cultures étrangères 
l'employent avec raison pour l'ornement de leur 
résidence champêtre: seulement il a un inconvénient, 
c'est que, dans quelques hivers rigoureux, sous le cli- 
mat de Paris, ses pousses terminales sont attaquées 
par les gelées. 

Mon Père , dans sa Ilora Boreali Americana , a 



POPULUS ANGULATA. Soj 

confondu cette espèce avec le Populus canadensis. 
Ces deux arbres, il est vrai, présentent le même carac- 
tère , celui d'avoir leurs tiges anguleuses ; mais ils dif- 
fèrent sous les autres rapports que je viens d'indiquer. 

PLANCHE XII. 

Feuille de grandeur naturelle prise sur un grand arbre , vers 
le milieu de sa hauteur. Fis;, i , portion d'une pousse annuelle. 
Fig. 2 , morceau d'écorce prise sur une branche de trois ans. 



POPULUS BALSAMIFERA. 

'lACAMAHACA OR BALSAM POPLAR. 

PopuLus balsamifera , Joins oçato-lanceolatis , serratisy 
subtùs alhidis , stîpuUs resinosis. 

Cette espèce de Peuplier appartient à des Contrées 
très-septentrionales de FAmérique, où je n'ai pas 
voyagé. Mon Père qui a parcouru le Bas-Canada et 
les parties de cette province qui sont situées entre 
Québec et la baie d'Hudson, a trouvé ce Peuplier bau- 
mier en très-grande abondance autour du lac St. Jean, 
et dans tout le pays traversé par la rivière Sàgney, 
entre le 47° et le 49° de latitude. Dans ces parages, 
où , dit-il, la température est très-rigoureuse en hiver 
et le sol humide, cet arbre s'élève à 80 pieds (27 
mètres) , sur 3 pieds ( i mètre J en diamètre. Il ajoute 
qu'il l'a encore vu très-communément àTaddoussac 
et à la Malebaye , près du fleuve St. Laurent. Mais il 
diminue très-sensiblement, à mesure qu'on avance 
vers Montréal , et il est rare sur le lac Champlain : 
telles sont assez exactement, au Nord et au Sud, les 
limites dans lesquelles croit plus particulièrement 
ce Peuplier. 

Au printemps , lorsque les bourgeons se dévelop- 
pent, et que les feuilles commencent à naître , le 
Peuplier baumier offre cela de remarquable, que 
les bourgeons sont enduits d'une substance jaunâtre, 
gluante et assez abondante , dont l'odeur est fort 



PL.jZ. 




r tn/i 



POPULUS Balsanufeia. 



%. POPULUS C an-dicans . 



POPULTJS BALSAMIFERA. So^ 

agréable ; mais cette exsudation diminue à mesure 
qu'on avance vers l'été : néanmoins les bourgeons 
conservent toujours une forte odeur balsamique. Les 
feuilles, portées sur des pétioles longs et arrondis 
dans toute leur longueur, sont ovales-lancéolées, 
d'un vert foncé en-dessus^ et d'un blanc argentin 
en-dessous, mêlé d'une teinte ferrugineuse. 

Le bois de cette espèce de Peuplier est blanc et 
tendre, et il ne paroit pas que les habitans du Canada 
l'emploient à aucun usage. 

PLANCHE XIIL 

I. Petit rameau avec des feuilles de grandeur naturelle prises 
sur un grand arbre. 



POPULUS CANDICANS. 

HE ART LEAVED BALSAM POPLAR. 

PopuLUS candicans , joliis cordabîs ^ petîolls hirsuds \ 
stipulis resinosis ; rcnnis teretibus. 

Cet arbre, qui est un véritable Peuplier bauraier, 
est fort commun dans les États de Rhodesland , 
Massachussets et New - Hampshire, où je l'ai vu 
seulement planté devant les maisons , soit dans les 
villes, soit dans les campagnes, moins comme arbre 
d'ornement, que pour garantir en été, les habita- 
tions , des rayons du soleil. Je n'ai point trouvé cette 
espèce de Peuplier, dans les forets de ces États, ou 
s'il y existe , il est très-rare. Je n'ai pu savoir non 
plus d'où il a été primitivement apporté. 

Ce Peuplier offre des différences très marquées 
avec celui dont j'ai donné précédemment la des- 
cription. Dans le Populus candicans ^ les feuilles 
sont trois fois plus grandes, parfaitement cordifor- 
mes et les pétioles sont souvent garnis de poils : 
elles conservent aussi à toutes les époques de leur 
végétation , dans l'une et l'autre espèce , les formes 
qui leur sont propres , soit que ces feuilles nais- 
sent sur de grands arbres, soit sur des rejetons. 
Mais la teinte de leur feuillage est la même , d'un 
vert sombre en -dessus et blanchâtre en- dessous. 
Auprintemps, leursbourgeonssontégalementenduits 
assez abondamment d'une substance résino-balsa- 
mique^ d'une odeur agréable. 



POPULUS CANDICANS. ?jOr) 

Ce Pcuplier-baumier s'élève à 4o et .^o pieds (i3 
ci 17 mètres) de hauteur, sur 18 à 20 pouces (54 à 
Go centimètres) de diamètre. Son tronc est couvert 
d'une écorce verdâtre et unie. Le bois en est très- 
tendre et n'est employé à aucun usage. Son feuillage 
est touffu d'un vert sombre. Mais en général , ses bran- 
ches mal placées, ne donnent pas à cet arbre un 
aspect agréable. Au printemps, lors de la maturité 
de ses graines, celles-ci entourées de duvet, sont 
portées par le vent dans Fintérieur des maisons, où 
elles tombent dans les mets et sur les meubles; ce 
qui fait qu'actuellement quelques personnes coupent 
les pieds plantés devant leurs habitations et les rem- 
placent par le Peuplier d'Italie, bien préférable à tous 
égards, arbre très-pittoresque et dont les branches 
rapportées contre le tronc, n'embarrassent point les 
murs, et n'obstruent point les fenêtres des apparte- 
mens. 

PLANCHE XIII. 

2. Petit rameau avec. des feuilles de grandeur naturelle prises 
Siur un grand arbre. 



III. 



39 




P.J.IUdouée (LeI. 



T 1 1 j I i\ Amène aiia 



ûairifl o-ru^. 



ÏILIA AMERICAISA. 

AMERICAN LIME OR BAASS WOOD. 

Polyandrie monof^ynie , Linn. Fam, des Tiliacëea. 
Tilia canadenvis. A. IVlich, FI. B. Am« 

TiLiA ainerîcana y foliis suborbiculatô-cordatis , abrupte 
acuminatis , argute serratis , glabris ; petalis apice 
truncatis ; nuce ovatâ. 

Des diverses espèces de Tilleuls qui croissent dans 
l'Amérique Septentrionale , à l'Est du Mississipi , 
celle-ci est une des plus multipliées. Elle se trouve 
dans le Canada, mais elle est encore plus commune 
dans le Nord des Etats-Unis , où elle est le plus 
habituellement désignée parle nom de Baas wood-, 
quelquefois aussi on lui donne celui de Lime tree. 
On observe qu'à mesure qu'on se dirige vers le Sud, 
cet arbre devient plus rare, tellement que dans la 
Basse-Virginie, les deux Carolines et la Géorgie, on 
ne le voit que dans cette partie de la chaîne des 
monts AUéghanys qui traverse ces Etats. 

Dans les Etats du Milieu et du Nord , c'est sur- 
tout dans le Gennessée , portion de l'Etat de New- 
York qui avoisine les lacs Ontario et Erié , que j'ai 
trouvé ce Tilleul le plus abondamment. Dans cer- 
tains cantons, et notamment entre Batavia et New- 
Amsterdam, fréquemment il constitueles deux tiers 
de la masse des forets , et quelquefois il les com- 

III. 3ç)* 



3l2 tILIA AMERICANA. 

pose exclusivement. Dans le premier cas , l'Erable 
à sucre , l'Orme blanc et le Frêne blanc , sont les 
espèces avec lesquelles il se trouve plus particulière- 
ment réuni. 

Dans les nouveaux dëfrichemens , on distingue 
les souches des Tilleuls de celles des autres arbres , 
en ce qu'elles se couvrent, ainsi que les grosses 
racines , d'un très-grand nombre de rejetons. On 
ne peut empêcher cette végétation qu'en les dé- 
pouillant de l'écorce , ou en mettant le feu autour. 
Les souches des autres gros arbres, tels que l'Orme, 
l'Erable à sucre et le Frêne , coupés de même à 
trois pieds (i mètrej de hauteur, ne poussent point 
de rejetons. 

La présence du Tilleul indique un terrein meu- 
ble , profond et fertile. Alors, sa hauteur excède 70 
et 80 pieds (28 et 27 mètres) , sur un diamètre de 3 à 
4 pieds (plus d'un mètre) : sa tige droite et d'une 
grosseur uniforme , et sa cime ample et bien fournie, 
en font un très-bel arbre. Les feuilles de cette espèce , 
disposées alternativement sur les branches , sont 
grandes, presque rondes et dentées finement dans 
leur contour; elles sont en cœur à leur base , et se 
terminent promptement en pointe à leur sommet. 
Les fleurs sont portées sur de longs pédoncules pen- 
dants et rameux à leur extrémité. Ces pédoncules 
sont arrondis par le haut et adhérensau centre d'un 
stipule , espèce de feuille colorée, longue et étroite. 
Les fleurs sont remplacées par des fruits ronds et 



TILIA AMERICANA. 3 1 3 

de couleur grise. Ils sont à maturité vers le i*' oc- 
tobre. Les fleurs des diverses espèces de Tilleuls 
d'Amérique sont très-probablement douées des pro- 
priétés qu'on assigne à celles de leurs analogues qui 
croissent en Europe : prises en infusion, elles sont 
regardées comme anti - spasmodiques et surtout 
comme céphaliques. 

Le tronc du Tilleul est couvert d'une écorce 
fort épaisse : macérée dans l'eau et dépouillée de 
son épiderme, on en fait des cordes qui , en Amé- 
rique, sont seulement employées par les habitans 
des campagnes qui les préparent ; mais elles ne sont 
pas , comme en Europe, vendues dans les villes pour 
certains usages, entr'autres pour faire des cordes à 
puits. 

Le bois de Tilleul est blanc et tendre. Dans le 
Nord des Etats-Unis , où il ne croit point de Tuli- 
pier, on s'en sert pour faire les panneaux delà caisse 
des cabriolets, et le siège des chaises, dites de Wind- 
sor : mais comme il est plus tendre que le Tulipier, 
il se raye plus facilement, et par suite il convient 
moins bien pour cet usage. C'est à Boston et dans 
les villes situées plus auNord, que j'ai observé qu'on 
commence à substituer le Tilleul au Tulipier. 

Sur les bords de l'Ohio , on se sert du Tilleul en 
place du Pinus strohus ^ pour faire les figures desti- 
nées à orner la proue du petit nombre de vaisseaux 
qui se contruisent sur cette rivière. 

Le Tilleul d'Amérique a été depuis long-temps 



3l4 TILIA ÀMERICANA. 

introduit en Europe ; on le reconnoit à ses feuilles 
plus grandes que celles des espèces de l'ancien con- 
tinent. 

PLANCHE r% 

Rameau avec les feuilles de moitié grandeur naturelle. Les 
Jleurs sont de grandeur naturelle. 




TTLIA Alta. 



.^'?/lS . 



TILIA ALBA, 

WHITE LIME. 

Tllia Helerophylla , Vert. 

TiriA alba , foliis majoribus , ovatis , argutè serratis , 
basi obliqué aub œqualiber truncads; subtùs incanis. 

Je n'ai point trouvé cette espèce de Tilleul au 
Nord-Est de la rivière Delawares , mais elle est fort 
commune dans la Pensylvanie , le Maryland et la 
Virginie j on la rencontre également dans tous les 
Etats situés à l'Ouest des monts Àlléghanis. Ce Til- 
leul ne croit pas , comme celui dont j'ai donné pré- 
cédemment la description , dans les endroits élevés , 
ni parmi les autres arbres qui composent les fo- 
rets ; on le voit rarement autre part que sur les bords 
des rivières qui traversent les diverses parties des 
Etats-Unis que je viens d'indiquer. Je l'ai plus par- 
ticulièrement observé le long de la Susquehannah , 
de rOhio et de leurs affluens. 

L'élévation à laquelle parvient le Tilleul blanc , 
excède rarement 4© pieds (i3 mètres) sur un pied 
à 1 8 pouces (36 à 54 centimètres) en diamètre. Ses 
jeunes branches sont couvertes d'une écorce lisse 
et d'un gris-perlé. Ce caractère le fait reconnoitre 
en hiver lorsqu'il est dépourvu de ses feuilles; 
celles-ci sont très-grandes , de forme ovale ou ar- 
rondie , terminées en pointe à leur sommet, et en 



3l6 TILIA ALBA. 

cœur OU très-obliquement tronquées à leur base :leur 
surface supérieure est d'un vert obscur ; l'inférieure 
est blanche , avec de petites houpes rousses dans 
les angles des principales nervures. Cette couleur 
blanche des feuilles à leur surface inférieure , est 
d'autant plus apparente que les arbres sont isolés 
et exposés aux rayons du soleil. 

Les fleurs paroissent dans le courant de juin; 
elles sont, ainsi que les stipules auquel elles sont 
attachées, plus grandes que dans aucun autre Til- 
leul que je connoisse. Les pétales sont aussi plus 
blancs et plus larges; leur odeur est douce et agréa- 
ble ; les fruits ou graines sont de forme ronde, et 
même un peu ovale ; leur surface est veloutée. Le 
bois de cet arbre , comme celui de l'espèce précé- 
demment décrite, est blanc et tendre ; je ne sache 
pas qu'on en fasse usage dans les pays oii il croît: 

Cette espèce de Tilleul , et la suivante , n'ont , 
jusqu'à présent , reçu des habitans aucune dénomi- 
nation particulière ; ils les désignent également par 
les mêmes noms à' American lime tree et de Baas 
wooJ; celui de JVhitelime^ Tilleul blanc, que je 
lui ai donné, m'a paru lui être plus approprié que 
tout autre , eu égard à la couleur de son feuillage. 

PLANCHE IL 

Rameau avec les feuilles et les Jleurs de grandeur naturelle. 
Fig. I ) fruits ou graines. 



M. 5. 




\P.J.IUJou/é del 



Gair^el j-cu^ ■ 



TILIA pTit^scens 



TILIA PUBESCENS. 

DOIVJSY LIME TREE. 

Tilialaxifloia, A. Mich. FI. b. Ara. 

Ti LIA puhescens , foliis hasi truncàtis , obliquis , denticu- 
latô-serratis , bubtùs pubescentibus ^ petalis emar^ina- 
tis ; nuce globosâ. 

Ce Tilleul appartient aux parties méridionales des 
Etats-Unis , aux deux Florides et à la Basse-Loui- 
siane. Les bords des rivières et des grands marais 
dont le sol est de bonne qualité et frais, mais non 
exposé à être submergé, sont les situations où on le 
trouve de préférence. Cependant , il est au nombre 
de ceux qui sont peu multipliés, et qui, par suite, 
ne sont pas remarqués des habitans : c'est encore à 
cause de cela , et parce qu'il est seul dans la partie 
maritime des Carolines et de la Géorgie , qu'il n'a 
reçu aucune dénomination particulière , et qu'on 
l'appelle seulement X^me free. Tilleul; dénomina- 
tion à laquelle j'ai cru devoir ajouter celle de 
Downy , velouté , tirée d'un caractère pris dans ses 
feuilles et que ne présentent pas les deux espèces 
précédemment décrites. 

Le Tilleul pubescent s'élève à 4o et 5o pieds f i3 
et 17 mètresj , sur un diamètre proportionné à cette 
hauteur ; et par son ensemble , il se rapproche plus 
du Tilia americana^ qui croit plus au Nord, que 
du T-ilia alha^ qui vient dans les Etats du Mi- 
lieu et de l'Ouest. Les feuilles de fcspèce dont je 



3l8 TILIÀ PUBESCENS. 

donne ici la description , varient beaucoup en 
grandeur, suivant les expositions où croissent les 
individus auxquels elles appartiennent : ainsi , elles 
ont seulement i pouces (6 centim.J en diamètre , si 
les arbres où elles ont été prises sont dans un en- 
droit sec et découvert; elles ont, au contraire, le 
double s'ils sont dans un terrain frais et ombragé. 
Ces feuilles sont arrondies , acuminées à leur som- 
met et très-obliquement tronquées à la base. Leur 
contourestbordë de dents moins nombreuses etmoins 
rapprochées que dans les autres Tilleuls. Elles en 
diffèrent encore, parce qu'elles sont très-sensible- 
ment veloutées en-dessous. Les fleurs sont aussi plus 
nombreuses , et elles forment des grappes plus lâ- 
ches et plus fournies : les graines sont arrondies 
et aussi veloutées à leur surface. 

Le bois de ce Tilleul est tendre et blanc , très- 
semblable à celui des autres espèces décrites ; on 
ne l'employé , dans le Midi des Etats-Unis , à aucun 
usage que je sache. 

Cette espèce de Tilleul a été depuis long-temps 
introduite en France ; sa végétation est vigoureuse 
et ne souffre jamais des froids qu'on éprouve dans 
les environs de Paris ; c est ce qui me donne lieu 
de croire qu'il doit aussi se trouver dans la Haute- 
Louisiane et dans les États situés à l'Ouest des monts 

Alléghanys. 

PLANCHE III. 

Rameau avec les feuilles et les fruits de grandeur naturelle. 



AULNES. 

Le peu d'élévation à laquelle parviennent les es- 
pèces d'aulnes qu'on a trouvées jusqu'ici dans l'Amé- 
rique Septentrionale, paroissoit devoir les exclure de 
la série des grands arbres que je me suis restreint 
à décrire; cependant, je n'ai pu me refuser à traiter 
de deux espèces les plus marquantes; la première, 
parce qu'elle est extrêmement multipliée; et la se- 
conde, parce qu'elle offre une différence sensible 
dans la teinte de son feuillage. 



III. 



4o 



AL NU s SERRULATA. 
COMMON ALDER. 

Alnus serrulata , stipulis ovalibus , ohtusis ; foliis du- 
plicatoserratis , oçalibus , acutis. 

Cette espèce d'Aulne est désignée dans tous les 
Etats-Unis sous le nom de Comnion aider ^ Aulne 
commun ; on la trouve aussi bien dans les États du 
Word que dans ceux du Centre , du Sud et de 
l'Ouest. Fréquemment , elle croît le long des ruis- 
seaux et abonde encore davantage dans les endroits 
oii les eaux sont stagnantes. Sa hauteur la plus or- 
dinaire est de 8 à 1 2 pieds (2 à 4 mètresj , sur un 
diamètre qui est ordinairement d'environ 2 pouces 
(6 centimètres), mais qui, souvent aussi, est moin- 
dre. Ses feuilles, d'une belle couleur verte, sensi- 
blement sillonnées à leur surface, et longues d envi- 
ron 2 pouces (^6 centimètres) , sont ovales et bordées 
dans leur contour d'une double rangée de dents. 

Cet arbrisseau est en fleur au mois de janvier, et 
il appartient à la classe de ceux dont les sexes sont 
séparés^ mais placés sur le même pied. Ses fleurs 
mâles sont disposées, comme celles du Bouleau, au- 
tour d'un filet commun , et forment un chaton 
flexible et pendant, d'environ 2 pouces (6 centim.) 
en longueur. Les fleurs femelles se présentent sous 
la forme de petits corps ovales, frangés d'un rouge 
terne; avec le temps, elles se convertissent en de 



ALNUS SLRRUL ATA. 321 

petits cônes écailleux, qui s'ouvrent à l'epoqnc de 
la maturité , pour laisser échapper de petites graines 
plates. 

Comme dans son analogue, VAlnus gliitînosaj 
qui croit en Europe, lorsqu'on entame XAlnus ser- 
rulata^ la couleur du bois, d'abord blanche, de- 
vient rougeâtre par le seul contact de l'air j c'est 
ce qui me fait présumer que son écorce jouit des 
mêmes propriétés que celle de VAlnus ^luiinosa , 
dont se servent les chapeliers pour faire une tein- 
ture noire , avec l'addition du sulfate de fer. 

UAlniis serrulata a de trop petites dimensions 
pour que son bois puisse être employé dans les arts; 
et, sous ce rapport , il ne peut être comparé à l'es- 
pèce européenne qui s'élève à plus d^ 4^ pieds 
(|i4 mètres) , dont le bois est très - estimé pour 
une infinité d'ouvrages , et qui donne des pro- 
duits très-avantageux à taus ceux qui ont des en- 
droits humides propres à sa culture. Ces diverses 
considérations, qui donnent à l'Aulne commun d'Eu- 
rope la supériorité sur les espèces Américaines, 
sont un motif suffisant pour engager, par la suite des 
temps , les forestiers Américains à l'introduire dans 
leur pays. 

PLANCHE IV. 

I . Feuille de grandeur naturelle. Fig. i , chaton awee lesjleurs 
mâles, Fig. i , fruit à maturité. Fig. 3 , graines. 



ALNUS GLAUCA, 

BLACK ALDER. 

Alnns incana. Willd, 

Alnus gJauca ,foUis subrotundo-ellipticîs , duplicata- 
serracis , subtùs glaucis. 

Cette espèce d'Aulne qui ne se trouve pas dans 
les Etats du Sud , qui est assez rare dans ceux du 
Milieu , est , au contraire , plus multipliée dans les 
Etats duNew-Hampshire , Massachussetts et de Ver-- 
mont 'y elle y est cependant encore moins commune 
que \ Alnus serrulata qu'on voit fort abondamment 
dans toutes les parties des Etats-Unis. L'^/wwj 
glauca acquiert un tiers plus d'élévation , c'est-à- 
dire qu'on en trouve souvent des individus qui ont 
de i8à 20 pieds (7 à 6 mèt.j de hauteur, sur environ 
3 pouces (i 2 centim.) de diamètre» Ces deux espèces 
croissent l'une et l'autre aux lieux frais et humides, 
ainsi que le long des ruisseaux. La forme de leurs 
feuilles est la même , mais celles de l'espèce dont il 
est ici question , sont d'un tiers plus grandes, et 
elles en diffèrent surtout par la couleur qui est d'un, 
vert pâle et comme bleuâtre, ce qui les fait recon- 
noitre au premier abord. 

L'écorce qui couvre le tronc, ainsi que les bran- 
ches secondaires, est d'une teinte brune très-foncée; 
elle est lisse , luisante et parsemée de points blancs. 



Pi 4- 




Bnw *î/^ 






2.ALNUS Glane a. 



ALNUS GL\UCA. SîS 

Les chapeliers s'en servent, m'a-t-on dit, pour teindre 
en noir. Le trop petit diamètre auquel parvient cet 
Aulne ne permet pas de tirer parti de son bois pour 
aucun usage que ce soit ; mais sa belle végétation 
et son feuillage agréable , en font une des belles 
espèces de ce genre qu'on connoisse , et c'est un 
motif suffisant de l'indiquer aux Amateurs de cul- 
tures étrangères. 

PLANCHE IV. 

2. Feuille de grandeur naturelle. 



s ALIX NIGRA. 



THE BLACK FILLOfT. 



Salix nigra y foliis lanceolatis , acuminatis , serratis^ 
glabris ; petiolis pubescentibus. 

Cette espèce de Saule , qui offre plus de ressem- 
blance avec le Saule commun d'Europe , Salix alha^ 
qu'aucune autre qu'on trouve dans les Etats-Unis , 
est aussi la plus multipliée , et elle l'est propor- 
tionnellement plus dans les États du Centre , et sur- 
tout dans ceux de l'Ouest, que dans ceux du Nord 
et du Sud. On lui donne le nom de Black willow, 
Saule noir, et fréquemment encore elle est désignée 
par le seul nom de FFillow ^ Saule. Cette espèce 
croit sur les bords immédiats des grandes rivières , 
tels que ceux de la Susquehanali , de TOhio et de 
tous leurs affluents. 

Le Saule noir s'élève rarement à plus de 3o à 35 
pieds (^lo à lamètresj^ sur 12 à i5 pouces (^36 à 
45 centimètresj de diamètre. Son tronc se partage 
promptement en plusieurs branches , qui , sans être 
pendantes , sont très-divergentes ; ce qui fait que sa 
cime embrasse beaucoup d'espace relativement à sa 
grosseur. Les feuilles sont longues, étroites, fine- 
ment dentées , et ne sont point accompagnées de 
stipules à rattache du pétiole. Le feuillage du Saule 
noir est d'un vert clair , et ses feuilles diffèrent prin- 
cipalement de celles du Saule d'Europe , en ce 



PC s 




Â.JifJmtie <«V, 



1. SAlilX Nigia 
'<r.c/c JPf/A(HV. 



2é. S^VLiIX Ligustrma 



/^tfnei ^aijr 






SALIX NIGRA. 325 

qu elles ne sont pas , Comme dans celui-ci , glauques 
ou blanches à leur surface inférieure. 

Le tronc du Saule noir est couvert d'une écorce 
grisâtre et finement gercée ; son bois est blanc et 
tendre, et ses branches se cassent très-facilement à 
leur naissance. L'écorce qui couvre les racines est 
d'une couleur très-rembrunie, d'où est probable- 
ment venue, à cette espèce de Saule^ la distinction 
spécifique de Saule noir qui lui a été donnée. La 
décoction des racines, revêtues de leur écorce, est 
d'une grande amertume ; les habitans des campa- 
gnes la regardent comme dépurative , et lui attri- 
buent aussi la j^roprieté de prévenir et même de 
guérir les fièvres intermittentes. 

Le bois , ni les branches du Saule noir, ne jouis- 
sent d'aucune propriété qui le rende appréciable; 
aussi n'en tire-t-on aucun parti dans les lieux où il 
est le plus commun. 

PLANCHE V. 

Fig. I , feuille de grandeur naturelle. 



s A L I X LIG USTRINA . 

CHAMP LA m VriLLOW. 

Salix ligustrina , foliis lanceolatb-linearihus , acuminatis , 
serratis, stipulis inœqualiter cordalis ; petiolis viïlosis. 

C'est sur les bords du lac Champlain , et notam- 
ment à sa naissance près de Skeenborough , que j'ai 
trouvé cette espèce de Saule. Sa hauteur est d'envi- 
ron 25 pieds (^8 mètres) sur 7 à 8 pouces (^21 à 24 
centimètres) de diamètre. Au premier aspect, U a 
beaucoup de ressemblance avec le Saule noir ; mais 
il en diffère par ses feuilles, qui sont plus longues, 
plus étroites , et dont la base est accompagnée de 
stipules en cœur , lesquels sont crénelés sur leurs 
bords. Le bois ni les branches ne sont employés à 
aucun usage. 

PLANCHE V. 

Fig. 2 , feuille de candeur naturelle. 



s AL IX LUCIDA. 



SlilNING WlLLOir. 



Salix lucîdaj/oliis ohlongis y cuspidato-acuminntis , nitidis) 
argucè serratis ; serraturis glaiidulosis. 

Ce n'est que dans les Etats du Nord et dans ceux 
du Centre que j'ai observé cette espèce de Saule. 
Elle est désignée par quelques personnes , par le nom 
de Shilling willow^ Saule luisant , à cause de la 
teinte brillante de son feuillage. 

On trouve ce Saule aux endroits humides, mais 
découverts; ce qui fait qu'il est plus commun le 
long des prairies salées, que dans l'intérieur des fo- 
rêts. On le voit encore, par la même raison , sur les 
îles non-boisées qui sont au milieu des rivières et 
sur les bords des lacs. 

Cette espèce de Saule se reconnoit très-facilement 
à ses feuilles qui sont plus larges et plus longues 
que dans aucune autre ; elles ont quelquefois quatre 
pouces (i2 centim.j de longueur. Leur forme est 
ovale-acuminée et elles sont dentées dans leur pour- 
tour. 

Le Saule luisant s'élève à 1 8 et 20 pieds (^6 et 7 
mètres) ; mais , le plus souvent^ il ne parvient qu'à 
la moitié de cette hauteur. Avec ses branches on 
fait des paniers , mais ce n'est qu'à défaut du Saule 
d'Europe , qui est préférable. Celte espèce n'offre 

m. 4' 



328 SALIX LUCIDA. 

donc aucun degré d'intérêt qui puisse en faire re- 
commander la culture. 

Obs. Il existe dans les Etats-Unis, ainsi que dans 
le Canada, beaucoup d'espèces de Saules : mais la 
plupart ne sont que des arbrisseaux qui offrent peu 
ou point d'intérêt sous le rapport de l'utilité. Les 
trois espèces dont j'ai donné une description 
courte , mais suiEsante pour qu'on puisse les recon- 
noitre , sont seulement remarquables par leur éléva- 
tion ; et c'est par ce seul motif que j'en ai fait men- 
tion. D'une autre part, si on les compare au Saule 
d'Europe , Salix aïba , on trouve qu elles lui sont 
aussi fort inférieures , non-seulement par leurs di- 
mensions, mais encore quant à la qualité du bois 
qui n'est pas également propre aux ouvrages de 
vannerie ; et c'est probablement parce qu'on en a fait 
l'essai que, dans les Etats du Nord et du Milieu , 
et notamment aux environs de Philadelphie et dans 
quelques cantons du Bas-Jersey, l'on a planté de- 
puis long-temps beaucoup de Saules d'Europe , dont 
on fait des paniers légers, qu'on apporte au mar- 
ché de Philadelphie. C'est encore avec les émondes 
de cet arbre qu'on fait, dans les Etats-Unis, le 
charbon propre à la fabrication de la poudre. 

PLANCHE VIT. 

Fi^. 3 , feuille de grandeur naturelle. 



RESUME 

Des usages auxquels on emploie^ dans T Amérique 
Septentrionale ^ les bois provenant des arbres qui 
j sont indigènes. 

Dans la description que j'ai donnée des grands 
arbres forestiers de l'Amérique Septentrionale, et 
notamment des Etats-Unis, j'ai eu principalement 
en vue de faire connoître, aussi exactement qu'il m'a 
été possible, chaque espèce en particulier , soit en 
faisant ressortir les caractères distinctifs de chacune 
d'elles, pris surtout dans la forme des feuilles, des 
fleurs et des fruits, soit en décrivant toutes les par- 
ticularités qui les concernent , ce qui a complété 
leur histoire. 

Mon but , dans ce résumé , est seulement d'indi- 
quer ceux de ces mêmes arbres dont on fait usage 
dans les principaux arts mécaniques, qui ont pour 
base le travail des bois ; par ce moyen on saura sur- 
le-champ quelles sont, dans les diverses parties des 
Etats-Unis , dont l'étendue est de plus de 700 lieues 
(^000 milles) du Nord-Est au Sud-Ouest, quelles 
sont , dis-je , les différentes sortes de bois qu'on em- 
ploie , soit dans les constructions maritimes , soit dans 
les constructions civiles , soit dans tous les genres 
d'industrie qui s'exercent sur cette substance. 

Il eût été utile, peut-être même nécessaire, de 
joindre à chacun des articles que je vais détailler, 



33 O RESUME 

des remarques critiques , dans lesquelles eussent été 
discutées avec discernement, les motifs divers qui 
ont déterminé l'emploi ou l'exclusion de telle ou 
telle sorte de bois, dans tel ou tel genre de travaux 
dans les arts j motifs qui peuvent dépendre de plu- 
sieurs causes , comme les localités, la coutume, 
l'expérience personnelle et acquise de ceux qui les 
mettent en œuvre. Mais, je l'avoue , un travail aussi 
complet eût été hors de ma portée ; car , pour le bien 
faire , il m'eût fallu connoitre à fond chacun des 
arts et métiers dont je dois parler; or , j'y suis entiè- 
rement étranger. Ce n'est donc que sur de nom- 
breux renseignemens que je me suis procurés > et 
que je regarde néanmoins comme assez exacts , que 
repose ce court résumé , dans lequel on trouvera , 
j'ose le croire , plus de lacunes que d'erreurs. 

CONSTRUCTIONS NAVALES. 

DISTRICT DE MAINE, NOUVELLE BRUNSW^ICK, 
ET NOUVELLE ECOSSE. 

Quille, Pour la quille on se sert d'abord, de 
préférence , de VAcer saccharinum , Sugar or 
Rock jiiaple ; ensuite de VUlnius aniericana^ FTliite 
elni'y ces deux espèces d'arbres parviennent dans 
ces contrées à leur plus grand développement , et 
par suite on peut en tirer des pièces de la plus 
grande dimension. 

Charpente inférieure. La rareté , et même le man- 
que total de Quercus alha^ FFhite oak^ dans la 



RÉSUMÉ. 33 1 

plus grande partie de district du Maine ; l'insuffi- 
sance du Quercus amhi^ua , Gray oak , et du 
Quercus ruhra ^ Red oak ^ quoique un peu plus 
communs, sont cause qu'on les réserve pour les 
parties du navire exposées aux alternatives de la 
sécheresse et de l'humidité , tandis que , pour celles 
qui sont constamment submergées, on remplace le 
Chêne par d'autres sortes , qui , quoiqu'inférieures 
à tous égards , conviennent néanmoins assez bien 
pour cette partie du navire seulement j car si elles 
étoient au-dessus de l'eau, elles pourriroient très- 
rapidement. Ainsi , pour la charpente inférieure , 
on emploie le Betula liitea , Yellow hirch ; leFagus 
Timbra, Red heech ; \Acer saccharinum y Sugar or 
Rock maple , et le Fraxinus americana , Tfhiteash, 
Le Bouleau jaune et le cœur du Hêtre rouge, sont d'a- 
bord les plus estimés ; le Frêne blanc l'est le moins. 
On a grand soin de dépouiller ces bois de tout leur 
aubier, et de ne les employer que lorsqu'ils sont 
bien secs , et qu'ils ont été coupés en temps conve- 
nable. 

Charpente supérieure. La charpente supérieure , 
sujette être alternativement dans^ l'eau et hors de 
l'eau , se fait , autant qu'on le peut , en Chêne blanc ; 
et lorsqu'on ne peut s'en procurer une quantité 
suffisante, on le remplace avec le Chêne gris et le 
Chêne rouge. 

Bordâmes. Les bordages sont en Chêne bknc ; 
les planches, plank^ environ 2 pouces (6ceutim.) 
d'épaisseur. 



332 RÉSUMÉ. 

Gournables, en Chêne hlanc. 

Préceintes ^ TV aies ^ pour ces planches destinées 
à couvrir les bordages à la flottaison , on emploie 
le Pinus ruhra , Red or Norway pine , ou encore 
préfërablement le Pinus australis , Lon^ lea^^ed 
pine , qu'on importe pour cet usage de la Caroline 
ou de la Géorgie. 

Genoux. Les genoux sont faits, autant qu'on le 
peut , lo. en Chêne blanc ; i^. en Chêne gris ; 3°. en 
Chêne rouge; 4°- ^^ Mélèze; 5°. en Ahies nigra , 
Black spruce, et c'est de ce dernier arbre qu'on 
les fait le plus ordinairement , parce qu'ils sont 
assez bons et qu'il est facile de se les procurer. 

Pont. Les planches qui forment le pont, sont ou 
de Pinus strohus^ TVhite pine , ou de Pinus ruhra .^ 
Red or Norway pine , celles-ci sont certainement 
préférables. 

Mâts. Les mâts inférieurs sont toujours en Pinus 
strobus ., FThite pine^ et les supérieurs en Sapinette 
noire, Black spruce^ de même que les vergues. 



BOSTON. 



Boston étant situé à quelques degrés plus au sud 
que les ports de mer du District de Maine, le pays 
qui l'environne se ressent déjà de l'influence d'une 
température plus douce ; par suite , les forêts ren- 
ferment un plus grand nombre d'espèces de Chênes , 
et le Chêne blanc s'y trouve en beaucoup plus grande 



n 1- s V M l'ù, 33.3 

proportion ; ce qui dorme déjà aux navires construits 
à l'oston , un degré de supériorité sur ceux rpii sont 
faits plus au ]\ord. 

Quille. On crnj)loie constamment le Chêne blanc. 

Charpente supérieure et inférieure. Le Cliéne 
blanc constitue la très-grande partie de l'une et de 
Fautre ; parfois , quand on manque de cette espèce , 
on fait entrer dans la char^pente inférieure le Cliéne 
rou^ e , dénomination sous laquelle on comprend 
le Quercus ambiirua .^ Grey oak j \c Quercus coc^ 
cinea , Scarlet oak , et le Quercus ruhra , B.ed oak. 
Quelques auteurs qui ont écrit anciennement sur 
cette partie des Elats-Lnis, rapportent c^u'on (ai- 
soit entrer daiîs les constructions, le Quercus prinus 
discolory Swamp white oak., et que l'on considé- 
roit son bois comme fort bon; actuellement il n'est 
plus employé,probablenientpaixe qu'il est beaucoup 
plus rare qu'autrefois. 

Genoux. On les fait aussi , autant qu'on le peut , 
en Cliéne blanc ; mais comme les pièces propres à 
ce genre de travail se trouvent difticilement, on est 
obligé de les faire en Abies nigra., Black spruce , 
surtout lorsqu'il s'agit du radoub des vieux navires. 

Bordâmes. Les bordages sont en Chêne blanc , 
et pour w aies y on donne la préférence au Piuus 
australis , Long lea{>ed pine , importé exprès des 
Etats méridionaux. 

Gournables .^ ordinairement en Chêne blanc, 
quelquefois aussi en Acacia , Locust , importé de 
la Virginie. 



334 RÉSUMÉ. 

Pont, Il se fait en Pinus slrohiis^ TVhite pine ; 
mais le Pinus ruhra^ Norway pine, est préférable, 
et on s'en sert lorsqu'on peut s'en procurer. On le 
tire du New-Hampshire , parle canal de Middlesex, 
qui communique de la rivière Merimack au port de 
Boston. Les constructeurs lui donnent le nom de 
Yellow pine^ Pin jaune; mais ce dernier, qui est le 
Pinus mitis^ ne croît pas dans le New-Hampshire , 
qui est trop avancé vers le Nord pour que cet ar- 
bre puisse y venir. 

Mâture, Les mâts et les vergues sont , comme 
dans le District de Maine , en Pinus strobus , FThite 
pine , pour les mâts inférieurs , et en Abies nigra , 
Black spruce y^our les mâts supérieurs et les vergues. 

Obs. A Boston, l'on construit encore quelques 
navires dont la charpente est en Chêne vert et en 
Cèdre rouge , importés des Etats méridionaux. 

NEW-YORK. 

Quille. Elle est toujours en Chêne blanc. Autre- 
fois on se servoit quelquefois du Juglans squamosa^ 
Shellbark Hickery ,, qui est très- droit et qui par- 
vient à une très-grande élévation ; mais on ne trouve 
plus actuellement , dans le voisinage des ports de 
mer, des arbres qui y soient propres. 

Charpente inférieure. La plus grande proportion 
est de Chêne blanc, auquel on associe le Quer- 
eus prinus monticola , Rockj oak. 

Charpente supérieure. La charpente supérieure 



RÉSUMÉ. 33f> 

est en pièces de Chêne vert et de Cèdre rouge, pla- 
cées alternativement. Ces bois sont iujportés de la 
Géorgie et de la Floride orientale. 

Bordâmes , en Chêne blanc ; cependant il m'a 
paru qu'on se scrvoit aussi, pour cet usage, du 
Quercus prmiis nionticola ^ Rockj oak ^ car j'en ai 
vu dans les chantiers des Planks ^ planches de 2 à 
3 pouces (6 à 9 centimètres) d'épaisseur, très recon- 
noissables à l'écorce qui subsistoit encore sur les 
côtés, et qui neparoissoientpas avoir une autre des- 
tination. 

Genoux. Autant qu'on le peut, ils sont en Chêne 
blanc ; mais , comme partout il est difficile de se 
procurer les morceaux qui y sont propres, on les 
remplace , en très-grande partie^ avec ceux que l'on 
tire du Quercus pjdnus monticola ^ Rockjoak^ qui 
sont apportés du haut de la rivière du Nord. 

Pont. Les planches qui servent à faire le pont , 
sont en Pinus niitis , Yellow pine , qu'on apporte du 
New-Jersey ou du Eastern-Shore , dans le Maryland. 

Mâture. Les mâts inférieurs sont en Pinus stro- 
bus, les supérieurs en Pin jaune, et les vergues en 
Abies nigra^ Black spruce. 

Gournables , toujours en Acacia , Locust. 

PHILADELPHIE. 

Quille. Elle est toujours en Chêne blanc , quel- 
quefois encore en Juglans squamosa^ Shell hark Hic- 
kery et en Juglans porcina , PignutHickery y mais 

III. 4^ 



336 RÉSUMÉ. 

ce n'est que bien rarement qu'on fait usage de ces 
deux arbres, dont les plus gros ont été abattus dans 
les environs des ports de mer anciennement habités. 

Le Jii^lans porcina^ Pignut Hickerj ^ est plus 
coriace que le Shell barh , et par suite il est préfé- 
rable. 

Charpente inférieure. Elle est en Chêne blanc, 
mêlé d'une petite proportion de Noyer noir , d'A- 
cacia, Locust j et de Mûrier rouge. 

Charpente supérieure. Dans les bonnes construc- 
tions, elle se fait , comme à New- York , en pièces 
de Chêne vert et de Cèdre, alternativement placées 
les unes à côté des autres. Dans ce mode de cons- 
truction, le Cèdre rouge, qui est très-durable, com- 
pense , par sa grande légèreté , l'extrême pesanteur 
du Chêne vert. On importe aussi à Philadelphie , 
des Etats méridionaux et notamment de la Floride , 
une petite proportion deLaurus caroliniensis ^ Red 
bar , qui est très-avantageusement substitué au Cèdre 
dont les gros arbres commencent à devenir fort 
rares dans le Midi des Etats-Unis. Dans la charpente 
supérieure, on fait encore entrer l'Acacia, Locust ^ 
le Mûrier rouge et le Juglans nigra, Black walnut. 
Ces bois , dont on ne peut se procurer une suffi- 
sante quantité, équivalent presque en durée le 
Chêne vert et le Cèdre rouge; et ils ont l'avantage 
d'avoir plus de force que le Cèdre rouge , et d'être 
moins pesans que le Chêne vert. Leur durée est aussi 
plus longue que celle du Chêne blanc, mais il faut 
qu'ils soient employés bien secs et sans aubier, surtout 



RÉSUMÉ. 33" 

le Noyer noir; car celte partie , dans celui-ci, est 
très-tendre et s'altore très-rapidement. L'Acacia, 
Locust^ le Noyer noir et le Mûrier rouge, se tirent 
des environs de la Susqueliannab. II croît aussi de 
très-gros Mûriers rouges sur les bords de la Dela- 
wares. 

Dans les bonnes constructions on n'emploie pas , 
comme on voit, le Chêne blanc dans la charpente 
supérieure. 

Bordages. Les bordages sont toujours en Chêne 
blanc. 

Gournahles , Treenail. Constamment en Acacia , 
Locust. 

Genoux. Autant qu'on le peut en Chêne blanc, 
mais , comme les morceaux nécessaires pour ces 
parties du navire , sont et deviennent tous les jours 
plus rares, on a recours, comme à New-York , au 
Quercus prinus monticola ., connu à' Philadelphie et 
plus au Sud, sous le nom de Chesnut oak^ Chêne 
châtaignier, dont on emploie actuellement presque 
une égale quantité. Le Noyer noir est aussi fort es- 
timé pour les genoux, mais il n'est employé qu'ac- 
cidentellement à cause de sa rareté , ou plutôt par 
la difficulté d'obtenir des morceaux convenables. 
Le Mûrier rouge est aussi très-bon pour les varan- 
gués. 

Pont. Le plus ordinairement il est eu Pinus mitis, 
Yellowpine., importé, soit du haut de la Delawares, 
soit du Eastern-Shore; ce dernier est préférable. On 
le fait encore en Pinus australis , Long leai^ed 



338 RÉSUMÉ. 

pine ^ importé de la Caroline du Nord ou de la 
Géorgie. 

Mâture. Les gros mâts , ou mâts d'en bas, sont en 
Pinus strobus ^ JVhite pine., qui descendent de la 
rivière Delawaresj les mâts de hunes sont en P//??^^ 
mitis^ Yellow pine, et les vergues en Abies nigra , 
Black spruce^ importé du District de Maine. 

BALTIMORE ET ALEXANDRIE. 

Les constructions maritimes sont fort bonnes dans 
ces deux villes , et on y emploie à-peu-près les mêmes 
matériaux qu'à Philadelphie , c'est à-dire , le Chêne 
blanc pour la quille et les membrures inférieures; 
le Chêne vert et le Cèdre rouge pour la charpente 
supérieure : on y fait néanmoins entrer dans l'une 
et dans l'autre, une plus grande proportion de Cèdre 
rouge et d'Acacia, Lociist ^ ces deux arbres se trou- 
vant dans le pays beaucoup plus abondamment que 
dans le voisinage de Philadelphie. Les genoux sont 
également en Chêne blanc , en Chêne châtaigner des 
rochers , et aussi en Quercus obtusiloha , Post or 
Box -white oak. Les mâts d'en bas sont aussi fré- 
quemment faits de Pinus mitis ., Yellow pinei, et 
quelquefois aussi de Pinus australis^ Long leaved 
pine^j qu'on tire de la rivière Elisabeth , près de 
Norfolk. 

CHARLESTON S. C. ET SAVANAH. 

Quille. Elle est constamment faite en Pinus aus- 



RÉSUMÉ. 339 

tralis , Long leaved pine ^ et elle est aussi bonne 
que celle du Clienc Liane. 

Charpente inférieure. Les membrures qui la com- 
posent sont principalement en Chone vert , et partie 
en cœur de Pin à longues feuilles , qu'on regarde 
comme aussi solide que le Chêne blanc; parfois 
on y introduit quelques pièces tirées du Quercus 
obtusiloha ^ Post oak , et du Quercus falcata , Spa- 
nisJi oaJ\. 

Charpente supérieure. Elle est constamment faite 
en Chêne vert et en Cèdre places alternativement. 
L'Acacia et le Mûrier rouge sont rarement employés 
à Charleston et Savanah , ces deux espèces d'arbres 
étant peu commune dans le voisinage de ces deux 
villes : il en vient cependant quelques pièces à Sa- 
vanah , de la Haute-Géorgie , par la rivière Savanah. 

Pont. Il est toujours fait en planches de Pinus 
australis .) Long leai^ed pine ^ qui est la meilleure 
espèce de Pin qui croisse peut-être dans toute l'Amé- 
rique Septentrionale. 

Genoux. Ils sont ordinairement en Chêne vert , 
dont le bois est le meilleur dont on puisse se servir 
pour cet usage. 

Bordages. Les bordages sont presque toujours 
en cœur de Pin à longues feuilles ; on les regarde 
comme aussi solides et aussi durables que ceux qui 
sont en Chêne blanc. On prétend néanmoins que 
les bordages de ce bois ne forment pas , à l'avant et 
à l'arrière du navire , des jointures aussi exactes que 
lorsqu'ils sont en Chêne. 



340 RÉSUMÉ. 

Gournahîes, Les gouinables sont en cœur de Pin 
lorsque les bordages sont de ce même bois, et s'il 
arrive qu'ils soient en Chêne , on les fait en Chêne 
vert ou en Acacia , Zocz^^^ , et même en Mûrier 
rouge. Ces dernières sont aussi bonnes que celles 
d'Acacia. 

Mâts. Les gros mâts sont en Pinus australis , 
Long leaved pine ^ regardés avec raison comme plus 
forts que ceux de Pinus strohus , TVhite pine. Les 
mâts supérieurs sont aussi en Pin à longues feuilles , 
et les vergues en Ahies nigra , Black spruce , im- 
porté du District de Maine. 

Lorsque les bois dont je viens de parler ont été 
employés bien secs , les navires qui en sont cons- 
truits durent autant et même plus que ceux qui sont 
faits à New-York et à Philadelphie , oi^i le Chêne 
blanc entre en grande proportion dans les construc- 
tions navales. 

LOUISVILLE SUR l'oHIO. 

Quille. Elle est en Chêne blanc. 

Charpente supérieure. En Chêne blanc , entre- 
mêlé de Noyer noir. 

Charpente inférieure. Avec le Chêne blanc on y 
fait entrer une très-grande proportion d'Acacia , de 
Mûrier rouge et de Noyer noir ; on emploie aussi 
le Cerisier de Virginie , TVilcl cherry , et l'Orme 
rouge, Ulmus ruhra , ces bois sont excellens, mais 
ils ne doivent être mis en œuvre que lorsqu'ils sont 
bien secs , leNoyer noir surtout, qui doit être , comme 
je l'ai déjà dit, entièrement dépouillé de son aubier, 



RÉSUMÉ. " 34 I 

lequel est très-tendre et pourrit très -facilement. 

Genoux. En Acacia, Zocw^^, Mûrier rouge , Noyer 
noir et en Chêne blanc; mais ceux en Acacia et en 
Mûrier rouge s'obtiennent plus difïïcilement. 

Bordâmes. Constamment faits en Chêne blanc. 

Gournahles. Kn Acacia , Locust. 

Pont. En planches de Pinus mitis , Yellow pine. 

Mâture. Les mats sont en Pinus strobus , J'Fhite 
pine, et les vergues en Ahies ni^ra, Black spruce , 
qui se tirent des sources de la rivière Alléghany. 

Bateaux a quilles. J'ai vu sur les bords de l'Ohio 
beaucoup de ces bateaux en construction , qui 
étoient destines à porter de forts chargemcns. Toutes 
les courbes, sans exception, étoient faites en bois 
de Noyer noir et couvertes en planches de Chêne 
blarfc. 

NOUVELLE-ORLÉANS, 

Je ne suis pas allé dans la Basse-Louisiane, par con- 
séquent je ne puis parler avec certitude des cons- 
tructions navales qui se font à la Nouvelle-Orléans. 
On m'a dit que la charpente inférieure et supérieure 
étoient en Chêne vert et en Cèdre rouge entremê- 
lés; les bordages et le pont en cœur de Cyprès 
chauve , et la mâture du même bois ; que le Cyprès 
est très-supérieur à toute espèce de Pin , lorsqu'il est 
employé bien sec. 

Corps de pompes. A New^-York, à Philadelphie et 
à Baltimore , ils sont faits en Pinus rigida , Sap 
pine y dans !es ports de mer des Etats méridionaux, 
en Pinus tœda , Lohlolfy pine. 



342 RÉSUMÉ. 

Boîtes à poulies , taquets et rames. Dans les ports 
de mer des Etats du Nord, ces pièces sont toujours en 
Fraxinus americana^ VFhite ash\ à New-York et à 
Philadelphie , moitié en Fraxinus americana , 
VFhite ash , et moitié en Fraxinus tonientosa ^ Red 
ash , proportionnellement plus commun à mesure 
qu'on avance vers le Midi. 

Beaucoup de personnes savent bien que , pour les 
boîtes à poulies, VUlmus rubra, Red elm ^ seroit 
préférable ; mais cet arbre n'est pas assez multiplié 
à l'Est des Monts-Alléghanys pour qu'on puisse l'em- 
ployer, (i) 

Les rames sont toujours faites en Fraxinus , 
JVhite ash^ bois excellent et le meilleur dont on 
puisse se servir pour cet usage , à cause de sa force 
et de son élasticité. 

J'ai appris que l'on s'étoit servi avec avantage du 
bois des Noyers Hickejy ^ pour en faire des taquets , 
cleats ; qu'ils avoient l'avantage, sur ceux en Frêne , 
d'être beaucoup plus forts, mais qu'ils dévoient être 
tenus très-lâches dans les trous, sans quoi venant à 

(i) Le Mella A^éèarack ^ Prlde oflndla^ originaire d'Asie , 
est acluellement naturalisé dans la partie méridionale des Etats- 
Unis où il est employé à la décoration des villes , à cause de la 
beauté de son feuillage et de ses fleurs. Ce bel arbre , à l'avantage 
de croître avec une grande rapidité , réunit celui de donner un 
bois d'une excellente qualité , qui a de la force et résiste très-bien 
aux alternatives de la séclieresse et de l'humidité. On l'a reconnu 
propre à faire de bonnes boîtes à poulies. On ne peut trop recom- 
mander la multiplication de cet arbre qui fournit encore un bon 
bois de chauffage. 



RÉSUML. 343 

se gonfler par l'humidltc, et par suite serrés dans les 
les trous, ils avoicnt sans cette préeaulion , le dé- 
faut de s'échauffer et de pourrir promptement. 

Barres de cabestan. Dans les ports de mer des 
Etats du Nord , elles sont faites en Fraxinusame- 
ricana., TVhite ash; dans ceux du Milieu et du Sud, 
on en fait aussi de ce même bois, mais la plus grande 
partie est d'Hickery qui est beaucoup plus fort et 
plus estimé pour cet usage. 

Figures à lavant du navire. Elles sont toujours 
faites en Piuus strobus , TVliite pine , fort estimé 
pour cet usage , comme se travaillant aisément. 

CONSTRUCTIONS CIVILES. 

Dans toute l'étendue des Etats-Unis, à l'exception 
des plus grandes villes telles que Boston , New- 
York , Philadelphie, Baltimore, Washington- City, 
dont les cinq-sixièmes des maisons sont en briques 
et une douzaine de villes du second ordre , où il 
n'y en a qu'un tiers et même un cinquième qui 
qui soient construites de cette manière , les dix- 
neuf-vingtièmes de toutes les maisons, soit des pe- 
tites villes, soit des campagnes, sont en bois. 

Les maisons en bois sont de deux sortes, celles 
du très -grand nombre des agriculteurs , surtout de 
ceux qui habitent fintérieur du pays, sont faites en 
boulons, Log houses y leur construction est telle- 
ment simple, qu'en trois ou quatre jours elles sont 
élevées et rendues habitables. Ces maisons sont faites 

III. 4j 



344 RiÉSUMÉ. 

de tronçons d'arbres, de 20 à 3o pieds (6 à 10 met.) 
de longueur, sur 4 à5 pouces Çi2h i5 centimèt.) de 
diamètre, placés les uns au-dessus des autres , et main- 
tenuspardesentailles pratiquées à leurs extrëmitës.Le 
comble est formé de morceaux de pareille longueur, 
mais plus légers et rapprochés graduellement de 
chaque côté; ceux-ci tiennent lieu de chevrons, et 
ils supportent les bardeaux qui y sont accrochés au 
moyen de petites chevilles de bois , placées à une 
de leurs extrémités. Deux portes, qui souvent tien- 
nent lieu de fenêtres , sont pratiquées au milieu et 
vis-à-vis l'une de l'autre , en sciant une partie des 
tronçons qui forment le corps de la maison. La che- 
minée est à l'une des extrémités. L'intervalle des 
tronçons est rempli avec de l'argile 5 une cloison 
divise la maison en deux pièces ; les écuries et les 
granges sont bâties de la même manière , mais closes 
avec moins de soin. 

Les maisons en bois, soit dans les campagnes , soit 
dans les villes, sont faites en planches et ordinaire- 
ment élevées de deux éta^;es ; elles sont spacieuses 
et commodément distribuées : peintes en gris , à 
l'extérieur, leur apparence est fort agréable , elles an- 
noncent l'aisance de ceux qui les habitent. Lorsqu'on 
a soin de les entretenir et de les repeindre au bout 
de 10 à 12 ans, elles durent 3o à 4o ans. 

Dans ces maisons , la charpente , les planches qui 
la revêtent extérieurement et intérieurement , les 
planchers et les bardeaux dont le toit est formé , 
sont tirés d'arbres différens, suivant les diverses par- 



RÉSUMÉ. 3^|0 

lies des Etats-Unis qui ne produisent pas partout 
les mêmes espèces; et, dans chaque Etat, l'expérience 
a appris quelles étoient les diverses sortes de bois 
qui dévoient être préf'érablemcnt employées pour 
telle ou telle partie de la construction. 

ÉTATS DE NEW-HAMPSHIRE, MASSACHUSSETTS , CO^■NEC- 
TICUT ET VERMONT. 

A Boston, Portsmouth, Portland, Hollow^el et 
autres villes moins considérables, ainsi que dans 
les campagnes , le Pinus strobus , FFhite pine^ a 
toujours été préféré pour la construction des 
maisons en bois. Cependant, depuis environ vingt 
ans que cet arbre devient toujours plus rare , 
soit par la prodigieuse consommation qui s'en fait 
dans le pays même, soit par l'exportation qui a lieu 
principalement dans les Colonies des Indes occi- 
dentales, on a cherché à y suppléer en partie par 
VAbies nigra^ Black spruce ^ et VAbies canadensis , 
Hemlock spruce ^ (\i\\ sont l'un et lautre beaucoup 
plus abondans et que l'on se procure à un prix très- 
inférieur. 

Charpente. Elle est constamment en Pinus stro- 
bus , TVhite pinej mais les solives des étages et les 
chevrons sont actuellement faits très-fréquemment 
en Abies canadensis , Black spruce , que l'on sait 
avoir beaucoup de force. 

Première enveloppe de la charpente. En plan- 
ches ai Abies canadensis , Henilock spruce. 

Seconde enveloppe. Elle est formée avec des Calp 



345 . RÉSUMÉ. 

boards,enPinus str^obus^esipèces de planchettes lon- 
gues d'environ 4 à 5 pieds (^i à 2 met.) larges de 3 à6 
pouces (^9 à 18 centimètres), amincies d'un côté, 
appliquées horizontalement et par recouvrement les 
unes au-dessus des autres, et clouées sur la première 
enveloppe. 

Planchers. Ils sont généralement en Pinus stro- 
bus, TVhitepine; mais , dans les campagnes, quel- 
ques personnes préfèrent les planches à' Ahies ni^ra^ 
Black spj'uce^ parce que , comme le grain en est plus 
ferme, elles sont moins sujettes à être altérées par les 
pieds des meubles et les autres corps durs; mais, 
d'un autre côté , VAbies ?ugra^ Black spruce^ ne se 
polit pas aussi bien , et les planches de cet arbre 
sont susceptibles , à la longue , de se fendre dans le 
milieu. 

Toits. Ils sont constamment faits en essentes 
de Pinus strobus ^ TVhite pine^ qui durent de i5 à 
20 ans. Les essentes de Tliuja occidentalis , Arbor 
vitœ , seroient infiniment préférables; mais dans les 
parties les plus septentrionales des Etats-Unis , cet 
arbre , à cause de sa conformation , feroit éprouver 
trop de perte s'il étoit débité de cette manière, quoi- 
qu'il soit très-commun : on le réserve pour en faire 
des pieux. 

Lattes. Elles sont toujours faites à'Abies cana- 
densis , Hemlock spriice. 

Portes et châssis de fenêtres et moulures. Tou- 
jours en Pinus strobus, White pine. 



RÉSUMÉ. 34; 

ÉTATS DE NEW-YORK ET DE NEW-JERSEY. 

Charpente. Dans les maisons, toutes en bois , elle 
est constamment en Piiuis slrohus ^ Whlle pine. 

Planches de recouvrement a l extérieur et menui- 
serie a lintérieur. Egalement en Pinus strobus , 
fVhite pine. 

Planchers. Dans les maisons où ils sont destinés 
à recevoir des tapis , on se sert toujours de Pinus 
strobus ., White pine ., et dans les autres , on donne 
la préférence aux planches de Pinus mitis ^ Yellow 
pine., dont le grain plus ferme, plus dur, les rend 
plus propres à résister aux impressions des corps 
étrangers. 

Toits. En essentes de Cupressus thjoides , 
TVhite cedar. 

Ohs. Dans les maisons en briques qui forment le 
centre de la ville de New- York , et qui sontà-peu- 
près dans la proportion d'un tiers , la charpente est 
souvent en Chêne 5 mais toute la menuiserie inté- 
rieure, les portes et les fenêtres , sont en Pinus stro- 
bus , White pine. Le toit, comme celui des mai- 
sons en bois , est en essentes de Cupressus thjoides , 
TVhite cedar. 

ÉTATS DE PENSYLVANIE ET DE DELAWARES. 

A Philadelphie , les m'aisons sont en briques^ et 
celles des faubourgs sont presque toutes en bois. 
Celles-ci sont construites, comme à New York, c'est- 



348 RÉSUMK. 

à-dire en très -grande partie de Pinus strohus ^ 
TVhite pine , et couvertes de même en essentes de 
Cupressus thyoïdes ^ TVhite cedar , Si\ec cette seule 
diffe'rence que le Pinus mitis ^ Yellow pine^ y est 
plus employé concurremment avec le Pinus stro- 
bus y TVhite pine. 

Les maisons en briques sont le plus généralement 
construites , savoir : Les soles et les solives des 
étages supérieurs en Chêne blanc; mais actuelle- 
ment on se sert beaucoup du Quercus tinctoria^ 
Black oak. Pour les étages supérieurs , on emploie 
encore à présent le Liquidamhar stjracijlua ^ Sweet 
gum. 

Chevrons. On donne la préférence au Quercus 
alha ^ TVhite oak .^ et au Quercus tinctoria , Black 
oak'y on considère comme aussi bon , et par suite 
on emploie fréquemment le Tulipier qui réunit la 
légèreté à la solidité. 

Planchers. Ordinairement en Pinus mitis , Yellow 
pine. 

Toits. Essentes de Cupressus thjoïdes^ TVhite 
cedar y et quelquefois de Cupressus disticha^ Cj- 
press ^ importé des Etats méridionaux. 

Portes j fenêtres et moulures. Les panneaux des 
portes sont en Pinus strobus ^ TVhite pine; l'enca- 
drement en Pinus mitis , Yellow pine. Les châssis 
des fenêtres, en Pinus mitis ^ Yellow pine ; les mou- 
lures qui décorent les portes d'entrée, les corni- 
ches dans les appartemens et les devants de chemi- 
nées 5 sont toujours en Pinus strobus , TVhite pine ., 



qui est le bois le plus propre au travail de ces objets 
délicats. 

Dans la Pensylvanie , à l'Ouest des Monts Allé- 
glianys, j'ai remarqué que les maisons de Conels- 
wille, située sur la Yougliiogheny et de lirownswille 
sur la Monongahela, étoient construites ainsi qu'il 
suit : la charpente en Quercus alha , JVhite oak ; 
\e^ planchers ^ aussi en planches de Chêne blanc, 
débité sur une très-petite largeur; les essentes en 
Quercus tinctoria , Black oak ^ moins sujettes à se 
déjeter que celles de Chêne blanc; les planches de 
recouvrement à l'extérieur, et la menuiserie inté- 
rieiue , ainsi que les portes et châssis de fenêtres, en 
planches de Lyriodendrum tulipifera , Poplar. 

A Pittsburgh et à Wheeling sur l'Oliio , \di char- 
pente en Quercus alha , JVhite oak , les planches 
de recouvrement et la menuiserie intérieure , en 
Pinus strohus , JVhite pine y le toit en essentes 
de Pinus strohus j, JVhite pine. Beaucoup de mai- 
sons^ dans cette partie de la Pensylvanie , sont faites 
aussi entièrement en Chêne blanc, et les essentes 
en Chêne noir, à défaut de planches de Pin et de 
Tulipier. Le Tulipier est reconnu inférieur au bois 
de Pin, mais il est plus durable que le Chêne, il se 
travaille aussi avec beaucoup plus de facilité , et les 
ouvrages qu'on en fait sont beaucoup plus propres. 
On sait encore que les essentes de Châtaignier 
seroient les plus durables ; mais dans ces parties 
montagneuses de la Pensylvanie , il n'est pas géné- 
ralement employé par la difficulté de s'en procurer. 



35o 



RESUME. 



ETAT DE MARYLAND ET PARTIE ORIENTALE DE LA 

VIRGINIE. 

A Baltimore et Alexandrie , un tiers des maisons 
sont construites en briques ; toutes les autres le sont 
en bois. Celles-ci le sont en grande partie en Pinus 
niitis ^ Yellow pine ^ à l'exceptioB de la menuiserie 
intérieure qui est en Pinus strobus ^ TVliite pine , 
le toit est eu essentes de Cupressus thjoïdes , 
désigné dans le pays sous le nom de Juniper. 

A Petersburgh et dans les environs , les maisons 
en bois sont en Pinus tœdcij Lohlollj pine ^ à l'ex- 
ception des essentes qui sont de Cupressus disticha^ 
Cjpress. 

CAROLINE SEPTENTRIONALE , CAROLINE MERIDIONALE ET 
GÉORGIE (partie BASSeJ. 

Les trois-quarts des maisons de Charleston et les 
huit-dixièmes de celles de Willemington , et de Sa- 
vannah , villes principales des Etats méridionaux , 
sont en bois. 

Charpente. En totalité de Pinus australis , Long 
leavedpine ^ les planches de recouvrement à l'exté- 
rieur en Pinus strohus , FThite pine. 

Menuiserie intérieure. En planches de Pinus 
strohus , FFhite pine , et de Cupressus disticha , 
Cjpress. 

Portes , fenêtres et corniches. Actuellement on 
se sert quelquefois de Pinus strohus ^ FFhite pine ^ 



RÉSUMÉ. 35l 

mais plus généralement de Cupressus distlcha , Cy- 
près s , qui est très-préférable. 

Toit. Toujours en essentes de Cupressus dis- 
licha , Cjpress , et de même sorte pour les maisons 
en briques. 

Ohs. On se servoit autrefois presqu'entièrement 
de Cyprès dans la construction des maisons , mais 
ces arbres étant devenu rares, au moins ceux d'une 
grande dimension , ils ont été en grande partie rem- 
placés par le Pinits australis ., Long leaved pine^ 
et le Pinus strohus ^ TVhite pine ., importé des Etats 
Septentrionaux. 

Dans l'intérieur de la partie maritime , on cons- 
truit encore des maisons qui sont toutes en bois de 
Cyprès , et qui durent plus que celles qui sont en 
Pin à longues feuilles. Les unes et les autres sont, 
comme dans les villes, peintes en gris-blanc. 

HAUTE s- CAROLINE s. 

Les maisons sont faites en Pinus initis , Yellow 
pine^ et couvertes d'essentes tirées du même arbre 
ou du Ljriodendruni tulipifera , Poplar. 

ÉTAT DU KENTUCRY. 

A Lexington , ville la plus considérable des Etats 
de rOuest , plus des trois-quarts des maisons sont 
en bois. Ces maisons , ainsi que celles des petites 
villes environnantes, et des particuliers qui résident 

nr. 44 



352 RÉSUMÉ. 

à la campagne, sont le plus ordinairement bâties 
ainsi qu'il suit : 

Charpente. KUe est en Fraxinus quadrangulata ^ 
Blue ash , ou en Quercus alha^ JVhite oak 5 ce der- 
nier est préférable , mais le Frêne bleu se travaille 
plus aisément. 

Planchers inférieurs. En planches de Fraxinus 
quadrangulata , Blue ash , et de Quercus alha , 
FFhite oak ; quelques personnes emploient des 
planches de Ljriodendruni tulipifera , Poplar ou 
Tulipier, mais celles de Pin, si on pouvoit en obte- 
nir facilement, seroient préférablement employées. 

Planchers supérieurs. En Lyriodendrurn tulipi- 
fera , Poplar. 

Planches de recoui^rement à l'extérieur. En Fra- 
xinus quadrangulata , Bleu ash , ou en Lyrioden- 
drurn tulipifera., Poplar j celles-ci ont le défaut de 
se tourmenter par les alternatives de la sécheresse 
et de l'humidité. 

Menuisej^ie intérieure. Très -ordinairement en 
Ljriodendruni tulipifera , Poplar , et en Cerasus 
virginiana , TVild cherry. On se sert aussi du Jjx- 
glans nigra., Black walnut. 

Toit. Comme dans les Etats du Nord , on com- 
mence ordinairement par appliquer, à plat, sur les 
chevrons, des planches de Celtis crassifolia ., Hack 
herry ., sur lesquelles on cloue les essentes faites de 
cœur de Lyriodendrurn tulipifera , Poplar. Pour 
empêcher que ces essentes ne se tourmentent, on les 
fait courtes, et alors elles peuvent, dit-on , durer qua- 



RÉSUMÉ. 353 

rante ans , et ont le précieux avantage de no se fen- 
dre ni par la gelée, ni par l'ardeur du soleil. 

BASSE-LOUISIANE. 

Je ne suis point allé dans cette partie des États- 
Unis , mais j'ai su que toutes les constructions en 
bois étoient faites en CAipressus dis tic/ta, Cjpress, 
bois excellent , très-durable , et fort supérieur à toutes 
les espèces de Pins. 

ÉBÉNISTERIE. 

ÉTATS DE MASSACHUSSETS , NEW-HAMPSHIRE ET VERMONT. 

Les bois propres à l'ébénisterie sont d'autant plus 
rares , qu'on avance dans les pays Septentrionaux ; 
cependant , dans le Nord des Etats-Unis , on en trouve 
encore de plusieurs espèces , qui , employés avec 
intelligence et bien travaillés , font de très-beaux 
meubles 5 lesquels sont néanmoins toujours infé- 
rieurs à ceux d'Acajou. La supériorité de ceux-ci 
est due, non pas tant à la couleur agréable de 
l'Acajou , qu'à l'avantage très-marqué qu'il a de ne 
jamais se tourmenter lorsqu'il est mis en œuvre , et 
d'avoir un grain plus ferme et assez dur pour recevoir 
un très-beau poli, et moins susceptible d'être en- 
dommagé par l'impression des corps étrangers. Ces 
diverses considérations, et la facilité de l'obtenir à 
bas prix , des colonies des Indes occidentales , ont 
décidé toutes les personnes tant soit peu aisées des 



354 RÉSUMÉ 

grandes villes des Etats-Unis, et mêmes celles qui 
n'habitent pas à une grande distance des ports de 
mer, à avoir des meubles de ce bois. Mais ceux qui 
n'ont pas cet avantage , ou qui sont guidés par les 
principes d'une plus grande économie, ont des meu- 
bles en bois du pays. Dans les Etats du Nord, et 
même dans les villes , comme à Boston , Portsmoutb , 
Portland , Hollowel, etc., le Betula lenta^ Black 
hirch , le Betula lutea^ Yellow hirch , le Betula pa~ 
piracea^ Canoë hirch ^ \Acer ruhrum ondulatum^ 
Redjlowering carled maple^ VAcer saccharinuni 
niaculatum , Bird eje iiiaple , le Cerasus virginiana^ 
TVild cherry , et le Rhus tiphinwn ^ Sumac ^ sont 
les espèces dont le bois est employé aux ouvrages 
d'ébénisterie. 

Le Betula lenta , Black hirch , et le Betula lutea , 
Yellow hirch , ont une couleur rosée , qui devient 
plus foncée à la longue; le grain de leur bois est 
d'une grande finesse ; il se polit bien , et il est 
comme lustré. On s'en sert le plus ordinairement 
pour en faire des tables, des bureaux, des rampes 
d'escalier, etc. On en fabrique aussi la charpente des 
canapés et des chaises à fond de crin. L'Erable à 
sucre et l'Erable rouge onde sont aussi fort employés 
pour en faire des montants de bois de lit^ qui sont 
tournés dans des formes élégantes; débités en feuil- 
les très-minces, et appliqués sur l'Acajou, ils em- 
bellissent les meubles de ce bois. On fait le même 
usage des feuilles de Bouleau à canot , ces feuilles 
se tirent de la partie du tronc qui est située immé- 



RÉSUMÉ. 355 

diatement au-dessous de l'endroit où l'arbre se Li" 
Turque. Les ébénistes , à Boston , se procurent ces 
tronçons de Bouleau dans les chantiers de bois à 
brûler. 

ÉTATS DU MILIEU ET DE l'oUEST- 

Dans les grandes villes, les meubles sont géné- 
ralement en Acajou ; dans les campagnes , ils sont 
faits en Cerasusvir^iniana^ Wild cherry ^ Ju^lans 
ni^ra, Black walnut y Acer rubrum undulaturn ^ 
liedjlo-werijig curled niaple ^ Platanus occidentalis , 
Button wood , et Liquidamhar styraciflua , Sweet 
guni. De ces diverses espèces, le Cerisier de Virgi- 
nie et le Noyer noir sont les plus estimés, par ce 
que la qualité de leur bois aie plus d'analogie avec 
l'Acajou , surtout le Cerisier que l'on préfère toujours 
au Noyer noir, parce que la couleur de celui-ci, 
déjà très-rembrunie, devient presque noire à la lon- 
gue. L'Erable rouge onde , le Platane et le Liqui- 
dambar, sont plus spécialement réservés pour mon- 
tants de bois de lit. Pour cfue les reflets de l'Erable 
onde soient bien apparens, après Favoir bien poli, 
on le frotte légèrement avec de l'acide nitrique, et 
ensuite avec de l'huile de lin. 

ÉTATS DU MIDI. 

On fabriquoit autrefois la plupart des meubles 
en Lauriis caroliniensis ^ Red bay ^ dont le bois est 
d'une belle couleur rouge ; le grain en est fin et 
soyeux , et il convenoit parfaitement à ce genre 



356 RÉSUMÉ. 

d'industrie : mais l'Acajou l'a remplace en grande 
partie , et on n'en fait presque plus d'usage. 

TONNELLERIE. 

La tonnellerie est un état qui occupe un grand 
nombre de bras dans l'Amérique septentrionale; 
car, outre l'emploi qu'on y fait, comme en Europe, 
de tonneaux etbarriques de différentes capacitéspour 
les liquides, on s'en sert soit pour les grains et fa- 
rines qu'on ne met pas en sacs , comme dans l'an- 
cien Continent, soit pour les denrées de toutes es- 
pèces , soit même pour certaines marchandises qui 
sont consommées ou exportées au-deliors. Outre la 
très-grande quantité de merrain que nécessite la 
confection des tonneaux et barriques destinés à ces 
divers usages , il s en exporte beaucoup en Angle- 
terre , aux lies Madère et surtout dans les colonies 
des Indes occidentales. 

Dansle courant de 1807, il a été importé des Etats- 
Unis à Liverpool , une quaîitité de merrain de différen- 
tes qualitéspour une somme excédant sept cent vingt 
mille dollars (trois millions six cent mille francs). 
Deux tableaux des exportations des Etats-Unis, pour 
les années 1791 et 1792 , portent à plus de 29 mil- 
lions le nombre de pièces de merrain qui en ont été 
exportées dans le courant de ces deux années , sa- 
voir : 



BÉSUMÉ. 357 


New-IIampshire . . 


1,2^0,000 


Massachussets. . . 


. 5,25o,ooo 


Rhodisland. . . . 


270,000 


Connecticut. . 




1,100,000 


New- York. . 




. . 5»,56o,ooo 


Pensylvanie. 




. . 2,800,000 


New-Jersey . 




5o,ooo 


Delawares. . 




4c>,ooo 


Maryland. . 




1,700,000 


Virginie. 




. 7,400,000 


Caroline dn Nord. . 


. 2,3oo,ooo 


Caroline du Sud. . 


. . 5oo,ooo 


Géorgie. . . . 


. . 860,000 


Total. 


. . 20,080,000 



La partie des Etats du Centre, située audelà des 
Alléghanis, et les Etats de l'Ouest , situés aussi au- 
delà de ces montagnes , fournissent également , de- 
puis plusieurs années, une grande quantité de mer- 
rain,qui descend par l'Ohio et le Mississipi , à la 
Nouvelle-Orléans. Par le lac Cliamplain , situé dans 
les limites des Etats-Unis, il en vient encore beau- 
coup à Québec. Le raerrain de la Virginie , du Ma- 
ryland et de la Pensylvanie, est beaucoup meilleur 
que celui des Etats Septentrionaux , ce qui tient à 
l'influence du climat qui est plus chaud dans ces 
Etats , et à la nature du sol qui y est moins humide. 

Plusieurs espèces de Chênes des Etats-Unis, 
telles que le Quercus prùius monticola , Ches- 
nut rock oak\ le Quercus ohtusiloha ^ Postoak , le 
Quercus prinus palustris ^ Chesnut wliite oak y le 



358 RÉSUMÉ. 

Quercus macrocarpa^ Overcup -wliite oak ^ etc. ont, 
comme le Chêne blanc , les pores de leur bois obs- 
trues , mais d'une manière imparfaite ,etles conduits 
ligneux ne sont qu'à moitié remplis^ c'est pour cela 
que les vaisseaux qu'on en fabrique, absorbent une 
grande quantité des liquides qu'on y met, surtout 
s'ils sont spiritueux. Mais, d'une autre côté , comme 
ces pores sont obstrués en partie , ces mêmes vais- 
seaux sont moins propres à contenir les huiles de 
poissons, les mélasses et autres substances sujètes à 
la fermentation , que ceux qui sont faits en merrain 
de Chêne rouge. Car les pores de celui-ci sont telle- 
ment vides, que, si, dans un vase plein d'eau, on 
plonge l'extrémité d'un bâton de ce bois , on peut 
facilement, en soufflant à l'autre bout, faire bouil- 
lonner l'eau fortement. Cette organisation particu- 
lière au Chêne rouge , le rend propre à contenir les 
liquides fermentescibles , en donnant issue à l'air 
qui s'en dégage, sans néanmoins laisser transsuder 
au-dehors ces mêmes liquides, lorsqu'ils ont assez 
de consistance pour ne pas filtrer à travers les po- 
res, comme le feroient les huiles fines. Lorsqu'au 
contraire , on met des mélasses dans des tonneaux de 
Chêne blanc , les pores obstrués de ce bois ne livrent 
point passage à l'air qui se dégage pendant la fermen- 
tation de ces substances à une température élevée, 
comme celle qu'on éprouve pendant l'été, dans les 
colonies : il se produit alors dans la barrique une 
distension si forte, que les douves s'écartent, d'où il 
s'ensuit un coulage considérable. 

Le merrain de Chêne rouge est le produit de plu- 



RÉ su M K. 35f) 

sieurs espèces de Chênes dont le bois a , à-peu-près, 
la même organisation que celle du Chêne rouge. 
Dans les Etats les plus septentrionaux , il se compose 
principalement du Ouercus amhifj^iia^ Grey oak ^ 
et du Querciis rubra, Red oak ; dans les Etats du 
Milieu et de l'Ouest , i^. en plus grande proportion 
du Qiiercus tinctoria , Black oak ; 2°. du Quercus 
coccinea , Scarlet oak^ du Quercus ruhra , Jled oak 
et du Quercus palustris ^ Pine oak ; dans le Mary- 
land, la Basse-Virginie et dans toute la partie méri- 
dionale des Etats-Unis 5 du Quercus falcata^ Spa- 
nisli oak or Red oak , qui fournit le meilleur merrain 
de cette espèce. Le prix du merrain de Chêne blanc 
est toujours beaucoup plus élevé que celui de Chêne 
rouge, la différence est de moitié à un tiers en sus. 
Ces prix ont quadruplé depuis cinquante ans, ce qui 
doit être attribué i«. au grand accroissement du 
commerce américain depuis cette époque ; 20. à la 
consommation prodigieuse et toujours renaissante 
d'une population qui double tous les vingt ans ; 3°. à 
la destruction continuelle et progressive des forêts, 
qui ne sont jamais restaurées. 

Dans toute l'étendue des Etats-Unis , à l'excep- 
tion du District de Maine et des parties les plus au 
Nord du Wew-Hampshire et de Vermont , tous les 
tonneaux , de quelque grandeur qu'ils soient , sont 
cerclés avec des jeunes brins de Noyers Hickery , 
quelques-uns seulement, et peut-être un vingtième, 
le sont en Chêne blanc. Les uns et les autres sont 
coupés dans les forêts , fendus en deux et préparés, 

IH. 4^ 



36o RÉSUMÉ. / 

Les extrémités de ces cercles ne sont point , comme 
cela se pratique en Europe , maintenus avec une 
forte ligature d'osier , on se contente de les croiser 
et de les arrêter par des entailles. 

On exporte ces brins d'Hickery et de Chêne blanc 
dans les colonies des Indes occidentales , pour en 
faire aussi des cercles 5 mais on n'en envoyé point , 
que je sache , en Europe , où l'on préfère, pour cet 
usage , le Châtaignier que l'on plante en beaucoup 
d'endroits , avec bien de l'avantage , sous ce seul 
point de vue: exemple que devroientbien suivre les 
Américains, surtout ceux qui habitent le voisinage 
des grands ports de mer. 

A la Nouvelle-Ecosse , les barils destinés à conte- 
nir le poisson , sont faits de cœur à'Abies nigra^Red 
spruce , cerclés en jeunes brins de Betula lutea^ 
Yellow hirch , toujours reconnoissables au luisant 
de l'écorce dont il ne sont pas dépouillés. Dans le 
District de Maine , ces barils sont en cœur de 
Pinus strobus ^ JVhite pine. On débite aussi beau- 
coup de merrain de Frêne , Fraxinus america- 
na^ JVhite ash'^ les barriques qui en sont fabri- 
quées , sont estimées les meilleures pour y renfermer 
les salaisons. Les cercles dont on se sert , sont en 
Hêtre 5 en Bouleau jaune et en Frêne noir , Fra- 
ccinus sambucifolia , Black ash ; l'Hickery et le 
Chêne blanc sont très-préférables ; mais le premier 
ne croît par aussi avant dans le Nord , et le second 
y est très-rare. Voilà pourquoi des semis de Chênes 
blancs que seroient faits dans le District de Maine , 
dans la vue seulement d'en obtenir des cercles, don- 



RÉSUMÉ. 3Gl 

neroient des produits très-avantageux aux fermiers 
qui y consacreroient quelques arpensde terre. (/^q^ez 
l'article Châtaignier et le Résumé sur les propriétés 
des Noyers hickery. ) 

Fabricants DE Chaises dites de Windsor, Dans 
toutes les villes des Etats-Unis , l'état de fabricant 
de chaises de Windsor constitue un métier séparé. 
Ces chaises ont quelque ressemblance avec celles 
qu'on voit , en France , dans les jardins; elles sont 
de même tout en bois, mais plus légères, faites avec 
beaucoup plus de soin , et peintes de différentes 
couleurs. Ce sont celles dont on se sert le plus ha- 
bituellement dans les appartemens, aussi la fabri- 
cation en est-elle considérable , et elle est augmen- 
tée par l'exportation qui s'en fait des Etats du jNord 
dans ceux du Midi, ainsi que dans les colonies des 
Indes occidentales 

AHollowel, Portland, Portsmouth et autres villes 
des Etats les plus septentrionaux , le siège est en 
Tilia aniericana^ Bass wood ^ la charpente infé- 
rieure ou les pieds , en Acer saccharinuni , Sugar 
or Rock niaple y les baguettes qui forment le dos et 
la pièce circulaire, bow ^ dans laquelle elles sont 
maintenues, en Fraxinus americana^ TVhite ash, 

A New-York, Philadelphie, Baltimore et Riche- 
mond , le siège est en Lyriodendrum tulipifera, 
Poplar ; les pieds, en Acer mibrum , Redjlowei^ijig 
maple j les baguettes du dos en Hickery , ordinaire- 
ment Juglans squamosa^ Shell Bark ; la pièce cir- 
culaire en Quercus alha^ Sapling white oak. On 



302 RÉSUMÉ. 

trouve dans ces diverses sortes de bois toutes les con- 
ditions requises : force dans les pieds , faits en 
Erable; légèreté dans le siège , tiré du Tulipier; 
élasticité dans les baguettes qui composent le dos, 
lesquelles sont tirées de l'Hickery; et toute la solidité 
requise dans la pièce circulaire , tirée du Chêne 
blanc. Néanmoins, le seul avantage qu'elles ont 
sur celles qui se fabriquent plus au Nord, est dans 
le siège en Lyriodendrum tulipifera ^ Poplar, lequel 
est préférable au Tilleul , parce que ce dernier est 
plus tendre et qu'il s'altère plus promptement par 
le frottement ou par la percussion accidentelle des 
corps étrangers. 

On fait encore dans le nord des Etats-Unis, et 
surtout à Boston , de ces mêmes sortes de chaises 
dont il n'y a que la pièce circulaire qui soit en Chêne 
et toutes les autres sont en Pinus strohus y TVhite 
fine. Celles-ci sont beaucoup plus légères et moins 
chères de moitié , mais elles ne valent rien et se bri- 
sent très-facilement. Pour les appartemensles mieux 
décorés , on a des chaises , dites Japan chairs , façon 
du Japon, qui sont très-élégantes. Toute la char- 
pente est en Erable rouge, peinte en noir, vernissée, 
et ornée de petites fleurs dorées; le siège n'est point 
en paille , mais en roseau , Tiplia angustifolia , qui 
se coupe dans les marais salés. 

Les chaises communes, dans les campagnes, sont 
en Erable , et quelquefois en Hickery, avec le fond 
en paille. 

Carrossiers, K^oslon , les panneaux des carrosses 



RÉSUMÉ. 363 

et cabriolets sont en Lyriodendrum tulipifera , Po- 
plar ^ importé exprès des Etats du Milieu; le dessus 
et le dessous de la caisse en Pinus strohiis ^ White 
pineyXa charpente est en Betula ni^ra ou BeLida 
lutea^ Black or Yellow hich ; le train en Frêne, 
Fraxinus americana y FFhite ash. 

Dans le New-Hampshire et le District de Maine , 
les panneaux sont en Tilleul , Tilia americana^Bass 
woody le reste comme à Boston. 

Dans l'Etat de Vermont, j'ai vu aussi employer 
pour les panneaux, de belles et larges planches de 
Juglans cathartica , Butter nut , qu'on dit être 
très-bonnes pour cet usage. 

A New-York , Philadelphie et Baltimore, les pan- 
neaux sont en Tulipier, Lyriodendrum tulipifera , 
Poplar^ dont on se procure des planches d'une 
grande largeur. Ce bois a le grain très-fin, se polit 
parfaitement et prend bien la couleur. Le dessus et 
le fond de la caisse sont en Pinus strohus , White 
pine 5 ou mieux en Cupressus thjoïdes^ White cedar^ 
la charpente en Frêne blanc ou rouge. Le train est 
en Frêne, Fraxinus ^ White or Red ash. L'on m'a 
dit dans le Midi des États - Unis que le Diospiros 
virginianay Persinion , étoit même supérieur au 
Frêne pour les brancards de cabriolets, ce qui indi- 
queroit que ce bois réunit la force à un grand degré 
d'élasticité. 

L'état de carrossier est, surtout à Philadelphie, 
porté à un haut degré de perfection : car, au choix 
des matériaux, se réunissent la solidité, la légèreté et 



364 RÉSUMÉ. 

les formes les plus élégantes; aussi ce genre dln- 
dustrie fournit-il au commerce une branche d'expor- 
tation, tant pour les Etats méridionaux, que pour 
les Colonies espagnoles. 

Charron AGE. Le charronage de Philadelphie est 
le plus estimé , à cause du bon choix des matériaux 
et du perfectionnement de la main-d'œuvre. La 
charpente des chariots, les planches dont elle est 
revêtue intérieurement, et la flèche, sont en Chêne 
blanc; cependant beaucoup de fermiers préfèrent les 
planches à.QNjssa sylvatica^ Black or sour guirij 
surtout pour le fonds; elles durent, dit-on, deux 
fois plus long - temps que celles de Chêne blanc. 
L'essieu n'est point en fer, mais toujours en Hickery; 
le Juglans porcina ., Pig nut ^ est le meilleur. Dans 
le District de Maine, on le fait en Acer sacchari- 
rinum , Sugar or Rock maple. 

Roues de carrosses et de cabriolets. A New- 
York et dans toutes les villes des États du Nord, le 
moyeu des roues de carrosses et de cabriolets est 
en cGinj: à! Ulmus americana ., TVhite elm; à Phila- 
delphie , Baltimore et dans tous les États du Milieu, 
on le fait en Nyssa sjlvatica ou aquatica , Black 
ousour gum. A Charleston, S. C. , en Jjlmus alata^ 
PTahoo. Le plus généralement les jantes sont en 
Frêne rouge ou blanc, et les rais en Chêne blanc. 
En Virginie, dans les environs de Richemond, j'ai 
observé qu'on faisoit aussi les jantes en Ouercus 
phellos., Swamp or -willow oak. Le bois de cet 
arbre^ bien sec, est plus fort que le Chêne blanc, et 
n'a pas, dit-on , comme lui , le dé ta ut de se fendre. 



RÉSUMÉ. 3G:'> 

Roues de voitures. Dans le District de Mairie 
et dans les parties les plus septentrionales des Étals 
de New-IIampshire et de Vermont, où le Chêne 
blanc n'existe pas , les jantes et les raies des grosses 
voitures sont en Erable à sucre, Acer saccharinum^ 
Sugar or Rock maple^ ou en Quercus ambigua^ 
Grey oak. Dans les États du Milieu, elles sont ordi- 
nairement en Chêne blanc. Cependant, dans quelques 
parties du Maryland et de la Virginie , les jantes sont 
en Quercus falcata ^ Spanish oak^ et quelquefois 
aussi en Quercus phellos , Swamp or willow oak. 
Le moyeu est en Ulmus americana^ TVite elm; 
mais, dans les États du Milieu et de l'Ouest, on le 
fait en Nyssa sjlvatica ow. aquatica^ Rlack or sour 
gumj ce dernier est préféré à Philadelphie et dans 
toute la Virginie. Dans la partie maritime des États 
méridionaux, on fait les moyeux en Chêne vert, qui 
vaut encore mieux que toute autre espèce de bois , 
pour les roues des grosses voitures. 

Les charrues et les herses sont en Chêne blanc. 
Le corps des brouettes est en planches de Pin , la 
roue en Chêne blanc et les bras sont en Frêne. Dans 
le District de Maine, les jougs de bœufs sont en 
Betula lutea^ Yellow hirchj et plus au Sud, en Éra- 
ble. Les traîneaux communs dans les campagnes, sont 
faits en Chêne blanc, doublé en cœur de Hickery bien 
sec, ou encore en Cornus Jlorida y Dogwood, coupé 
long-temps d'avance. La charpente des moulins à eau 
est, autant qu'on le peut, en Chêne blanc. Dans le 
District de Maine, les dents d'engrenage, sont en 



366 ' RÉSUMÉ. 

Érable à sucre, Rock maple; dans les États du Milieu , 
en Noyer Hickerj^ bien sec. Dans les États Méri- 
dionaux, la charpente des moulins à riz est en Pin à 
longues feuilles, Pinus australis ^ Lon^ leai^ed pine^ 
les dents d'engrenage en Chêne vert, Qiiercus virens, 
Live oak^ et le cylindre dans lequel ces dents sont 
enchâssées, est en Nyssa sjlvatica^Black ^um\ ce 
bois est excellent pour cet usage, à cause de son 
organisation ligneuse. Dans les Hautes - Carolines , 
on emploie encore pour dents d'engrenage, le Cor- 
nus jiorida^ -^^g" 'WOod\ mais, ce bois qui est très- 
dur, est sujet à se fendre , s'il n'est employé bien sec. 

Fabricants de malles. A Boston , les malles sont 
faites en planches de Pinus sti^obus, TVhite pme-^k 
New- York, Philadelphie et Baltimore, en planches 
de Lyriodendrum tulipifera^ Poplar^ qui sont beau- 
coup plus solides; toutes ces malles sont couvertes 
de peaux de vaches ou de veaux, auxquelles on con- 
serve le poil. 

Ustensiles et autres menus ouvrages en 
BOiSj fabriqués a Boston et a Hingham, 
Beaucoup de menus ouvrages en bois, principale- 
ment appropriés aux besoins domestiques , sont 
fabriqués dans les villes et dans les campagnes des 
États du Nord, notamment à Hingham , éloigné de 
if) milles de Boston: avec un vent favorable, on y 
va par mer en moins de deux heures. De petits bâti- 
mens, à un mât,6'/oo/?J, s'y rendent et en revien- 
nent tous les jours, chargés de ces ustensiles de bois, 
dont une partie se consomme dans le pays, et le 



•RÉSUME. 367 

reste est exporté dans les Etats du Milieu et du Sud, 
ainsi qu'aux Colonies Occidentales , il en vient même 
en Angleterre. 

SEAUX. Ces seaux dont le diamètre du fond est le 
même que celui de l'ouverture, sont faits, savoir: le 
fond en Pi/zzf^ strobus^ FFhitepine^ et le tour en 
morceaux de choix , tirés du cœur de l'arbre. Ils sont 
cerclés en Fraxinus arnericana^ PFidte ash ; les cer- 
cles épais d'une demi-ligne,recouvrent le vase au trois 
quarts, et sont fixés avec une pointe en fer et deux en 
Frénejou bien, une ouverture triangulaire est prati- 
quée à l'un des deux bouts, et l'autre coupé de même 
forme, avec une entaille latérale , est introduit dans 
l'ouverture dupremier; ce qui suffit pour maintenirles 
douves également très-serrées 5 on donne à ces seaux 
le nom de Lock pails^ seaux cadenassés; les anses 
sont en Chêne blanc. Les uns et les autres se ven- 
dent sur le pied de deux dollars, (10 francs 5o cen- 
times) la douzaine. 

MESURES A GRAINS. Ellcs sont Ics mémcs pour les 
fruits et pour les pommes de terre; on ne fait que 
des demi et des quarts de boisseau; (le boisseau 
américain correspond à l'ancien minot de Paris j. 
Le fond de ces mesures est en Pinus strohus^ PVhite 
pine^et la pièce circulaire, d'un seul morceau, qui en 
forme la capacité est , ou en Quercus tinctoria^ 
Black oak^ Quercus ruhra^ Red oak^ ou en Que/^cus 
ambigua^ Grej oak. On donne à cette pièce l'épais- 
seur convenable, puis on la fait bouillir dans une 

III. 4^ 



368 RÉSUMÉ. 

marmite de fer, pour en faciliter la courbure , après 
quoi on l'applique sur un cylindre du diamètre requis 
pour des demi ou quarts de boisseaux. Ces mesures 
faites à Hingham, sont toutes d'un bleu terne en- 
deliors et en -dedans; couleur due à l'action de 
l'acide gallique contenu dans le Chêne qui agit sur 
le fer de la marmite , et se communique ensuite aux 
pièces pendant l'ébuUition. 

BOITES RONDES. Cc sont dcs boitcs très-légères , 
dont il se fabrique une quantité considérable; les plus 
grandes ont de 8 à lO pouces [il\di'6o centimètres ) 
de diamètre , sur une profondeur moindre de moitié; 
quatre autres boites de même forme ^ mais chacune 
proportionnellement plus petite, s'emboîtent l'une 
dans l'autre et sont contenues dans la première, ce 
qui s'appelle un nid , nest hoxes. Un nid se vend 
4o cents ( environ 2 francs ). La pièce du fond et celle 
du couvercle sont en Pinus strobus^ FFhite pine\, 
la pièce circulaire qui en forme la capacité, est en 
Fraxinus ainericcma ., JVliite ash; elle est prise 
moitié dans l'aubier, moitié dans le cœur; en sorte que 
ces boites sont partie blanches, partie rougeâtres: 
Cette dernière couleur est celle du cœur de l'arbre. 

BOITES A PAIN A CACHETER, Ccs petites boîtcs doiit 
il se fabrique une très-grande quantité, sont faites, 
savoir: le fond en Pinus s tr obus ^ FFhite pine^ et 
la pièce circulaire en Erable à sucre, Acer saccha- 
rinum., Sugar maple. La grosse, composée de i44> 
se vend 120 cents (environ 6 francs). 



RESUME. 36o 

TAMIS. La pièce circulaire, ream^ est tu Fraxi- 
nus americana ^ fVhite ashj levée moitié dans l'au- 
Lier et moitié dans le cœur. 

CANELLES. Lcs plus pctîtcs sout faites en Erable 
à sucre; les plus grosses en Chêne J)lanc;la clef est 
en Gayac; le trou dans laquelle elle s'adapte, est 
garni de cuir. 

RATEAUX A FOIN. La tête où les dents sont fixées, 
est en Fraxinus americana ^ White ash^ le manche 
du même bois; les dents sont en Jiiglans hickery y 
Mocker niitj qui est dur, fort et coriace. 

MANCHES DE FAULX. Ils out la forme à-peu-près 
d'un 6", et sont en Fraxinus aniericana^ White 
ash. On fait encore à Hingham une quantité consi- 
dérable de boîtes à poulies et des taquets pour la 
marine; ces pièces sont, comme je l'ai déjà dit, eu 
Fraxinus americana^ TV hit e ash, 

Ustensiles en bois de diverses sortes , fabriqués 

DANS LES états DU MILIEU ET DU SUD. 

« 

BOissELLERiE. L'état de boissellier à New- York et 
surtout à Philadelphie, constitue une branche d'in- 
dustrie assez étenducDans cette dernière ville, les ou- 
vriers travaillent non-seulement pour la consomma- 
tion du pays, mais encore pour l'exportation. C'est 
dans les celliers pratiqués sous les maisons^ et dont 
l'entrée donne sur la rue, qu'ils établissent leurs 
ateliers. Ils fabriquent presque exclusivement des 
seaux , des cuviers à laver le linge et des barattes à 



3^0 RÉSUMÉ. 

main et à manivelle: tous ces ustensiles sont en bois 
de Cèdre blanc, Cupressus thyoïdes y Whitecedary 
les seaux sont aussi cercles en jeunes brins de Cèdre 
blanc, fendus en deux et dépouillés de leur écorce; 
les anses sont en Juglans liickery , qui a de la force 
et de l'élasticité. Ces seaux sont mieux faits et plus 
durables que ceux en Pinus strohus ^ TVhite pine ^ 
que Ton fabrique à Hingham; ils se vendent un tiers 
plus cher. Tous ces vaisseaux sont très-légers , bien 
conditionnés et travaillés avec soin; bien entrete- 
nus , ils deviennent plus blancs et plus durs à l'usé. 

On fabrique encore dans les Etats méridionaux 
et à New- York , des seaux en Cèdre rouge; les douves 
qui en forment le tour, levées partie dans l'aubier, 
partie dans le cœur, fait qu'ils sont blancs et rouges. 
Ces seaux , qui sont cerclés en cuivre , sont très-légers 
et très-polis. 

TAMIS. Il y a deux sortes de tamis, les uns sont à 
fond de crin; les autres destinés à passer des matières 
grossières , sont à grillage en bois. Ce grillage est 
formé de petites lames de Cliéne blanc , ou mieux de 
Fraxinus samhucifolia, Black or water ashj le tour 
des uns et des autres est toujours en Chêne blanc 
ou en Noyer Hickery;mais il doit être de ce dernier 
bois, pour les tamis dont on se sert dans la fabrique 
de la poudre à tirer, attendu que par le frottement, 
il ne s'effile pas comme le premier. 

PANIERS. Les paniers, ou plutôt les grandes Cor- 
beilles pour la récolte du maïs et des légumes , 



RÉSUMÉ. 3ni 

sont toujours en Clicnc blanc; on en fuit aussi en 
Jiiglans sriuatnosa^ Shell hark hickerj ^ mais plus 
rarement. Les paniers légers sont en Saule d'Europe, 
plus propre à cet usage, qu'aucune espèce du pays. 

MANCHES DE FOUETS. Lcs Fouets dcs volturicrs 
sont faits avec un brin de Chêne blanc, que l'on 
partage jusqu'à la poignée, en plusieurs baguettes; 
ensuite on les tresse ensemble et on recouvre le tout 
en cuir. Les fouets de carrosses sont d'une seule 
baguette de Noyer liickery. On fait aussi de ce même 
bois les baguettes de fusil. 

BALAIS, Les Balais communs sont tous en bois : 
à New-York, Philadelphie et Baltimore , ils sont en 
Noyer Hickery; dans les Etats du Midi, en Chêne 
blanc. Ces balais sont faits en divisant l'extrémité d'un 
bâton en lanières très-fines, lesquelles sont ensuite 
rabattues et liées ensemble. Pour empêcher qu'elles 
ne se cassent et ne se tordent, on les trempe dans de 
l'eau bouillante, avant de s'en servir. Dans lesbalais 
de crin, le manche est en Pin, et la tête en Tulipier, 
Lyriodeiidrum tulipifera^Poplar-^ le dos des brosses 
rudes, en Querciis tinctoria .^ Black oak. 

Les Manches de Bêches sont en Frêne, ainsi que 
les Montures de scies à couper le bois à brûler. J'ai 
vu à Baltimore de ces scies montées en Noyer noir, 
mais ce bois est moins bon pour cet usage que le 
Frêne qui est plus élastique. 

CADRES POUR LES TABLEAUX. Ccux qui doivcnt être 
dorés, sont toujours en Pinus strohus ^ FThitepine^ 



3^2 RÉSUMÉ. 

dont le bois se travaille très- facilement et prend bien 
l'or. Lespetits cadres, sont faits en bois de Liquidam- 
bar styracijlua , Sweet giim , dont le grain est très- 
fin et qui se polit bien. Ceux-ci sont ordinairement 
peints en noir. 

MONTURES DE RABOTS. Ellcs soDt toujours cn Hétrc 
blanc ou rouge, employé bien sec. 

MONTURES DE FUSIL. Pour Ics fusils de chasse et les 
Carabines, on emploie l'Erable rouge ou l'Erable à 
sucre onde, Curled rnaple^ei pour les fusils des 
troupes, le Noyer noir. Après que la monture en 
Erable a été bien polie, on la frotte avec un peu 
d'acide sulphurique , et ensuite avec de l'huile de lin; 
ce qui produit de très-beaux reflets. 

BOIS DE SELLES. Ou Ics fait cu Erable rouge ou en 
Erable à sucre, suivant les endroits oii ces arbres 
sont plus communs. Ceux qui sont de cette dernière 
espèce de bois doivent être plus solides. 

ns POUR LES PRESSES A RELIEUR. EllcS SOUt CR 

Noyer Hickery, bois d'une grande force. Les vis 
légères sont souvent en bois de Cornus florida^ Dog 
wood. 

MOULES POUR LES CHAPELIERS. Bâter ss block. Ils 
sont lo\\\o\iYsex\Njssasjl^atica^ Blackorsourgum; 
ce bois convient très-bien à cet objet, parce qu'il 
ne se fend jamais, par suite de son organisation par- 
ticulière. 

PELLES A REMUER LES GRAINS. LcS mcillcUreS SOUt 

en Juglans cathartica ^ Butter nut: elles sont soli- 
des et légères. 



RÉSUMÉ. 373 

ÈCUELLES DE BOIS. On Ics fait le plus généralement 
en Lyriodendrum tulipifera^ Poplar; il y en a aussi 
en Njssa syhaticcif Black ^um^ et enjuglanscathar- 
iictty Butter mit j celles-ci sont, dit-on, moins sujet- 
tes à se fendre; mais les plus solides sont faites avec 
des nœuds ou loupes de Frêne noir, Fraxinus sam- 
hucifoliay Black ash. Ces dernières sont actuelle- 
ment très-rare, attendu que les gros arbres sur les- 
quels se trouvent cesaccidens , ont été détruits. 

ROUETS ET DEVIDOIRS. La charpente d'en bas , qui 
forme les pieds , est en Acer ruhrum^ Redjlowering 
îiiaple. La noix de la roue, ainsi que les raies sont 
du même bois, et les jantes en Quercus tinctoria^ 
Black oak; le banc est en Frêne; les brins qui por- 
tent le chanvre, en baguettes de Noyer Hickery. La 
pièce circulaire qui forme la roue des dévidoirs, est 
en Chêne blanc et aussi en Frêne blanc. 

MANCHES DE HACHES. Ccs manclics sout toujours 
en Noyer Hickery; le Juglans porcina ^ Pig nut^ 
doit êtrepréférable. Dans le District de Maine, où ces 
Noyers ne croissent pas, on se sert de Chêne blanc. 
FORMES DE SOULIERS. Lcs meilleures sont en Hêtre 
bien sec. On en fait encore à Philadelphie, en bois 
de Diosprros virginiana^ Persimon^ qui est assez 
dur. Dans les Etats qui sont plus au Nord, on em- 
ploie quelquefois le Bouleau noir et le Bouleau 
jaune, mais ces formes sont moins bonnes, attendu 
que le bois se tourmente. 

PIEUX ET BARRES pour Ics clôturcs dcs champs 



374 RÉSUMÉ. 

cultwés.îJusa^e subsiste encore, dans toute l'étendue 
des Etats-Unis, d'enclore les champs cultivés en 
grains ; mais les terres soumises à la culture des cé- 
réales, ne forment qu'une très-foible portion de celles 
qui restent encore à défricher et qui sont couvertes 
de forets, dont la suite non interrompue occupe des 
centaines de lieues de pays. Cependant, comme la 
population s'accroît sans cesse et qu'elle double tous 
les vingt ans , les défrichemens augmentent chaque 
année dans la même proportion ; d'abord ils sont plus 
considérables sur lesbordsde l'Océan qui ont été les 
premiers habités, et ils diminuent ensuite à mesure 
qu'on avance dans l'intérieur du pays. Les fermes iso- 
lées au milieu des forets, sont plus rapprochées les 
unes des autres dans certains cantons, plus éloignées 
dans d'autres; et comme dans ces cantons, la popula- 
tion est extrêmement disséminée, que les bras sont 
rares, et que, par suite, la main-d'œuvre est trop 
chère, chaque habitant cultive rarement au-delà du 
vingtième, du cent dixième, du cent vingt-cinquième 
et même du cent cinquantième de sa propriété; le 
reste couvert de bois, fait continuité avec celles de ses 
voisins; c'est ce qui constitue la masse générale des 
forets, dont j'ai parlé, et oi^i les bestiaux de toutes 
espèces vivent en commun les trois quarts de Tannée 
et même Tannée entière. C'est pour se garantir de 
leurs dégâts , que chacun est contraint d'enclore la 
portion de terre qu'il a mise en culture. 

Les clôtures sont généralement faites de deux 



i\i:suMÉ. 375 

manières : dans les Etats du Nord et autour des 
grandes villes des Etats du Centre, où les bois 
sont moins communs, elles sont formées au moyen 
de pieux, éloignés de 10 à 12 pieds Ç'5 à i4 mètres} 
et unis les uns aux autres, par 5» ou G barres de 3 
à 4 pouces ^9 à 12 centimètres} de diamètre. Dans 
l'intérieur où les bois abondent, elles sont enzig-zag 
et faites seulement de barres, posées les unes au- 
dessus des autres et maintenues par le croisement 
de leurs extrémités respectives. Ces clôtures sont 
«levées de 7 à 8 pieds (2 à 3 mètres); on con- 
çoit facilement qu'elles doivent consommer une 
prodigieuse quantité de bois dans un pays aussi éten- 
du que l'est cette partie de l'Amérique Septentrio- 
nale. 11 en résulte que leur entretien dans les endroits 
fort anciennement habités, est très-dispendieux pour 
les fermiers, qui, depuis quelques années, cherchent 
à y suppléer par des haies vives. La durée de ces clô- 
tures est relative au choix des arbres d'où l'on tire les 
pieux et les barres transversales dont elles doivent être 
faites; et ce choix est lui-même subordonné aux dif- 
férentes parties des Etats-Unis^ dans lesquelles on 
ne retrouve pas les mêmes productions végétales. 

Ainsi , dans l'Etat de Vermont , le District de 
Maine , et une très-grande partie du New^-Hamp- 
shire , dans la Nouvelle-Brunswick et le Bas-Canada , 
le Thuya occidentalis , Arhor vitœ^ ou TVJiite ce- 
dar^ fournit le bois le plus durable pour les pieux 
et les barres transversales ; aussi un fermier consi- 

m. 47 



3'j6 RÉSUMÉ, 

dère-t il comme fort avantageux d'avoir dans sa pro- 
priété une portion de forets où cet arbre croît assez 
abondamment pour subvenir à l'entretien de ses 
clôtures. Lorsque les pieux se trouvent places dans 
une terre de nature argileuse, ils peuvent durer 3o 
à 4o ans, mais cette durée est moindre de moitié 
si le terrein est sablonneux : les barres durent, m'a- 
t-on dit, 4^ à 5o ans. Les pieux dont la longueur 
est de 7 à 8 pieds (^ 2 à 3 mètres ) , sont faits avec 
des troncs d'arbres de 6 à 8 pouces (18 à 24 centim.) 
de diamètre , que Ton fend en deux ; ils se vendoient 
en 1807, dans les environs de Norridge-Walck, 
environ 21 francs Çl\. dollars j le 100. 

Lorsqu'on ne peut se procurer du Thuya occi- 
dentalis^ VFliite cedar^ on fait les pieux en Abies 
canadensis , Henilock spruce , et les barres en Ahies 
nigra^ Black spruce; ces clôtures sont de moitié 
moins durables que celles du Thuya occidentalis , 
FFhite cedar. Après les pieux àe ï Hemlock spruce ^ 
viennent ceux de Chêne gris et de Cliéne rouge qui 
ne résistent en terre que 9 à 10 ans. 

Dans le Gennessée, qui forme la partie supérieure 
de l'Etat de New-York, les clôtures comme dans 
tous les endroits récemment habités, sont en zig-zag: 
on les fait en quartiers d'Erable à. sucre et même 
de Tilleul, arbres les plus communs dans ce pays. 

Dans la partie inférieure de l'Etat de New- York, dans 
le Bas-Jersey , et dans cette partie de la Pensylvanie, 
qui est au-dessous de Philadelphie , les meilleures 



RÉSUMÉ. 377 

clôtures sont faites avec des pieux de Cèdre rouge et de 
Chêne blanc et les barres en Cupressus thjoïdes y 
FThite ceclar, les pieux durent 20 ans, et les barres 
3o à 40. Le prix des pieux est d'environ i3 cents (70 
centim.J la pièce, et celui des barres 3o fr. (6 dollars) 
le cent. Dans la Basse-Pensylvanie, du côté de la mer, 
on se sert aussi de Cupressus thjoïdes^ PVhife cedar^ 
pour pieux, dont la durée est la même. Dans la partie 
de ce même Etat, qui estsituée au-delà des montagnes, 
et notamment entre Laurel-Hil et l'Ohio , toutes les 
clôtures sont en zig-zag et faites de Chêne blanc; 
elles sont plus durables que de tout autre bois du 
pays, à l'exception de celles qui sont en Châtaignier. 
Dans le Maryland, la Virginie et la partie supé- 
rieure des Etats méridionaux, ainsi que dans les 
Etats de l'Ohio , du Rentucky et du Tennessee , 
On employé beaucoup d'espèces de bois différen- 
tes, dont je ne puis donner la nomenclature pré- 
cise, sans m'exposer à entrer dans des exceptions sans 
nombre. Je dirai seulement que les meilleurs j^ieux, 
sont lo. en Robinia pseudo acacia^ Locust, et en 
Morus ruhra^ Red mulhery^ 2°. en Juniperus virgi- 
iiiana^ Redcedar; 3°. en Castanea pumilayChincapin ^ 
4°. en Châtaignier ordinaire; 5o. en Juglans nigra y 
Black walnut'y 60. en Quercus alba , White oak; 60. 
en Quercus tinctoria^ Black oak. Les barres sont 
généralement faites de Chêne blanc, de Chêne rouge 
ou noir et de Pinus mitis, Yellow pijie.S'i Textrémité 
des pieux, qui doit être enfoncée en terre, étoitpréa- 



378 RÉSUMÉ. 

lablement carbonisée jusqu'à 6 pouces( 18 centimè- 
tres j au-dessus de la surface du sol, et que les barres 
fussent écorcéeSy ce qu'on néglige de faire, les clôtu- 
res dureroient un tiers plus long-temps. 

Dans la partie basse des Deux-Carolines et de la 
Géorgie , presque toutes les clôtures sont en zig-zag 
et faite;s en Pinus australis ^ Lon^ lea^ed pine. Dans 
les environs â!y4ugiistay en Géorgie, les pieux de 
Cupressus disticha y Cjpress^ bien secs, sont recon- 
nus pour durer fort long-temps. Après ceux-ci, vien- 
nent ceux de Quercus prinus palustris , Chesnut 
"white oak. C'est ce dernier bois qu'on employé pré- 
férablement, à défaut d'Acacia, Locust ^ et même 
de Chêne blanc , FFhite oak^ 

Dans laBasse-Louisiane, toutes les clôtures,pieux et 
barres, sont, dit-on, en Cupressus disticha ^ Cjpress, 

ÈcoRCES pour le tannage des Cuirs. Les tanneurs 
des Etats-Unis emploient dans la préparation des 
cuirs une plus grande variété d'écorces que ceux de 
l'ancien continent ; car en France , en Allemagne , 
et en Angleterre , on se sert presqu'exclusive- 
ment de celle du Chêne commun , Quercus robur. 
Ce n'est pas cependant , comme on pourroit le 
croire , pour atteindre un plus grand degré de 
perfection dans ce genre de fabrication, que les tan- 
neurs américains font usage de plusieurs sortes d'é- 
corces, mais l'emploi qu'ils font des unes et des au- 
tres est ordinairement subordonné aux endroits 
qu'ils habitent, lesquels produisent plus ou moins 



RÉSUMÉ. 379 

abondamment les arbres dont ces écorcessont tirées. 

En Europe, les écorces que les tanneurs se pro- 
curent, proviennent d'arbres que l'on abat pour en 
en employer le bois à certains objets déterminés, 
et on ne choisit pour cela que ceux qui ont moins 
de 6 pouces (iScentimètresJ de diamètre; onécorce 
même les branches qui n'ont qu'un pouce Ci centi- 
timres) d'épaisseur. Dans l'Amérique Septentrionale, 
au contraire, on abat les plus gros arbres, dans le 
seul but d'en avoir Fécorce, qui n'est prise que sur 
le tronc et sur les branches primordiales ; le corps 
de l'arbre ainsi pelé, est abandonné, et on le laisse 
pourrir sur place. 

Les arbres qui donnent les écorces dont on se 
sert dans les Etats-Unis, au Canada et à la Nouvelle- 
Ecosse , sont les espèces suivantes , savoir : Abies 
canadensis , Hemlock spruce ; Betula lutea , Yellow 
hirch ^ Quercus anibi^ua y Grej oak; Quercus ru- 
hra , Ked oak ; Quercus coccinea , Scarlet oak ; 
Quercus tinctoria , Black oak ,• Quercus falcata , 
Spanish oak ^ Quercus alha^ IVhite oak , Quercus 
prinus nionticola , Rock chesuut oak ; Quercus pri- 
nuspalustris^ Chesuut white oak'^ Gordonia lasjan- 
thus ^ Lohlollj haj\j Fa^us sylvatica , FThite heech. 
L'écorce de la plupart des autres Chênes dont j'ai 
donné la description , jouit de la même propriété 
que celle des espèces que je viens de nommer; mais 
ils sont peu multipliés et très-clair semés dans les fo- 
rêts , ensorte qu'ils ne sont qu'accidentellement em- 



38o RÉSUMÉ. 

ployës pour cet objet , tels sont entr'autres , le Quer- 
ciis palustrisy Pine oak , dans les Etats du Centre , 
le Quercus phellos , FFillow oak^ et le Quercus 
aquatica^ Water oak^ dans ceux du Midi. 

L'écorce de YAbies canadensis ^Hemlockspruce^ 
possède , comme je l'ai dit à son article , la propriété 
de servir au tannage des cuirs; propriété bien pré- 
cieuse pour les Etats septentrionaux, où le Chêne 
est fort rare et manque entièrement dans certains 
endroits. 

Dans le District de Maine , le prix de cette écorce 
est d'environ 3 à 4 dollars ( i5 à 20 francs j la corde 
de 4 pieds ( 1 29 centimètr. j de hauteur , sur 8 pieds 
( 259 centimètr. j de longueur. Cette espèce de Sapin 
est si commune dans cette contrée , qu'elle pourra, 
long-temps encore , fournir aux besoins de la con- 
sommation. 

Il paroit que l'écorce de YAbies canadensis , 
Hemlock spruce ^ qui est inférieure en qualité à celle 
du Chêne, est néanmoins préférable pour le tannage à 
celle des Hêtres blanc et rouge; car, quoique ces 
deux arbres soient très-communs dans ce pays, on 
ne se sert pas de leur écorce , comme dans quelques 
cantons des contrées de l'Ouest , où j'ai vu qu'on 
l'employoit au tannage des cuirs , à la place de celle 
de Chêne. 

L'écorce de Betula lutea ^ Yellow hircli^ n'est 
employée dans le District de Maine, qu'en très-petite 
proportion et seulement pour ce qu'on appelleyi^/r 
lather^ cuir paré. 



r. K s U M É. 38 I 

Dans la partie basse des Etats du Connccticut et 
de New- York, dans le New-Jersey, la Pensylvanie, 
le Maryland, les Jlautes-Carolines et tous les Etats 
de l'Ouest; les sept dixièmes de toute l'ecorce em- 
ployée par les tanneurs sont fournis parle Quercus 
ruhra , Red oak ; le Quercus coccinea , Scarlet oak; 
et leQuercus tinctoria ^ Black oak. Les deux pre- 
mières espèces sont toujours confondues ensemble. 
Lecorce du Quercus tinctoria ^ Black oaA:, possède 
un principe plus actif, mais elle a le désavantage 
de communiquer au cuir une couleur jaune , qu'on 
fait disparoître néanmoins par un procédé secon- 
daire. Les trois autres dixièmes des écorces em- 
ployées , proviennent des Quercus prinus monti- 
cola^ Rock chesnut oak^ et du Quercus falcata^Spa- 
nish oak. La première est plus particulièrement 
apportée à New- York, des bords de la rivière du 
Nord; elle est plus estimée que celle des Chênes 
rouges et du Gliéne noir ou Quercitron , aussi elle se 
vend 25 pour loo de plus. Elle est levée sur des arbres 
ou sur des branches qui ont moins de G à 8 pouces 
(i 8 à 24 centimètres) de diamètre; mais on se la 
procure assez difficilement. L'ecorce du Quercus 
falcata , Spanish oak , qu'on commence à employer 
à Philadelphie en allant vers le Sud , est aussi beau- 
coup plus estimée que celles des Chênes rouges, et 
elle se paye de même 26 pour 100 de plus. 

La préférence qu'on lui donne est fondée sur ce 
qu'elle fait de meilleur cuir , et que de plus elle lui 



382 RÉSUMÉ. 

donne de la blancheur , ce qui le rend propre à des 
usages plus variés et plus recherchés. Cette écorce 
est aussi celle que l'on préfère , quand on peut s'en 
procurer , dans la Basse-Virginie et dans la par- 
tie maritime des Etats du Sud ; mais comme elle 
est loin de suffire aux cuirs qu'on y prépare , quoi- 
que les tanneurs n'y soient pas nombreux, on em- 
ploie plu s général ementl'écorce du Gordonia lasjan- 
thus ^ Lohlollj bajy celle-ci fait aussi de bons 
cuirs, dont la qualité, il est vrai, est rendue meil- 
leure lorsqu'on y mêle une certaine quantité d'é- 
corce du Quercus falcata j appelé dans ces Etats^ Red 
o akj Chêne rou^e. 

Sur les bords de l'Ohio , et dans quelques can- 
tons du Rentucky , où les Chênes sont assez rares , 
on fait usage de l'Ecorce de Hêtre blanc : mais des 
tanneurs qui l'employoient m'ont dit qu'elle étoit 
moins bonne que celle de quelque espèce de Chêne 
que ce soit. Dans les Etats du Milieu on se sert encore, 
quoiqu'assez rarement', de l'écorce de Chêne blanc : 
ce n'est pas qu'elle ne soit propre à faire de bon 
cuir , mais c'est que cet arbre commence à devenir 
trop précieux pour l'abattre seulement dans le but 
de l'écorcer , et que de plus, le tissu cellulaire de 
son écorce est très-mince , comparativement à l'é- 
paisseur de son épiderme. A cette occasion, je re- 
marquerai que c'est absolument le contraire dans les 
Quercus amhigua^ Grej oak; Quercus rubra ^ Red 
oak \ Quercus coccinea , Scarlet oak ; Quercus pa- 



BÉSUML. 38*^ 

liistris , Pine oaky dans lesquels la partie vive , où 
seulement réside le principe tanin, est d'une épais- 
seur fort considérable; et, dans mon opinion, c'est 
plutôt pour cette seule raison, qu'à cause de Tabon- 
dance de ces arbres, qu'on fait un emploi plus géné- 
ral de leur écorce. 

On exporte des États-Unis en Angleterre , des 
écorces de Chênes, mais un tanneur anglais m'a 
assuré qu'elles y étoient moins estimées que celle du 
Chêne commun d'Europe, et qu'elles se vendoient 
25 pour 100 de moins. 

Bois de chauffage. A Texception d'un petit nombre 
de personnes qui, dans les grandes villes des Etats- 
Unis, brûlent du charbon de terre, importé d'An- 
gleterre, on fait généralement usage de bois pour 
le chauffage. La petite exception dont je viens de 
parler doit néanmoins s'appliquer encore à quelques 
habitans de Pittsburgh et des environs ; car les mines 
de charbon de terre sont très-multipliées dans cette 
partie de la Pensylvanie et dans tous les États de 
l'Ouest. Cette substance qu'on y rencontre fréquem- 
ment à fleur de terre, est si facile à extraire, qu'on 
peut se la procurer , rendue chez soi , à raison de 20 
centimes [4 centsj le boisseau, qui peut peser 60 à 80 
livres (3o à 40 kii.) Cette extrême facilité d'exploiter 
le charbon de terre a même engagé quelques parti- 
culiers à en faire descendre des bateaux chargés, par 
rOhio et le Mississipi, à la Nouvelle-Orléans, et là 
ce minerai a été embarqué pour New- York et Phi- 
in. 4^ 



384 RÉSUMÉ, 

ladelphie , où , dit-on , il est revenu à un prix moins 
élevé que celui qu'on y importe d'Angleterre ; res- 
source inappréciable pour un pays tel que les Etats- 
Unis j 011 le gouvernement fédéral ne possède , à l'Est 
des montagnes , aucune masse de forets pour le service 
public , et où celles qui existent dépérissent d'une 
manière frappante. 

L'approvisionnement en bois de chauffage des 
principales villes des Etats-Unis , dont la population 
s'élève , pour Boston , à près de quarante mille ha- 
bitans; pour New- York, à soixante-quinze mille et 
pour Philadelphie à cent-vingt mille , est entière- 
ment abandonné à l'industrie de ceux qui se li- 
vrent à ce genre de commerce ; car ce commerce 
n'est pas régularisé comme dans les grandes villes 
du continent d'Europe, où les marchands de bois 
sont obligés d'en avoir à l'entrée de l'hiver une quan- 
tité déterminée ; ce qui fait que par une suite de 
mesures sagement combinées , le prix ne varie qu'en 
raison des achats faits plusieurs mois à l'avance dans 
les forêts du Gouvernement ou des particuliers, et 
non à cause des intempéries des saisons. Dans les 
Etats-Unis , au contraire , les marchés au bois sont 
bien rarement approvisionnés pour plusieurs jours 
de suite , et encore le sont-ils , en bois récemment 
coupés et aussitôt exposés en vente. De cet ordre de 
choses , il résulte que , lorsque la navigation des 
rivières vient à être subitement interrompue par des 
froids extraordinaires et intempestifs, on est à la 
veille de manquer de boisj ainsi, dans une pareille 



RÉSUMÉ. 835 

circonstance, le prix de la corde (*) monta , àNew- 
Yorck , à 4o dollars , plus de 200 francs. Un incon- 
vénient aussi grave excitera tôt ou tard la surveil- 
lance de l'administration dans les villes popu- 
leuses. 

Dans les Etats de Vermont et de New-Hamp- 
shire , dans le District de Maine et le Génessce , ainsi 
que dans les provinces de la Nouvelle-Brunswick, 
de la Nouvelle -Ecosse et dans le Bas-Canada, le 
bois de chauffage le plus estimé et dont-on fait le 
plus d'usage , est celui de VAcer saccharmum , 
Sugaj^ or Rock niaple. Après lui, sont ceux de Betula 
liitea^ Yellow hircli^ de Betula papyracea^ Canoë 
hirch et des Hêtres rouge et blanc. Le prix de la corde 
de bois à Wiscasset et à HoUowel, étoit, en 1806, 
de 2 dollars 5o cents (i3 à 16 francs jamais il est de 
moitié moindre dans les petites villes situées plus 
avant dans l'intérieur de ces mêmes contrées. 

Boston. Dans cette ville on distingue principale- 
ment deux espèces de bois de chauffage. Le bois de 
la campagne, qui vient de i5 ou 20 milles ^5 à 6 
lieues J à la ronde, et celui de l'Est qui est importé 
par mer du District de Maine, dont la distance est 
i5o à 200 milles (5o à 80 lieues). La première sorte 
se compose de Noyer Hickery , mêlé de Chêne blanc ; 
elle est la plus estimée, et se vend toujours 25 pour 

(*) La corde de bois est de 4 pieds (129 centimètres) de hau- 
teur sur 8 pieds (aÔQ centimètres) de longueur. Les bûches sont 
coupées sur 4 pieds (lag centimètres) de longueur. 



386 RÉSUMÉ. 

cent de plus. La deuxième sorte est formée à' Acer 
saccharinum ^ Sugar or Rock maple ^ mêlé de Bou- 
leau jaune , de Bouleau blanc et de Hêtre. Le prix 
de celle-ci varie suivant la rigueur des hivers, et la 
difficulté des arrivages ; il est de 5 à 8 dollars fi5 
à 4o francsj la corde. Cette première qualité four- 
nit aux sept-huitièmes de la consommation de la 
ville de Boston. 

New- York. Le bois à brûler est aussi divisé en 
deux principales classes. La première se compose 
uniquement de Noyers Hickery. Ce qui comprend 
les quatre espèces qui croissent dans les Etats atlan- 
tiques, parmi lesquelles domine le Juglans squa- 
jiiosa ^ Shell bark. La deuxième classe est formée de 
Quercus prinus monticola^ Rock chesnut oak , et 
de Quercus alha^ TVhite oak^ mêlés d'une moin- 
dre proportion de Chêne rouge , Chêne écarlate et 
Chêne noir. 

Après l'Hickery, le bois qui fait le meilleur chauf- 
fage, est le Quercus monticola^ Rock chesnut oak , 
mais il est rarement vendu séparément. Le prix de 
la première qualité , Hickery, varie en hiver de 12 
à i4 dollars (^60 à 78 francsj la corde. Au aoocto- 
bre 1807, il valoit i5 doll. (^environ 80 francs). 
Deux ans auparavant, il étoit monté à 32 dollars, 
(^près de 170 francs). La deuxième qualité se vend 
de 8 à 10 dollars ( 4^ à 5o francs), ou à-peu-près 
trente pour cent de moins. Lapresque totalité du bois 
de chauffage qui se consomme à New- York , vient 
par la rivière du Nord. 



RÉSUMÉ. 387 

Philadelphie. Dans cette ville, comme à New- 
York, le bois de chauffage est partagé en plusieurs 
classes. La première est de même composée exclusi- 
vement d'Hickery , et j'ai cru observer que le /w^^/«/z.y 
tomentosa^ Mocker or common Hickerj ^ en faisoit 
la portion la plus grande. La seconde classe est for- 
mée uniquement de Quercus fer ruginea, Black jack^ 
or Barrens oak^ importé de l'extrémité méridio- 
nale duNev^-Jersey; les brîns couverts d'une écorce 
épaisse, rugueuse et noirâtre, ont rarement plus de 
4 à 5 pouces r 1 2 à 1 5 centimètres J de diamètre : c'est 
" le meilleur bois après l'Hickery. La troisième classe 
renferme le bois mêlé, et elle est composée de Chê- 
ne , de Fiéne , de Hêtre et de Liquidambar styra- 
cijlua^ Sweet ^um. Dans la quatrième classe, est le 
bois de boulanger, formé principalement de Pinus 
rigida, Pitchpine-^ Pinus inops ^ Jersey pine ^ et en 
moindre quantité de Pinus mitis , Yellow pine. 
C'est aussi la seule espèce de bois dont on se sert 
dans les briquetteries fort considérables, qui sont 
établies dans les environs de la ville de Philadelphie. 
On vend encore séparément de grosses bûches de 
ISyssasyhatica elNyssaaquatica^ Black gum exTu- 
/?e/o. Elles sont le plus ordinairement achetées pour 
les tavernes. On les met dans l'âtre par-derrière, et 
elles tiennent le feu fort long-temps. 

Vers la fin d'octobre 1807 , le prix du bois de la 
première qualité se vendoit à Philadelphie, 9 doU. 
et demi la corde (48 francs); la deuxième qualité, 



388 RÉSUMÉ. 

7 dollars et demi (3g francs J; la troisième qualité, 
6 dollars et demi Ç 33 francs) , et la quatrième qua- 
lité , 4 <lollars ( 2 1 francs J. Les bûches de JVjssa^ 
Black gum, ( 6 à 8 cents ) 3o à 4o centimes la pièce , 
et 10 centimes pour les fendre. 

Baltimore. L'Hickery compose aussi la première 
classe et se vend de même séparément; on n'y voit 
pas de Juglans squamosa , Shell bark j qui ne 
croît pas dans les environs de cette ville. Ce bois se 
vend sur le pied de 10 doll. la corde ( 25 fr. 5o c. j 
La deuxième classe est, comme à Philadelphie , 
formée du Quercus ferruginea , Black jack oak , 
apporté d'une distance de 1 8 à 20 milles (6 à 7 lieues); 
ce bois se vend 8 dollars la corde [4^ francs). La 
troisième classe est composée de différentes espèces 
de Chênes jsavoir :Chéneblanc, Quercus obtusiloba^ 
Post or Box white oak ; Quercus falcata , Spanish 
oak'^ Chêne Saule et Chêne noir; prix ^d^Ç) dollars 
la corde (^26 à 32 francs). Les boulangers et les bri- 
quettiers font aussi usage de bois de pin , qui se vend 
un tiers de moins. 

WiLLEMiNGTON , CaroUue du Nord. Dans aucune 
ville des Etats-Unis, on ne brûle du bois aussi infé- 
rieur en qualité et qui ait une plus mauvaise appa- 
rence que dans cette ville. Il estnéanmoins partagé en 
deux classes. La première se compose du Quercus ca- 
tesbœiy Barrens scruh oak , dont les brins sont tor- 
tueux et de lagrosseurdubras.il se vendoit4doll. la 
corde (21 fr.) On le coupe au milieu des pinières qui 



RÉSUMÉ. • 389 

entourent la ville. La deuxième classe est formée de 
Frênes, mêlés de Chênes de différentes espèces, de 
Laurus caroliniensis ; Red hay^ de Magnolia ^lauca , 
FFhite hay^ iiiAcer ruhrum^ Redflowering maple^ctc. 

Charleston , Caroline méridionale. Le bois à 
brûler est aussi, dans cette ville, offert aux consom- 
mateurs, partagé suivant sa qualité. Le Quercus 
ferru^inea^ Black Jack oak^ tient le premier rang et 
se vend séparément, à raison de 6 dollars (^3i fr. } 
La deuxième classe se compose de Quercus alba , 
White oak ; de Quercus obtusiloba , Post oak ; de 
Quercus prinus palustris , Chesnut white oak 5 
prix 5 dollars [26 francs j. La troisième classe est 
composée de diverses sortes de bois , tels que le 
Quercus virens , Li^^e oak ; Juglans Hickerj ; 
Quercus falcata'^ Spanish oak ; Quercus aqua- 
tica^ IVater oak-^ Laurus sassafras ^ Laurus ca- 
roliniensis^ Redbaj'y Magnolia grandijlora, Big 
lauj^el et Liquidambar stjracijlua , Sweet gwn-^ prix 
4 dollars (^i\ francs J. Le Chêne vert et l'Hickery 
sont mêlés aux autres espèces de cette classe , parce 
qu'ils sont si peu abondans aux environs de la ville, 
qu'on ne se donne pas la peine d'en faire des lots 
à part. Il est vrai qu'on pourroit les réunir au bois 
de la première classe. 

AuGusTA,e7Z Géorgie, lue Quercus prinus palus- 
tris , Chesnut white oak^ constitue la première qua- 
lité; prix 4 dollars (21 francs) la corde. Dans la 
seconde classe, sont le Quercus Jalcata^ Spanish oak 



3go RÉSUMÉ. 

et le Quercus aquatica^ VFater oàk^ etc.; prix 3 
dollars (i6 francs). Telles sont les diverses espèces de 
bois de chauffage, dont on fait le plus habituelle- 
ment usage dans les grandes villes des États-Unis et 
quel étoit à-peu-près le prix de chacun d'eux dans 
les années 1806 et 1807 \ prix qui a doublé depuis 
vingt-cinq ans. 

Si l'on considère que les villes de Philadelphie et 
de New- York sont situées sur les bords de rivières 
qui traversent de vastes étendues de pays couverts 
de forets , on ne pourra qu'être surpris de l'extrême 
cherté du bois, apporté pour la consommation des 
habitans. Ce prix égale à très-peu de chose près , et 
quelquefois même surpasse celai de première qua- 
lité qui se vend à Paris , quoique cette grande capi- 
tale de la France absorbe annuellement au-delà de 
trois cents mille cordes de bois ; que le pays au 
milieu duquel elle se trouve est presqu'entièrement 
cultivé par plus de 100 lieues à la ronde, et que 
sa situation , sous ce rapport , offre encore un con- 
traste parfait avec le centre des Etats-Unis. Cette 
différence, qui est certainement tout à l'avantage des 
habitans de Paris et même des autres grandes villes 
de Frauce et d'Allemagne, est une suite des soins 
extrêmes apportés dans l'ancien continent à la con- 
servation des bois et à leur aménagement bien en- 
tendu. 



FIN. 



TABLE. 



Introuiictioiv à l'histoire des Cyprès Pa^-e i 

Cnpressus dislicha .... Oyprès à feuilles d'Acacia . . Cypress L 

Cupressus thyoïdes. . . . Cyprès à feuilles de Thuya. . J^hite cedar or Ju- 
niper uo 

Thuya occldenùalts. . . . Thuya da Canada , . . , , Americau arhorvUa 

or white cedar. . 29 

Larix -amerîcana Mëlèze d'Amérique. .... Arnerican larch. . . 37 

Juniperus virginiana . . . Cèdre de Virginie .... . Red cedar /^a 

Olea americana . . . • Olivier d'Amérique Divil wood 5o 

Carpinus oslrya Charme à fruits d'Houblon. , Iran wood 5^ 

Carpinus americana. . . . Charme de Virginie American Hornbeam. 5n 

Hopea tinctoria Hopca Sweetleqf 61 

Malus coronaria Pommier sanvage Crab aple 65 

Mespilus arhorea. «... Grand ainelai^lHier June berry 68 

Magnolia gj'andiflora, . . Magnolia grandiflora .... Large magnolia or 

hig laureL . . . 71 

Magnolia glauca ... . . Magnolia glanca Sinall magnolia or 

whitebay .... "y 
Magnolia acuminaba . . . Magnolia acnminata. .... Cucumber tree ... 83 
Magnolia cordata .... Magnolia cordata. . , , , . Heart leaved cucum- 
ber tree 87 

Magnolia iripetala. . . . Magnolia tripetala Umbrella tree ... 90 

Mo gnolia aurîculata . , . Magnolia auriculata. .... Longleavedcucmnber 

tree ....... ql 

Magnolia jnacrophylla , .Magnolia macrophylla. . . . Large leaced umbrella 

^'^^ 99 

Fraxinus americana. . . . Frêne blanc ........ Vf'hite ash n,5 

Fraximis tomentosa. . ^ . Frêne loraenteux Ked ash iia 

Fraxinus viridis Frêne vert ........ Green ash ii5 

Fraxinus s ambucifolia . . . Frêne à feuille de sureau. . . Black ash 122 

Fraxinus quadrangulata. . Frêne bleu Blue ash 118 

Fraxinus plalicarpa. , . . Frêne de Caroline Carolinian ash. , . i 6 

Gordonia lasyanthus . . , Gordonia lasyanthns , . , . Loblolly bay. , . .i3r 

Gordonia pubescens . . . Franklinia ....... , Franklinia i33 

Cornus florida. .... . Cornus fîorida Dogwood i 38 

Rhododendron maximum . Rhododendron maximum. , . Dwarf josebav . . \!xL 

Kalmia latifoUa Kalmia latifolia Mountain laurel. . 147 

Cerasus virginiana , , . . Cerisier de Virginie W ild, cherry. . . . i5i 

Cerasus raroliniana. . , . Cerasus caroliniana. .... T'J'ild ora?i<^e, . . . i56 

Cerasus borealis Cerisier do Canada Bed cherry . 

III. 49 



109 



3g2 TABLE. 

Aiinona trilohn Assimiiiier Papaw. . . . Page i6i 

Glediùsia triacanthos . . . Févier Sweet locuSt 164 

Gleditsia riionosperma . . Févier monosperiue . , . , TVater locust . . .169 

Lau rus sassafras . . . . < Sassafras . Sassafras ij^ 

Laurus caroliniensis, . . . Lanrus carolîniensis .... Red bay ..... iHo 

Platanus occidentalis , . . Platane d'Occident BiUton wood. . . .184 

Liquidanibar styracijiua. . Liquidambar styraciflaa. . . Sweet gum 194 

Lyriodendrum tulipifera, . Tulipier j . . Pop/ar or tulîp tree. 202 

Bignonia catalpa Catalpa Catalpa 217 

Andromeda arborea, . . . Andromeda arborea .... Sorel tree ..... 222 
Celds occidentalis . . . • . Micocoulier d'Occident. . . Americaa nettle tree.i'iS 
Celtis crassifolia , . ♦ . . Micocoulier à grandes fenilles. f/oc^ te/r^ . • . .228 

Monts rubra Mûrier ronge . Mulberry tree . . . aSa 

Pavia lutea Pavia jaune Buckeye 288 

JiEsculus ohioensis Marronnier de l'Ohio. . . . Ohio buckeye. . . . 24^ 

Robinia pseudo-acacia. . . Aca"ia Locust 24^ 

Rnbinia glutinosa , , . . Acacia ros^ Red ^OH^ering locust. ^62 

yirgilia lutea ...... Virgilia . Yellow tvood . . . 266 

JJlnius amerïcana Orme parasol IVhite Elm. . . . 26g 

Ulmus alata. ...... Orme fongeux Wahoo 275 

ZJlmus rubra Orme gras Red Elm a-jS 

Planera uhnifolia Planera à feuilles d'Orme • . Planer tree .... 283 

Populus tremuloides. . . . Tremble d'Âmériqne . . . , yîmerican aspen. . aBS 
Populus grandidentata , . . Grand Tremble d'Amérique. American large aspem?>j 

Populus argentea Peuplier argenté Cotton tree .... 290 

Populus hudsonica . . . . Peopliernoir d'Amérique. , Ainerican black po- 

plar 293 

Populus monilifera .... Peuplier de Virginie .... Virginian poplar. . 29^ 
Populus canadensis. ... Peuplier du Canada. . . . Cotton wood . . . . 298 

Populus angulala Peuplier de la Caroline. . . Carolinian poplar. . 3o2 

Populus balsajTiifera. . . . Baumier du Canada. . . . Balsam poplar. . . 3o6 
Populus candicans. .... Baumier à feuilles en cœur . Heart leaved balsam 

poplar .... 3o8 

Tilia americana Tilleul du Canada. . , . % Bass wood. . , . . 3n 

Tilia alba Tilleul de Virginie. . . • . White lime , . . . 3i5 

Tilia pubescens Tilleul de la Louisiane . . , Dow ny lime tree . .817 

Introduction à l'histoire des Aulnes 3ig 

Alnus serrulata. k . . • . Aulne commun d'Amérique . Common aider » . • 820 

Alims glauca Aulne bleu Black aider .... 822 

Salix njgra. ....... Saule noir Black willow. . . . 324. 

Salix Ugustrina Saule du lac Champlain. . . Champlain willow . 826 

Salix lucida. ..... . Sanle à feuilles luisantes. . . Shîning 828 

Résumé général de l'ouvrage. . . . , Sag. 



TABLE GENERALE 

DES NOMS LATINS ET DES NOMS ANGLAIS- 



im. 


Pag. 




1 




i5 


I, 


i33 


I, 


145 


I, 


137 


I, 


124 



Introduction • . . . • . . . . 

Tableau indicatif avec les noms botaniques et les 

noms vulgaires américains 

Abies alba .... • . f'Vhite or single spruce . 
Abies balsamifera . . . Sllv'er fir {American). . 
Abies canadensis .... Hemlock spriice. . . . 

Abies nigra Black or double spruce. 

Acer eriocarpum. . . . IVhite maple. . . . II , 2o5 

Acernegundo • . . . . Booc elder 11,247 

Acernigrum Black siigar tree. . . , 11,238 

Acerrubrum Red flowering maple . . II, 210 

Acer saccharinum . . . , Sugannaple II, 218 

Acer striatum Moose wood . . • . . II, 242 

^sculus ohioensis. . . . Ohio huckeye III, 24a 

Alnus glauca Black aider ..... 111,322 

Alnus serrulata Common aider. .... III, 32o 

Andromeda arborea. . , Soreltree 111,222 

Annona triloba Papaw III, 161 

Belula lenta Black hirch II, 147 

Betula lutea Yellow hirch II, 162 

Betula papyracea .... Canoë hirch. ..... II, 1 33 

Betula populifolia. . . . TVhite hirch I, 139 

Betula rubra Red hirch II, 142 

Bignonia catalpa .... Catalpa 111,217 

Carpinus americana . . . Honiheam{American) . III, 67 

Carpinus ostrya Iran wood III, 53 

Castanea pumila .... Chincapin II, 166 

Castaneavesca C lies mit {American) , . II, i5(> 



394 TABLE GÉNÉRALE. 

Tom. Pag. 

Cellis crassifolia . . . . Hackberrj 111,228 

Celtis occidentalis. . . . N elle tree {Amer Icaii) . 111,222 

Cerasus borealis Red cherry 111,169 

Cesarus caroliniana . . . M^ild orange . , . . • III, 1 56 

Cerasus virginiana. . . . TVild cherry III, i5i 

Chamœrops palnielto . • Cahbage tree II, 186 

Cornus floiida Dog wood. . ..... III, 1 38 

Cupressus disticha. . . . Cjpress III , 4 

Cupressus tliyoides . . . JVhite cedar . ► . . . III, 20 

Diospiros virginiana. . . Persirnon • . II, igS 

Fagus ferrugina. . . • . Redbeech II, 174 

Fagus sylvestris VFhiteheech ...... Il, 170 

Fraxinus american^. . . White ash III, 106 

Fraxinusquadrangulata. . Blue ash III, 118 

Fraxinus plalicarpa . . . Carolinian ash .... III, 126 

Fraxinus sambucifolia ^. Black ash III, 122 

Fraxinus tomentosa. . . Red ash III, 112 

Fraxinus viridis Greeii ash ...... III, ii5 

Gledilsia monosperma. • Vf^ater locust 111,169 

Gleditsia triacantbos. . » Sweetlocust III, 164 

Gordonia lasjantlîus. . » Loblollyhay III, i3i 

Gordonia pubesccns . . , Franklinia III, 1 35 

Gymnocladus canadensis. Cojfee tree II, 273 

Hopea linctoria. .... Sweet leaf. . . • . ^ . III, 61 

Ilcx opaca. ...... Holly {American) . . . II, 191 

Juglans amara . . • . . Bitter mit hickery. . . I, 177 

Juglans aquatica . . . . TVater bitter mit hickery. 1, 182 

Juglans caihartica. . . , Butter nut. ...... I, i65 

Juglans laciniosa. . . . Thickshellbark hickery. I, 199 

Juglans myristicaeformis . Niitmeg hickery. . . • I, 211 

Juglans ni gra Black wahiut. .... I, 167 

Juglans olivœformis. . » Pacane mit hickery * . I, 173 

Juglans porcina. . . . , Pigmit hickery I, 206 

Juglans squamosa. . . . Shell bark hickery . . . 1 , 190 



TABLE G ÉNÉR ALE. 



Juglans tomcniosa. . 
Junipcrus vir^iniana. 
Kalmia lalifolia. . . 
Larix americana . . 
Laurus caroliniensis. 
Laurus sassafras. . . 
Liquidambarstyraciflua . 
Lyriodendruni lulipifera. 
Magnolia acuminala. , 
Magnolia auriculata. . , 



Mo cher nul hickcry . 

Red cedar 

Mountain laiirel. . . 
American larch. . . 

Pied hay 

Sassafras 



Magnol 



la cor 



data 



Magnolia glauca . . . 
Magnolia grandiflora . 
Magnolia macrophylla 



Magnolia tripetala 
Malus coronaria . 
Mespilus arborea . 
Mo rus rubra , . 
Nyssa aquatica. . » 
Nyssa capitata . . 
Nyssa grandidentata 
Nyssa sylvatica . . 
Olea americana, . 
Pavialutea. . . . 
Pinckneya pubens. 
Pinus ausiralis • . 
Pinus inops . , • 
Pinus mi lis. . . . 
Pinus puDgens. . . 



Sweet gum 

Poplar or tidip tree. . . 

Cucumher tree 

Long leaved cucumber 

tree . • 

Heart leaved cucumber 

tree • . . 

SmalL magnolia orwJiite 

^«r 

Large magnolia or big 

Laurel . . • .... 

Large leaved umbrella 



Tom. Pag. 
I, 184 
IJI, 43 
111,147 

m, 37 
111,180 
111,173 
111,194 
111,202 
m, 85 

in, 94 
III, 87 
m, 77 
III, 71 



tree . . . . 
Umbrella tree. 
Crab aple. . . 
June berrj. 
Red ruulberry 
Tupelo . . . 
Sour tupelo. . 
Large tupelo . 
Black gum . . 
Divil wood. , 
Buck eye. . . 



Georgia bark. 



. Long leavedpine • . . 

. Jersey pine 

. Yellow pine 

. Table mountain jnne . . 



m, 


99 


III, 


9^ 


m, 


65 


III, 


68 


m, 


232 


n. 


265 


II, 


257 


II, 


252 


II, 


260 


m, 


5o 


III, 


258 


II, 


276 


î, 


65 


I, 


58 


I, 


52 


I, 


61 



396 



TABLE GENERALE. 



Pinus rigida 

Pinus rubra ...... 

Pinus rupestris 

Pinus serotina 

Pinus strobus 

Pinus taeda • . 

Platanus occidentalis. • . 
Planera ulmifolia. . . . 
Populus angulata. . . . 
Populus argentea. . . . 
Populus balsamifera. . . 
Populus candicans. . . . 
Populus canadensis. . . 
Populus grandidentata. . 
Populus hudsonica . . . 
Populus monilifera. . . 
Populus tremuloides. . . 
Quercus alba. . . • . . 
Quercus ambigua .... 
Quercus aquatica .... 
Quercus banisteri. . . . 
Quercus catesbœi. . . . 
Quercus cinerea .... 
Quercus coccinea. . . • 

Quercus falcata 

Quercus ferruginea. . . 
Quercus lieterophylla 
Quercus Imbricaria. . . 

Quercus Ijrata 

Quercus macrocarpa. . . 
Quercus obtusiloba. . . 
Quercus olivaeformis. . . 
Quercus paluslris. . . . 
Quercus prinusacurainata 



Pitchpine 

Red or norway pine . . 

Grej pine 

Pond pine 

White pine. . . , , , 

Loblollj pine 

Button wood 

Planer tree 

Carolinian ash 

Cotton tree 

Balsam poplar. .... 

Heart leaved 

Cotton wood 

Aspen large (^AmericarL). 
Black poplar (^American). 
V^irginian poplar. . . . 
Aspen (^American). . . 
TVhibe oak. ...... 

Grey oak 

JVater oak 

Bear' s oak 

Barrens scruh oak. . . 
Upland wilLow oak. . . 

Scarlet oak • 

Spanish oak 

Black jack oak 

Bartram oak • 

Laurel oak 

Over Clip oak 

Over cup ivhite oak . . 

Post oak . 

Mossf cup oak , . . . 

Pine oak 

.Yellow oak. . • . . . 



Tom. Pag. 



I, 
I, 
I, 
I, 
I, 

I. 



89 
45 

49 
86 

io3 
96 



111,184 
111,283 

III, 302 

111,290 

III,3o6 

III,3o8 

111,298 

111,287 

111,293 

111,295 

111,285 

II, i5 

II, 120 

II, 89 

II, 

II, 

II, 

II, 



96 
101 
81 
n6 
II, 104 
II, 92 



II, 
II, 
II, 
II, 
II, 
II, 
II, 
II, 



87 
78 
42 

34 

36 

32 
123 

61 



TABLE GÉNÉRALE. SqJ 

Tom. fjg. 

Qucrcusprlnus chincapin. i5ma// cAe^AZW^ oa^. . . II, G4 

Quercusprinusdiscolor . i^SWa/Tz/? w/-ff7e o«^ . . . II, ^G 

Quorcus ^v'inus monûcoia.FiOck chesnuùoak . . . II, 55 

Qucrcusprinus paluslris. Chesnut white oak. . . I/, 5i 

Quercus phellos .... FFULowoak Il, «75 

Quercus pumila. . • . . Riinning oak II, 84 

Quercus rubra Red oak ....... II, 126 

Quercus linctoria. . . . Black oak. ...... 11, 1 10 

Quercus virens Z/Ve oak II, 67 

RhododendrummaximumZ^î^ûr/^roi'e Z'^^ . . . . III, 144 

Robinia pseudo-acacia. . Locust 111,245 

Robinia viscosa Rosejlow^ering locust. . 1X1,262 

Salix ligustrina Champlain willow. . . 111,326 

Salixlucida Shining -willow 111,52 7 

Salix nigra. • Blackwillow 111,324 

Thuya occidentalis . , , American arhor vitœ. . III, 2g 

Tilia americana Bass wood III, 3 n 

Tilia alba White lime. . . . . . III, 3 15 

Tilia pubescens Downj lime tree. . . . III, 317 

Ulmus americana. • • . TVhite elm III, 26Q 

Ulmusalala TVahoo 111,275 

Ulmus rubra Red elm 111,278 

Virgilia lulea Yellow wood. 111,266 

Re'sumé. ...» 329 



TABLE GENERALE 

DES NOMS ANGLAIS ET DES NOMS LATINS. 

JV.B, Les Synonymes anglais sont en caraclires romain». 



Tom. Pag. 

Aider {Common). , . . Alnus gerrulata III, 520 

Arbor vltœ(yJjricn'cûnynmj3L0ccidcni3\is . . . III, 29 

Ash leaved maple II ? ^4? 

A sp en {American). . . Populus Iremuloides. . . 111,285 

^,9/7e« /rtr^e (^/72er/ca/2).Populus grandideniata. . 111,287 

Bald cyprcss • III ^ 4 

Balsam ofgilead , , . Abies balsamifera . . . I, i45 

Balsampoplar. . . . . Populus balsamifera. . . III, 3o6 
jBalsam poplar ( Heart 

leaved) Populus candicans. . . . III, 5o8 

Barrens scrub oak. . . Quercus catesbsei. . . . II, 101 

Barrens oak < H» 9^ 

Barrens "willow oak H? Si 

Bartram oak. , , , • . Quercus heterophylla .II, 87 

Bass %vood Tilia americana III, 5ii 

Bear's oak Quercus banisteri. ... II , 96 

Beaverwood III? 77 

Big laurel . . • ... Magnolia grandiflora . . III, 71 

Bitter mit hickery. . . Juglans amara . . • . . I, 177 

Black aider ( on the Oliio ) c . . . 111,228 

Black asli . Fraxinus sambucifolia .. III, 122 

Black aider Alnus glauca 111,522 

Black hirch Belula lenta H» i47 

Black cypress III > 4 

Black g um Nyssa sylvatica 11,260 

III. ' 5o 



4oO TABLE GÉINÉHALE. 

Tom. Png. 

Black locust 111,245 

Black jackoak Quercus feiruginea. . . II, 92 

Black oak Quercus tinctoria. . . . II, 110 

^/«cAyt?Oyt;/^r(^772er/cû!72).Populushudsonica . . . 111,293 

Black sciub oak • II , 9^ 

Black or double spruce. khie?, m^vA I, 124 

Black sugar tree. . . .Acernigrum 11,238 

Blackwalnut. . . . . Juglans nigra I, iSy 

Blackwillow Salix nigra. • 111,324 

Bhie ash Fraxinus quadrangulata. . III, 118 

Bois de flèche bâtard. . • - III, i38 

Bois jaune III, 202 

Bouleau à canot II, i33 

Box elder Acernegundo • . . . . 11,247 

Box oak II , 36 

Box white oak II , 5(i 

Broom pine I, 65 

BroomHickery •.......!, 226 

Biickeye Pavialutea 111,258 

Buck eye (Ohio.^ . . . iEscuîus olnoensis. . . . 111,242 

Butter nut Juglans catliartica. • . • I, i65 

Button wood Platanus occidentalis. • . IIÎ,i84 

Cabbage tree Chamaerops palnietto . • II, 186 

Callicoe tree III, 147 

Cauoe blrch Belula papyracea .... II, i53 

Carolinian ash .... Fraxinus piaiicarpa . . . III, 126 

Carolinianpoplar . . . Populusangulata. . . . III, 3o2 

Catalpa • . Blgnonia calalpa .... 111,217 

Catawbaw tree • . . . . 111,217 

Cèdre blanc UI^ 2q 

Champ lain willoiv, . . Salix ligustrlna 111,326 

Chêne blanc I[, i3 

Chêne à latte II ? 78 

Chêne noir II, iio 



TABLE GÉNÉRALE. /|01 

ToTti. Pag. 



Chesnut{Jmerican) . . Castaneavesca . . . . • II, i56 

Chesnut wliUe oak. . . Quercusprinuspaluslrls. II, 5i 

Chicot II, 272 

Chincapin Caslanca pumila .... II, 166 

Coffee tree Gymnocladus canadensis. 11,272 

Common hickery. . . • I> ïo4 

Cotonier H» 272 

Cotton tree • Populus argentea. . . . 111,290 

Cottonwoocl Populus canadensis. . . 111,298 

Crah aple Malus coronaria .... III, C/y 

Cucumber tree Magnolia acuminata. . . III, 83 

Cucumber tree ( long 

leaved) Magnolia auriculata. . . III, 94 

Cucumber tree ( Heart 

leaved) • Magnolia cordata . . . III, 87 

Crpress Cupressus distlcha. ... III, 4 

Dwilwood. ..... Olea americana III, 5o 

Dogwood Cornus florida III, 1 38 

Double spruce . • • »• I> 1^4 

JDowny lime tree. . . . Tilia pubescens III, 017 

Dwarfrosebaj . . . . Rhododendruni maximum III, i44 

Epinette blanche • I, i33 

Epinette noire. ..•.........•..!, 124 

Epinette rouge •,....... III, 37 

Erable à giguière II , 247 

Erable plaine . • II, 210 

Erable sucre • II, 218 

Franklinia Gordonia pubescens . . . III, 1 55 

Georgia bark Pinckneya pubens. • . • II, 276 

Georgia piich pine 1 , 65 

Glocester nut hickery • I? 199 

Green ash •../.. Fraxinus viridis III, ii5 

Green locust 111,245 

Grey oak. ...... Quercus anibigua .... Il, 120 



402 TABLE GÉIVÉRALE. 

Tom.Pag. 

Grejpine Piaus rupestris I, 49 

Hackherrj Celtis crassifolia .... 111,228 

Hacmatack III, 37 

Hag berry • 111,228 

Hard maple II, 218 

Hemlock spriice. , . . Abies canadensls . . . . I, iSy 

Hog nul bickery ". . . I, 206 

Hollj {Amerlcari) , , . Ilex opaca II, igr 

Honey locust III, 164 

Hombeam {American) . Carpinus americana . . . III, 67 

Iron wood Carpinus osti ya III , 55 

Indians pbisic ...».•,.. III, 

Jack oak II , 

Jersey pine Pinus inops , . • . . 

June herrj Mespilus arborea ... . 

Juniper. •....*.... 

Kiskylhomas nat 

Larch {American). . . Larix americana . . . 
Large magnolia. . . . Magnolia grandiflora. . 
Large leaved umbrella 

tree , . Magnolia maci^opbylla . 

Large tupelo Nyssa grandidentata. . 

Laurel oak Quercus imbricaria. . . 

Laurier tulipier ...,..• 

Lever wood - . • . 

Lîve oak. Quercus virens. . . . 

Lohlolly hay Gordonia lasyantbus. . 

Lohlolly pine Pinus tœda • 

Locust Robinia pseudo-acacia. 

Long leaved pine • . . Pinus auslralis «... 

Maple tree .... • . . . . 

Mocker nut hickery . , Juglans tomentosa. . . 

Moose elm •,.• . 111,278 

Moose wood . . • . . Acer striatum II, 242 



III, 


94 


II, 


78 


I, 


58 


m, 


68 


m, 


, 20 


I, 


189 


m, 


57 


m, 


71 


m, 


99 


II, 


252 


II, 


78 


III, 


7^ 


m, 


52 


II, 


67 


III, 


i5i 


I, 


96 


III, 


245 


I, 


65 


II, 


210 


I, 


184 



TABLE GÉNÉRALE. /j o3 

Toni. l'ag. 

Mossy Clip oak .... Oucrcus oliva^formis. , . If, 32 

Mountain Laurel. , . . Kalmia lalifolla III, 147 

Moutain mahogany. . • • „ , . . II, j/^y 

N elle tree {American) . Cellis occidenlalls. . . . III, ^.^ 2 

Norway pinc I, /p 

Noyer amer . I, 177 

Noyer dur. • . . I, 184 

Noyer noir ,.....• I, 167 

Noyer tendre I, 190 

Nutineg hickery^ , . • Juglans myristicaeformis . 1 , 2 1 1 

Oil nut I, i65 

Old fîeld birch III, 106 

Over cup oak Quercus lyrata II, 4^ 

Orer cup white oak . . Quercus macrocarpa. . . II, 34 

Pacane nut hickery , . Juglans olivaeforrais. . . I, 175 

Pacanier I, 65 

Papaw Annona triloLa III, 161 

Paper birch II, i53 

Peperidge 11,265 

Per Simon . Diospiros virginiana. . . II, 195 

Perusse I, 137 

Pignut hickery Juglans porcina I, 206 

Pin blanc • I, io5 

Pin rouge I, 45 

Pineoak Quercus palustris. ... II, 125 

Pitchpins Pinus rigida I, 89 

Pitch pine (southern). I, 63 

Planer tree Planera ulmifolia. . . . 111,283 

Pond pine Pinus serotina 1 , 86 

Poplar or tulip tree. , . Lyriodendrum lulipifera. III, 202 

Post oak . Quercus obtusiloba. . . II, 36 

Pumpkin pine I, io5 

Quercitron II, no 

Redash Fraxinus lomentosa. . . III, 112 



4o4 TABLE GÉNÉRALE. 

Tom. Pag. 

Redbaj Laurus caroliniensis. . . III, 180 

liedbeech Fagiis ferruginea. . . • II, 174 

Redhirch Betula rubra II, 142 

Med cedar Juniperus virginiana. . . lîl, ^1 

JRed cherry Gerasus borealis. .... III, 169 

Red ehn Ulmus rubra 111,278 

Redfloweringrnaple . . Acer rubrum II, 210 

Redmulberry Morus rubra 111,252 

Red oak Quercus rubra II, 126 

Red oak ( Southern statcs) •....• II, 104 

Red or norway plne . . Pinus rubra ...... 1 , 4^ 

Rock ches mit oak . . . Quercus prînus monticola. II, 55 

Rock maple • II, 218 

Rocky oak II, 55 

Rosejloweringlocust. . Robinia viscosa 111,202 

Running oak Quercus pumila. . • . . II, 84 

Sap pine I, 89 

Sapinette blanche • . • I, i33 

Sapineite noire . • . I, 124 

Saplingpine • I, io3 

Sassafras Laurus sassafras 111,173 

Scarleb oak • Quercus cocclnea. . . • II, 116 

Scaly bark hickery I, 190 

Schag bark hickery 1,190 

Scrub oak II , 96 

Scrubpine • 1, 89 

Sheep laurel. . . • . 111,147 

Shell bark hickery . . . Juglans squamosa. ... I, 190 

Shinmg willow Sahx lucida 111,327 

Short leaved pine • . I, 52 

Silver fir 1 , 1 45 

Single spruce I, i33 

Slipery elm 111,173 

Small chesnut oak. . . Quercus prinus chincapin. II, C4 



TABLE G t TN' L R AL E. l^O^t 

Tom. l'ag. 

Smallmognolia orwhile, 

hay Magnolia glauca .... III, 77 

Soflmaple . . • 11,3 lo 

Sorellree Andromeda arborea. . . III, 22:? 

Sour gum ... . . . • II, 260 

Sour tupelo Nyssa capitata II, 267 

Southern pine • I, 65 

Spanish oak Quercus falcala II, 104 

Spring field hickery • 1 ? ^99 

Spruce pine • • î ^ 32 

Striped maple . • ^I» 242 

Siigar inapte Acersaccharinum. . . . Il, 218 

Sugar tree lï, 238 

Swamp chesnut oak • . . . . II, 5 1 

Swamp hickery ' I, 177 

Swamp laurel. . . . • 111, 1 44 

Swamp post oak lî > 4^ 

Swamp white oak . . . Quercus prinusdiscolor . II, ^6 

Sweel bay. III, 77 

Sweet birch. . • Il,i47 

Sweet gum Liquidambarstyraclflua . III, ig4 

Sweet leaf. ...... Hopea linctoria III, 61 

Sweet lo eus t Gleditsia iriacanthos. . . III, 164 

Table mountain pine . . Pinus pungens I, 61 

Tacamahaca. III, 5o8 

Tamarack IH, 37 

Thickshellbark hickery. Ju^\sLns\3ic'iniosa, . . . I, 199 

Tupelo Nyssa aquatica II, 265 

Umbrella tree Magnolia tripetala . . . III, 90 

Upland willow oak. . . Quercus ciuerea .... II, 81 

FVahoo Ulmusalala 111,2^5 

Waterash 111,122 

Water beech III, 184 

TVater bitternuC hickery Ju^a^ns di<\\ji^\\ca. » ... I, 182 



l\06 TABLE GÉIVÉRALE. 

Tom. Pag. 

W^ater locust Gledilsia monosperma. • 111,169 

PVater oak Quercus aqualica . . . . Il , 89 

JVhite ash Fraxinus americana. . . III, 106 

VFhite heech Fagus sylvcstris II, 170 

JVhite hlrch Beiula populifolia. ... 1 , 1 59 

TVhite cedar Cupressus lliyoïdes . . . III, 20 

White cedar (nothern slates) . ........ III, 29 

Wliite cyprès III , 4 

TVhite ehn Ulmus americana. • • . 111,269 

White hickery 1,177 

White lieart hickery I, 184 

White lime, . . . • . Tilia alba III, 3 15 

White maple. . • . Acer eriocarpum. . . . II, 2o5 

White oak. Quercus alba. . . ♦ . . II, i3 

White or single spruce , Khies sXhdi. I, i53 

White poplar III, 202. 

White pine Pinus strobus I, io3 

White scrub oak II , 64 

White spruce. , c . . I, ]33 

Wliite wood • 111,202 

White walnut .1, i65 

Wild cherry Cerasus virginiana. . . . TII, i5i 

IV ild orange . . . . • Cerasus carolinlana . . . III, 1 56 

Wiliow oak Quercus phellos .... II, 76 

Virginian poplar. . , . Popukis monilifera . . . 111,295 

Yellow birch Betula lutea II, i52 

Yellow locust • 111^245 

Yellow oak. . • . . . Quercus prinusacuminata. II, 6i 

Yellow pine Pinus mitis 1 , 62 

Yellow pine ( southern slates ) II , 65 

Yellow poplar. . » III, 202 

Yellow wood. Virgilia lutea. 111,266 



TABLE DES SYNONYMES 

DES NOMS BOTANIQUES 

Qui ont clé omis dans le courant de L'ouvrage. 

N. B, Toutes les autres espèces d'arbres décrites , le s(int sons les 
mêmes noms que dans la Flora boreali americana , par A. Michaux, 
ainsi que dans la nouvelle édition du Species plantarum , publiée en 
ï8o4 et i8o5 par Willdcnow. 

Abies alba, Pinus alha, Lin. 
Abies balsamifera , Pinus balsamea , Lin. 
Abies canadensls, Pinus canadensis , Lin. 
Abies nigra , Pinus nigra, Lin. 
Acer nigrura, Nov. sp. 

Acer striatum , Acer pensylvanicwn^ Wild. Sp.pl. 
iEscuIus ohioensis, Nov. sp. 
Alnus ^lauca. , A Inus incana, Willd. Sp. pi. 
Betula rubra , Betula nigra , Willd. Sp. pi. Betula lanusa , 

A. MiCH. FI. b. am. 
Carpinus ostrya , Ostrya , Willd. Sp. pl. 
Celtis crassifolia , Lam. Dict. en. Celiis cordata, Défont. 

Hist. des arb. et arbriss. 
Fagus ferruginea , Nov. sp. 
Fagus sylvestris, A. Mich. FI. b. am. 
Juglans amara , Juglans mucronata , A. MiCK.^Fl. h. am. 
Juglans aquatica , Nov. sp. 
Juglans catharlica , Juglans cinerea, LiN. 
Juglans laciniosa, Juglans compressa, Willd. Sp. pl. ? 
Juglans myristicaeformis , Nov. sp. 

Juglans porcina , Juglans glabr a et obcordata.^'SSiiAM.Sp. 
Juglans squamosa , Juglans alba., A. Mich. FI. b. am. 
Juglans lomenlosa , A. Mich. FL b. am. 

iir. 5l 



4o8 TABLE DES SY N O N Y MES, CtC. 

Populus argcntea , Populus heterophyUa , A. Mich. FI. b. a. 

Populus canadeiîsis , Populus monilifera. Ait. H. h^ . 

Populus candicans , Ait. H. Jc-^ . 

Populus grandidenta , A. Mich. Fi b. am. 

Populus hudsonica , Bosc. , Dict. cVagricult. 

Populus momlifeiêi , Populus vîrginîca, Hortalanorwn. 

Populus tremuloïdes, A. Migh. FL b. am, 

Quercus ambigua , Nov. sp. 

Quercus heterophyUa ^ Nov. sp. 

Quercus olivœformis , JVoi^. sp. 

Ulmus rubra , Ulmus fulva. A. Migh. FL b. am. 

Virgilia lutea , Nov. sp. 



FAUTES A GORRIGER DANS LE PREMIER VOLUME. 



Pag. 48 , ligne 18 , m'a tonjouis parue , 

lis. paru. 
52, lig. 4j où il fort est abondant, 

lis. où il esllbrt abondant. 
54, lig- 3, EhSlein-Sbone, Us. Eas- 

teru-Sliore. 
G3 , lig. 2 , jardins d'agrcinens , lis. 

d'agrément. 
G7 , lig. g ,polen, lis. pollen. 
74 ) l'g- G, h en entaillei', //.y. entailler. 
77 , lig. 4 > Fraxiuus discolor , lis. Fra- 

xinus amcricann. 

79 , lig. 1 8 , jiaroisse , lis. paroît. 

80 , ligne dernicre , sa malièic , /t,y.,la 
matière. 

86 , lig. 3 , du titre munitissimo , lis. 

minutissinio. 
io4 , lig- 5 , à leur portée moyenne , lis. 

à leur partie. 
io5 , lig. 23, sphagmiin , lis. sphagnum. 
i33 , lig. i3. ne commence , ajoutez 

à paroîlre ; lig. 23, entre les 43 et 

44 ) Us. entre les 48 et 49"- 

141 j l'g- 12 , attribué do ce que, lis. 
attribué à ce que j lig. 28 , inconvé- 
niens très-graves , lis. inconvénient 
très -grave. 

142 , lig. 14^ clap-baards , lis. boards. 
\!\!i , lig. sj'Ivir , lis> silver. 

148 , lig. 5 , qui sont assez saillies , lis. 

saillantes ; lig. 1 i , Gymnocladus 

divica ,lis. Gymnocladus canadensis; 

lig. 28 , en recommande, lis. eu re- 

conunandant. 
iSa , lig. 23 , ceux , lis. celles. 
i53 , lig. 9 , confusions, lis. confusion. 
i58, lig. 8, Gencssée , lis. Tencssée , 

lig. 16, provient, lis. parvient. 
iSg, lig. 3, acuminées , lis. acuminéej 

dernière lig. mesurent, lis. ont. 
i63 , lig. 9, à celui, lis. à celle. 
1G4, lig- 8, présenste ont , Zw. présente 

sont 5 lig. 33 , moitiée, lis. moitié. 

169 , lig. -2 , est très-léger , a peu de 
force et d'une couleur rougeàtre , lis. 
a peu de force , est très-léger et 
d'une couleur. 

170 , lig. 3 , les sols , lis. les soles 5 lig. 
22 , Pittsboutgh , lis. Jfittsburgh. 

171 , lig I , ces pores, lis. ses pores j 
lig. 3 , médicale , lis. médecinale, 
lig. 24 > noir , lis. noire. 

174, l'g- 1 5 , de même que les Juglans , 
lis. de même que dans les Juglans 5 
lig. 2(1 , acruminées , lis. accumince. 

178, lig. 21 , à peu près d'égale dimen- 



sion , lis. à peu près égale: dimension!, 
l'ag. 180, lig. 2G , si évidemmf-rit , Us. si 
éminemment. 
182, lig. )G, angniosa, lis. angulala. 
i83 , lig. I , semblable, lis. scnd)lables. 
j8.*j , lig. 30, centimètres , lis. nièlrc». 
187 , lig. 8 , réunis , lis. réunie» ; lig. 9 , 
attachés aux. aiselles , lis. attachées 
aux aiselles. 

188, lig. i5 , appartiennent, /if. appar- 
tenantes. 

189, lig. 12, ses diverses espèces. Us. 
ces diverses espèces. 

'90 j ^'gj ^ > parmi les différentes, Us. 

parmi ces diflcrentcs. 
19G , lig. G, de ces noix, lis. de ses noix. 
197 , lig. 19 , telles sont les usages , Us. 

tels sont. 
200 , lig. 6, fulva, lis. rubra ; id. dacy- 

cycirpum , lis. eriocarpuin. 

203 , lig. 1 5 , toute leur dimension , lis. 
toutes leurs dimensions. 

204 , lig. 4 ' semblcroit , lis. semblc- 
roient ; lig. 8 , commDiis , Us. com- 
munes ; lig. 26 , les juglans , lis. le 
juglans. 

205 , lig. 5, à suture rentrante , lis. à 
sutures rentrantes, 

208 , lig. 20 , longeur , lis. longueur. 

209 , lig. 29, dinstmctious, lis. distinc- 
tion, 

211 , lig. 25, Izad , Us I/ard. 

2i3, lig 20, nécessaire , lis. cellulaire. 

21 4 > l'g. 19, ses défauts , lisez ces dé- 
fauts ; lig. 20 , connus , lis. com- 
m(ms. 

221 , lig. 16 , si on enterre. Us. si on 
n'enterre. 

TOME II. 

Page ig, lig. i3, qui après de 3ooo 
pieds (100 mètres) , Us. qui a près 
de 0000 pieds (1000 mètres^ 

32 , lig. 1 du titre, Quercus oblongis , 
lis, Quercus foliis oblongis. 

33 , lig. I , ovale ollongée , Us ovale- 
alongée. 

43 , lig. 25 , microcrapa , lis. aquatica, 
biflora , lis. grandideutata. 

44 ) l'g- 23 , 45 centimètres , Us. ^5 
millimètres ; lig. 24 , 20 centimètres, 
lis. 20 millimètres. 

47 , lig. 16, discolor, Z/5. americana. 
itl. lig 17, niicrocarpa , lis. aquatica. 
52 , lig. i5, dentées profondément j 



sont lisses , lis. dentées pjoioii<ié- 
nient , sont lisses. 
Page 55 , lig. I du titre, obovatis acutis 
grosse dentatis , lis. obovatis , acu- 
tis , grosse dentatis. 
62 , lig. 27 , 60 mètres , lis. 'i5 mètres. 
G5 , lig. 10, Fagus cbincapiii , lisez 

Castanea pumiln. 
69 , lig. 16 , supprimez au contraire, 
77 ,lig. 4; discolor , lis. americana. 

120, titre , grey , lis. gray. 

123 , lig. 6 , supprimez comme celle 
précédemment décrite. Id. lig. i3, 
Génessée , lis. Ténessée. 

125 , lig. 16 , niiciocarpa , lis. aquatica. 

142 , lig. 2 du titre , peliol brevi , lis. 
petiolis brevibus. 

148 , lig. 4 ^ rOuest de Ténessée , lis. 
l'Ouest-Ténessée. 

189 j lig 26, Sainta-Anastasia , lisez 
Santa-Anaslasia. 

23l , lig. i3, et même des érables à 
sucre malvenans , l'on obtient des 
résultats plus favorables , lis. l'on 
obtient, même des érables à sucre 
malvenans, des résultats plus favo- 
rables. 

239 , lig. 21 , 8 à 1 1 centimèties , lisez 
12 à 1 5 centimètres. 

3^5 , lig 22 , dû , lis. due. 

25o , lig. 3o , exagérées , nous possé- 
dons, lis. exagérées : nous possédons. 

255 , lig. 12 , et s'entre croissent , lis. 
et s'entrecroisent. 

265 , lig. 10, dénominations, lis. déno- 
mination. 

266 , lig. 6 , ses brsncbes qui commen- 
niencent à cinq ou six pieds , lis. 
qui commencent à croître à cinq, etc. 

275 , lig I , d'obtenir de ports de mer , 
lis. d'obtenir des ports de mer. 

276 . lig. ?>, et du son feuillage , lis. et 
de son feuillage. 



TOME III. 

Fage 7 , ligne dernière , 3 mètres , lis. 

2 mètres. 
17 j lig. i4, situation plus favorable, 

lis. situation la plus favorable. 
22 , lig. 25 , i3 à 20, lis. 17 à 20. 
58 , lig. i3 , chaton , lis. chatons, 
g/j , avant dernière lig. , vers le Sud , 

Us. veis l'Est. 
99, lig. 17, dans son , lis. dans sa 
l32 , lig. 25 , I à 2 mètres, lis. 1 met. 
i33 , lig I , imbibés , lis. imbibée ; 

même lig. , seulement , lis. souvent. 

lig. 17 , verdeure, lis. verdeur. 
i35, lig. 17 , belulus , lis. betula. 
i54i lig. 8, à ceux du uoyer , lis. k 

ceux en noyer. 
1 55, lig 3 , Gennessée , lis. Tennessee. 
i56 , lig. 1 du titre , Carioliniaua , lis. 

Caroliniana^ lig. 11 , froids , lisez 

froide. 
189, lig 6, le Génessée, lis. le Ten- 
nessee, 
225 , lig. 7 , il a été , lis il m'a été. 
240, lig. 18, est aussi , /i.9ez sont aussi. 
252 , lig. 22 , de formes agréables , lis. 

ont des formes agréables. 
262, lig. 4, Indiens Chrokquis , lis. 

Indiens Cherokquis. 
278 , lig. 2 du titre , gemnis , lis. gem- 

mis j lig. 3, lana , lis lanâ. 
280 , lig. 3 , et d'une rose pâle , lis. et 

d'un rose pâle. 
284, Iiï;. 4 , to centimètres , lis. 5 cen- 
timètres. 

308, lig. 2, Rhodesland , lis. Rhodisland. 

309, lig. 16 , rapportées contre le tronc , 
lis. rappiochées du tronc. 

3ti , lig. 2 du titre , baass , lis. bass. 
333, lig. 10 , giey, Us g'ay, et de 

même partout ailleurs où cettejaute 

se retrouve. 
394 1 l'g- 4' Cesarus , Us. Cerasus. 



y